> Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien

Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien

Par | 2018-02-22T02:19:34+00:00 14 janvier 2014|Catégories : Blog|

Miroitement sur Terre de la petite flaque d’eau, nuée au ciel des mots de Christophe Jubien, nous invite à nous inter­ro­ger sur l’essence même de la poé­sie. Mais quelle est-elle ? Dérapage du signe, affleu­re­ment des silences, images sus­ci­tées par ? On le pense, on le dit, on tente de la défi­nir, de l’apprivoiser, d’en maî­tri­ser les arcanes, de la conte­nir depuis des siècles dans un réser­voir trop petit. Et déborde, dépasse, affleure Christophe Jubien. Faisant fi de la fonc­tion auto­té­lique du lan­gage, il encercle les signes à la page. Des mots fidèles au sens du lexique, un énon­cia­teur qui se dévoile au fil de la lec­ture, des champs lexi­caux qui déploient la vie pous­sée de terre. Là est cette poé­sie qui coule comme une source lim­pide du signe dans sa com­plé­tude. Mais com­ment dire le ferment de l’existence ? Rien ne s’envole, mais tout pousse à accroître notre acui­té au pré­sent. La sim­pli­ci­té du lan­gage trouve place et se fait chant poé­tique, pour atteindre à

Un genre de Satori

Moment de flot­te­ment
après que le bal­lon
soit retom­bé chez les voi­sins
moi les enfants les bras bal­lants
une pie sou­dain joyeuse
le cèdre vrai­ment bleu
un chien qui se met à jap­per
mais alors très très loin
puis le bal­lon qui nous revient
comme par enchan­te­ment.

Les mots de Christophe Jubien nous mènent au plus simple de l’existence grâce à un texte irré­duc­tible tant est légère sa pré­sence à la page, ponc­tué par les illus­tra­tions de Pierre Richir où plon­ger le regard après les mots.
Gracile mais puis­sante, une poé­sie ténue mais en épais­seur pré­sente aux dimen­sions du signe ten­dre­ment déployé dans la sim­pli­ci­té même du lan­gage, mais qui ouvre aux hori­zons her­mé­neu­tiques de l’existence.

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Carole Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne le 24 février 1966 et vit en région pari­sienne. Professeur de Lettres clas­siques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’université Paris Diderot.

Elle publie en 2012 Foulées désul­toires, aux Editions du Cygne, ain­si que des textes inédits dans la revue Le Capital des mots.

A contre Murailles, Les édi­tions du Littéraire, Paris, octobre 2013

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