Si vous ne connais­sez pas les publi­ca­tions de l’Aventure Carto diri­gées par Yvon Kervinio, le talen­tueux pho­to­graphe bre­ton, visi­tez son blog, les dif­fé­rents sites du net qui pré­sentent son tra­vail et pro­cu­rez-vous ses albums. Yvon, infa­ti­gable col­lec­teur d’images, aime tra­vailler avec les poètes, les asso­cier à ses pro­jets, les pho­to­gra­phier aussi.

Jean-Claude Touzeil, qui a déjà accom­pa­gné plu­sieurs ouvrages d’Yvon Kervinio dont le réga­lant Vox popu­li en 2018, réci­dive en jan­vier der­nier avec un opus sur le cirque : « Prendre l’air », un titre fort à pro­pos en ces temps de réclu­sion forcée.

Le confi­ne­ment

on le jette aux oubliettes

je sors prendre l’air

Jean-Claude Touzeil, Yvon Kervinio, Prendre l’air, L’Aventure Carto édi­tions, jan­vier 2021, 64 pages, 10 euros.

Yvon Kervivio, qui pra­tique le repor­tage, a pho­to­gra­phié le monde du Cirque pen­dant vingt-cinq ans, de 1990 et 2017, un monde pas­sion­nant, de haute exi­gence, qui souffre en ce moment de ne pou­voir se produire.

Entrent en piste dans cet album une tren­taine d’artistes cir­cas­siens d’envergure inter­na­tio­nale, issus des dif­fé­rents conti­nents : acro­bates, jon­gleurs, tra­pé­zistes, domp­teurs, clowns, pres­ti­di­gi­ta­teurs, équi­li­bristes, mono­cy­clistes… Seuls ou en groupes, femmes, hommes et enfants, ils sont tous pho­to­gra­phiés en plein spec­tacle, au som­met de leur art. L’instantané est net, pré­cis, de haute volée.

Autant de poèmes que de pho­tos. Le poète, souffle sus­pen­du, ne cherche pas à rompre le pré­cieux équi­libre qu’il a sous les yeux. Il opte pour de courts ter­cets, proches du haï­ku. Tension, pré­ci­sion, sur­tout ne pas se rater. On recon­naît sa patte facé­tieuse qui, sans redon­dance, oscille entre humour et émo­tion. Le déca­lé, c’est sa pirouette à lui.

 

Sous le chapiteau

l’accolade au vieux lion

plus léger que l’air

 

On ne peut actuel­le­ment sor­tir de chez soi mais il est per­mis d’acheter son ticket d’entrée, modeste, pour ce cirque-là et de trem­bler au spec­tacle, tel un enfant émerveillé.

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Marilyse Leroux

Marilyse Leroux, née à Vannes au bord de la mer, membre de Donner à voir depuis 1986, édi­tée depuis les années 80 en revues, recueils et antho­lo­gies, écrit prin­ci­pa­le­ment de la poé­sie ou en fait écrire depuis 1976 au sein d’ateliers d’écriture pour jeunes et adultes. Elle est éga­le­ment nou­vel­liste (nou­velles publiées en revues et aux édi­tions Rhubarbe) et roman­cière pour la jeu­nesse (éd. Stéphane Batigne). Elle aime par­ta­ger des pro­jets avec dif­fé­rents artistes : pho­to­graphes, peintres (nom­breux livres d’artiste), col­la­gistes, écri­vains, poètes, musi­ciens, car, chez elle, l’écriture se veut avant tout voyage, aven­ture, rico­chets. Sa devise, emprun­tée au poète Saint-John Perse est "Poésie pour mieux vivre et plus loin." Elle explore plu­sieurs voies d’écriture, en pre­mier lieu une expres­sion inti­miste liée aux sen­sa­tions et à leur réso­nance inté­rieure comme dans : Herbes (Ed. Donner à Voir, 1995) Grains de lumière (L’épi de seigle, 1999) Le fil des jours, (Donner à Voir 2007) Quelques roses pour ton jar­din (Atelier de Groutel, 2011) Le temps d’ici (Ed. Rhubarbe 2013, Prix des Écrivains Bretons, extraits parus dans Poètes de Bretagne, éd. de la Table Ronde), Ancrés, éd Rhubarbe 2016, Le sein de la terre, La Lucarne des Écrivains, 2018, Prix Maram Al-Masri. À paraître en 2020 : Nés arbres, L’Ail des ours, On n’a rien dit de l’océan, L’Atelier des Noyers, Une île, presque, Interventions à Haute Voix. Photographie : Yvon Kervinio