Un numéro inédit, inouï, digne du beau tal­ent de Teste, con­fir­mé ici par ce numéro XXX, un Véhicule anonyme… Enten­dons par là que les poèmes qui se dis­tribuent au gré des grandes pages du vol­ume ne sont pas signés. Tout le monde la même croix pour patronyme, et voilà ! Ce que rêve de faire tout auteur qui se respecte, s’ef­fac­er de la cou­ver­ture, pour la ren­dre plus légère, pour con­fi­er le poème à la sobriété de récep­tion que pour­rait lui con­fér­er l’ef­face­ment de l’ego, Le col­lec­tif  Teste l’a fait… En sou­tien et annonce cette exer­gue  de début de numéro : 

 

Qui eût vu Fragilité
Ayant sa tonne débondée
Dans le cul de la Vanité !
Ceux qui dis­ent blanc pour noir
S’en sont fort bien acquittés.

ANONYME Les Fatrasies d’Arras

 

Qu’il s’agisse d’une épigraphe allo­graphe est dou­teux.  J’y ver­rais plutôt une cita­tion auto­graphe, sig­nant ain­si par son inven­tion de la main du Col­lec­tif une annonce qui vaut pré­face et art poétique…

Quoi qu’il en soit, dans ce numéro XXX dédié à Alain Robi­net avec un remer­ciement pour sa par­tic­i­pa­tion au précé­dent numéro, “Acronymes = tous anonymes”,  l’édi­to nous pro­pose après une déf­i­ni­tion du mot “ANONYME” tirée du petit Robert, un topo sur la fig­ure auc­to­ri­ale, avant de laiss­er place aux poèmes.

 

Revue Teste XXX, Parole d’Au­teur, Toulon, print­emps 2018, 10 €

Numérotés de XI à XXXX, des textes très dif­férents les uns des autres se suiv­ent, sur des pages d’une belle qual­ité. Une dis­posi­tif icono­graphique par­ticipe de cette belle allure. Un plas­ti­cien dont on con­nait la pater­nité des gravures choisies pour accom­pa­g­n­er l’ensem­ble. Son nom est caché dans le bas de la six­ième page. Il s’ag­it du tal­entueux Sacha Sto­liaro­va. Teste est ain­si qu’il est énon­cé sur la qua­trième de cou­ver­ture, “une revue trimestrielle dont l’ob­jec­tif est de per­me­t­tre la décou­verte et la pro­mo­tion de la poésie et des arts visuels”. 

Le lecteur peut lire les poèmes dans un état d’e­sprit inédit, à savoir qu’il reçoit les frag­ments sélec­tion­nés hors de tout hori­zon d’at­tente quant à une oeu­vre et un auteur con­nus, déjà lu, vu, appréhendé. Le jeu va même jusqu’à essay­er de devin­er, car  imman­quable­ment survient cette réflex­ion : “tiens, on dirait…”. Il faut dire qu’on a eu droit au jeu du som­maire, en page 7 : Il s’ag­it de reli­er “chaque auteur au chiffre de son texte/poème”… Et quels auteurs, par­mi les plus tal­entueux… Julien Blaine, Charles Pen­nequin, James Sacré, Sylvie Niève, et bien d’autres comme Philippe Jaffeux !

Alors, Teste nous présen­terait-elle comme il est écrit dans l’édi­to un “seul et même Auteur mul­ti­céphale ” ?  Pour ma part, je sais que non, car j’ai la solu­tion de la devinette du Som­maire…! Que l’on se ras­sure, elle accom­pa­gne chaque numéro, mais sur une feuille volante, pour ne ten­ter que les irréductibles.

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Carole Mesrobian

Car­ole Car­cil­lo Mes­ro­bian est poète, cri­tique lit­téraire, revuiste et per­formeuse. Elle pub­lie en 2012 Foulées désul­toires aux Edi­tions du Cygne, puis, en 2013, A Con­tre murailles aux Edi­tions du Lit­téraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sur­sis en con­séquence. En 2016, La Chou­croute alsa­ci­enne paraît aux Edi­tions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachd­jian par Van­i­na Pin­ter, Car­ole Car­ci­lo Mes­ro­bian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Flo­rence Laly, Chris­tine Tara­nov,  aux Edi­tions La chi­enne Edith. Elle est égale­ment l’au­teure d’Aper­ture du silence (2018) et Onto­genèse des bris (2019), chez PhB Edi­tions. Cette même année 2019 paraît A part l’élan, avec Jean-Jacques Tachd­jian, aux Edi­tions La Chi­enne, et Fem mal avec Wan­da Mihuleac, aux édi­tions Tran­signum ; en 2020 dans la col­lec­tion La Diag­o­nale de l’écrivain, Agence­ment du désert, paru chez Z4 édi­tions, et Octo­bre, un recueil écrit avec Alain Bris­si­aud paru chez PhB édi­tions. Elle par­ticipe aux antholo­gies Dehors (2016,Editions Janus), Appa­raître (2018, Terre à ciel) De l’hu­main pour les migrants (2018, Edi­tions Jacques Fla­mand) Esprit d’ar­bre, (2018, Edi­tions pourquoi viens-tu si tard), Le Chant du cygne, (2020, Edi­tions du cygne), Le Courage des vivants (2020, Jacques André édi­teur), Antholo­gie Dire oui (2020, Terre à ciel), Voix de femmes, antholo­gie de poésie fémi­nine con­tem­po­raine, (2020, Pli­may). Par­al­lèle­ment parais­sent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Cap­i­tal des mots, Poe­siemuz­icetc., Le Lit­téraire, le Salon Lit­téraire, Décharge, Tex­ture, Sitaud­is, De l’art helvé­tique con­tem­po­rain, Libelle, L’Atelier de l’ag­neau, Décharge, Pas­sage d’en­cres, Test n°17, Créa­tures , For­mules, Cahi­er de la rue Ven­tu­ra, Libr-cri­tique, Sitaud­is, Créa­tures, Gare Mar­itime, Chroniques du ça et là, La vie man­i­feste, Fran­copo­lis, Poésie pre­mière, L’Intranquille., le Ven­tre et l’or­eille, Point con­tem­po­rain. Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Bris­si­aud, et des pré­faces de Mémoire vive des replis de Mar­i­lyne Bertonci­ni et de Femme con­serve de Bluma Finkel­stein. Auprès de Mar­i­lyne bertonci­ni elle co-dirige la revue de poésie en ligne Recours au poème depuis 2016. Elle est secré­taire générale des édi­tions Tran­signum dirigées par Wan­da Mihuleac.