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Trois poèmes d’Ewa Sonnenberg

Par | 2018-05-22T13:44:01+00:00 1 mars 2017|Catégories : Essais & Chroniques|

 

Auteur d’une dizaine de recueils de poé­sie, d’un choix de poèmes paru en 2014 et de proses, Ewa Sonnenberg est née en 1967.  Elle a publié dans toutes les revues lit­té­raires polo­naises. Ses poèmes sont tra­duits en anglais, fran­çais, espa­gnol, alle­mand, sué­dois, turc, russe, hon­grois, slo­vène, slo­vaque, tchèque, serbe, macé­do­nien, bos­niaque, ita­lien, ukrai­nien.  Boursière de « Kultura Niezależna » (Culture Indépendante) à Paris en 1996, époque à laquelle nous nous sommes ren­con­trées, deux fois bour­sière (2001, 2008) du Ministère de la Culture et du Patrimoine National, elle a reçu le Prix Georg Trakl pour son recueil Hasard [Hazard, 1996], le Prix du meilleur poète du Festival Ilinden à Skopje (Macédoine, 2008), le Prix des Quatre Colonnes pour l’ensemble de son œuvre (2012). En 2016 elle est fina­liste du Prix Orphée – K. I. Gałczyński de Poésie pour son recueil Hologrammes [Poznań 2015, WBPiCAK.]  dont sont extraits les poèmes ci-des­sous.
Elle est membre de l’Union des Ecrivains Polonais. Elle vit à Wrocław.

C’est dans une langue riche, variée, issue d’une recherche per­son­nelle tout à fait ori­gi­nale que les poèmes de ce recueil s’offrent à notre lec­ture. Il y est ques­tion du monde, de soi, de l’amour, de la fini­tude, du mys­tère de la vie dans une poé­tique emprunte de sen­sua­li­té. Le poète s’étonne, ne pro­clame rien, par­tage avec le lec­teur cet éton­ne­ment, qu’il soit émer­veille­ment ou décep­tion, ravis­se­ment ou déses­poir,  qui consti­tue le socle de sa réflexion exis­ten­tielle. La richesse de la langue repose sur des jeux séman­tiques, gram­ma­ti­caux, syn­taxiques d’inspiration sur­réa­liste autant que catas­tro­phiste ou post­mo­der­niste. Un ancrage solide dans  les tra­di­tions poé­tiques et intel­lec­tuelles euro­péennes contri­bue à créer une langue poé­tique sin­gu­lière propre à rendre compte de l’expérience du poète, de son rap­port intime et com­plexe au monde.  Les méta­phores auda­cieuses, non dépour­vues d’un sens de la déri­sion en maints poèmes, les com­pa­rai­sons sur­pre­nantes évoquent les démê­lés du poète avec le réel. Lorsqu’il est absent, ce réel, elle l’invoque avec pas­sion pour le faire adve­nir, et quand il est enva­his­sant, elle le tient à dis­tance grâce à l’ironie ou l’auto-ironie pour faire contre­point au tra­gique, à la déses­pé­rance. La soli­tude et la perte, le manque, ce qui dévaste ren­voient par contraste au désir, aux pos­sibles. C’est donc dans cet inces­sant mou­ve­ment d’une écri­ture de l’inassouvissement que naît et s’accomplit la parole poé­tique chez Ewa Sonnenberg. 

Luis Benitez

El poe­ta, nar­ra­dor, ensayis­ta y dra­ma­tur­go Luis Benítez nació en Buenos Aires el 10 de noviembre de 1956. Sus 32 libros de poesía, ensayo, nar­ra­ti­va y tea­tro han sido publi­ca­dos en Argentina, Chile, España, Estados Unidos, México, Venezuela y Uruguay y obras suyas fue­ron tra­du­ci­das al inglés, fran­cés, alemán, ita­lia­no, fla­men­co, grie­go y mace­do­nio.

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