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Christian Degoutte, Le tour du lac

Par |2019-12-21T19:12:12+01:00 20 décembre 2019|Catégories : Christian Degoutte, Critiques|

Poèmes en prose, nou­velles… les genres aujourd’hui sont sou­vent poreux.  Il s’agit ici plu­tôt d’un court roman orches­tré en trois récits situés dans trois lieux dif­fé­rents (un cime­tière, un hôpi­tal, un vieux châ­teau) dont le lec­teur doit retrou­ver les liens afin de recons­truire l’histoire.

Un conseil : il est pré­fé­rable de lire ces trois récits dans la fou­lée comme on fait le tour du lac en question et même, le pre­mier tour fait, de les relire pour en sai­sir toute la por­tée.

La proxi­mi­té de deux tombes dans le cime­tière ouvre le trip­tyque. D’histoire en his­toire (« Le tour du lac, Sous les mar­ron­niers, Le por­tillon de fer »), on remonte le temps, on s’enfonce plus pro­fond dans le pas­sé des trois per­son­nages : l’homme à la che­mise rouge, le nar­ra­teur et sa femme Lili. Avec les arrière-plans de cha­cun qui creusent d’autant la pers­pec­tive.

Difficile de déve­lop­per l’intrigue sans détruire ce qui fait la sub­ti­li­té de la nar­ra­tion. Seulement dire que la phrase-clé « On est fait de ce qu’on nous a fait », énon­cée dès le début, per­met de son­der les abîmes où se trouvent, à des degrés divers, plon­gés les pro­ta­go­nistes, de la simple culpa­bi­li­té à la mémoire trau­ma­tique fos­si­li­sée qui empêche de vivre

Christian Degoutte, Le tour du lac, édi­tions Rhubarbe, août 2019, 62 pages, 8 euros. Œuvre de cou­ver­ture : “Nautiles et ammo­nites” de Catherine Chanteloube.

En contre­point passe un visage d’innocence, la fille du nar­ra­teur, tenue à l’écart des tur­pi­tudes de ses parents. D’où sans doute le choix de l’œuvre de cou­ver­ture, une ins­tal­la­tion de l’artiste Catherine Chanteloube.

Christian Degoutte, dont nous connais­sons par ailleurs le par­cours poé­tique, signe là une œuvre courte mais dense sur un sujet fort, actuel, déli­cat à trai­ter. En cela réside la poé­sie de son écri­ture. Une réus­site en tous points.

Présentation de l’auteur

Christian Degoutte

Christian Degoutte habite à Commelle-Vernay, dans le « riant  dépar­te­ment » de la Loire, à quelques pas du fleuve ; tient la chro­nique régu­lière « En Salade » dans la revue VERSO (Lyon).

Titres parus :

Trois jours en été, L’escarbille, 2002
Henry Moore à Nantes, Wigwam, 2002.
Voyage avec un vélo à tra­vers le Forez pour aller chez Laura, Polder /​​ Décharge, 2003.
Il y a des abeilles, éd bilingue Allemand/​​Français, Verlag im Vald /​​Le Pré Carré, 2009.
Du bout des doigts, Eole édi­tions, 2011 (pho­to­gra­phies de Eole)
Il y a des abeilles, nou­velle éd. Dazibao, Le Pré Carré, 2012.
Des oranges sen­ti­men­tales, éd. Gros Textes, 2013.
Sous les feuilles, éd. P.i.sage inté­rieur, 2013.

Sur l’auteur :

Jean-Louis Jacquier-Roux : Christian Degoutte, Le Chasse-Patate, Pré # Carré, 2003
Poètes d’aujourd’hui en Rhône-Alpes (Maison de la Poésie Rhône Alpes – Le Temps des Cerises), 2005.
Jacques Morin, La poé­sie de A à Z, Rhubarbe, 2010
Christian Degoutte /​​ La Nouvelle Poésie Flamande (José Vandenbroucke, Christoph Bruneel et Peter Arthur Cæsens), DVD, réa­li­sa­tion Dan et Guy Ferdinande, éd. Comme un Terrier dans l’Igloo dans la Dune

Et les sites :

www​.arald​.org
www​.ter​rea​ciel​.net

© Revue Verso, 2017.

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Marilyse Leroux

Marilyse Leroux, née à Vannes au bord de la mer, membre de Donner à voir depuis 1986, édi­tée depuis les années 80 en revues, recueils et antho­lo­gies, écrit prin­ci­pa­le­ment de la poé­sie ou en fait écrire depuis 1976 au sein d’ateliers d’écriture pour jeunes et adultes. Elle est éga­le­ment nou­vel­liste (nou­velles publiées en revues et aux édi­tions Rhubarbe) et roman­cière pour la jeu­nesse (éd. Stéphane Batigne). Elle aime par­ta­ger des pro­jets avec dif­fé­rents artistes : pho­to­graphes, peintres (nom­breux livres d’artiste), col­la­gistes, écri­vains, poètes, musi­ciens, car, chez elle, l’écriture se veut avant tout voyage, aven­ture, rico­chets. Sa devise, emprun­tée au poète Saint-John Perse est "Poésie pour mieux vivre et plus loin." Elle explore plu­sieurs voies d’écriture, en pre­mier lieu une expres­sion inti­miste liée aux sen­sa­tions et à leur réso­nance inté­rieure comme dans : Herbes (Ed. Donner à Voir, 1995) Grains de lumière (L’épi de seigle, 1999) Le fil des jours, (Donner à Voir 2007) Quelques roses pour ton jar­din (Atelier de Groutel, 2011) Le temps d’ici (Ed. Rhubarbe 2013, Prix des Écrivains Bretons, extraits parus dans Poètes de Bretagne, éd. de la Table Ronde), Ancrés, éd Rhubarbe 2016, Le sein de la terre, La Lucarne des Écrivains, 2018, Prix Maram Al-Masri. À paraître en 2020 : Nés arbres, L’Ail des ours, On n’a rien dit de l’océan, L’Atelier des Noyers, Une île, presque, Interventions à Haute Voix. Photographie : Yvon Kervinio