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Stéphane Lambion, Bleue et je te veux bleue

Par |2022-03-05T17:03:49+01:00 20 février 2022|Catégories : Critiques, Stéphane Lambion|

Livre bleu. Couleur du ciel. Let­tre blanch­es. Une cou­ver­ture qui sied par­ti­c­ulière­ment au pre­mier livre d’un jeune auteur, tant le con­tenu vous éclabousse d’une étrange lumière.  Réc­it, fic­tion, prose poé­tique, le recueil oscille, hésite, mais emporte l’adhésion du lecteur.

L’histoire d’un amour inas­sou­vi ou l’histoire du désir d’un amour…  « N’est-ce pas en pointil­lés que l’on aime, ou plutôt que l’on vit l’amour et ses sec­ouss­es… ? » dit Jean-Michel Maulpoix dans sa pré­face.  Le nar­ra­teur s’interroge sur la vie à deux, sur le vide ver­tig­ineux en lui qu’elle ne peut combler.  Il plonge dans sa mémoire, évoque, relate, constate.

Une petite gitane fan­tôme, insai­siss­able, « rieuse et triste » hante le recueil.  « Incer­taine, inso­lente, elle avance » et le nar­ra­teur bal­ance entre la femme réelle, qui partage sa vie « depuis cinq années » et celle qui marche dans la rue indif­férente.  Il voudrait « con­stru­ire un pont de mots » pour que l’amour avance sur du solide, pour que « nous » existe, dure.  Il veut croire que « tout irait mieux », mais il a con­science d’un engloutisse­ment, de l’impossibilité d’un pont, même si le poids des mots devrait être gage de durabilité. 

Par­fois le désir flam­boie dans l’ivresse d’une nuit, mais le matin ramène l’amertume et « laisse un arrière-goût de flamme oubliée ».  Alors il reste l’illusion, le fan­tôme qui erre dans la ville, celle qu’on cherche sur les quais du hasard. 

Stéphane Lam­bion, Bleue et je te veux bleue, L’Échappée Belle Édi­tion, 2019, 94 p, 15 €.

Il avance, il recule, une danse de la mémoire et du lan­gage, qui per­met l’évocation, l’analyse, l’immersion dans sa vie, et la pro­jec­tion dans le désir, dans le voy­age imaginaire/imaginé, « comme en ape­san­teur », voy­age qui ne débouche sur rien.  Où la « petite gitane » s’est-elle évanouie ?  Que reste-t-il quand le froid envahit tout ?

Avec ce pre­mier livre, Stéphane Lam­bion fait mon­tre d’une belle maîtrise dans la con­struc­tion et l’art d’emmener son lecteur, avec une langue à la fois sim­ple, poé­tique et émail­lée d’images orig­i­nales, d’une justesse à couper le souf­fle.  « En refer­mant ce recueil, on en con­serve quelque chose comme une ren­gaine tour­nant en boucle » dit encore Jean-Michel Maulpoix, comme l’odeur d’une cig­a­rette quand la présence s’est évaporée. 

Bleue et je te veux bleue, un livre qui accom­pa­gne longtemps, un air d’accordéon dont la mélan­col­ie suinte au détour d’une rue, d’un petit matin… Un bien beau livre.

Présentation de l’auteur

Stéphane Lambion

Stéphane Lam­bion est né en 1997 à Brux­elles. Écrivain de poésie et de prose, il a égale­ment traduit de la poésie con­tem­po­raine. « Stock­holm », poème issu d’une série longue, et a reçu le prix de la Fran­coph­o­nie au Con­cours inter­na­tion­al de poésie de la Sorbonne.

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Claude Donnay

Claude Don­nay est né à Ciney en 1958, l’an­née de l’Ex­po­si­tion, mais il émi­gre très vite à Dinant dans la val­lée mosane. En 1990, il ren­con­tre Mimy Kinet et c’est l’aven­ture de la revue RegART avec Antonel­lo Palum­bo et Hélène Dori­on. Mimy Kinet le pousse à envoy­er son pre­mier man­u­scrit à L’ar­bre à paroles. Après la dis­pari­tion soudaine de son amie, il fonde en 1999 la revue Bleu d’En­cre, qui paraît deux fois l’an aux sol­stices, et en 2010 Bleu d’En­cre Edi­tions pour faire con­naître les poètes qu’il aime. Le cat­a­logue compte à ce jour une ving­taine de titres avec des poètes comme Philippe Leuckx, Cather­ine Bap­tiste, Flo­rence Noël, Jacques Demaude, François Degrande, Aurélien Dony, Patri­cia Ryck­e­waert… A ce jour il a pub­lié 18 recueils de poésie et par­ticipé à plusieurs antholo­gies. Il écrit aus­si des nou­velles dont cer­taines sont parues dans des revues comme Sol’Air, Nou­velle Donne ou RegART. Il a reçu le prix de prose Emma Mar­tin pour la nou­velle Spar­ta­cus. Il est aus­si l’auteur de qua­tre romans parus aux édi­tions M.E.O. La route des cen­dres, en 2017, final­iste du prix Saga Café. Un été immo­bile, en 2018, Prix Mon’s Livre 2019. On ne coupe pas les ailes aux anges paru en 2020 et L’heure des olives, en 2021.
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