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Xavier Bordes, Ce que fut la poésie

2018-01-03T19:51:04+00:00

 

Lorsque, à tra­vers des mots gau­che­ment arran­gés,
On tente de mon­trer un peu le caphar­naüm
Où sont mêlées choses récentes, vieille­ries, inco­hé­rences,
Et que nous appe­lons « le monde » comme s’il
Était celui de tous et non pas seule­ment le nôtre,
Les lec­teurs rai­son­nables se détournent, – « Non !
Cela, on n’y com­prend rien ! C’est sans bon sens !»

.

On dirait des enfants qui ont quit­té le lit­to­ral
Pour la pre­mière fois et qu’on amène pru­dem­ment
Dans les vague­lettes salées de la mer, et ils gigotent
De leurs petites jambes courtes et semblent pris
D’une irré­pres­sible frayeur devant la ver­deur mou­vante
Qu’ils sur­plombent depuis les bras de leurs parents.
Car ces parents sont les poètes, ils ont l’âge

.

De la mémoire de l’espèce humaine, par-des­sus
Les col­lines des siècles du futur, ils devinent ce qui vient,
Par-des­sus celles du pas­sé, ils res­sassent les leçons
Oubliées en très peu de géné­ra­tions ! Ainsi que l’olivier
Leur tâche poé­tique est tout ensemble de pres­cience, –
De pré­sage en pleine clar­té du soleil, – tout autant que
De sou­ve­nir et de rêve­ries lunaires sur ce qui eut lieu.

.

Chaque vers qui en rend compte est un frag­ment de vie
Encore char­gé d’énergie et non pas mort comme les autres
Oeuvres dont les humains tirent tant de fier­té, les films,
Les enre­gis­tre­ments de toutes sortes, les pho­to­gra­phies,
Cela, tout cela qui forme la ver­sion moderne du Déluge,
Et qui fige dans la tête des humains ce qu’on appelle encore
Imagination, par les machines chan­gée en fabrique d’images.

Présentation de l’auteur

Xavier Bordes

Xavier Bordes, né le 4 juillet 1944, dans le vil­lage des Arcs en Provence (Var).

Études musi­cales et clas­siques.
Organiste. Étude de com­po­si­tion, théo­rie ato­nale et orches­tra­tion avec Julien Falk. Thèse de doc­to­rat sur Joë Bousquet, sous la direc­tion de Jean-Pierre Richard.
Musicologie (ins­tru­ments et musique des Aymara en Amérique du Sud).
Quitte Paris pour une mis­sion de musi­co­lo­gie au Maroc et Sahara.
S’installe à Oued-Zem, puis à Mohammedia en 1973. 
Enseignement et jour­na­lisme (Rédacteur en chef de la Revue Automobile Africaine, confé­rences nom­breuses, notam­ment dans les Centres Culturels).

Traductions de poètes Grecs : Elytis, prix Nobel de Littérature, puis Cavafy, Solomos, Anagnostakis, Davvetas, Zakythinos prin­ci­pa­le­ment.

Commence une œuvre poé­tique en 1979.

Retour en France (Paris) fin 84. Travaille dans l’édition musi­cale (direc­tion artis­tique). Lecteur de grec pour les ED. Gallimard.
Membre du comi­té de la revue PO&SIE (Rédacteur en chef, Michel Deguy) avec Jacques Roubaud, Michel Chaillou, Robert Davreu, Alain Duault, Pierre Oster notam­ment.
En 1989 en col­la­bo­ra­tion avec l’entreprise DBE, X.B. expose un poème de 300 m² sur une façade du 6 ave­nue de Friedland à Paris, asso­cié à une confé­rence et un expo­sé théo­rique à la Maison des Écrivains.

Xavier Bordes

L’université de Poitiers, du 16 au 21 novembre 1992, X.B. entre­prend, avec les Ed. Mille et une nuits, la publi­ca­tion en volumes à 10frs d’œuvres phi­lo­so­phiques gré­­co-latines liées à l’univers contem­po­rains : Epicure, Ovide, Sénèque, Théophraste, etc… Le public démontre par son inté­rêt que la culture antique reste d’actualité, Épicure notam­ment par­vient à un tirage de plus de 250000 exem­plaires.

Parmi diverses mani­fes­ta­tions, les poèmes de Xavier Bordes ont fait l’objet de plu­sieurs émis­sions sur France-Culture et d’autres radios pour sa poé­sie et ses tra­duc­tions d’Épicure et de Sénèque.

Du 12 au 18 février 1996, les poèmes du poète grec Odysseas Elytis tra­duits par X. Bordes (en col­la­bo­ra­tion avec R. Longueville) ont fait l’objet de lec­tures quo­ti­diennes à France-Culture.

Prix Max Jacob 1999 pour « Comme un bruit de source ».
Poursuit depuis une œuvre de poète et de tra­duc­teur, en grande par­tie publiée direc­te­ment sur inter­net (Calameo – Word presse – Overblog).

Son blog : xavier​.bordes​.over​-blog​.com

En 2011, au cours de l’année anni­ver­saire de la nais­sance d’Odysseas Elytis, X.B. fait don de ses archives Elytis à la Bibliothèque Gennadios à Athènes (Fond Bordes).
Participe aux des­ti­nées de la revue belge Traversées cou­ron­née récem­ment d’un prix de la Revue Poétique 2011.

X. Bordes vit et tra­vaille actuel­le­ment à Paris.

Poésie

  • Le Sans-Père à Plume avec une pré­face de Michel Deguy  (Ed. de Loess)  1982
  • L’Argyronef (Ed. Belin, revue PO&SIE) 1984
  • Syrinx (Ed. Belin, revue PO&SIE) 1985
  • Ma Venise (Ed. Eyras – Madrid) 1985 Version F. et Espagnole  (trad. Micheline          Durand).
  • Alphabets (Ed. Belin, revue PO&SIE) 1986
  • La Pierre Amour, poèmes 1972-1985 (Ed. Gallimard.  Distingué par l’Académie Française.) 1987
  • Elégie de Sannois (NRF juillet-Août 88)
  • Notes pour des chasses rêvées (Ed. d’Art D. Martin 1988)
  • Onze poèmes tirés d’une conque (Recueil – Champ Vallon) 1988
  • Le masque d’Or  (Ed. de Loess,  St Martin de Cormières.) 1988
  • Poèmes Carrés (Ed. Belin, revue PO&SIE) 1988
  • La chambre aux Oiseaux (Edition d’art J.C. Michel  – Nancy) 1989
  • Sonnets  (Ecbolade
  • Aphrodite (Ed. Gnôsis & Enrico Navarra – avec Michel Deguy, D. Davvetas, Jean Luc Nancy, M. Abramovicz, etc…) 1990
  • Rêve pro­fond réel (Recueil – Champ Vallon) 1991
  • Impérissables pas­se­ments de lumière – Rougemont  (Ed. gale­rie P. Gabert, Paris) 1992
  • Levées d’ombre et de lumière, (avec le peintre Rougemont.) (Paris – Cercle des 101 femmes          Bibliophiles) 1992
  • Le grand Cirque Argos (ED. Robert et Lydie Dutrou) 1993
  • Je parle d’un pays incon­nu (ED. Le Cri & Jacques Darras, Bruxelles) 1995
  • Comme un bruit de source (Ed. Gallimard, Paris) 1999
  • L’étrange clar­té de nos rêves (Ed. Associatives Clàpas, Millau) 1999
  • A jamais la lumière (Ed.Gallimard, Paris) 2001
  • Quand le poète montre la lune… (Ed ; De Corlevour, Paris) 2003

 

A cela il faut ajou­ter plu­sieurs volumes publiés sur le Net, à l’adresse :

 Principales traductions

  • D’ Odysseas Elytis (grec, prix Nobel 1979, tra­duit en coll. avec R. Longueville) :
  • Marie des Brumes (Ed. La Découverte) 1984 (réed. en 86)
  • To Axion Esti (Ed. Gallimard) 1987
  • Avant Tout (Cahiers de l’Egaré – Le Revest) 1988
  • Elytis – un médi­ter­ra­néen uni­ver­sel  (Traductions et études en Catalogue Paris – Exposition au Centre Pompidou.) 1988
  • Surréalistes Grecs (Traductions et études en Catalogue Paris – Exposition au Centre Pompidou.) 1991
  • Le Monogramme (NRF – Ed. Gallimard – juillet-août 1996)
  • Axion Esti sui­vi de L’Arbre Lucide et du Journal d’un invi­sible Avril. (Ed. Gallimard – Paris) 1996
  • D’Épicure : Lettre sur le bon­heur (Ed. Mille et une nuits) 1993
  • D’Ovide : Remèdes à l’Amour (Ed. Mille et une nuits) 1993
  • De Sénèque : De la briè­ve­té de la vie (Ed. Mille et une nuits) 1993
  • De Cicéron : Lélius ou l’amitié (Ed. Mille et une nuits) 1995  
  • De Théophraste : Les Caractères (Ed. Mille et une nuits) 1996 
  • De D. Davvetas : Soleil Immatériel (Ed. Galilée) 1989
  • La Chanson de Pénélope (Ed. Galilée) 1989
  • Poèmes (Revue PO&SIE, Belin) 1989
  • Le man­teau de Laocoon (Ed. Galilée) 1990
  • D’Alexis Zakythinos : Les noyés du grand large (Ed. J.C. Valin  – Hautécritures) 1989
  • De Manolis Anagnostakis : Les Poèmes,    (Ed. Le Cri et J. Darras, Bruxelles)  1994 
  •  (avec la coll. de Démosthènes Davvetas.)

Anthologie

  • 27 Poètes grecs contem­po­rains  (Ed. Revue In’Hui, Le Cri.) 1994 en col­la­bo­ra­tion avec Robert Longueville.

Principaux essais et préfaces

  • Mystique, de Joë Bousquet (Ed. Gallimard) 1972 
  • Imaginer la Tour Eiffel dans la brume…   (Revue In’Hui – 38 – Le Cri et J.D., Bruxelles.)
  • Sur la Saison en Enfer de Rimbaud (Ed. Mille et une nuits) 1993
  • Relire Aragon (Revue In’Hui – 1995 – Le Cri et J.D., Bruxelles.)
  • Fragments d’un Dieu-Michaux  (La Licorne, UFR Langues Littératures Poitiers – 1993)

 

Publications diverses dans :

  •  Po&sie (Ed. Belin), Europe, La Lettre Internationale, la NRF, In’Hui, Recueil, des revues uni­ver­si­taires, etc… Ainsi que des textes cri­tiques sur de nom­breux peintres et pho­to­graphes (Rougemont, Le Cloarec, Tisserand, Four, Brandon, Leick, etc…)  

 

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