Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien

Par |2021-07-06T17:04:08+02:00 5 juillet 2021|Catégories : Christophe Jubien, Critiques|

Une cri­tique de jan­vi­er 2014, parue dans le numéro 83 de Recours au poème.

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Miroite­ment sur Terre de la petite flaque d’eau, nuée au ciel des mots de Christophe Jubi­en, nous invite à nous inter­roger sur l’essence même de la poésie. Mais quelle est-elle ? Déra­page du signe, affleure­ment des silences, images sus­citées par ? On le pense, on le dit, on tente de la définir, de l’apprivoiser, d’en maîtris­er les arcanes, de la con­tenir depuis des siè­cles dans un réser­voir trop petit. Et débor­de, dépasse, affleure Christophe Jubi­en. Faisant fi de la fonc­tion autotélique du lan­gage, il encer­cle les signes à la page. Des mots fidèles au sens du lex­ique, un énon­ci­a­teur qui se dévoile au fil de la lec­ture, des champs lex­i­caux qui déploient la vie poussée de terre. Là est cette poésie qui coule comme une source limpi­de du signe dans sa com­plé­tude. Mais com­ment dire le fer­ment de l’existence ? Rien ne s’envole, mais tout pousse à accroître notre acuité au présent. La sim­plic­ité du lan­gage trou­ve place et se fait chant poé­tique, pour attein­dre à

 

Un genre de Satori

Moment de flottement
après que le ballon
soit retombé chez les voisins
moi les enfants les bras ballants
une pie soudain joyeuse
le cèdre vrai­ment bleu
un chien qui se met à japper
mais alors très très loin
puis le bal­lon qui nous revient
comme par enchantement.

 

Les mots de Christophe Jubi­en nous mènent au plus sim­ple de l’existence grâce à un texte irré­ductible tant est légère sa présence à la page, ponc­tué par les illus­tra­tions de Pierre Richir où plonger le regard après les mots.

Gracile mais puis­sante, une poésie ténue mais en épais­seur présente aux dimen­sions du signe ten­drement déployé dans la sim­plic­ité même du lan­gage, mais qui ouvre aux hori­zons her­méneu­tiques de l’existence.

Présentation de l’auteur

Christophe Jubien

Né en 1964 à Thouars dans les Deux-Sèvres, je vis à Chartres depuis 2000.  Je bricole des émis­sions dans une petite radio d’in­térêt local. Il y a 17 ans, en toute impunité, je me suis mis à l’é­cole buis­son­nière de la poésie, grâce à la ren­con­tre du mer­veilleux poète Serge Wellens. J’aime le fil des jours, le vin rouge, les cétoines dorées, André Dhô­tel, jouer au foot en bas de l’ immeu­ble avec mes fils, et la Divine Liturgie de Saint-Jean Chrysostome. 

            Saint-Loup sur Terre : Edi­tions Traum­fab­rik — 1996
            La rive gauche du Thou­et : Cahiers de poésie Le ciel au-dessus de Rochefort — 1998
            Demain est un jour d’autre­fois : Edi­tions Cla­pas — 2002
            La vie n’a tou­jours pas com­mencé : Revue Décharges/ col­lec­tion Pold­er — 2004
            Les peu­pli­ers de Beau­soleil : Edi­tions le Pré Car­ré — 2008
            Il y a une cathé­drale dans cette ville : Edi­tions Traum­fab­rik — 2008
            Deux fois le camion bleu du menuisi­er Bernard : Edi­tions Corps Puce — 2011
            La tasse à l’anse cassée : Asso­ci­a­tion fran­coph­o­ne de haïku, col­lec­tion Sol­stice — 2012
            Les mains autour du bol à fleurs : Edi­tions l’é­cho optique — 2012
            Miroite­ment sur Terre de la petite flaque d’eau : Edi­tions Don­ner à voir — 2013
            Le Mal de Terre : Edi­tions Traüm­fab­rik, col­lec­tion le Poulailler — 2014 
            Le Monde d’Emile : Edi­tions Corps Puce — 2014               

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Carole Mesrobian

Car­ole Car­cil­lo Mes­ro­bian est poète, cri­tique lit­téraire, revuiste et per­formeuse. Elle pub­lie en 2012 Foulées désul­toires aux Edi­tions du Cygne, puis, en 2013, A Con­tre murailles aux Edi­tions du Lit­téraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sur­sis en con­séquence. En 2016, La Chou­croute alsa­ci­enne paraît aux Edi­tions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachd­jian par Van­i­na Pin­ter, Car­ole Car­ci­lo Mes­ro­bian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Flo­rence Laly, Chris­tine Tara­nov,  aux Edi­tions La chi­enne Edith. Elle est égale­ment l’au­teure d’Aper­ture du silence (2018) et Onto­genèse des bris (2019), chez PhB Edi­tions. Cette même année 2019 paraît A part l’élan, avec Jean-Jacques Tachd­jian, aux Edi­tions La Chi­enne, et Fem mal avec Wan­da Mihuleac, aux édi­tions Tran­signum ; en 2020 dans la col­lec­tion La Diag­o­nale de l’écrivain, Agence­ment du désert, paru chez Z4 édi­tions, et Octo­bre, un recueil écrit avec Alain Bris­si­aud paru chez PhB édi­tions. Elle par­ticipe aux antholo­gies Dehors (2016,Editions Janus), Appa­raître (2018, Terre à ciel) De l’hu­main pour les migrants (2018, Edi­tions Jacques Fla­mand) Esprit d’ar­bre, (2018, Edi­tions pourquoi viens-tu si tard), Le Chant du cygne, (2020, Edi­tions du cygne), Le Courage des vivants (2020, Jacques André édi­teur), Antholo­gie Dire oui (2020, Terre à ciel), Voix de femmes, antholo­gie de poésie fémi­nine con­tem­po­raine, (2020, Pli­may). Par­al­lèle­ment parais­sent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Cap­i­tal des mots, Poe­siemuz­icetc., Le Lit­téraire, le Salon Lit­téraire, Décharge, Tex­ture, Sitaud­is, De l’art helvé­tique con­tem­po­rain, Libelle, L’Atelier de l’ag­neau, Décharge, Pas­sage d’en­cres, Test n°17, Créa­tures , For­mules, Cahi­er de la rue Ven­tu­ra, Libr-cri­tique, Sitaud­is, Créa­tures, Gare Mar­itime, Chroniques du ça et là, La vie man­i­feste, Fran­copo­lis, Poésie pre­mière, L’Intranquille., le Ven­tre et l’or­eille, Point con­tem­po­rain. Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Bris­si­aud, et des pré­faces de Mémoire vive des replis de Mar­i­lyne Bertonci­ni et de Femme con­serve de Bluma Finkel­stein. Auprès de Mar­i­lyne bertonci­ni elle co-dirige la revue de poésie en ligne Recours au poème depuis 2016. Elle est secré­taire générale des édi­tions Tran­signum dirigées par Wan­da Mihuleac.
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