> Fabien Pio et Dominique Boudou

Fabien Pio et Dominique Boudou

Par |2018-10-22T19:27:32+00:00 30 septembre 2016|Catégories : Essais & Chroniques|

Fabien Pio "Diffractions",
FPM Hors série.

 

Diffraction : dévia­tion d'ondes au contact d'un obs­tacle.

Quelles ondes ?

Celles du vivre, des voix, voies, jours, espoirs, rêves, buts ?
La conti­nui­té d'un choc ?
La cer­ti­tude d'un vide, cette "vola­tile faille /​ dans l'abime" ?
Ce qui va, tôt ou tard, on s'en doute bien, balayer la quié­tude, cette paix illu­soire ? "le mou­ve­ment latent /​ d'un vent qui s'annonce"

On ne peut igno­rer le mal, le vide, le rien, tapis sous la peau frêle du sou­rire fac­tice, obli­gé.

On sent bien l'impact, le choc – le contact, donc, d'un obs­tacle, d'un mur de soi, ou d'une fron­tière de l'Autre, la "diffraction/d'ondes dans l'air//clarté irradiée/​/​en éclats".

Cette forme de fin, alors, ce mutisme où l'on sait que "parfois/​les mots/​/​ne peuvent dire/​/​les choses qui vident/​de leur substance/​les jours/​/​et par­fois même/​/​les mots"

 

***

 

Dans la durée des oiseaux, Dominique Boudou,
édi­tions du Cygne

 

L'amour ou l'amitié, l'amitié est l'amour. Peu importe. On se fré­quente, on se sait ; et, plus que tout encore, on n'ignore pas les figures de l'autre, ses sou­ve­nirs, ses détails, ses bles­sures – sur­tout.

"Garder les traces qui doivent être gar­dées."

Le bol bleu de l'enfance, cette made­leine amère ; les pho­tos des parents, leur invi­si­bi­li­té ; la fra­trie ou la soli­tude, la famille est aus­si la soli­tude.

"Nous aimons cette illu­sion du sou­ve­nir bu avec le lait."

Et ce qui s'accumule entre les doigts ven­teux des jours, ce désir de demain qui ne décolle pas, ne reste qu'aujourd'hui, cette per­ma­nence du pré­sent, cette ité­ra­tion du silence. L'image des corps et des vies sur­na­geant en l'eau trouble de sou­ve­nirs voués à l'oubli.

"Quelle image sau­rons-nous gar­der de cette vie qui n'est pas la nôtre ? Quelle force y pui­ser avec nos mains cou­pées ?"

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