> Amont dévers — une anthologie poétique (5)

Amont dévers — une anthologie poétique (5)

Par | 2018-03-02T16:56:24+00:00 2 avril 2017|Catégories : Essais & Chroniques, Jean-Charles Vegliante|

Or la poé­sie ne fait pas tou­jours bon ménage avec un vague dit « poé­tique » et pré­fère par­fois, au sein de sa langue (tou­jours sou­ve­raine), avoir affaire prin­ci­pa­le­ment avec les pro­ces­sus mul­tiples du « pen­ser » : dont signi­fier ne serait qu’un domaine, sans doute domi­nant mais ouvert à de nom­breuses autres aven­tures de l’esprit et du corps. On a pu par­ler, ain­si, de poé­sie pen­sante, das dich­tende Denken ou « pen­sée en poé­sie » (j’ai pro­po­sé naguère cette tra­duc­tion pour le pen­sie­ro poe­tante d’Antonio Prete, dans un dis­cours pour Yves Bonnefoy au Collège de France). Là encore, l’Alighieri puis Leopardi tracent, en ita­lien, un che­min assu­ré qui pas­se­rait aus­si par cer­taine poé­sie didac­tique du XVIIIe siècle, pour abou­tir enfin à Luzi, Fortini – dont le clair dis­cours est tou­jours aus­si poli­tique – ou Valerio Magrelli. Mais la poé­sie pen­sante fait appel à des sys­tèmes com­plexes, dépla­çant et recom­po­sant selon une logique sin­gu­lière (alo­gique, a-t-on pu dire naguère) des plans éloi­gnés, dis­tants, à tous égards dif­fé­rents de ceux qu’organisent les balises nor­mées de la repré­sen­ta­tion et de la phi­lo­so­phie. Le jeu gra­tuit des signi­fiants en fait par­tie par­fois, en allé­gresse, tout comme le court-cir­cuit ver­ti­gi­neux entre les visions du rêve et les idées dont nous sommes tous tra­ver­sés, sans réus­sir géné­ra­le­ment à arrê­ter son cours ; lorsque le poète l’a fait, nous recon­nais­sons dans ses vers non pas le com­pro­mis phi­lo­so­phique mais notre image invi­sible la plus vraie, la plus pro­fonde, ain­si que par­fois notre propre des­ti­née d’humains, entre­vue « en un éclair et puis c’est tout /​ comme on peut savoir quelque chose de la mort » (G. Raboni, Représentation de la croix). Encore une fois, jamais fixée sinon en la lumi­nes­cence de sa dis­pa­ri­tion même.   

 

  • La « pen­sée-en-poé­sie »

 

                       L’infini

 

Toujours cher me fut ce coteau iso­lé

et cette haie qui inter­dit au regard

tant de par­ties d’un hori­zon plus loin­tain.

Mais assis devant cette vue, des espaces

au delà sans limites, de sur­hu­mains

silences, la tran­quilli­té très-pro­fonde

je forme en ma pen­sée ; à quoi, pour un peu,

s’effraierait le cœur. Et comme j’entends bruire

le vent par­mi ces plantes, près, le silence

infi­ni là-bas je le com­pare encore

à cette voix : et me revient l’éternel,

et les sai­sons défuntes, et la pré­sente

et vive, et le son d’elle. Ainsi, par­mi cette

immen­si­té ma pen­sée va s’engloutir :

et le nau­frage m’est doux dans cette mer.

 

                 À soi-même

 

Or à jamais repose,

mon cœur las­sé. L’extrême illu­sion est morte,

que je crus éter­nelle. Morte. Et je sens

qu’en nous, des illu­sions

non l’espoir seul, mais le désir est éteint.

Dors à jamais. Assez

tu pal­pi­tas. Aucune chose ne vaut

tes émo­tions, et de sou­pirs est indigne

la terre. Amer ennui

la vie, jamais rien d’autre ; et boue est le monde.

Sois calme. Désespère

une ultime fois. Le sort, à notre espèce

ne don­na que mou­rir. Désormais méprise

toi, la nature, l’âpre

pou­voir caché qui régente notre mal,

et la vani­té infi­nie de ce tout.

                                                             G. Leopardi, Canti (1831)

 

               Le cafe­tier phi­so­lophe

 

Les hommes en ce mond’ sont tout pareils

à des grain’s de café dans le mou­lin ;

car l’un d’abord, puis l’autre, et l’autre après,

ils vont pour finir vers le mêm’ des­tin.

 

Ils changent sou­vent d’place et sou­vent chasse

la graine gross’ la graine plus petite,

et tous au-d’sus d’l’entrée ils se com­pressent

vers le fer broyeur qui en fait d’la poudre.

 

Et c’est ain­si qu’ les homm’s vivent au monde,

mélan­gés par les mains d’la des­ti­née

qui s’les remue et retourne à la ronde ;

 

et cha­cun se mou­vant, tout doux ou fort,

sans s’rendre compte ils ne font que des­cendre

jusqu’au plon­geon dans la gorg’ de la mort.

 

                                                         G. G. Belli, Sonnets (22 jan­vier 1833)

Voir :  http://​circe​.univ​-paris3​.fr/​S​o​n​n​e​t​s​-​B​e​l​l​i​.​pdf

 

                 Les trois grappes

 

Elle a trois grappes, Hyacinthe, la vigne.

Bois à la pre­mière un plai­sir lim­pide ;

de l’autre bois l’oubli doux et rapide,

                    et puis… ne bois plus :

 

la troi­sième est som­meil ; et, l’œil aigu,

dans le noir som­meil veille, d’un côté,

sache, la dou­leur ; et crie un muet

                    pleur déjà pleu­ré.

                                                         G. Pascoli, Myricae (1892) – à un ami jour­na­liste

 

                                                 (Le Nolain à mi-hau­teur)

 

Campo dei Fiori est un mar­ché par­ti­cu­lier

On y sent le brû­lé plus que le pois­son de mer

 

Dans une volée d’injures finit la par­tie

Le phi­lo­sophe a repris valeur sur la vie

 

On aligne en paille un œuf à côté d’un œuf

La foule est variée réel­le­ment rien de neuf

 

Têtes de mou­ton aux yeux doux céru­léens

L’évidence his­to­rique écrase les cré­tins

 

Commis mal for­més res­pon­sables coma­teux

Les des­cen­dants courent der­rière leurs aïeux

 

Qui hurle là au fond c’est quelqu’un qui délire

La liber­té gra­tis des gens qui crient ou pire

 

La liber­té tou­jours a un prix incroyable

Ce qui est bon mar­ché c’est den­rée péris­sable

 

Les balayeurs lancent l’eau géné­ra­le­ment

Le sang se net­toie affirment les bien-pen­sants

 

Le sang fait corps avec les choses d’occasion

Un peu chaque jour inca­pable de ran­çon

 

Entre des murs civils cha­cun est du gibier

La peur mon­daine fait un mutuel mor­tier

 

Le chas­seur lui aus­si devient à la fin chasse

L’un et l’autre ensemble laissent une vraie trace.

 

                                                                  Edoardo Cacciatore, La res­ti­tu­zione, 1955

                                                                                               [sta­tue de Giordano Bruno à Rome]

 

– Sais-tu ce qu’est l’âme ?  

– Une par­tie du corps.

– Peut-être, mais dans cette par­tie

  habitent les dieux.

– Mais quelle dif­fé­rence entre dieux   

  et hommes ?

 

Le bat­te­ment de cils

ouvre la digue,

et en trombe dévale

l’eau du gla­cier.

L’image de joie

ne mour­ra pas :

rien d’autre ne compte.

 

                                         Giorgio Colli, La ragione erra­bon­da [1976], 1983

 

                      (son­net)

 

   quel pli expulse cette pul­sa­tion

qui plaque sons sur les plaies infli­gées

pul­sant sa poix dans les failles for­cées

où devient affec­tion chaque émo­tion

   et quel plexus encore pré­dis­pose

de per­cep­tions don­nées pour inex­pertes

la niche dans laquelle attend inerte

une pen­sée pour chaque envie qui n’ose

   et d’où affleure ensuite cette forme

por­teuse de dési­rs quand elle tend

à conge­ler toute vie dans la norme

   comme si à la fin ce qui pré­tend

vivre ne vivait que pour cal­quer l’ombre

de la tête à la tête répon­dant

 

                                 Gabriele Frasca, Rame, Milan, 1984  

 

* * *

Je ne sais, je ne com­prends pas si j’aurais

plus de joie en dis­pa­rais­sant en vous, en

deve­nant vous, ou en reve­nant pareil

à alors, proche, avec le cœur d’aujourd’hui.

Et si l’un n’excluait pas l’autre ? En tout cas

n’est-ce pas ça – sor­tir de soi, y res­tant –

que vou­drait plus que toute autre chose, plus

que cette dou­ceur d’être aimé en retour,

celui qui aime ? Ainsi, c’est mon illu­sion,

ce qui n’est pas don­né à qui est mor­tel

l’est peut-être à qui ne l’est pas, étant mort.

                                                               G. Raboni, Barlumi di sto­ria, 2002

 

                        Berceuse

 

Pourquoi, dis-tu, je ne te fais pas de caresses,

pour­quoi je n’essaie plus de res­ter près de toi.

Mais tu dois com­prendre, c’est la queue, ton aiguillon,

qui m’épouvante,

 

[…],

car chaque fois que je me rap­proche

siffle ce har­pon et je sens le gel

du venin plon­ger au fond de mes os.

 

Est-ce encore toi, la lame qui pénètre

dans mes reins quand nous nous embras­sons ?

C’est elle, qui frappe alors que je te parle

et dou­ce­ment des­cend sur ma nuque ?

 

Je t’aime beau­coup, mais pas toute entière,

juste une moi­tié peut avoir mon amour,

l’autre non, par­donne-moi, mais c’est trop

deman­der de bai­ser aus­si le rasoir.

                                 Valerio Magrelli, Geologia di un padre, 72 (2013)  

 

                    

* * *

mou­rir n’est pas d’être à nou­veau réuni avec l’infini

c’est de l’abandonner après avoir éprou­vé

la puis­sance de son idée

 

quand l’espèce humaine sera éteinte

cet ensemble de savoir accu­mu­lé

en vols et désar­rois

sera dis­per­sé

et l’univers ne pour­ra savoir

qu’il s’est résu­mé pour une période limi­tée

en une infime frac­tion de soi

                                                            mesure

 

ici je ne dis pas pour­quoi la faible nuit

des­cend et se fait tuer

d’où ces pré­sences inquiètes à tra­vers la plaine

 

le froid entre dans la mai­son nue

et atteint la sur­face de la mémoire

le bac est pas­sé inuti­le­ment sur le bras de fleuve

le son dimi­nue de fré­quence

les feuilles salissent le vent

 

il y a deux ans lon­geant les hési­ta­tions de la lumière

la res­pi­ra­tion décou­pée

il com­men­çait sa ten­ta­tive sans espoir

 

on ne pour­rait pas rame­ner ces arbres

ces tendres écha­fau­dages

                                                         cour­bure

 

                                       Bruno Galluccio, La misu­ra del­lo zero, 2015

 

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  • Voire l’impensé

  

 

                            (Madrigal)  

Quelle rosée, quel pleur,

quelles larmes étaient-ce

que du man­teau de nuit je vis épandre

et du pâle visage des étoiles ?

Et pour­quoi a semé la blanche lune

de cris­tal­lines gouttes, pur essaim,

de l’herbe fraîche au sein ?

Pourquoi dans l’ombre brune

enten­dait-on, se plai­gnant alen­tour,

les brises jusqu’au jour ?

Étaient-ce signes que tu es par­tie,

chère vie de ma vie ?

                                         T. Tasso, Rime, 1591    

 

                     D’un talus

 

Repose le plein midi sur la prai­rie.

   Nul vol ombre onde pas­sant dans le bleu vert.

   Un fil de fumée au soleil blan­choie ; puis

   fond et se perd.

 

J’ai dans l’oreille un tour­billon qui tin­tille,

   peut-être d’un loin­tain trou­peau ses clo­chettes ;

   et, comme sus­pen­dus dans l’azur, les trilles

   de l’alouette.

                           G. Pascoli, Myricae 1891-94. (Une ver­sion col­lec­tive, bien dif­fé­rente, publiée en 2001 avec mon équipe CIRCE)

 

                       Mes poèmes…

 

Je n’ai pas de semence à répandre par le monde

je ne peux pas inon­der les pis­so­tières ni

les mate­las. Mon avare semence de femme

c’est trop peu pour atteindre. Que puis-je

lais­ser dans les rues dans les mai­sons

dans les ventres infé­con­dés ? Des mots

ça oui, en abon­dance

mais déjà ils ne me res­semblent plus

ils ont oublié la fureur

et la malé­dic­tion, ils sont deve­nus demoi­selles

un peu mal­fa­mées sans doute

mais tou­jours demoi­selles.

                           Patrizia Cavalli, Le mie poe­sie non cam­bie­ran­no il mon­do, 1974

                                   [une ver­sion presque iden­tique dans mon Printemps ita­lien, A.P. 1977]

 

            Luino-Luvino

 

Au détour du vent

par des val­lées expo­sées ou pro­fondes

je me deman­dais jus­te­ment si c’était

argent de nuages ou sier­ra ennei­gée

dont encore s’éblouit l’hiver

quand voi­ci

la frange qui retombe sur cette face

et la res­ti­tue à un pas­sé d’ombre

d’époques hur­lantes

et un ins­tant encore les yeux per­cèrent

à tra­vers cette épaisse toi­son

étin­ce­lèrent les dents

pour se rem­bû­cher ensuite dans la meute

qui autour se presse

des lieux touf­fus des noms rupestres

au son par­fois doux

de racine âpre

Valtravaglia Runo Dumènza Agre.

 

                                                         V. Sereni, Stella varia­bile, 1979

 

Adriano Spatola, poé­sie visuelle :

 

barrrrrr­ri­cade

r come rivo­lu­zione

 

 

– dans le Printemps ita­lien (cité)

 

Michele Sovente [poète en latin, en ita­lien et dans une langue mino­rée de la région napo­li­taine]

 

C’u scu­ro a viér­no se sente

fuì ’u vien­to ca se scar­du­léa

ac ven­tus per schi­dias

loin beau­coup s’en va avec

les plus petites par­ti­cules

de tous les vents e car­réa

il ven­to chissà dove

l’anima tras­co­lo­rante l’anima

flut­tuante di spet­tra­li pre­senze

tan­dis que la nature

cutem aliam mons­trat

rint’a nu mun­no ’i mbruó­glie.

 

 

 

Au cré­pus­cule l’hiver on entend

fuir le vent qui se démène

et puis ven­tus par les copeaux

loin beau­coup s’en va avec

les plus petites par­ti­cules

de tous les vents et entraîne

le vent dieu sait où

l’âme pâlis­sante l’âme

fluc­tuante de pré­sences spec­trales

tan­dis que la nature

montre une peau dif­fé­rente

d’dans un tas d’embrouilles.

De : Superstiti, 2009

(ver­sion légè­re­ment dif­fé­rente dans la

revue “Siècle 21”, n° 25, hiver 2015.)

 

            * * *

 

l’amande la perle

la chair,

une mesure nette

entaille

entre deux bords de blanc

 

tu sens moins cir­cu­ler le sang

ou pas du tout

 

rede­vient plein le temps

dis-tu, il est lavé comme lin

comme étoffe

 

ce temps s’interrompt il est

laine

blanche qui tombe des mains

ne se ferme pas

l’habit –

 

le sable dans l’esprit

a for­mé la perle –

 

et n’a pas de lumière

cette masse n’a pas de cap­sule

coule comme acide, raci­nant

 

en ce corps s’interrompt

se reco­quille

 

l’esprit caille, est un lait

qui devient plus acide

condense

des gru­meaux de blanc

 

ils deviennent cailloux dans l’écran vrai

tu les lances au milieu du lac où

affleure le corps

 

il y a quelque chose der­rière

l’esprit, c’est affi­lé

tient en res­pect

des bandes de chiens

 

de toi brus­que­ment c’est une figure

debout,

qui vient vers, d’une fenêtre

tu refais les der­niers mètres

tu as fixé tes genoux

les as cou­lés de nou­veau dans la forme

de ton corps

 

Laura Pugno, La mente pae­sag­gio, 2010.

(une pre­mière édi­tion dans “Le bateau fan­tôme” 8, 2009)

 

L’esprit balance, l’œil n’a de repos.  

L’esprit se balance. L’œil n’a aucun repos.

 

Il ima­gine des pri­sons dans la brise.

Il invente des bar­reaux dans l’air.

 

Il est maître de la dou­leur.

Il sait maî­tri­ser sa dou­leur. 

 

L’amincit de la bouche à la tempe

L’amoindrit de sa bouche à sa tempe 

 

il mul­ti­plie les buis­sons  

mul­ti­plie ce buis­son  

 

bran­dis­sant les rameaux il fouette les os 

dilate le feu dans ses reins.  

Il répand un feu dans le dos.   

 

Le bac vire de bord. Juste la vague  

après la cou­pure referme le sillage. 

                                Antonella Anedda, Salva con nome (2012)

                                   (déjà tra­duit sur le site “Poezibao”, 2015)   

 

[les vers en ita­liques sont en langue sarde (logu­do­rese) dans l’original] 

 

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Jean-Charles Vegliante

Né à Rome, Jean-Charles Vegliante a ensei­gné à la Sorbonne N.lle – Paris 3, où il dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges http://​circe​.univ​-paris3​.fr

Traducteur de Dante (prix Halpérine-Kaminsky 2008) et des baroques, il a publié en 1977 une antho­lo­gie fran­çaise de la poé­sie ita­lienne de la fin du XXe siècle (Le Printemps ita­lien, bilingue) et tra­duit Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A. Rosselli, M. Benedetti et d’autres poètes ita­liens. Il a édi­té les textes ita­lo-fran­çais de De Chirico, Ungaretti, A. Rosselli, Magnelli.

Il est l’auteur de D’écrire la tra­duc­tion, Paris, PSN, 1996, 2000.

Sa poé­sie paraît en revue (Le nou­veau recueil, Le Bateau Fantôme, L’étrangère, Almanacco del­lo Specchio) et sur le net (Recours au Poème, for­ma­fluens, Le parole e le cose) ; par­mi les titres publiés en volume : Rien com­mun (Belin), Nel lut­to del­la luce /​ Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bilingue Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008), Urbanités (Paris, 2014), Où nul ne veut se tenir (Bruxelles, 2016).

Il a édi­té une nou­velle ver­sion de Dante Alighieri (La Comédie, bilingue) dans la col­lec­tion Poésie chez Gallimard.

 

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