Claude Albarède, Buissonnières

Par |2021-06-21T10:13:16+02:00 21 juin 2021|Catégories : Claude Albarède, Critiques|

Claude Albarède est le poète de la fidél­ité au ter­roir. Il sait d’où il vient, où il va et pourquoi. Fort d’une œuvre écrite sur le motif dans les grands espaces du Causse, il pour­suit un tra­vail essen­tiel de veilleur, dont il rend compte ici avec des itinéraires en ter­rain con­nu, dans la lumière d’une médi­ta­tion poé­tique de haute tenue. 

C’est la vie pas­sante qui a voix au chapitre, la lente res­pi­ra­tion du vent, l’ondulation coif­fée / du paysage. L’écriture s’accomplit au tour­nant du chemin et nulle part ailleurs. Elle prend note du temps, de la vie et de la mort, avec la patience des entre­pris­es qui ont du temps devant elles. Se hâter n’est pas de mise. Il faut avant toute chose se ren­dre disponible, ralen­tir, s’arrêter. Repren­dre souf­fle pour ne pas brusquer ni repouss­er / ces voix éteintes qui par­lent encore néan­moins au silence qui suinte du paysage. Les mots sont rares, pré­cis. Mesurés. La page est une mise en ordre, une ode à ce qui est. Un hom­mage au pays cal­ciné par la soli­tude et l’abandon, mais qui fait face à ce qui s’annonce et men­ace, debout dans le soleil. La poésie résiliente de Claude Albarède aide à voir la vérité de la vie en face. 

Claude Albarède, Buis­son­nières, aquarelles de Joseph Orsoli­ni, édi­tions L’Herbe qui trem­ble, 2020, 104 p, 14€.

Il s’agit d’être dans sa dis­tance / au plus près de soi-même. En pleine con­science. Comme si l’heure était venue enfin de vivre dans la lib­erté retrou­vée des berges de mots et de patiences / qui con­tre­dis­ent / tout ce qui meurt.

Présentation de l’auteur

Claude Albarède

Claude Albarède, né à Sète en 1937, retraité de l’en­seigne­ment, vit en région parisi­enne. Sa poésie, mar­quée par ses racines langue­do­ci­ennes et son enfance au Larzac, se développe en une quin­zaine de recueils, tous parus à compte d’édi­teur, dont les 2 derniers, Résur­gences aux édi­tions Folle Avoine (2009) et Un Chaos Prat­i­ca­ble aux édi­tions L’Herbe qui Trem­ble (2011). Saluée par Luc Béri­mont comme “une oeu­vre de pre­mier plan, avec son arrière goût de pierre-à-feu et la retenue d’une eau secrète” (Le Figaro Lit­téraire 1981), l’oeu­vre poé­tique de Claude Albarède a obtenu le prix François Vil­lon en 1980, le prix du Lion’s Club Inter­na­tion­al en 1984, la Bourse de Poésie Guy-Lévis-Mano en 1985, le prix A. Murat en 2004, le prix Aliénor d’Aquitaine en 2009. Elle a fait l’ob­jet d’at­ten­tions dans le cadre de man­i­fes­ta­tions cul­turelles divers­es (Print­emps des Poètes, Poésie en lycée, expo­si­tions en médiathèques, Chemin des poètes de la ville d’Y­er­res, arti­cles de presse, pub­li­ca­tions à la N.R.F et autres revues telles que l’Ar­bre à Paroles, Diérèse, Arpa, Traces etc… ain­si que dans divers­es antholo­gies — comme Vis­ages de poésie — Jacques Basse 2009, et sur le net : Print­emps des Poètes, l’Ar­bre à Paroles, Thau-Info.

Poèmes choi­sis

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Christophe Mahy

Christophe Mahy est né en 1970 à Charleville-Méz­ières. Il réside actuelle­ment en Touraine, dans le départe­ment du Loir-et-Cher. C’est en 2001 qu’il intè­gre la revue Les Amis de La Grive (lit­téra­ture générale con­tem­po­raine) où il côtoie, entre autres, des auteurs tels que Franz Bartelt, Guy Gof­fette, Alain Bertrand, Alain Dan­tinne, Lam­bert Schlechter, Bertrand Degott et surtout Jean-Claude Pirotte, qui lui fait con­naître l’association des Amis d’André Dhô­tel et la revue La Route incon­nue. Pen­dant plusieurs années, il donne des poèmes, des arti­cles, des chroniques et des notes de lec­ture à ces deux revues puis il col­la­bore à Diérèse (poésie con­tem­po­raine) pour laque­lle il tient le rôle de chroniqueur réguli­er entre 2012 et 2014. Il noue des rela­tions avec plusieurs poètes au sein des édi­tions L’Arbre à Paroles et est invité en 2011 au Fes­ti­val Inter­na­tion­al de Poésie de Namur (Bel­gique). Son tra­vail d’écriture se con­sacre en pri­or­ité à la poésie libre ou en prose, mais aus­si au réc­it, à la chronique, la fic­tion et au spec­ta­cle vivant. Il a pub­lié à ce jour une trentaine d’ouvrages chez divers édi­teurs indépen­dants ou régionaux. Il est égale­ment l’auteur de plusieurs livres d’artistes, en tirages lim­ités ou hors com­merce, de pré­faces et de notices. Il est le lau­réat du prix du poème en prose Louis Guil­laume 2018 pour Paysages du vent, aux édi­tions Noires Terres.
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