Ils invi­tent chaque année plus de 50 auteurs français ou étrangers dans la région Hauts-de-France. Leur pro­gramme d’activités est d’une grande richesse : rési­dences lit­téraires inter­na­tionales ; cafés lit­téraires men­su­els ; rési­dences lit­téraires itinérantes d’écrivains ; fêtes du livre et fes­ti­vals ; ate­liers d’écri­t­ure ; pro­grammes d’échanges lit­téraires en milieu péni­ten­ti­aire, en milieu sco­laire, en milieu défa­vorisé… Le Cen­tre lit­téraire Escales des let­tres touche un pub­lic tou­jours plus large, et  dif­fuse la lit­téra­ture dans des lieux con­nus et improb­a­bles, dans des milieux urbains comme ruraux, pour que cha­cun ait la pos­si­bil­ité d’être touché par ce que l’hu­man­ité a de plus pré­cieux, les textes, les mots, les livres, lieux de partage et de réunion. 

Ludovic Paszkowiak, vous êtes Directeur et Respon­s­able de la pro­gram­ma­tion du Cen­tre Lit­téraire Escales des Let­tres. Pou­vez-vous évo­quer Escales des let­tres ? Quand a été créée cette asso­ci­a­tion, et pourquoi ?
L’origine du Cen­tre lit­téraire Escales des let­tres remonte à l’automne 1994. Cette année-là, un ate­lier d’écriture poé­tique est organ­isé à l’Université d’Artois à Arras. Cet ate­lier heb­do­madaire est ani­mé par l’écrivain et poète belge Fran­cis Dan­nemark et compte par­mi ses par­tic­i­pants Ludovic Paszkowiak et Schéhérazade Mad­ji­di (ces 3 per­son­nes, rejointes plus tard par Didi­er Lesaf­fre, devien­dront les fon­da­teurs d’Escales des let­tres). A l’issue de l’année uni­ver­si­taire, pour célébr­er la fin de cet ate­lier, une grande soirée poé­tique est organ­isée au théâtre d’Arras en mars 1995 avec notam­ment la par­tic­i­pa­tion des poètes William Cliff, Jean-Claude Pirotte, Lam­bert Schlechter ou encore Guy Gof­fette. L’aventure du Cen­tre lit­téraire était lancée avec pour objec­tif de con­stru­ire une pro­gram­ma­tion annuelle de ren­con­tres lit­téraires et poé­tiques dans le Nord/­Pas-de-Calais et en Belgique.

Lec­ture de Lam­bert Schlechter à la Comédie de Béthune. Enreg­istré le 1er octo­bre 2011, lors de la Fête inter­na­tionale du Livre de Béthune, un évène­ment organ­isé par le cen­tre lit­téraire Escales des let­tres pour Béthune 2011 ART+TOI, cap­i­tale régionale de la cul­ture. Plus d’in­fo sur le site http://www.escalesdeslettres.com

Quelles sont les actions que vous menez ?
Un pro­gramme de ren­con­tres lit­téraires et poé­tiques avec la par­tic­i­pa­tion d’autrices et d’auteurs sous la forme de Cafés lit­téraires men­su­els dans plusieurs villes des Hauts-de-France, en librairies, en bib­lio­thèques ou dans des cafés (env­i­ron une trentaine de ren­dez-vous chaque année).
Un pro­gramme annuel de ren­con­tres avec des auteurs en milieu sco­laire (Écoles, Col­lèges, Lycées, Uni­ver­sités) et en milieu péni­ten­ti­aire (Maisons d’arrêt, Cen­tre de déten­tions) sur l’ensemble du ter­ri­toire des Hauts-de-France.
Des pro­grammes d’ateliers d’écriture, par exem­ple en milieu rur­al pour de nom­breux habi­tants de com­munes de la région de Béthune, ou encore pour des étu­di­ants de l’Université de Lille (ate­lier d’écriture poétique).
La par­tic­i­pa­tion aux Périphéries du Marché de la Poésie de Paris avec l’organisation d’une Périphérie à la Chou­ette librairie de Lille au mois de juin.
Deux Rési­dences lit­téraires itinérantes avec des auteurs dans les Hauts-de-France, l’une au print­emps et l’autre à l’automne.
Un ser­vice de prise en charge admin­is­tra­tive pro­posé aux auteurs afin de les décharg­er des dif­férentes démarch­es rel­a­tives à leurs prestations.
L’organisation, en parte­nar­i­at avec l’association c/i/r/c/é, du Marché de la Poésie de Lille en fin d’année.

Pourquoi une asso­ci­a­tion, qu’est-ce que l’entité asso­cia­tive apporte ?
La forme asso­cia­tive apporte une cer­taine sou­p­lesse, une lib­erté de pro­gram­ma­tion et une capac­ité de réac­tion indis­pens­able à notre secteur d’activités. Cela a aus­si per­mis à Escales des let­tres de se for­mer et de se dévelop­per autour d’un noy­au de per­son­nes très unies : l’équipe est com­posée notam­ment de Ludovic Paszkowiak (Directeur) et Schéhérazade Mad­ji­di (Respon­s­able de l’action cul­turelle) et le Con­seil d’administration (comp­tant plusieurs poètes) com­posé de Ludovic Deg­roote (Prési­dent), Jean-Claude Dubois (Vice-Prési­dent), Didi­er Lesaf­fre (Prési­dent d’honneur), Marie Ginet, Paoli­na Miceli, Dominique Quélen, Olivi­er de Solmini­hac, Saïd Ser­bouti, Patrice Robin, Danièle Rolland.
Vous ray­on­nez dans les Hauts de France. Y a‑t-il de nom­breuses man­i­fes­ta­tions lit­téraires  dans cette région ?
En effet, Escales des let­tres n’est pas le seul acteur lit­téraire dans la région, très riche dans ce domaine. En ter­mes de man­i­fes­ta­tions, impos­si­ble de tout citer, on peut not­er l’excellent tra­vail d’autres struc­tures comme par exem­ple la Mai­son de la Poésie de Beu­vry, l’association des édi­teurs des Hauts-de-France ou encore la Vil­la Mar­guerite Yource­nar, le Prix des Décou­vreurs et l’AR2L… Ces struc­tures pro­posent régulière­ment des ren­dez-vous aux dif­férents publics.

https://www.escalesdeslettres.com/copie-de-caf%C3%A9s-litt%C3%A9raires‑1

Vous avez organ­isé le pre­mier Marché de la poésie de Lille. Pourquoi, et com­ment cela s’est-il déroulé ?

Escales des let­tres pro­pose des ren­dez-vous lit­téraires à Lille depuis plus de 25 ans. Ces dernières années nous y avons conçu et organ­isé « Lille Poésie Fes­ti­val ». Comme son nom l’indique, un fes­ti­val de poésie, sur plusieurs jours dans la ville en fin d’année (novem­bre-décem­bre), avec notam­ment la réal­i­sa­tion des Midis-poésie au Palais des Beaux Arts, ini­tiés par le poète Ludovic Deg­roote. C’est dans ce cadre que nous sommes devenus parte­naire de l’association c/i/r/c/é. En 2023 celle-ci fêtait les 40 ans du Marché de la Poésie de Paris et souhaitait met­tre en place un Marché de la Poésie en région. Nous avons naturelle­ment porté cette organ­i­sa­tion ensemble.

Cette pre­mière édi­tion a ren­con­tré une for­mi­da­ble réus­site. Quelques points de bilan :

Une fréquen­ta­tion excep­tion­nelle du pub­lic pour cette pre­mière édi­tion qui a mar­qué l’ensemble des par­tic­i­pants (plus de 5.000 vis­i­teurs durant le week-end) pour venir à la ren­con­tre des édi­teurs, des poètes et pour assis­ter aux ren­con­tres, ate­liers et animations.

Au-delà de l’aspect chiffré de la fréquen­ta­tion, notons la grande mix­ité généra­tionnelle, sociale et cul­turelle des publics : des pro­fils très var­iés, avec une réelle sat­is­fac­tion con­cer­nant la présence d’un pub­lic jeune ain­si que l’origine géo­graphique des vis­i­teurs, de Lille et sa Métro­pole, de la Région Hauts-de-France, de la Bel­gique et de la région parisienne.

La propo­si­tion qual­i­ta­tive de ce 1er Marché de la Poésie de Lille — de l’exigence apportée sur le choix des édi­teurs présents à la haute tenue des ren­con­tres et ani­ma­tions pro­posées — a été unanime­ment saluée.

Notons égale­ment l’engouement et l’investissement des édi­teurs pour la réus­site de cette pre­mière édi­tion, leur sat­is­fac­tion aus­si au regard de leurs très bons résul­tats de ventes qui ont large­ment dépassé leurs prévi­sion­nels (de très nom­breux vis­i­teurs ayant acheté des livres pour eux et d’autres livres pour offrir de la poésie à Noël).

L’ambiance qui rég­nait lors de la man­i­fes­ta­tion — faite d’intérêt et de curiosité pour le livre, de plaisir et de con­vivi­al­ité — a prou­vé la gour­man­dise des lecteurs et des vis­i­teurs pour la poésie et les ren­con­tres poétiques.

Par sa volon­té d’associer à l’événement de nom­breux acteurs poé­tiques, lit­téraires et cul­turels de la région, qui ont enri­chit de leur ent­hou­si­asme cette pre­mière édi­tion, Escales des let­tres a réus­si le pari de l’ouverture et du collectif.

Com­ment vit votre asso­ci­a­tion, et est-ce facile, en ce moment ?
Notre struc­ture est soutenue par des parte­naires investis et impliqués : le Min­istère de la Cul­ture (Drac Hauts-de-France), le Min­istère de la Jus­tice (Disp Hauts-de-France), la Région Hauts-de-France, les Départe­ment du Nord et du Pas-de-Calais, la Ville de Lille, l’agglomération Béthune-Bru­ay… Le pre­mier Marché de la Poésie de Lille a aus­si reçu le sou­tien de la Fon­da­tion Michal­s­ki. Mais l’équilibre financier d’Escales des let­tres reste très frag­ile. Le Marché de la Poésie de Lille par exem­ple est une opéra­tion défici­taire à ce stade pour notre structure.
Quelle est votre pro­gram­ma­tion pour ce Print­emps des poètes ?
Nous n’avons pas sys­té­ma­tique­ment une pro­gram­ma­tion dédiée à la poésie aux dates pré­cis­es du Print­emps des poètes même si cela est arrivé à de très nom­breuses repris­es. Cette année, nous avons con­sacré le mois de jan­vi­er à des ren­con­tres avec la poète syri­enne Maram al-Mas­ri, le mois de févri­er à des ren­con­tres avec l’auteur et poète Jean-Marc Fla­haut et nous pro­poserons au mois d’avril une Rési­dence lit­téraire itinérante à tra­vers les Hauts-de-France avec le poète Dominique Sampiero.
Est-ce que le Print­emps des poètes offre une vis­i­bil­ité à la poésie et à vos programmations ?
Le Print­emps des poètes est un temps pré­cieux et foi­son­nant dans l’année qui met à l’honneur les poètes, les édi­teurs de poésie, les revues et d’autres acteurs par le biais de ren­con­tres innom­brables. A chaque fois que nous invi­tons une ou un poète dans ce cadre nous sommes très heureux de faire — hum­ble­ment — par­tie de cette vaste dynamique.  
Des pro­jets ?
Pour­suiv­re, pour­suiv­re et pour­suiv­re ! Beau­coup de tra­vail a été accom­pli mais il reste encore à faire pour les lit­téra­tures et les poésies dans les domaines de la trans­mis­sion et de la médi­a­tion auprès de publics très dif­férents pour faire cir­culer et décou­vrir des textes, pour favoris­er la ren­con­tre et l’échange entre auteurs, poètes, édi­teurs et lecteurs. Cette mis­sion nous occu­pera tout au long de l’année, jusqu’à la réal­i­sa­tion du 2ème Marché de la Poésie de Lille pro­gram­mé en décem­bre 2024.

Ludovic Paszkowiak, Directeur et Respon­s­able de la pro­gram­ma­tion du Cen­tre Lit­téraire Escales des Lettres.

image_pdfimage_print
mm

Carole Mesrobian

Car­ole Car­cil­lo Mes­ro­bian est poète, cri­tique lit­téraire, revuiste, per­formeuse, éditrice et réal­isatrice. Elle pub­lie en 2012 Foulées désul­toires aux Edi­tions du Cygne, puis, en 2013, A Con­tre murailles aux Edi­tions du Lit­téraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sur­sis en con­séquence. En 2016, La Chou­croute alsa­ci­enne paraît aux Edi­tions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachd­jian par Van­i­na Pin­ter, Car­ole Car­ci­lo Mes­ro­bian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Flo­rence Laly, Chris­tine Tara­nov,  aux Edi­tions La chi­enne Edith. Elle est égale­ment l’au­teure d’Aper­ture du silence (2018) et Onto­genèse des bris (2019), chez PhB Edi­tions. Cette même année 2019 paraît A part l’élan, avec Jean-Jacques Tachd­jian, aux Edi­tions La Chi­enne, et Fem mal avec Wan­da Mihuleac, aux édi­tions Tran­signum ; en 2020 dans la col­lec­tion La Diag­o­nale de l’écrivain, Agence­ment du désert, paru chez Z4 édi­tions, et Octo­bre, un recueil écrit avec Alain Bris­si­aud paru chez PhB édi­tions. nihIL, est pub­lié chez Unic­ité en 2021, et De nihi­lo nihil en jan­vi­er 2022 chez tar­mac. A paraître aux édi­tions Unic­ité, L’Ourlet des murs, en mars 2022. Elle par­ticipe aux antholo­gies Dehors (2016,Editions Janus), Appa­raître (2018, Terre à ciel) De l’hu­main pour les migrants (2018, Edi­tions Jacques Fla­mand) Esprit d’ar­bre, (2018, Edi­tions pourquoi viens-tu si tard), Le Chant du cygne, (2020, Edi­tions du cygne), Le Courage des vivants (2020, Jacques André édi­teur), Antholo­gie Dire oui (2020, Terre à ciel), Voix de femmes, antholo­gie de poésie fémi­nine con­tem­po­raine, (2020, Pli­may). Par­al­lèle­ment parais­sent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Cap­i­tal des mots, Poe­siemuz­icetc., Le Lit­téraire, le Salon Lit­téraire, Décharge, Tex­ture, Sitaud­is, De l’art helvé­tique con­tem­po­rain, Libelle, L’Atelier de l’ag­neau, Décharge, Pas­sage d’en­cres, Test n°17, Créa­tures , For­mules, Cahi­er de la rue Ven­tu­ra, Libr-cri­tique, Sitaud­is, Créa­tures, Gare Mar­itime, Chroniques du ça et là, La vie man­i­feste, Fran­copo­lis, Poésie pre­mière, L’Intranquille., le Ven­tre et l’or­eille, Point con­tem­po­rain. Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Bris­si­aud, et des pré­faces de Mémoire vive des replis de Mar­i­lyne Bertonci­ni et de Femme con­serve de Bluma Finkel­stein. Auprès de Mar­i­lyne bertonci­ni elle co-dirige la revue de poésie en ligne Recours au poème depuis 2016. Elle est secré­taire générale des édi­tions Tran­signum, dirige les édi­tions Oxy­bia crées par régis Daubin, et est con­cep­trice, réal­isatrice et ani­ma­trice de l’émis­sion et pod­cast L’ire Du Dire dif­fusée sur radio Fréquence Paris Plurielle, 106.3 FM.