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Jean Pierre Vidal, Le vent la couleur

Par |2022-05-06T07:30:12+02:00 3 mai 2022|Catégories : Critiques, Jean-Pierre Vidal|

Objets d’une pub­li­ca­tion ini­tiale aux édi­tions Le Temps qu’il fait, ces poèmes ont longtemps patien­té sous le bois­seau de l’indifférence avant que Marie Alloy, éditrice avisée, ne les met­tent à nou­veau en lumière.

Bien lui en a pris car nous voilà du même coup pris dans un exer­ci­ce salu­taire d’introspection dés­in­téressée et tout à fait essen­tielle, au cours de laque­lle le poète ne s’attache qu’à une chose : faire le jeu de l’instant. Autrement dit, c’est bien la ques­tion du sens de nos vies et de l’écriture qui est posée, sans autre réponse que le mys­tère des mots en forme d’osti­na­to et de réso­nance à la voix insond­able du vent. Jean Pierre Vidal a recours à une grande économie de moyens. Pas d’effets ni de lyrisme, et encore moins d’artifices. Rien que le néces­saire, pour dire toute la pré­car­ité de la vie humaine face à ce qui la dépasse. Car ne nous y trompons pas, Vent et couleur / ne sont pas matière de mémoire. Certes. Mais nous nous sou­venons / du soleil d’Hiroshima / du vent glacé d’Auschwitz. C’est la dual­ité du monde qui donne souf­fle au poème. Le chaud, le froid. L’éphémère et l’éternité. La vie, la mort. Et puis la couleur et le vent qui tran­scen­dent toute chose, en tant que métaphores à l’unisson, bass­es con­tin­ues de la sym­phonie du monde et de l’existence. S’il est une chose à retenir, c’est sans doute que Le vent nous dit qu’une digue / doit se rompre en nous, rien de moins. La peur de mourir, le désir d’aimer, la van­ité du poète alors que les mots dont il dis­pose ne sont pas sa pro­priété ? L’angoisse de la perte de l’âme ? Sans doute, et peut-être bien d’autres choses encore. Qui écrit veut se sur­vivre, nous dit Jean Pierre Vidal, tout en soulig­nant la van­ité de l’entreprise. En ayant con­science du poids de l’illusion et aus­si de sa néces­sité vitale. Inter­ro­ga­tion spir­ituelle ? Avant tout poème, pour dire le désir de vivre et d’être au monde, entre la pein­ture et le vent, avec au cœur la cer­ti­tude qu’il n’est pas d’autre voie.

Jean Pierre Vidal, Le vent la couleur, Le Silence qui roule, 2021, 92 p, 13 €.

Présentation de l’auteur

Jean-Pierre Vidal

Jean Pierre Vidal est un poète français qui a vécu à Lyon. Il a col­laboré à de nom­breuses revues : Ver­so, Aires, Faire part, Théodore Bal­moral, Chef-lieu, La Nou­velle Revue française, Sud, Recueil, Arpa, La Sape, Le Paresseux, Écri­t­ure… 

© Wikipedia, Jean Pierre Vidal, 2014.

Alen­tour de Philippe Jac­cot­tet, numéro spé­cial pré­paré par André Ughet­to et Jean Pierre Vidal, Sud, 19891

Philippe Jac­cot­tet Pages retrou­vées — Inédits — Entre­tiens — Dossier cri­tique — Bib­li­ogra­phie, Pay­ot Lau­sanne, 19892.

Feu d’épines, Le Temps qu’il fait, 19933.

La Fin de l’at­tente, Le Temps qu’il fait, 19954.

Du Corps à la ligne, avec des estam­pes de Marie Alloy, Le Silence qui roule, 20005.

Vie sans orig­ine, avec des estam­pes de Marie Alloy, Les Pas per­dus, 2003.

Thanks, avec des estam­pes de Marie Alloy, Le Silence qui roule, 20106.

Gravier du songe, avec des estam­pes de Marie Alloy, Le Silence qui roule, 2011.

Le Jardin aux trois secrets, avec des estam­pes de Marie Alloy, Le Silence qui roule, 2015.

Exer­ci­ce de l’adieu, Le Silence qui roule, 2018.

Pas­sage des embel­lies, image de Marie Alloy, Arfuyen, 2020.

Philippe Jac­cot­tet, Une trans­ac­tion secrète : lec­tures de poésie, Gal­li­mard, 1987

Philippe Jac­cot­tet, Écrits pour papi­er jour­nal : chroniques 1951–1970, textes réu­nis et présen­tés par Jean-Pierre Vidal, Gal­li­mard, 19947

Philippe Jacot­tet, Tout n’est pas dit : bil­lets pour La Béroche, 1956–1964, Cognac, le Temps qu’il fait, 19

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Christophe Mahy

Christophe Mahy est né en 1970 à Charleville-Méz­ières. Il réside actuelle­ment en Touraine, dans le départe­ment du Loir-et-Cher. C’est en 2001 qu’il intè­gre la revue Les Amis de La Grive (lit­téra­ture générale con­tem­po­raine) où il côtoie, entre autres, des auteurs tels que Franz Bartelt, Guy Gof­fette, Alain Bertrand, Alain Dan­tinne, Lam­bert Schlechter, Bertrand Degott et surtout Jean-Claude Pirotte, qui lui fait con­naître l’association des Amis d’André Dhô­tel et la revue La Route incon­nue. Pen­dant plusieurs années, il donne des poèmes, des arti­cles, des chroniques et des notes de lec­ture à ces deux revues puis il col­la­bore à Diérèse (poésie con­tem­po­raine) pour laque­lle il tient le rôle de chroniqueur réguli­er entre 2012 et 2014. Il noue des rela­tions avec plusieurs poètes au sein des édi­tions L’Arbre à Paroles et est invité en 2011 au Fes­ti­val Inter­na­tion­al de Poésie de Namur (Bel­gique). Son tra­vail d’écriture se con­sacre en pri­or­ité à la poésie libre ou en prose, mais aus­si au réc­it, à la chronique, la fic­tion et au spec­ta­cle vivant. Il a pub­lié à ce jour une trentaine d’ouvrages chez divers édi­teurs indépen­dants ou régionaux. Il est égale­ment l’auteur de plusieurs livres d’artistes, en tirages lim­ités ou hors com­merce, de pré­faces et de notices. Il est le lau­réat du prix du poème en prose Louis Guil­laume 2018 pour Paysages du vent, aux édi­tions Noires Terres.
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