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Amont dévers, neuvième livraison

Par |2018-09-07T10:26:23+00:00 4 septembre 2018|Catégories : Amont dévers, Essais & Chroniques|

Amont dévers (Voir “Recours au Poème” 185, juin 2018)

 

Longtemps, l’Italie a sem­blé être au centre du monde occi­den­tal, tout en jetant un pont vers le sud arabe, d’abord par sa géo­gra­phie, et vers l’est (ou levant) plus ou moins loin­tain par l’entreprise de ses grands voya­geurs. La figure de Marco Polo fai­sait écho ici à celle d’Ibn Battûta (de peu pos­té­rieure), avant l’aventure toute dif­fé­rente de Colomb et du bou­le­ver­se­ment com­plet qui s’en sui­vit, en par­ti­cu­lier pour l’espace médi­ter­ra­néen.

Alors, comme recro­que­villée, la Péninsule fut peu à peu relé­guée au rang de pro­vince, riche sans doute de beaux musées, de ruines gran­dioses, de palais vides, et prit elle-même, bien sou­vent, des habi­tudes que nous dirions pro­vin­ciales (tout à tour pro­vince espa­gnole, fran­çaise, anglo-saxonne et amé­ri­caine). Pour autant, eux-mêmes grands tra­duc­teurs – y com­pris au ciné­ma, où sous-titrage et dou­blage attei­gnirent des som­mets de per­fec­tion – et bons cri­tiques, ou sim­ple­ment lec­teurs des lit­té­ra­tures autres, jusqu’à lais­ser influen­cer et faire pas­ser à la moder­ni­té leur langue vétuste (rôle de Pavese, entre autres), les Italiens ne se sont jamais pen­sés hors des cou­rants et des inno­va­tions du reste du monde. Ils ont conser­vé ain­si un rôle cultu­rel pri­mor­dial, du moins en Europe et aux Etats-Unis d’Amérique. Les contacts intenses avec la NRF, puis Tel Quel ou Change, mais aus­si City Lights, CoBra et Gruppe 47, pour ne pas par­ler des “trans­ferts” plus loin­tains d’auteurs comme Patrizia Vicinelli ou Toni Maraini (ou, dans la direc­tion inverse, d’un Al Nassar), ni de la cir­cu­la­tion géné­ra­li­sée sur et par le Net aujourd’hui, font que la mon­dia­li­sa­tion n’épargne pas – pour le meilleur et pour le pire – la poé­sie.

Bien sûr. Au point qu’il peut sem­bler extra­va­gant de se pen­cher sur la vie des gens et des ani­maux fami­liers de la cam­pagne, naguère. Et que la for­mi­dable cir­cu­la­tion d’Internet aujourd’hui mêle et démul­ti­plie lit­té­ra­le­ment, sans fin pré­vi­sible, cette exten­sion entre­la­cée de voix et de visions naguère jugées non récon­ci­liables.

 

Le reste du monde, certes

 

(Invocation à l’Égyptien)

Saint Onuphre tout poi­lu
Tout aimable tout gre­lu
Par vos très-sacrés poils
Faites-moi cette grâce
D’ici à ce soir !
Saint Onuphre tout poi­lu
Mon cœur est bien trop confus
Par vos très-sacrés poils
Faites-moi cette grâce
D’ici à ce soir !
Saint Onuphre tout poi­lu
Je vous prie, de ce palus,
Cette grâce me devez
Car je veux me marier.

(ano­nyme sici­lien)

 

Immanu’el le Juif

J’ai vu le Sultan
en mont et en plan,
et oui du Grand Khan
je pour­rais conter.

[…]

Bisbis bis­bi­dis
bis­bis bis­bi­dis
bis­bi­dis bis­bi­dis”
entends conseiller.

Là tous les babouins,
romieux, pèle­rins,
juifs et sar­ra­sins
ver­ras arri­ver.

Tatim tata­tim
tatim tata­tim
tatim tata­tim”
ois-les trom­pe­ter.

Balouf balaouf
balouf balaouf
balouf balaouf”
enten­dras bâfrer.

[…]

Immanu’el ben Shelomoh, Bisbidis, Vérone (c. 1315)

 

(Exotisme domestique)

Le cro­co­dile est ani­mal si étrange
    qu’on ne peut savoir com­bien il a de serres ;
    tan­tôt il est sous l’eau, tan­tôt vit sur terre
    et ain­si de çà, de là donne le change ;
pré­da­teur il piège dans l’eau immer­gé ;
    mais pond son œuf en terre avec faux conseils
    à tel point, que sien il soit, on s’émerveille,
    comme d’un monstre par autrui asper­gé.
Ainsi nombre d’Évêques et Cardinaux,
    Protonotaires et divers pes­ti­lents
    vivent tels des princes et rois triom­phaux.
De part et d’autre tu les ver­ras fer­vents
    et por­teurs, en chaire et en cour, de tous maux :
    à trom­pe­ries et à fraudes s’appliquant.

Niccolò Liburnio, Lo Verde Antico (1524)

 

(Dans les Croisades)

18
Qui est cet étran­ger qui lutte si bien
en joute et qui est d’allure si farouche ? –
Pour toute réponse, à elle il ne lui vient
qu’un sou­pir aux lèvres, dans les yeux des pleurs.
Soupirs et larmes qu’elle veut rete­nir
sans pou­voir en tout les cacher au-dehors :
un fil de pourpre cerne ses yeux gon­flés
et un souffle rauque tra­hit ses pen­sées.

19
Puis elle dit en men­tant, et dis­si­mule
sous un voile de haine un désir tout autre :
“Hélas, je le connais bien, et entre mille
je le recon­naî­trais à coup sûr sans faute,
car sou­vent je l’ai vu rem­plir les cam­pagnes
et les pro­fonds fos­sés du sang de mon peuple.
Ah, qu’il est cruel quand il frappe et inflige
des plaies qu’herbes ne soignent, ni arts magiques.

20
C’est le prince Tancrède : oh, si pri­son­nier
il pou­vait m’être ! je ne le vou­drais mort
mais vivant, pour qu’en moi il donne à mon fier
désir de ven­geance quelque récon­fort.”
Ainsi par­lait-elle, et de son dit le vrai
à qui l’entend en autre sens se retord ;
et les der­niers mots s’échappent de sa bouche
mêlés à un sou­pir qu’en vain elle étouffe.

T. Tasso, Gerusalemme libe­ra­ta, III (1581)

 

(Galilée et son téles­cope)

45
Ouvrant le sein de l’Océan pro­fond,
non sans dan­ger ni sans devoir com­battre,
l’argonaute ligure en ce bas monde
décou­vri­ra nou­veau ciel, neuve terre.
Toi du ciel Tiphys – non marin – second,
voyant com­bien il tourne et ce qu’il serre
sans aucun risque à tous les gens cachés
tu mon­tre­ras des astres insen­sés.

G. B. Marino, Adone X (1623)

 

Buenos Aires

Le bâti­ment avance len­te­ment
Dans le gris du matin par­mi la brume
Sur les eaux jaunes d’une mer flu­viale
Apparaît la cité grise et voi­lée.
On entre dans un port étrange.
Les émi­grants
S’affolent et deviennent féroces en se pres­sant
Dans l’âpre ivresse d’imminentes luttes.
D’un groupe d’Italiens habillés
De façon ridi­cule à la mode
Bonairienne on lance des oranges
Aux conci­toyens hagards et hur­lants.
Un gar­çon du port, très léger
Enfant de liber­té, prêt à l’essor,
Les regarde, les mains dans sa cein­ture
Bariolée et esquisse un salut.
Mais féroces grondent les Italiens.

D. Campana, Inédit (1908) – pre­mière ver­sion dans « Doc(k)s » 2-3, 1992

 

(Lumières d’émigrante)

Les lumières qu’on voit trem­blo­ter
joli­ment petites et loin­taines,
semblent des étoiles au che­vet
de vastes Solitudes en plaines.

Leur lueur douce par­mi le voile
vio­let fon­cé de la nuit obs­cure
semble venir de l’immense ciel
dont l’étendue infi­nie tor­ture.

Inaccessibles, comme ban­dées
d’un air léger de mélan­co­lie,
ce sont des chi­mères dési­rées
inuti­le­ment toute la vie.

Severina Magni, Luci lon­tane, 1936

 

Rue Sainte Walburge

Il a bat­tu peut-être plus fort
Que les talons du lan­cier, ton cœur.
Te revient le fra­cas dans une odeur
De che­veux, et les jours si beaux
Au cou­rant blond de la Meuse.
Pâlissent dans la froide brume
La route du bourg, les écrits
Étrangers des enseignes, les champs
Derrière le pilo­tis.
Tu en retrouves la trace
Et d’une bouf­fée de vapeur
Subsiste la chère figure d’amour
Ces char­mants talons bat­tus sur le cœur
Et l’ombre chaude sur le visage.

Leonardo Sinisgalli, Vidi le muse, 1943

 

Le nègre juif

1.

les pas­sants, tas­sés, sombres et pesants : enve­lop­pés dans leur mou­choir
sur la figure 

comme elle brûle avec une fumée noire et dense l’herbe du jar­din
tout juste fleu­ri

dans lequel à l’intérieur jouait enfant la dame qui glisse dans le vent

tenant bien ferme de la main sa tête refaite depuis peu

pour qu’une rafale plus forte que les autres ne l’envoie pas rou­ler
au milieu de la place

madame salo­mé tu ne demandes à ton père que ta propre tête

2.

nous tenant par la main autour du char d’assaut duquel nous sommes nés nous dan­sons

me voyant à la fin mon­ter, grim­per, vers la corde ten­due au-des­sus du vide

singe en salo­pette là-haut, dan­ser pro­té­gé par un filet que forment
entre­la­cés les doigts de ceux qui sont au-des­sous

et l’un avec une sou­coupe faire le tour, ramas­ser les pièces

qu’est-ce que je peux faire dans ce méca­nisme mêlant mon temps en sens ver­ti­cal

tenant loin de moi les pages du livre des morts : ins­crip­tions, sou­ve­nirs,
que je relis le soir

mais la des­truc­tion depuis long­temps s’est accom­plie : à pré­sent, venir
avec moi, se pen­cher, regar­der, tou­cher du doigt, peau cra­que­lée

assis à notre table devant un café pour consul­ter les jour­naux : pluie
qui bat sur les toits des voi­tures sta­tion­nées

moi par­fai­te­ment tran­quille, assis à la place qui m’est réser­vée,
sans erreur pos­sible, à la place que j’ai rete­nue

épave enflée, cha­rogne du bateau déman­te­lé par les pois­sons

et dans la voi­ture se dis­posent en ordre nou­veau les asti­cots anciens :
dont les tours et retours sont à suivre

3.

dire ça avec des fleurs, ils le savaient depuis que de l’intérieur des fosses
com­munes ils les pous­saient dehors

tapis moel­leux aux mille cou­leurs, colo­nies de vers, troupes en mou­ve­ment
vers le front

arbre né au beau milieu : au-des­sus du filet, doigts entre­la­cés
de ceux qui sont là-des­sous

orphée ! lui dit l’un, orpheu ! criant, éphreu ! lui frap­pant la figure
à coups de pied, hébreu ! lui dit alors : « chante ! »

chante, juif ! réveille ces morts

et entre les feuillages le vent, air condi­tion­né, déodo­rant vapo­ri­sé
dans la chambre à cou­cher

et au-des­sus du filet me voi­ci je danse, je chante, je joue de la lyre : singe
dans ma salo­pette, bleu enflé par le vent, ves­sie de porc

et me voi­là camion, poin­tant déci­dé vers le large, voiles déployées : caillou
déci­dé à se noyer

ves­sie de porc gon­flée par les gaz des cadavres, jadis pleine de sain­doux[…]

Adriano Spatola, L’ebreo negro, 1966
[Une ver­sion légè­re­ment dif­fé­rente dans mon Printemps ita­lien, 1977]

Docile contre

Docile contre
sa ruine se cabre sur l’à-pic
un pin syl­vestre age­nouillé, docile
contre la flamme presse
pour se consu­mer un tison,
une pha­lène délire,
le poing gla­cé se défait
en une main docile contre la fièvre,
la tête penche vers le mur, comme tu remer­cies
de pen­ser, de ne pas pen­ser
et la recon­nais­sance qui par­tout
nous fleu­rit les lèvres, les mai­sons, les tombes,
de qui recon­naît au delà d’elle-même le visage
où elle tourne docile contre
un myope bai­ser ?

F. Hindermann, Docile contro, 1980

***

La chair morte revit
dans sa misère grande
avec le vent qui ramène les odeurs
à un ordre dis­per­sé.
La chair morte est bro­dée
par ces sinueuses pré­sences
que les autres appellent des larves.

*

Quant ils ont cou­pé la lumière
la mort s’est res­sai­sie
pour appa­raître aus­si­tôt après
plus nette, plus vierge.

Ivano Ferrari, Macello, 2004

 

 

Porte Palazzo

Minérales, cer­taines traces dans le verre : mor­ceaux d’ongle,
essayez de com­prendre, comme les vagues du fleuve fixées en ins­tan­ta­nés
ou le grain d’une voix archaïque mon­tant de la deuxième rive.

Je deviens une trace décan­tée si j’écoute
que tu te réveilles pour recon­naître l’Africaine des morts
quand elle hurle sur le fleuve et s’adoucit dans les vagues.

C’est de l’existence qui s’est dépo­sée, le rite retrouve des familles
comme les grands arbres et les oiseaux qui s’élancent

des branches vers le pont métal­lique : la plainte au-des­sus des vies,
nous au-des­sus de l’endroit d’où nous sommes venus.

Tu l’entends faire un pas en arrière, tu fermes les yeux
pour dire là d’où j’arrive, là où je peux aller.

Elle s’est éloi­gnée comme si elle grif­fait, comme si nous l’avions prise…
mais la nuit n’a plus d’extension, elle plie en nous des cris conti­nen­taux.

Maria Borio (de : Accoglienze, inédit)

 

 La rencontre

Sonett*

Paracar che scap­pee de Lombardia,
se ve dann quaj moment de vardà indree,
dee on’oggiada e fee a ment con che legria
se fes­teg­gia sto vos­ter sant Michee.

E sì che tutt el mond el sa che vee via
per lassà el post a di olter foras­tee,
che, per quant fus­sen pien de cor­te­sia,
vor­ra­ran anca lor rob­ba e danee.

Ma n’havii faa mò tant, viol­ter baloss,
col ladrann e cop­pann gent sôra gent,
col pelann, tri­bo­lann, cagann adoss,

che infin n’havii redutt al punt put­ta­na
de podè nan­ca vess indi­ferent
sul­la scer­na del boja che ne scan­na.

Carlo Porta (1815)

 

(Les Français chas­sés en 1814)

Bornes” qui fuyez loin de Lombardie,
si vous avez le temps de regar­der,
jetez un œil et voyez quell’ frai­rie
marque la fin du bail de vos loyers.

Si tout le monde sait que vous par­tez
pour faire place à d’autres loca­taires,
ceux-ci même tout pleins de bonn’s manières
vou­dront aus­si des biens et leurs deniers.

Mais vous nous en avez fait voir, et plus,
nous dépouillant, tuant l’autre après l’un,
nous plu­mant, pres­su­rant, chiant des­sus,

qu’enfin vous nous avez réduits assez
qu’on ne pour­rait res­ter indif­fé­rents
au choix du bour­reau qui va nous sai­gner.

Poesie (post­humes)

* [mila­nais clas­sique]

 

La sixième lettre apparut dans le ciel

La sixième lettre appa­rut dans le ciel,
c’était une annonce, je sup­pose, pour la Firestone
qui trô­nait seule au-des­sus du Campo Boario
avec écrit : par ce signe tu vain­cras,
mais en vert, parce que c’est ma cou­leur.
Et main­te­nant je la revois, même de jour,
et je bénis le Testaccio et ses alen­tours
et sur­tout le coin de rue
où, devant un feu au rouge
il me fut concé­dé d’espérer le vert :
la sixième lettre appa­rut dans le ciel
et en cet ins­tant se mêlèrent les siècles,
le temps s’enfuit avec tous ses cadavres,
je regar­dai ce signe de triomphe et
tom­bai amou­reux de toi : voi­là l’histoire
de ma, disons, conver­sion.

J. Rodolfo Wilcock, Italienisches Liederbuch – 34 poe­sie d’amore, 1974

 

Fixité

De moi à cette ombre en sus­pens entre fleuve et mer
juste une mince bande d’existence
à contre-jour de l’embouchure.
Cet homme.
Il répare des filets, badi­geonne une coque.
Des choses que je ne sais pas faire. À peine les nom­mer.
De moi à lui rien d’autre : une fixi­té.
Chaque excé­dent par­ti ailleurs. Ou éteint.

(V. Sereni, Stella varia­bile, 1981)

 

(Fragment)


Toi Bête cabrée, aiguillon som­nam­bule,
torche enflam­mée éteinte par les mains
d’une fille éter­nelle : toi Destrier,
che­val aven­tu­rier, vole encore
te plan­ter
dans ton rêve piaf­fant, avant-cou­reur
d’une ultime aven­ture…

Grytzko Mascioni, inédit 1986 (tr. légè­re­ment dif­fé­rente dans Le cœur en herbe, 1987)

 

Au fond des Carpates

Toute l’enfance entraî­née en ce dimanche
s’agenouille sur l’escalier der­rière le chœur à Piata Mare
où les rubans des roms tressent des touffes de crin
au feu et cer­tains prêtres portent barbes ou sou­tanes
ou des ciels blancs posés sur le ventre à la place du cœur,
tor­ture entre ses dents le mou­choir léger
que des roses nouent au men­ton ou sur la nuque

les voix sont simples, se res­semblent toutes,
ramènent le chœur à la patience du fils
pour­quoi m’as-tu aban­don­né
à cette unique note que l’enfance recon­naît
contre le palais sur la langue dure dans la gorge
sait imi­ter encore aujourd’hui com­ment dou­ce­ment se lève
dou­ce­ment les genoux font mal un moment

Mia Lecomte, Terra di risul­ta , 2009

 

 

 

Florinda Fusco, il libro delle madonne scure, 2009   

mm

Jean-Charles Vegliante

Né à Rome, Jean-Charles Vegliante a ensei­gné à la Sorbonne N.lle – Paris 3, où il dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges http://​circe​.univ​-paris3​.fr

Traducteur de Dante (prix Halpérine-Kaminsky 2008) et des baroques, il a publié en 1977 une antho­lo­gie fran­çaise de la poé­sie ita­lienne de la fin du XXe siècle (Le Printemps ita­lien, bilingue) et tra­duit Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A. Rosselli, M. Benedetti et d’autres poètes ita­liens. Il a édi­té les textes ita­lo-fran­çais de De Chirico, Ungaretti, A. Rosselli, Magnelli.

Il est l’auteur de D’écrire la tra­duc­tion, Paris, PSN, 1996, 2000.

Sa poé­sie paraît en revue (Le nou­veau recueil, Le Bateau Fantôme, L’étrangère, Almanacco del­lo Specchio) et sur le net (Recours au Poème, for­ma­fluens, Le parole e le cose) ; par­mi les titres publiés en volume : Rien com­mun (Belin), Nel lut­to del­la luce /​ Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bilingue Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008), Urbanités (Paris, 2014), Où nul ne veut se tenir (Bruxelles, 2016).

Il a édi­té une nou­velle ver­sion de Dante Alighieri (La Comédie, bilingue) dans la col­lec­tion Poésie chez Gallimard.

 

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