> Questionnements politiques et poétiques 3 : Giovanni Pascoli et la “fin d’un monde”

Questionnements politiques et poétiques 3 : Giovanni Pascoli et la “fin d’un monde”

Par |2018-03-05T13:39:46+00:00 4 avril 2016|Catégories : Chroniques, Giovanni Pascoli|
Saint Jean dévorant le livre amer, gravure de Dürer pour l'Apocalypse (détail)

Saint Jean dévo­rant le livre amer, gra­vure de Dürer pour l’Apocalypse (détail)

La tra­duc­tion du poème qui suit – ter­rible poème-cau­che­mar – était depuis long­temps dans mes papiers.

Sa publi­ca­tion n’allait pas de soi, on s’en ren­dra vite compte, et du reste la cri­tique ita­lienne a long­temps hési­té à en par­ler, plu­tôt embar­ras­sée entre une lec­ture poli­tique directe (le poète ter­ro­ri­sé par la fin des pri­vi­lèges de sa classe d’appartenance – la petite pro­prié­té rurale – devant la mon­tée d’une bour­geoi­sie indus­trielle et du pro­lé­ta­riat qui la fait pros­pé­rer) et une inter­pré­ta­tion plus large, poin­tant la fin d’une cer­tain usage huma­niste de la culture (popu­laire autant que sco­laire et méri­to­cra­tique), au pro­fit de la consom­ma­tion de masse et de sa tyran­nie. Dans une vision dra­ma­tique, certes euro­péo­cen­trée des choses (nous sommes à la fin du XIXème siècle). Un peu à la façon de Pasolini plus tard, dénon­çant l’homologation mon­diale ; lequel Pasolini, d’ailleurs, a lar­ge­ment contri­bué à la relec­ture d’un poète auquel le liait une « fra­ter­ni­té humaine » et dont, avec un Mémoire de Maîtrise (la tra­di­tion­nelle Tesi di Laurea ita­lienne), il avait même pro­cu­ré l’une des pre­mières Anthologies. On pour­ra dis­cu­ter à l’infini pour savoir si ces cris d’alarme sont pas­séistes ou pré­mo­ni­toires. Il me semble aujourd’hui pos­sible de don­ner à lire, dans une langue où il est trop peu connu encore, un poète de la taille de Giovanni Pascoli (1855-1912), l’un des Italiens majeurs avec Dante, Pétrarque et Leopardi – et plus qu’eux, capable aus­si de com­po­ser de très beaux vers latins –, déjà pré­sen­té çà et là 1 mais absent des col­lec­tions de nos grands édi­teurs. Le texte ci-des­sous pro­cu­ré m’a sur­tout paru s’imposer enfin, dût-il faire grin­cer quelques dents, après cer­taine séquence vio­lente que nous avons tous bien en tête, voire « clouée bien au fond de la tête /​ par des clous plus forts que les dires d’autrui » (Purgatoire, VIII) : des atten­tats san­glants de Paris et de Tunis, aux mas­sacres de Peshawar, de Bamako, d’Istanbul et d’Ouagadougou, à la bou­che­rie et dépor­ta­tion de Deir ez-Zor… Que la culture uni­ver­selle soit mena­cée (Palmyre et son archéo­logue Khaled al-Asâd), c’est une évi­dence ; notre sur­vie, hommes et femmes dans un monde sans doute impar­fait mais sup­por­table, l’est peut-être éga­le­ment, si l’on ne par­vient pas à arra­cher l’esprit des­truc­teur des nou­veaux Gog et Magog de la tête de jeunes gens, comme tous les jeunes gens sans doute, au delà de l’allégorie2, légi­ti­me­ment révol­tés et en colère. Face à la déter­mi­na­tion incon­ce­vable des assas­sins que nous voyons en action, par­fois contre leurs propres voi­sins, leurs parents, leurs anciens amis, il n’est pas de bar­rière doua­nière, pas de « Porte de l’Occident » qui tienne.

Précisons, pour évi­ter tout amal­game ou, pire, lec­ture ten­dan­cieuse, que Pascoli a été le pre­mier écri­vain à trai­ter en poé­sie du désastre de la grande émi­gra­tion – il res­ta pour long­temps le seul – et qu’il ne pou­vait pas pré­voir, osons cette lapa­lis­sade, les plus récentes migra­tions impo­sées par la vio­lence. Celles-ci, de Lampedusa à Kos à Calais, sont en par­tie la consé­quence de la ter­reur évo­quée ici. Les lec­teurs en feront, bien enten­du, après avoir bien lu, on l’espère, l’usage qu’ils vou­dront.

 

 

Giovanni Pascoli, Gog et Magog

 

I

Gog et Magog

En trou­peaux, comme font les ânes sau­vages,
vai­ne­ment allait et reve­nait en vain
Gog et Magog avec ses noirs char­riages ;

et la mon­tagne les voyait dans la plaine
errer, et enten­dait par­mi les tour­mentes
les cla­que­ments de leurs fouets por­tés au loin ;

et un braie­ment par­ve­nait, de ces nations
de Mong, comme une humble ren­gaine d’hyènes,
à l’infrangible Porte de l’Occident.

II

Car entre deux monts était, grande, de rouge
bronze une porte ; si grande que son ombre
se pro­je­tait, vers les heures du cou­chant,

jusqu’au milieu du val. Le fils d’Ammon-Zeus
la fixa sur ses gonds contre les immondes
peu­plades, et les noirs groupes de bisons ;

il la bar­ra ser­ré. Mais res­ta en haut
des monts : une claire cla­meur de trom­pettes
des­cen­dait des deux Mamelles d’Aquilon.

III

Là était le Bicornu… Et les der­niers
qui avaient enten­du, enfants, retom­ber
la masse sur les clous étaient gris et vieux ;

et Lui ne par­tait pas… Et leurs fils, géants
aux yeux de flammes, aux langues toutes noires,
ou nains hir­sutes aux mobiles oreilles,

étaient morts ; et de cha­cun d’eux des mil­liers
étaient nés, nom­breux comme les étin­celles
d’un tison : mais le Bicorne était là-haut.

IV

Tout en haut, à la garde de l’Erguené-
coun ; et le son au réveil de ses dianes
fai­sait rou­ler ava­lanches et moraines.

Chaque matin le ciel s’emplissait de buses ;
et la Horde, en bas, comme nuées au son
de l’orage, noire se ser­rait au Khan :

c’étaient des cha­riots rou­lant depuis le cône
des mon­tagnes, un sou­dain bar­ris­se­ment
d’éléphant, une voix comme le ton­nerre…

V

Mais moins s’entendait dans le jour ce tumulte
là-haut : dans le jour aus­si les gens par­qués
rugis­saient, s’arrachant le man­ger, des ongles.

Le cri de là-haut s’effaçait dans l’aboi
de leur faim. C’était, durant le jour, tout pour
le sang, Alan et Aneg, Ageg, Assur,

Thubal, Céphar. Davantage on l’entendait
dans les longues nuits, quand conce­vaient des fils,
enfants de Mong-wu, leurs femmes sous la yourte.

VI

La lune mon­tait en sui­vant les bords jaunes
de nuages fuyants ; autour d’une intacte
neige se tenaient des troupes de che­vaux :

les têtes ren­trées, immo­biles res­taient
sur ce blanc ; avec de temps à autre un bref
hen­nis­se­ment, un sou­dain bruit de sabots.

Toute la mon­tagne soli­taire encore
mugis­sait. Et même la lune, crain­tive,
en l’air se haus­sait, de nuage en nuage.

VII

Ou res­plen­dis­sait sur l’infini mur­mure
pen­dante. Couronné de lierre et d’acanthe
le Héros, ôtant les torches du ban­quet,

par­cou­rait en fête la côte éclai­rée
et là-bas, depuis l’ombre courbe des pins,
la Horde écou­tait de longs aériens chants,

enten­dait de longs gémis­se­ments marins
des conques, et, mêlés au son des cithares,
tim­bales sourdes, cym­bales argen­tines.

VIII

Gog et Magog trem­blait ; et ses femmes dirent :
“N’a-t-il pas de mère, Lui, auprès de qui
il soit doux de retour­ner, lourd d’ambre et d’or ?

pas d’enfants, de bétail ? pas d’épouses belles
à côté de qui, las de nar­rer, se couche ?
Peut-être est-il repous­sé, d’être bicorne ?

Alors pour­quoi ne des­­cend-il pas du mont
pour prendre l’une de nous entre les hordes,
qui soit sa bête, par­mi Gog et Magog ?”

IX

Gog et Magog trem­blait… Or l’un de ses nains
pru­dem­ment alla trou­ver les géants sots.
“Nous mou­rons tous, géants, et lui ne meurt pas.

Moi qui meus mes oreilles comme les chiens,
j’ai enten­du des choses. Là Zul-Qarnayn
n’est pas tou­jours. Parfois il était à Rûm.

Il part avec le jour. Il va à la source
d’étoiles liquides, bleue. Avec ses mains
jointes prend la vie. Tous les cent ans un peu.”

X

Mais Lui, un jour (la Montagne parais­sait
plus proche, morne, et mon­trait comme un sque­lette
ses blancs osse­ments de pier­railles éparses)

à tra­vers l’ombre, où l’on ne savait quels doigts
sou­le­vaient des lampes errantes d’argent,
par l’ombre il allait à la source de vie.

Plus de son­ne­ries sur les pentes, le vent
souf­flait en vain. Et la grande Porte un peu
vibrait, par à-coups, comme une pous­sée lente.

XI

Gog et Magog trois jours, veillant, atten­dit,
trois nuits atten­dit, et n’entendit, le soir,
que de temps en temps la Porte vibrer, lente.

Il n’était plus au mont !… Et la Horde prit
le che­min des monts. Elle allait, noire Horde,
four­millant à l’encontre de la tour­mente.

À l’aube, lugubre, meu­gla un bison,
hen­nit un che­val, la troupe se rom­pit…
Une son­ne­rie cou­rait de mont en mont.

XII

Et les femmes dirent : “Oh homme de rien,
Zul-Qarnayn ! Tu es reve­nu bien vite ! Ou
n’y avait-il pas à la source une fille

seule ? une de tes sœurs qui le seau peut-être
aban­don­na vide à la source, et cou­rut
hors d’haleine jusque chez ta mère vieille ?

Alors, divin bélier, fais donc réson­ner
les trom­pettes ! Au son de cette fan­fare
notre homme se réveille, et puis ne dort plus.”

XIII

Et les hommes hulu­lèrent : “Il a bu
en Rûm à la source des étoiles bleue !
Zul-Qarnayn est tou­jours celui-là qu’il fut.”

Et ils eurent en haine toute autre vie,
et le fruit de tout ventre autre ; et le sang rouge
trait aux bisonnes, aux zébus ils le burent.

Ne réson­nait plus au val un beu­gle­ment.
Ne son­na plus, Gog et Magog, que le cri
sans fin hur­lé de tes infi­nies tri­bus.

XIV

Pourtant il par­tit, Zul-Qarnayn, dans le feu
d’un cou­chant : sur le mont étaient éten­dues
les pourpres sombres à franges de cro­cus.

Dans son char d’or il mon­ta, étin­ce­lant,
le Héros ; dans l’ombre il s’éloigna par­mi
un joyeux éclat de béryls et tur­quoise.

Un bref scin­tille­ment de pointes d’acier,
un écho d’hymnes qui en trem­blant se perd
çà et là… Enfin se tut l’âpre gla­cier.

XV

Trois ans atten­dit le Tartare, trois ans
il guet­ta l’arrivée des mêmes dra­gons
aux yeux d’or des­sus la crête des mon­tagnes

muettes et nues. Le Tartare voyait,
sans plus de crainte, et sen­tait encore plus
sa faim et sa rage, et d’une main d’ours, là

il cas­sait des bou­leaux, arra­chait des aulnes.
Enfin il vit les yeux des mêmes dra­gons
la troi­sième fois, et vint à la mon­tagne.

XVI

Au pied des deux Mamelles de l’Aquilon
ils arri­vèrent pru­dents. Et le vieux nain
malin se his­sa, pieds et mains, sur les tufs.

Et il vit au som­met un grand pavillon
comme d’une trompe, et s’y glis­sa muet :
souffles per­çut, et vit des yeux de hiboux.

Un nid immonde rem­plis­sait tout le creux
de cette trompe. Un grand hibou immo­bile
s’y tenait, deux touffes dres­sées, tel un roi.

XVII

Il prit deux plumes, le vieux nain, et se mit
sur un escar­pe­ment, agi­tant les plumes
et appe­la la Horde, qui atten­dait :

À moi, Gog et Magog ! à moi Tatars ! Ô
gens de Mong, Mosach, Thubal, Aneg, Ageg,
Assur, Pothim, Céphar, Alan, à moi tous !

Il a fui à Rûm, Zul-Qarnayn, ses fer­rées
trom­pettes lais­sant sur les Mamelles rondes
du Nord, ici. Gog et Magog, tous à moi !”

XVIII

Ô stu­pides ! Ces trompes n’étaient que terre
concave, par où le vent occi­den­tal
tirait, en hale­tant, des cla­meurs de guerre.

Ils les bri­sèrent, mépri­sants, de la pointe
de leurs cou­te­las, et des trompes bri­sées
sor­taient des hiboux aux silen­cieuses ailes.

Ils rirent matois, et vagants par les grottes
burent le sang. Au-des­­sus d’eux un muet
vol de songes vains, et les cris de la nuit.

XIX

À la grande Porte s’arrêta la foule :
entre le cou­chant et eux était le bronze.
Gog et Magog le heur­ta d’un effort seul.

La barre se plia après une longue
tor­ture : la Porte long­temps grin­ça, dure-
ment, et s’ouvrit dans un clair vacarme d’or.

La Horde appro­cha du seuil, et vit la plaine,
les cités blanches sur les rives de fleuves,
et blondes mois­sons, et bœufs au pâtu­rage.

Elle entra, bra­mant : le monde fut son pain.

(1895 – dans Poemi Conviviali, 1904)
Traduction :  J.-Ch. Vegliante) 

 

Présentation de l’auteur

Giovanni Pascoli

Giovanni Pascoli (né le 31 décembre 1855 à San Mauro di Romagna dans la pro­vince de Forlì-Cesena en Émilie-Romagne, Italie – mort le 6 avril 1912 à Bologne) est un poète ita­lien de langue latine et ita­lienne.

Œuvres

  • Myricae 1891 (1re édi­tion])
  • Carmen « CORDA FRATRES » (1898)
  • Canti di Castelvecchio (1903)
  • Primi poe­met­ti (1904)
  • Poemi convi­via­li (1904)
  • Odi e inni (1906)
  • Nuovi poe­met­ti (1909)
  • Poemi del Risorgimento (1913)

Traductions

  • Poèmes tra­duits en fran­çais par J.Ch. Vegliante (2009)

Sources Wikipedia

Giovanni Pascoli

© Crédits pho­tos : Wikipédia

Autres lec­tures

Giovanni Pascoli, une traduction inédite : Le 10 Août (élégie)

Jean-Charles Vegliante nous offre la pre­mière tra­duc­tion fran­çaise de Pascoli depuis 1925 (Editions Mimésis). Voici une occa­sion unique de revi­si­ter l’œuvre d'un annon­cia­teur de notre moder­ni­té. Poète du début du ving­tième siècle, grâce à [...]

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Jean-Charles Vegliante

Né à Rome, Jean-Charles Vegliante a ensei­gné à la Sorbonne N.lle – Paris 3, où il dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges http://​circe​.univ​-paris3​.fr

Traducteur de Dante (prix Halpérine-Kaminsky 2008) et des baroques, il a publié en 1977 une antho­lo­gie fran­çaise de la poé­sie ita­lienne de la fin du XXe siècle (Le Printemps ita­lien, bilingue) et tra­duit Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A. Rosselli, M. Benedetti et d’autres poètes ita­liens. Il a édi­té les textes ita­­lo-fran­­çais de De Chirico, Ungaretti, A. Rosselli, Magnelli.

Il est l’auteur de D’écrire la tra­duc­tion, Paris, PSN, 1996, 2000.

Sa poé­sie paraît en revue (Le nou­veau recueil, Le Bateau Fantôme, L’étrangère, Almanacco del­lo Specchio) et sur le net (Recours au Poème, for­ma­fluens, Le parole e le cose) ; par­mi les titres publiés en volume : Rien com­mun (Belin), Nel lut­to del­la luce /​​ Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bilingue Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008), Urbanités (Paris, 2014), Où nul ne veut se tenir (Bruxelles, 2016).

Il a édi­té une nou­velle ver­sion de Dante Alighieri (La Comédie, bilingue) dans la col­lec­tion Poésie chez Gallimard.

 


Notes

  1. Par exemple L’élégie de Pascoli. L’œuvre de Pascoli est citée d’après : Tutte le poe­sie, éd. A. Colasanti & N. Calzolaio, Rome, Newton Compton, 2001 (1312 p.).

    Voir aus­si : Giovanni Pascoli et la moder­ni­té (prés. Y. Gouchan), Univ. Paris 3, 2010, en ligne).[]

  2. Celle-là même qui fit très tôt d’Alexandre le Grand un fils d’Olympias et d’Amon aux cornes de bélier, le « Bicornu » Zûl-Karnein, ou Dhû ’l-Qarnayn (voir entre autres : Coran XVIII, 83 sqq.). []

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Jean-Charles Vegliante

Né à Rome, Jean-Charles Vegliante a ensei­gné à la Sorbonne N.lle – Paris 3, où il dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges http://​circe​.univ​-paris3​.fr

Traducteur de Dante (prix Halpérine-Kaminsky 2008) et des baroques, il a publié en 1977 une antho­lo­gie fran­çaise de la poé­sie ita­lienne de la fin du XXe siècle (Le Printemps ita­lien, bilingue) et tra­duit Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A. Rosselli, M. Benedetti et d’autres poètes ita­liens. Il a édi­té les textes ita­lo-fran­çais de De Chirico, Ungaretti, A. Rosselli, Magnelli.

Il est l’auteur de D’écrire la tra­duc­tion, Paris, PSN, 1996, 2000.

Sa poé­sie paraît en revue (Le nou­veau recueil, Le Bateau Fantôme, L’étrangère, Almanacco del­lo Specchio) et sur le net (Recours au Poème, for­ma­fluens, Le parole e le cose) ; par­mi les titres publiés en volume : Rien com­mun (Belin), Nel lut­to del­la luce /​ Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bilingue Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008), Urbanités (Paris, 2014), Où nul ne veut se tenir (Bruxelles, 2016).

Il a édi­té une nou­velle ver­sion de Dante Alighieri (La Comédie, bilingue) dans la col­lec­tion Poésie chez Gallimard.

 

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