> Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien

Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien

Par |2018-08-15T17:26:20+00:00 14 janvier 2014|Catégories : Blog|

Miroitement sur Terre de la petite flaque d’eau, nuée au ciel des mots de Christophe Jubien, nous invite à nous inter­ro­ger sur l’essence même de la poé­sie. Mais quelle est-elle ? Dérapage du signe, affleu­re­ment des silences, images sus­ci­tées par ? On le pense, on le dit, on tente de la défi­nir, de l’apprivoiser, d’en maî­tri­ser les arcanes, de la conte­nir depuis des siècles dans un réser­voir trop petit. Et déborde, dépasse, affleure Christophe Jubien. Faisant fi de la fonc­tion auto­té­lique du lan­gage, il encercle les signes à la page. Des mots fidèles au sens du lexique, un énon­cia­teur qui se dévoile au fil de la lec­ture, des champs lexi­caux qui déploient la vie pous­sée de terre. Là est cette poé­sie qui coule comme une source lim­pide du signe dans sa com­plé­tude. Mais com­ment dire le ferment de l’existence ? Rien ne s’envole, mais tout pousse à accroître notre acui­té au pré­sent. La sim­pli­ci­té du lan­gage trouve place et se fait chant poé­tique, pour atteindre à

Un genre de Satori

Moment de flot­te­ment
après que le bal­lon
soit retom­bé chez les voi­sins
moi les enfants les bras bal­lants
une pie sou­dain joyeuse
le cèdre vrai­ment bleu
un chien qui se met à jap­per
mais alors très très loin
puis le bal­lon qui nous revient
comme par enchan­te­ment.

Les mots de Christophe Jubien nous mènent au plus simple de l’existence grâce à un texte irré­duc­tible tant est légère sa pré­sence à la page, ponc­tué par les illus­tra­tions de Pierre Richir où plon­ger le regard après les mots.
Gracile mais puis­sante, une poé­sie ténue mais en épais­seur pré­sente aux dimen­sions du signe ten­dre­ment déployé dans la sim­pli­ci­té même du lan­gage, mais qui ouvre aux hori­zons her­mé­neu­tiques de l’existence.

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Carole Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne en 1966. Elle réside en région pari­sienne. Professeure de Lettres Modernes et Classiques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’Université Denis Diderot. Elle publie en 2012 Foulées désul­toires aux Editions du Cygne, puis, en 2013, A Contre murailles aux Editions du Littéraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sursis en consé­quence. En 2016, La Choucroute alsa­cienne paraît aux Editions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachdjian par Vanina Pinter, Carole Carcilo Mesrobian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Florence Laly, Christine Taranov,  Editions La chienne Edith. En 2018, elle publie Aperture du silence, chez PhB Editions.

Parallèlement paraissent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Capital des mots, Poesiemuzicetc., Le Littéraire, le Salon Littéraire, Décharge, Texture, Sitaudis, De l’art hel­vé­tique contem­po­rain. Elle publie des articles ou textes dans des revues papier telles que Libelle, L’Atelier de l’agneau, Décharge, Passage d’encres, Test n°17, Créatures , Formules, Cahier de la rue Ventura, Libr-cri­tique, Sitaudis, Créatures, Gare Maritime, Chroniques du ça et là, La vie mani­feste et Francopolis.

Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Brissiaud, et de nom­breuses notes de lec­ture, entre­tiens et articles, publiés sur le site Recours au Poème.

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