Damien Paisant, Cet Autre

Par |2026-09-06T08:21:05+02:00 6 septembre 2026|Catégories : Critiques, Damien Paisant|

Poète de l’ébran­le­ment de la langue et des pro­fondeurs psy­chologiques, Damien Paisant s’im­pose dans le paysage poé­tique con­tem­po­rain comme une voix sin­gulière, explo­rant l’in­time et le formel avec une rad­i­cal­ité rare. Des Édi­tions Bruno Doucey (où il a pub­lié Cri) à ses expéri­men­ta­tions aux Édi­tions Sans Crispa­tion (Cogne), son œuvre s’ar­tic­ule autour d’une mise à nu du verbe. Au print­emps 2026, il livre chez Petra un nou­veau recueil charnière : Cet autre.

L’œu­vre de Damien Paisant refuse le con­fort du lyrisme tra­di­tion­nel. C’est une poésie physique, presque anatomique, car­ac­térisée par deux grands axes. La dis­lo­ca­tion du lan­gage : Dans des recueils comme Cogne, Paisant s’attaque à la « sur-sig­nifi­ance » du dis­cours. Il frag­mente les mots, joue sur les ellipses et bous­cule la syn­taxe pour faire jail­lir l’é­mo­tion brute, refu­sant les faux-sem­blants d’une langue trop polie. En quête de l’état pre­mier, sa poésie cherche con­stam­ment à attein­dre ce qui se cache sous le bruit du monde — la soli­tude, l’absence, le deuil, mais aus­si la pul­sion de vie (Éros face à Thanatos). Cet autre mar­que un appro­fondisse­ment qua­si mys­tique de sa démarche intro­spec­tive. Le recueil est con­stru­it comme un voy­age au cœur de la psy­ché et de l’altérité, explo­rant l’abîme d’un « Je » qui se décou­vre mul­ti­ple. Comme le souligne Iren Mihaylo­va dans sa post­face, le livre s’ou­vre sur une « grotte », un espace reclus de l’être où loge une peine immense mais silen­cieuse. Cet autre, c’est cette part cachée de nous-mêmes, enfouie dans l’ombre, qui attend d’être nom­mée pour exis­ter. « Cet autre – noyé dans un ciel glo­rieux – est l’ap­pel à la ren­con­tre de ce qui ignore qu’il existe. »

Dans ce texte de 164 pages, le poète ne par­le pas seul. Le « Je » s’y frag­mente et se dédou­ble. Il devient tour à tour : Le père et la mère. La femme aimée. Le fan­tôme perdu. 

Damien Paisant, Cet autre, Edi­tions Petra, 2026, 164 pages, 16 €.

Ce dia­logue avec l’ab­sence et le manque n’est pas une capit­u­la­tion. Au con­traire, le chem­ine­ment poé­tique vise à faire face à « l’impasse d’une chute » pour mieux la dépass­er. L’écri­t­ure se fait ici thérapeu­tique et répara­trice, oscil­lant entre le tra­vail sur le divan (le recueil évoque explicite­ment la psy­ch­analyse dans ses sous-sec­tions) et le corps-à-corps avec la mémoire. Cet autre résonne forte­ment avec le tra­vail récent de l’au­teur, notam­ment sa rési­dence d’écri­t­ure à la Mai­son des Jardies et ses lec­tures-per­for­mances à deux voix. Chez Damien Paisant, le poème n’est jamais un objet sta­tique ; il est une cor­re­spon­dance per­ma­nente, un miroir ten­du où l’on accepte de regarder sa pro­pre part d’om­bre pour y trou­ver, enfin, une promesse d’apaisement.

Présentation de l’auteur

Damien Paisant

Textes

© Crédits pho­tos (sup­primer si inutile)

Né en 1984 à Paris. Vit et tra­vaille à Paris. Damien Paisant  est comé­di­en & poète. Il a démar­ré un tra­vail autour du deuil en 2016. Il explore le poème comme un jour­nal du creuse­ment pen­sifin­spiré des ques­tion­nements de Charles Juli­et & Samuel Beck­ett. En 2016, il démarre un pro­jet d’écritureautour du deuil. il ver­ra bon nom­bre de ses textes dans plusieurs revues (Arpa, Recours au poème,L’Intranquille, L’Etrangère…) et la pub­li­ca­tion de trois     livres, « Absent Présent » aux Édi­tions Abor­do en2017, « Cri » aux   Édi­tions   Bruno   Doucey   en    2020    et « Cogne » aux Édi­tions Sans Crispa­tion en 2023 .Par­al­lèle­ment, il réalise des lec­tures et des per­for­mances publiques dans des cafés lit­téraires, des librairies et d’autres lieux cul­turels. En 2022, il a par­rainé le Print­emps des Poètes pour la ville de Mont­moren­cy pour laque­lle il a prêté sa voix en 2023 pour ce même événe­ment. Voix qu’il a égale­ment  prêté dans le cadre desJardins Ouverts  et pour des fic­tions radio­phoniques à France Cul­ture.  Par ailleurs, il met régulière­menten voix ses pro­pres textes qu’il com­pose en musique. Il vient de créer une per­for­mance visuelle et sonore, « Para­dox­es », incar­nant pour la pre­mière fois ses pro­pres textes. Créa­tion qu’il a présen­té à l’Université Paris 8 et la Médiathèque Aimé Césaire (Paris 14e) cette année. Il a par­ticipé à l’édition 2024 du Fes­ti­val Voix Vives de Méditer­ranée en Méditer­ranée à Sète et pub­lié dans l’Anthologie offi­cielle (Édi­tions Bruno Doucey). Il a récem­ment créé avec sa com­plice, poète, écrivaine et psy­ch­an­a­lyste, Iren Mihaylo­va, Peau Élec­trique, une revue de créa­tion con­tem­po­raine.   

Pour en savoir plus, 

Sa chaîne Youtube, www.youtube.com/@damienpaisant7514

Un arti­cle, https://zone-critique.com/2023/02/11/damien-paisant-le-poing-poeme/

Une page, https://www.terreaciel.net/Damien-Paisant

La Revue, https://peaueleclabo.wixsite.com/revue

 

 

 

Bibliographie 

Para­dox­es, Édi­tions Bruno Doucey (Antholo­gie offi­cielle du Fes­ti­val Voix Vives de Méditer­ranée en Méditerranée)

Teste, Cock­pit, L’Intranquille, Jour­nal des poètes,  Car­ac­tère, 2024

Réc­on­cili­er, Revue Arpa, 2024

Et si le silence, Les Car­nets d’Eucharis, 2023

Secret-Labeur (extraits), Revue Spered Gouez, 2023

Méta-Con(Fusion), Revue L’Intranquille, 2023

Cogne, Sans crispa­tion Édi­tions, 2022

Le Je des foulées, Revue L’Intranquille (Ate­lier de l’Agneau), 2022

Corps X, Revue Sitaud­is, 2020

Cri, Édi­tions Bruno Doucey, 2020

Avec « ça » (extraits), Revue Babel Heureuse, 2019

Ce qu’il me reste (don­ner encore) (extraits), Revue Triages, 2019 P‑e‑r-t‑e & Tentatives(extraits), Revue Ouste, 2019

Écrire corps (extraits), Revue L’Intranquille, 2018

Ce qu’il me reste et écrire corps (extraits), Revue L’Étrangère, 2018 Fusion (extraits), RevueEcrit(s) du Nord, 2018

Ce qu’il me reste & Fusion (extraits), Revue Paysages écrits, 2018 Eclats-Révolte (extraits),Revue Arpa, 2018

Fusion & Cri (extraits), Revue Terre à ciel, 2018

Par ici (deuil in progress) (extraits), Cahiers de Poésie, L’Ours Blanc, Trac­tion Bra­bant, Infu­sion, Lichen, Lev­ure Lit­téraire (Revues & Blogs), 2017

Absent Présent, Édi­tions Abor­do, 2017

Absent Présent (extraits), A l’index, Trac­tion Bra­bant, Tra­ver­sées, Phoenix, Recours au Poème, Nou­veaux Dél­its, Comme en Poésie, Fil­igranes, Poésie Pre­mière, 17 sec­on­des, Lichen (Revues &Blogs), 2016– 2017

Autres lec­tures

Damien Paisant, Cet Autre

Poète de l’ébran­le­ment de la langue et des pro­fondeurs psy­chologiques, Damien Paisant s’im­pose dans le paysage poé­tique con­tem­po­rain comme une voix sin­gulière, explo­rant l’in­time et le formel avec une rad­i­cal­ité rare. Des Éditions […]

mm

Jacques Cauda

Philoso­phie à la Sor­bonne et ciné­ma au C.L.C.F., Cau­da tra­vaille pen­dant dix ans pour la télévi­sion, il y réalise des doc­u­men­taires aux titres évo­ca­teurs comme de Bœuf en bif, un film sur les abat­toirs digne des meilleurs tableaux de Fran­cis Bacon ; ou bien Se sou­venir dix sec­on­des ou toute sa vie, dont il a tout oublié… Il arrête le fil­mage pour pein­drécrire tout son soûl. Près de cinquante bouquins : poésie, prix Joseph Del­teil et de l’Institut Académique de Paris ; nou­velle, prix de la ville du Pecq ; roman, essai, cor­re­spon­dance, livre d’artiste… Et autant, sinon davan­tage, de livres qu’il illus­tre, dont le Pur­ga­toire de Dante aux édi­tions Ardav­e­na. Il est Toile d’or en 2010. Il obtient plusieurs Awards d’hon­neur à la Park Art Fair Inter­na­tion­al (Genève) en 2011, 2012, 2015, 2016, et, en 2012, le Grand Prix de la Bien­nale d’Art Con­tem­po­rain à Orléans. Ses œuvres sont con­servées au Kat­tenk­abi­net (Ams­ter­dam), au Musée d’Art Spon­tané (Brux­elles) à la Mai­son de Balzac (Paris) et à la Mai­son de Ver­laine (Metz). Ses por­traits sont entrés dans les col­lec­tions du col­lec­tif Nuage Vert. Plusieurs biogra­phies et essais lui sont con­sacrés dont le dernier en date, Dante, Sade, Rim­baud, Cau­da (jan­vi­er 2025 aux Édi­tions Uni­ver­si­taires Européennes) est signé Paul Bas­so, pro­fesseur de let­tres à la fac­ulté de Lille. L’ouvrage paraît simul­tané­ment en plusieurs langues, français, anglais, espag­nol, alle­mand, por­tu­gais, polon­ais, ital­ien. Il est égale­ment prési­dent du prix lit­téraire Jacques Abeille/Léo Barthe, et dirige la col­lec­tion de lit­téra­ture (roman, nou­velle) La Bleu-Turquin, la col­lec­tion Cour & Jardin (théâtre), et la col­lec­tion Résonances(essai) chez Douro/Hachette.
[print-me]

Sommaires

Aller en haut