> Avec une autre poésie italienne : L’élégie de Pascoli

Avec une autre poésie italienne : L’élégie de Pascoli

Par |2018-04-09T10:05:12+00:00 5 mai 2014|Catégories : Essais & Chroniques, Giovanni Pascoli|

De l’immense poète que fut, en ita­lien et en latin, Giovanni Pascoli (1855-1912), il suf­fi­rait de rap­pe­ler qu’il a ouvert la voie à la foi­son­nante sai­son poé­tique de son pays au XXe siècle. Ungaretti et Montale et Pasolini, sans par­ler de Quasimodo, ont dû d’abord le tra­ver­ser. Latiniste et dan­to­logue recon­nu, il suc­cé­da au Prix Nobel G. Carducci à la pres­ti­gieuse chaire de Littérature de l’université de Bologne (1905). Quasiment incon­nu en France, du fait des pro­fonds dés­équi­libres entre les deux tra­di­tions romanes (à la proxi­mi­té illu­soire), et sur­tout peut-être à cause de l’extrême dif­fi­cul­té de sa lec­ture en traduction/​réception*, il méri­te­rait enfin qu’un édi­teur digne de ce nom pro­cure au moins une vaste antho­lo­gie, voire un recueil com­plet de ses vers. À bien des égards pré­cur­seur de cer­taines décou­vertes lin­guis­tiques (l’anagramme selon Saussure), psy­cho­lo­giques (l’inconscient) et eth­no­lo­giques (la puis­sance du popu­laire, comme chez Rimbaud – voir, avec Lapide, le début de Enfance II), il a été sans conteste l’un des plus géniaux réno­va­teurs du vers ita­lien. Le seul peut-être à pou­voir riva­li­ser avec les grands Symbolistes par la puis­sance évo­ca­trice de son lan­gage mul­ti­forme. Lyrique et élé­giaque dans ses pre­miers textes, il s’est essayé ensuite aux longs poèmes vir­gi­liens, géor­giques ou épiques ; récem­ment, son Dernier voyage [d’Ulysse], dans les Poèmes convi­viaux, 1904, a été magni­fi­que­ment ren­du en fran­çais par Evanghélia Stead (Seconde Odyssée, Grenoble, J. Million 2009). Quelques pages ont été tra­duites en anglais par Seamus Heaney. Nous ne don­nons à lire ci-des­sous qu’un des mul­tiples aspects de sa poé­sie, par­mi les plus anciens de son livre de jeu­nesse, Myricae – humbles arbustes ou tama­ris –, en atten­dant mieux, et plus “haut” (pau­lo majo­ra…) si l’on ose dire, que la simple mais si pré­cieuse élé­gie.

* Voir aus­si  chro​ni​que​si​ta​liennes​.univ​-paris3​.fr

 

 

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Jean-Charles Vegliante

Né à Rome, Jean-Charles Vegliante a ensei­gné à la Sorbonne N.lle – Paris 3, où il dirige le Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Culture des Echanges http://​circe​.univ​-paris3​.fr

Traducteur de Dante (prix Halpérine-Kaminsky 2008) et des baroques, il a publié en 1977 une antho­lo­gie fran­çaise de la poé­sie ita­lienne de la fin du XXe siècle (Le Printemps ita­lien, bilingue) et tra­duit Leopardi, D’Annunzio, Pascoli, Montale, Sereni, Fortini, Raboni, A. Rosselli, M. Benedetti et d’autres poètes ita­liens. Il a édi­té les textes ita­lo-fran­çais de De Chirico, Ungaretti, A. Rosselli, Magnelli.

Il est l’auteur de D’écrire la tra­duc­tion, Paris, PSN, 1996, 2000.

Sa poé­sie paraît en revue (Le nou­veau recueil, Le Bateau Fantôme, L’étrangère, Almanacco del­lo Specchio) et sur le net (Recours au Poème, for­ma­fluens, Le parole e le cose) ; par­mi les titres publiés en volume : Rien com­mun (Belin), Nel lut­to del­la luce /​ Le deuil de lumière (trad. G. Raboni, bilingue Einaudi 2004), Itinerario Nord (Vérone, 2008), Urbanités (Paris, 2014), Où nul ne veut se tenir (Bruxelles, 2016).

Il a édi­té une nou­velle ver­sion de Dante Alighieri (La Comédie, bilingue) dans la col­lec­tion Poésie chez Gallimard.

 

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