Fabi­en Pio “Dif­frac­tions”,
FPM Hors série.

 

Dif­frac­tion : dévi­a­tion d’on­des au con­tact d’un obstacle.

Quelles ondes ?

Celles du vivre, des voix, voies, jours, espoirs, rêves, buts ?
La con­ti­nu­ité d’un choc ?
La cer­ti­tude d’un vide, cette “volatile faille / dans l’abime” ?
Ce qui va, tôt ou tard, on s’en doute bien, bal­ay­er la quié­tude, cette paix illu­soire ? “le mou­ve­ment latent / d’un vent qui s’annonce”

On ne peut ignor­er le mal, le vide, le rien, tapis sous la peau frêle du sourire fac­tice, obligé.

On sent bien l’im­pact, le choc — le con­tact, donc, d’un obsta­cle, d’un mur de soi, ou d’une fron­tière de l’Autre, la “diffraction/d’ondes dans l’air//clarté irradiée//en éclats”.

Cette forme de fin, alors, ce mutisme où l’on sait que “parfois/les mots//ne peu­vent dire//les choses qui vident/de leur substance/les jours//et par­fois même//les mots”

 

***

 

Dans la durée des oiseaux, Dominique Boudou,
édi­tions du Cygne

 

L’amour ou l’ami­tié, l’ami­tié est l’amour. Peu importe. On se fréquente, on se sait ; et, plus que tout encore, on n’ig­nore pas les fig­ures de l’autre, ses sou­venirs, ses détails, ses blessures — surtout.

“Garder les traces qui doivent être gardées.”

Le bol bleu de l’en­fance, cette madeleine amère ; les pho­tos des par­ents, leur invis­i­bil­ité ; la fratrie ou la soli­tude, la famille est aus­si la solitude.

“Nous aimons cette illu­sion du sou­venir bu avec le lait.”

Et ce qui s’ac­cu­mule entre les doigts ven­teux des jours, ce désir de demain qui ne décolle pas, ne reste qu’au­jour­d’hui, cette per­ma­nence du présent, cette itéra­tion du silence. L’im­age des corps et des vies sur­nageant en l’eau trou­ble de sou­venirs voués à l’oubli.

“Quelle image saurons-nous garder de cette vie qui n’est pas la nôtre ? Quelle force y puis­er avec nos mains coupées ?”

mm

Vincent Motard-Avargues

Vin­cent Motard-Avar­gues, né le 15 juin 1975, à Bor­deaux ; pho­tographe & musi­cien, a pub­lié quelques livres. Poésie : — “Car­nets d’un plongeur sec”, édi­tions Gros Textes, 2019 — “La chair de la pierre”, édi­tions Incli­nai­son, 2018 — “(im)permanence”, édi­tions Encres Vives, 2015 — “Je de l’Ego”, édi­tions du Cygne, 2015 — “Recul du trait de côte”, édi­tions de la Crypte, 2014 — “À ce qui est de ce qui n’a”, édi­tions Encres Vives, 2013 — “Leurs mains gan­tées de ciels”, édi­tions Encres Vives, 2012 — “Le vil­lage retrou­vé”, édi­tions Encres Vives, 2012 — “Si peu, tout”, Éclats d’en­cre édi­teur, 2012 — “l’Al­pha est l’Omé­ga”, ‑36° édi­tions, 2011 — “Un écho de nuit”, édi­tions du Cygne, 2011 Pho­to : — “Radi­celles”, duo poèmes/ pho­tos avec Murièle Mod­é­ly, édi­tions Tar­mac, 2019 — cou­ver­ture du livre « Je te vois », de Murièle Mod­é­ly, édi­tons du Cygne, 2017”