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Rencontre avec Marc Tison

Par |2019-04-05T13:35:05+02:00 4 avril 2019|Catégories : Marc Tison, Rencontres|

Il ne faut pas ne pas le connaître. Marc Tison. Ce poète n’a jamais reven­di­qué quoi que ce soit, si ce n’est por­ter la parole des cama­rades humains. Il le fait mer­veilleu­se­ment, tout comme il a mené sa car­rière de chan­teur, hum­ble­ment, dou­ce­ment, comme un gron­de­ment qui se fau­file dans les palabres de tant, et qui enfin explose sur un ciel presque désert de scrip­teurs enga­gés… Les poèmes  lus à Caen ont vive­ment ému les étu­diants du Master de Lettres modernes… Pourquoi, me direz-vous ? Et bien parce que Marc Tison attrape le siècle vingt et un et lui demande des comptes…

Marc Tison, Calais

Engagée, poli­tique, c’est à dire d’une belle spi­ri­tua­li­té et d’une haute idée de la fra­ter­ni­té et de l’équité, le poète dénonce, pointe des mots, et sou­ligne les superbes aber­ra­tions du siècle pas­sé, qui ont fran­chi le seuil du siècle nais­sant… C’est cette poé­sie là que nos jeunes adultes écoutent, qui émeut et porte la parole d’une géné­ra­tion qui est dans la pos­ture d’un Musset, d’un roman­tique per­du dans une socié­té déstruc­tu­rée et hors de tout ave­nir per­cep­tible… Neo-roman­tisme… ? Non bien sûr car les jeunes adultes du dix neu­vième siècle avaient encore cet hori­zon miri­fique et ce refuge qu’était la reli­gion. Elle a été aspi­rée depuis, dis­pa­rue avec les pertes et fra­cas de nos cadavres tou­jours com­mis alors que la moder­ni­té concept frau­du­leux offre les déchets nau­séa­bonds que le res­sac des océans déposent sur les plages. Marc Tison existe, un espoir car encore le poète armé de mots ose un requiem à l’humanité espé­rée et sou­te­nue, enfin, par son essen­tiel dra­peau, l’Art.

Quelle est la spé­ci­fi­ci­té du lan­gage poé­tique ? 
J’aime bien dire que la poé­sie c’est le signi­fié des objets de soi. Dans cette aven­ture de l’exploration des mots de soi aux­quels on rend leurs places, leurs inté­gri­tés, leurs jus­tesses de mots, ce qui émer­veille. Et le plus jus­te­ment aus­si le dire l’écrire avec l’affection que l’on porte néces­sai­re­ment à ceux à qui on s’adresse, et ce à quoi on s’adresse qui n’est pas soi. Un ami poète que j’aime beau­coup, Guy Ferdinande, m’a par­lé un jour avec sa dis­tance taquine au conve­nu, de sa notion de « l’infra réa­li­té », en oppo­si­tion, ou en réac­tion, à « l’hyper réa­li­té » que l’on nous fourgue chaque jour comme le ciment de notre exis­tence sociale.  Cette idée me plait.

Marc Tison, “L’inventaire des hori­zons”, extrait De Des Abribus pour l’exode, édi­tions Le Citron gare, à la librai­rie Mona lisait, à Paris, le 2 février 2019.

Pour filer le concept, l’infra réa­li­té n’est pas « l’underground », elle n’est pas sou­ter­raine, elle est comme un son infra­basse, pour l’entendre il faut être nu, en tout cas débar­ras­sé des frusques super­flus, ça résonne dans le corps. On s’y retrouve en com­mun sur un ensemble de fré­quences qui fait par­ti­tion, en dehors du brou­ha­ha. J’ai écrit un texte (dans un recueil aujourd’hui épui­sé, « Manutentions d’humanités ») qui dit « je m’engage, j’engage avant tout ma main dans la tienne ». C’est ça qui est ça (comme disait ma grand mère). Même si dans le même texte je dis aus­si « L’engagement, lan­gage ment ». Va savoir…
Comment, et pour­quoi, advient la poé­sie ?
C’est un mys­tère ou plu­tôt un bou­le­ver­se­ment. Un bou­le­ver­se­ment qui serait un mys­tère. Bouleversement léger, une faille dans le conti­nuum, dans l’ordre du quo­ti­dien pré­vu des choses. Comme un fris­son ou comme l’absence d’un fris­son. Bouleversement puis­sant qui laisse éba­hi, Un bou­le­ver­se­ment, pas une révo­lu­tion. Un bou­le­ver­se­ment c’est dedans soi. Et soi c’est aus­si le monde dans le monde. Si on est bou­le­ver­sé, on bou­le­verse le monde. On bou­le­verse et on dit sou­dain la véri­té, la poé­sie. C’est comme ça que ça advient, je pense, j’en suis à peu près sur, ou pas tant que ça, je peux me trom­per, à vous de voir ce qu’est la véri­té.
Cette infra réa­li­té que révèle la poé­sie ne serait-elle pas un au-delà du lan­gage, aus­si ?
J’ai un rap­port com­plexe, de conflit, au lan­gage, au lan­gage qui ne dit pas. Une dou­leur phy­sique de l’absence, de l’effacement de son objet. Le lan­gage porte les tabous.
Depuis l’enfance, par période ma pra­tique du lan­gage social a bafouillé, bégayé. Une forme de com­bat dou­lou­reux avec les mots et leurs arran­ge­ments quand le moi se dis­sout dans une mul­ti­tude qui ne fait pas corps com­mun, qui ne fait pas cette pro­fon­deur de l’existence, ces bou­le­ver­se­ments. L’hyper lan­gage fabrique l’hyper-réalité, notre dis­pa­ri­tion. On dis­pa­raît dans le lan­gage qui ne dit pas. Alors j’ai écrit tôt de la poé­sie, et j’ai aus­si tôt, à la prime ado­les­cence, décla­mé des textes.
On uti­lise le lan­gage pour s’en échap­per, pour lui échap­per. Pour tou­cher l’objet qui le trans­cende, lui don­ner consis­tance. C’est comme ça en tout cas que je suis sor­ti du com­bat avec le lan­gage, que je l’ai appri­voi­sé, que je l’ai remis à sa place. Alors cette infra réa­li­té qui est en quelque sorte la réa­li­té des hommes et des femmes hors le capi­ta­lisme de leur repré­sen­ta­tion (pour faire court), cette pré­gnante véri­té serait, oui, aus­si un au delà du lan­gage, où le corps com­mun fait huma­ni­té. 
Et puisque tu es musi­cien, est-ce que poé­sie et musique pro­cèdent de la même manière dans ce dévoi­le­ment du tu ?
J’ai uti­li­sé ma voix dans des pro­jets musi­caux, ma voix comme sup­port des mots, des sons. J’ai de la dif­fi­cul­té à me recon­naître comme « chan­teur ». Je ne suis pas musi­cien, je suis dans la musique, ou je suis la musique. Je n’ai jamais eu à ques­tion­ner sa pré­sence, l’évidence à m’y fondre, à suivre ou par­ti­ci­per à sa construc­tion, para­doxa­le­ment en n’en fai­sant pas « vrai­ment ». Si je dis que je suis la musique, c’est aus­si que je peux depuis tou­jours me jouer « dans la tête », en moi, toutes sortes de musiques, exis­tantes (un vrai juke­box) ou qui s’inventent si je laisse faire. Mais je n’ai pas les outils pour fabri­quer des objets musi­caux. Je pro­duis quelques sup­ports sonores, comme des col­lages où ma voix serait les découpes. Je les conçois comme des poèmes, ou comme ce que pour­rait révé­ler des poèmes. 
Je me recon­nais plus aisé­ment dans l’artisanat de poé­sie. Surement du fait d’avoir bataillé avec le lan­gage, de l’avoir pris « à bras le corps », vrai­ment et phy­si­que­ment. (Cf. réponse à la ques­tion pré­cé­dente), et de conti­nuer à incar­ner, en les disant, les textes que j’écris, ceux qui ont du sens à être dits. Ceci dit, pour répondre plus pré­ci­sé­ment à ta ques­tion, je conçois tout acte de créa­tion comme une prise de dis­tance avec le « je » (la aus­si pour faire court). Comme la fabri­ca­tion d’un espace où nait l’intimité, avec « soi » et avec « l’autre ». Cet espace entre le « je » et le « il ».

 

Cet espace est peut-être un lieu de trans­cen­dance, un rythme propre à l’univers. Alors on pour­rait peut-être affir­mer qu’écrire de la poé­sie est un acte poli­tique, parce qu’elle offre cette libé­ra­tion poten­tielle « du lan­gage des autres » comme l’a écrit Michaux ?
Cette ques­tion je tourne autour. Je peux y répondre par un oui mas­sif comme un tronc d’arbre sur le che­min pei­nard de la pen­sée. Il y a de l’essentiel là dedans. En ayant conscience de flir­ter avec le contre­sens de ce que signi­fie­rait le « des autres » : le fait d’écrire, de dire ou publier de la poé­sie dans l’espace public, se pose, se met en œuvre, en un acte poli­tique. Sinon quel sens don­ner au dévoi­le­ment de soi dans cet espace public, quel qu’il soit ? Sans cette inten­tion de consi­dé­rer avec fra­ter­ni­té cette inti­mi­té com­mune du poème, cela reste un « je » vani­teux, une poé­sie vaine. La poé­sie est inti­me­ment la réa­li­té. Il n’y a pas d’irréel dans la poé­sie. Dans la réa­li­té il y a l’autre, le peuple dont je suis. C’est aus­si pour ça que je lis un peu par­tout où cela est pos­sible, maga­sins, bars, cours et jar­din pri­vés, lieux de culture ins­ti­tués……

Marc Tison, “Promis”, Des nuits au mixer

Tu emmènes avec cette ques­tion sur le lieu double de la sédi­tion aux ordres du lan­gage, et de l’intimité du peuple des femmes et des hommes. Une inti­mi­té qui fait corps com­mun. Cette mer­veille d’être en vie, et pas tout seul. Je sais cette mer­veille, sou­vent éba­hi, pataud à en faire par­fois une mesure du ridi­cule de l’ordre social, ou plus heu­reu­se­ment le moteur de révoltes salu­taires. Des petites choses quo­ti­diennes. Faire pous­ser des plants de fèves (de tomates, d’aubergines, et de ceci et de cela… ), récon­for­ter des artistes en déroute dia­lec­tique, par­ta­ger des silences cha­leu­reux, avoir comme cer­ti­tude d’en avoir peu, au moins celle « de n’être pas si peu de poids dans la balance » de la marche har­gneuse du monde. Par une asso­cia­tion que je ne rai­sonne pas -peut être est ce sim­ple­ment que j’ai l’envie d’en cau­ser-, cette ques­tion m’a fait pen­ser aus­si à Serge Pey, Natyot, Charles Pennequin, et encore dif­fé­rem­ment à Marlène Tissot. Leurs poé­sies sont popu­laires dans le sens où elles existent phy­si­que­ment dans l’espace public pour en faire un espace de l’intime, un dévoi­le­ment. De l’humanité en quelque sorte. Pour les trois pre­miers les lire, les voir et les entendre incar­ner l’objet, dif­fé­rem­ment cha­cun, donne tou­jours une force, une joie nou­velle. Pour Marlène Tissot son écri­ture de l’intime ouvert et lumi­neux, me touche beau­coup.  

Par une asso­cia­tion que je ne rai­sonne pas -peut être est ce sim­ple­ment que j’ai l’envie d’en cau­ser-, cette ques­tion m’a fait pen­ser aus­si à Serge Pey, Natyot, Charles Pennequin, et encore dif­fé­rem­ment à Marlène Tissot. Leurs poé­sies sont popu­laires dans le sens où elles existent phy­si­que­ment dans l’espace public pour en faire un espace de l’intime, un dévoi­le­ment. De l’humanité en quelque sorte. Pour les trois pre­miers les lire, les voir et les entendre incar­ner l’objet, dif­fé­rem­ment cha­cun, donne tou­jours une force, une joie nou­velle. Pour Marlène Tissot son écri­ture de l’intime ouvert et lumi­neux, me touche beau­coup.   

Mais ne penses-tu pas que ce qui s’énonce face au public change la nature du texte poé­tique ?…Quelle dif­fé­rence fais-tu entre le lan­gage écrit et la parole ?
 

Ce n’est pas le même objet qu’un poème soit sur une page ou qu’il s’énonce face au public. Mais c’est la même inten­tion : que l’arrangement des mots trouve son espace, le for­mule. Cet espace qui est cette inti­mi­té de l’autre. Dire un texte en public ne change pas la nature du texte poé­tique, cela en fait un autre objet poé­tique. La matière pre­mière est la même. Je ne fais pas fon­da­men­ta­le­ment de dif­fé­rence entre le lan­gage écrit et la parole sinon qu’ils ne se dif­fusent pas pareille­ment, que l’espace habi­té n’est pas le même. J’aime cette liber­té de faire vivre le poème dans les espaces publics, les espaces de trans­mis­sion. Le texte écrit existe dans l’espace de son sup­port. Le texte, les mots dits en public, c’est l’espace sonore, là où vibre le corps. Enoncer, dire, en public les textes poèmes, c’est peut être aus­si une façon de réin­ves­tir phy­si­que­ment le poème qui vient de là, du « corps pro­fond » « du corps intime ». Peut être aus­si une façon de retrou­ver l’émotion de la révé­la­tion du poème. Il n’y a pas le corps pour dire et l’esprit pour écrire le poème, il y a « des gestes de nerfs » qui se tra­duisent dans les mains qui l’écrive, qui le peigne, dans les voix qui le dise, qui le chante. L’air com­mun que l’on par­tage vibre­ra avec. Il le gar­de­ra en mémoire, même infime.  Du moins c’est comme ça que je l’expérimente, volon­tai­re­ment.

Ça part aus­si d’une inten­tion volon­taire d’amener le texte autre­ment à ceux qui ne lisent pas de poé­sie. La parole, la mise en espace et l’installation du son du poème là où c’est pos­sible, me per­met de l’adresser aus­si à d’autres qui ne lisent pas de poé­sie. Il la fré­quente alors autre­ment, sans obli­ga­tion d’intellection. Juste en sen­tir phy­si­que­ment, une teneur, une atmo­sphère. Cela trans­cende l’écrit poé­tique, tout comme la mise en page dans l’espace de la page inter­vient dans la pro­po­si­tion. Pour cer­tains de mes poèmes -ils sont en pre­mier lieu écrits sur des pages- le pas­sage à l’oralité est natu­rel, ils se for­mulent avec l’excitation des mots qui viennent dans la gorge, dans la bouche. Des réson­nances, des chants pri­mi­tifs. Même si tout cela se réor­ga­nise. Il arrive pour quelques textes quand ils passent à l’oralité, qu’ils se refor­mulent, à la marge, natu­rel­le­ment. J’aime l’idée de cette liber­té du poème, des arran­ge­ments des mots, des déca­lages, des pas de coté qui éclairent autre­ment la chose.

De même dans l’écriture, il m’arrive de reprendre des textes écrits quelques années plus tôt et de les « remixer » comme on remixe, on réadapte une musique. Pourtant, j’écris des textes qui ne se disent pas, et je le dis ain­si. C’est curieux de l’écrire comme ça. Peut être se disent ils tous mais dif­fé­rem­ment. Ils se disent en soi quand on les lit, quand on les voit. Ils résonnent aus­si là. Si on va plus avant, on peut par acci­dent ouvrir une nou­velle fois la boite à grand débat du « ce qui se dit dans le lan­gage », « ce qui ne se dit pas », « ce qui s’entend dans ce qui se dit », « ce qui ne s’entend pas »…… Mais il me semble que ce n’est pas la ques­tion du texte poé­tique. Il est qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, qu’on le lise ou qu’on le dise. Il est. Je le vois ain­si.

 

On peut dire aus­si que le tra­vail gra­phique de Jean-Jacques Tachdjian apporte une dimen­sion sup­plé­men­taire au signe ?
Jean Jacques et moi on se connaît bien et depuis long­temps. On a une confiance réci­proque en nos pro­duc­tions. Faire paraître ce recueil en com­mun a été très naturel.Nous avons eu un dia­logue très simple sur quelques options de sur­li­gnages et de décou­pages. Je ne suis pas inter­ve­nu sur les choix de mise en page et de tra­vail gra­phique de Jean Jacques. Il doit y avoir de l’humilité dans l’apparition du texte. Le texte poé­tique est humble, il s’offre à l’espace de son appa­ri­tion. Le son pour le texte dit, le signe sur la sur­face de l’écrit. De l’humilité en oppo­si­tion à la vani­té. Et « La Poésie » est un ter­rain de jeux (de « je » pour faire mon malin) miné des leurres vani­teux du « moi ». Le tra­vail gra­phique de Jean Jacques, ou plu­tôt les réa­li­sa­tions gra­phiques qu’il faci­lite comme un fai­seur de poé­sies gra­phiques, pro­cède de cette même humi­li­té. La pro­fu­sion de ses créa­tions, leurs cohé­rences lumi­neuses, et sa géné­ro­si­té à les « offrir » dans l’espace com­mun des gens. J’aime pro­fon­dé­ment cette liber­té de trans­crip­tion, révé­la­tion, du poème dans son espace. C’est essen­tiel la liber­té. Cette liber­té révé­lée par l’illustration de « La prose du trans­si­bé­rien » de Blaise Cendrars, les mises en page de recueils de Saul Williams, « les col­lages textes » de Claude Pelieu et tant d’autres. 

Le texte est le texte poé­tique. Sur la page, l’espace poé­tique de Jean Jacques, il est un poème sup­plé­men­taire.  
 

 

Je te remer­cie pour tout ce temps accor­dé à Recours au Poème, et aus­si pour ta poé­sie. Aux élèves du Master de Lettres Modernes de l’université de Caen, j’ai lu Mouvements de Michaux, comme l’âme par­fois s’évade, ce cri de liber­té, que tu portes au social, au poli­tique, et à l’humain. C’est pour cela que je t’ai lu aus­si. Ils veulent entendre que l’engagement existe. Ils ne sont plus seuls, alors. L’Art rede­vient ce feu autour duquel l’humain s’unit, en une cir­cu­la­ri­té toté­mique, pri­male, arché­ty­pique. Sa lumière reflète la com­mu­nion de tous avant la parole, tout comme la poé­sie, seule nom 

 

Présentation de l’auteur

Marc Tison

  1. Né entre les usines et les ter­rils, à Denain dans le nord de la France. A la lisière poreuse de la Belgique. Conscience poli­tique et d’effacement des fron­tières.

Lit un pre­mier poème de Ginsberg. Electrisé à l’écoute des Stooges et de John Coltrane.

Premiers écrits.

1975 s’installe à Lille. L’engagement esthé­tique est poli­tique. Déclare, avec d’autres, la fin du punk en 1978. Premières publi­ca­tions dans des revues. 

Il écri­ra et chan­te­ra plus d’une cen­taine de chan­sons dans plu­sieurs groupes.

Décide de ne plus envoyer de textes aux revues pen­dant presque 20 ans, le temps d’écrire et d’écrire des cahiers de phrases sans fin puis il jette tout et s’interroge sur l’effondrement du « moi ».

Déménage en 2000 dans le sud ouest. Reprend l’écriture et la publi­ca­tion de poé­sie.

Engagé tôt dans le monde du tra­vail. A pra­ti­qué dans un pre­mier temps de mul­tiples jobs : de chauf­feur poids-lourd à rédac­teur de pages cultu­relles, en pas­sant par la régie d’exposition (notam­ment H. Cartier Bresson) et la posi­tion du chan­teur de rock. Puis il s’est dédié à la pro­duc­tion musi­cale pour, depuis 25 ans, se spé­cia­li­ser dans la ges­tion et l’accompagnement de struc­tures et pro­jets cultu­rels.

 

 

 

 

 

 

Poésie

1977 – 1981 : Publié dans plu­sieurs revues (dont « Poètes de la lutte et du quo­ti­dien »)

2000- 2019 : Publié dans plu­sieurs revues (« Traction Brabant, Nouveaux Délits, Verso, Diérèse,…).

2008 : Recueil col­lec­tif « Numéro 8 », édi­tions « Carambolage ».

2010 : Recueil « Manutentions d’humanités », édi­tions « Arcane 17 ».

2012 : Recueil « Topologie d’une dia­clase », édi­tions « Contre poé­sie ».

Texte « Désindustrialisation », édi­tions « Contre poé­sie ».

2013 : Recueil « L’équilibre est pré­caire », édi­tions « Contre poé­sie ».

                  Trois affiches poèmes, édi­tions « Contre poé­sie ».

2015 : Recueil « les para­doxes du lam­pa­daire » + « à NY ». « Editions Contre poé­sie ». 

2017 : Recueil « Des Abribus pour l’exode » (accom­pa­gné de 7 images /​​ pein­tures de Raymond Majchrzak)  Editions « Le Citron Gare ».

2018 : Recueil « Des nuits au mixer ». (Mise en page J.J. Tachdjian). Editions « La chienne » col­lec­tion « Nonosse »

 

 

 

Autres 

Depuis 2010 : Lectures /​​ Performances /​​ ins­tal­la­tions poé­sie (solo, duo avec Eric Cartier et col­lec­tif).

2014 : Publications de quinze textes et une nou­velle dans le livre d’artiste « Regards » du pho­to­graphe Francis Martinal.

A publié plu­sieurs nou­velles sur des sites en ligne.

 

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Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne en 1966. Elle réside en région pari­sienne. Professeure de Lettres Modernes et Classiques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’Université Denis Diderot. Elle publie en 2012 Foulées désul­toires aux Editions du Cygne, puis, en 2013, A Contre murailles aux Editions du Littéraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sursis en consé­quence. En 2016, La Choucroute alsa­cienne paraît aux Editions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachdjian par Vanina Pinter, Carole Carcilo Mesrobian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Florence Laly, Christine Taranov,  aux Editions La chienne Edith. Elle est éga­le­ment l'auteure d'Aperture du silence (2018) et Ontogenèse des bris (2019), chez PhB Editions. Cette même année 2019 paraît A part l'élan, avec Jean-Jacques Tachdjian, aux Editions La Chienne, et Fem mal avec Wanda Mihuleac, aux édi­tions Transignum. Elle par­ti­cipe aux recueil col­lec­tif Esprit d'arbres (PVST édi­tions, 2018) et l'anthologie poé­tique Terre à ciel en 2018. Parallèlement paraissent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Capital des mots, Poesiemuzicetc., Le Littéraire, le Salon Littéraire, Décharge, Texture, Sitaudis, De l’art hel­vé­tique contem­po­rain, Le Manoir des poètes, Libelle, L’Atelier de l'agneau, Décharge, Passage d'encres, Test n°17, Créatures , Formules, Cahier de la rue Ventura, Libr-cri­tique, Créatures, Gare Maritime, Chroniques du ça et là, La vie mani­feste, Francopolis., Poésie pre­mière. Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Brissiaud, et de nom­breuses notes de lec­ture, entre­tiens et articles, publiés sur le site Recours au Poème.