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Jean-Charles Vegliante, Rue La Bruyère

2018-03-02T16:25:18+01:00

 

Le vent du large, dirait-on, du grand large
fait vibrer le 6ème étage, man­sardes
réunies que nous visi­tâmes un jour
(com­bien de temps depuis lors, sur nos visages)
et qui oscil­lent dans l’air comme une proue.
Il a plu, il a pleu­ré là sous les combles
cette nuit, beau­coup, une petite fille :
tu dis, je n’ai pas dor­mi, elle doit être
épui­sée. Tu dis : je n’en finis jamais
avec cette fatigue – les murs s’éloignent –
il y a des fleurs qui s’ouvrent dans les larmes.
Il y a des cœurs effrayés en famille
ne mon­trant rien, qui tiennent comme ils le peuvent
à quelques objets, dans l’or du soleil blet.
 

 

extrait de La forme d’une ville

Présentation de l’auteur

Jean-Charles Vegliante

Né à Rome, Jean-Charles Vegliante enseigne à la Sorbonne Nouvelle – Paris 3, où il dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges

Traducteur de Dante (prix Halpérine-Kaminsky 2008) et des baroques, il a publié en 1977 une antho­lo­gie fran­çaise de la poé­sie ita­lienne de la fin du XXe siècle : Le Printemps ita­lien, (bilingue) et tra­duit Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A. Rosselli, M. Benedetti et d’autres poètes ita­liens. Il a édi­té les textes ita­­lo-fran­­çais de De Chirico, Ungaretti, A. Rosselli, Magnelli.

Il est l’auteur de D’écrire la tra­duc­tion, Paris, PSN, 1996, 2000.

Jean-Charles Vegliante

Sa poé­sie paraît en revue (Le nou­veau recueil, Le Bateau Fantôme, L’étrangère, Almanacco del­lo Specchio) et sur le net (Recours au Poème, for­ma­fluens, Le parole e le cose) ; par­mi les titres publiés en volume : Rien com­mun (Belin), Nel lut­to del­la luce /​​ Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bilingue Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008), Urbanités (Paris, 2014), Où nul ne veut se tenir (Bruxelles, 2016).

Il a édi­té une nou­velle ver­sion de Dante Alighieri (La Comédie, bilingue) dans la col­lec­tion Poésie chez Gallimard.

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