Impressions de lectrice sur quelques ouvrages de Marilyne Bertoncini

Par |2020-05-06T17:47:35+02:00 6 mai 2020|Catégories : Essais & Chroniques, Marilyne Bertoncini|

Avant le réc­it-poème poignant d’une aven­ture orphique née de ce que l’on appelle « un fait divers », La noyée d’Onagawa, (Jacques André édi­teur, 2020), j’avais lu les ouvrages de Mar­i­lyne qui ont impul­sé sa démarche : « assem­bler ce qui peut être le corps de la mémoire en ses pièces éparses ».

Une aven­ture d’écriture que l’on a envie de suiv­re, de livre en livre.

Dans Mémoire vive des replis, (édi­tions Pourquoi viens-tu si tard ? 2018) lu en pre­mier, je me suis trou­vée au coeur d’une puis­sante métaphore, et j’ai aimé aus­si faire lec­ture des pho­tos-images qui métapho­risent cet acte créa­teur de déplier/ déploy­er la mémoire par la force de la poésie.

Il y a un mot très ancien: “remem­brance” qui con­tient dans ses phonèmes la chair du sou­venir. C’est un terme qui con­vient à cette démarche. Repren­dre con­science et pos­ses­sion de toutes les dimen­sions de l’être. Le passé revient vis­iter le présent. On pense à Proust bien sûr pour cette expéri­ence exis­ten­tielle de coïn­ci­dence entre les per­cep­tions qui abolit l’é­pais­seur du temps. L’étoffe mémorielle se déplie et révèle l’être. La puis­sance, le pou­voir de la poésie sont éprouvés.

Mar­i­lyne Bertonci­ni, Sable, édi­tions Tran­signum, 2018.

J’habite ma vie comme un rêve
où les temps s’enchevêtrent

—————

Vie est ce rêve qui me dessine
sur la vit­re où la pluie trace
d’éphémères chemins brouillant
mon reflet dans le paysage

—————

images d’eau sans consistance
ondoy­ant entre deux espaces

 

 

Des stro­phes qu’on a envie de garder en soi, comme un poème d’Apollinaire.

J’ai retrou­vé cette démarche dans L’an­neau de Chill­i­da  (L’atelier du grand Tétras 2018)

 

“Le dia­logue avec les formes est plus important
que les formes elles-mêmes”       (Eduar­do Chillida)

 

D’emblée, l’ex­er­gue nous emporte dans cette aventure.

En dia­loguant avec la forme et le mou­ve­ment de l’an­neau qui  tou­jours se dérobe, s’en­roule et se renou­velle, le poète joue avec sa pro­pre vie, l’in­ter­roge, la situe. La métaphore de l’an­neau, la relec­ture des représen­ta­tions mythologiques du monde, la con­vo­ca­tion des fig­ures mythiques fondent là aus­si une entre­prise exis­ten­tielle, une quête de sens.

La poésie est une langue qui per­met d’at­tein­dre les grands mys­tères. J’aime que les poètes la situent à ce niveau. C’est là où, lec­trice de poésie, je me sens  grandie. La lec­ture ne se ter­mine pas, le livre revient, on le reprend. Signe fort.

Mar­i­lyne Bertonci­ni, L’An­neau de Chill­i­da, Ate­lier du Grand Tétras, 2018, 80 pages.

Cré­pus­cule inversé
la nuit s’évanouit
dans l’é­clat du poème

 

J’ai con­tin­ué le par­cours dans cet univers avec  SABLE   (Edi­tions Tran­signum 2019), avec des  repro­duc­tions des œuvres de Wan­da MIHULEAC. Poème traduit en alle­mand par Eva Maria BERG.

SABLE est un nom de femme, le nom d’une femme. Fable poé­tique, Sable évoque une his­toire, celle d’une vic­toire sur l’empêchement de la parole, l’histoire d’un cri, racon­tée à trois voix : celle de la poète, Mar­i­lyne Bertonci­ni, celle de la plas­ti­ci­enne, Wan­da Mihuleac, celle de la tra­duc­trice en alle­mand, Eva Maria Berg. On peut ajouter la dédi­cataire, la mère de la poète, dont le des­tin croisé con­stitue la trame.

Avant d’accéder au texte, nous sommes con­fron­tés à deux pre­mières œuvres de Wan­da Mihuleac, instau­rant l’unité chro­ma­tique qui sera aus­si celle des mots, et l’univers trou­blant d’un élé­ment, le sable, abri­tant l’insolite, et même des signes inquié­tants : en cou­ver­ture, les let­tres rouges du mot SABLE nous avaient alertés.

Au fil des pages, nous allons ren­con­tr­er à la sur­face ou à demi enfouis dans cette matière fig­urée comme le lieu de pro­jec­tions men­tales, un globe ocu­laire, une main d’or, des let­tres en désor­dre, les étranges petites sphères des gouttes d’eau… Il ne s’agit pas bien sûr d’illustrations, mais plutôt d’un com­men­taire visuel du poème.

La scène d’enfance évo­quée par le pre­mier texte soulève les sou­venirs et nous savons que le poème va s’inscrire dans l’exploration mémorielle que, de livre en livre, pour­suit Mar­i­lyne Bertoncini.

L’évocation d’un élé­ment, d’un paysage, est aus­si l’évocation d’un être et de sa présence au monde.
Chargé depuis tou­jours de sym­bol­es et de signes, asso­cié à l’écoulement du temps et à sa dilap­i­da­tion, le sable est ici un élé­ment ambiva­lent qui, com­posant avec la beauté du ciel et des vagues, est aus­si celui qui enfouit, cache, étouffe.

Mar­i­lyne Bertonci­ni lit Sable lors d’une lec­ture per­for­mance à la galerie Depar­dieu à Nice, avec Nar­ki Nal.

Cette matière des méta­mor­phoses et des secrets pos­sède une force insi­dieuse et imprévis­i­ble. Les simil­i­tudes font advenir des paysages qui sont aus­si des sit­u­a­tions men­tales. La cor­re­spon­dance des formes aboutit à une con­fu­sion des éléments :

 

O corps de Danae enseveli sous l’or
du désir   sable  devenu

meu­ble et flu­ide man­teau instable
là pénètre       la  dissout
flamme           palimpseste
d’elle-même

Dans l’éternel inchoat­if des nues qui passent en reflet
Des dunes gris­es de la mer et des vagues de sable
(…)

La dune mime l’océan
les nuages y dessi­nent de fuyants paysages
dont l’image s’épuise dans l’ombre vagabonde
d’un réc­it ineffable

 

 (à rap­pel­er ici la cita­tion en exer­gue de Yogi Milarépa :

« sachez donc qu’allée et venue
Sont comme des songes,
Comme des reflets de la lune dans l’eau. »)

 

 

Dans ce paysage qui est aus­si intérieur, la métaphore femme/sable est d’abord celle de sa des­tinée : fri­abil­ité, efface­ment, enfouisse­ment, étouffement.

 

Elle est allongée comme la dune aussi
nue
ses pieds touchent la mer
(…)

et la bouche d’Elle sans cesse tente
le cri qu’étouffe toujours
le sable qui volète

Mar­i­lyne Bertonci­ni, Sable, Edi­tions Tran­signum, 2018.

La page 44 donne le pou­voir aux allitéra­tions, en français comme un alle­mand, instal­lant une sorte de paysage sonore ; les simil­i­tudes de sonorités entraî­nent des simil­i­tudes de sens qui invi­tent au déchiffrage de la « fable » :

 

Efface­ment ‑ce ment–  ça bleu
Les sables meubles et sans traces
Et la femme sans face sang 

 Elle veut naître
être   n’être rien de plus
mais l’ogre de sable-ocre dévore sa parole

 Sie will geboren werden
Sein   nur sein  nichts sost
Aber der Oger aus Ock­er-Sand ver­schlingt ihre Worte

Wan­da Mihuleac et Mar­i­lyne Bertonci­ni, per­for­mance réal­isée à par­tir de Sable.

L’effacement gagne les œuvres plas­tiques jusqu’à l’abstraction, con­jurée par le palimpses­te de la dernière œuvre de Wan­da Mihuleac.

Dans la dernière page du poème, on assiste, comme à un dénoue­ment,  au sur­gisse­ment, à l’émergence d’une parole qui a déjoué le bâillon :

 

Je déboule dévale le long du flanc de Sable
(…)

Je déboule dévale du giron de la dune
(…)

Je suis fille de Sable
mais les mots
                 m’appartiennent

        Je crie 
                     J’écris.

 

His­toire d’une éman­ci­pa­tion vers la créa­tion et d’un refus de l’effacement, Sable est aus­si un hom­mage à la mère, con­fon­due avec les paysages et les élé­ments qui ont con­sti­tué l’être.

Présentation de l’auteur

Marilyne Bertoncini

Mar­i­lyne Bertonci­ni : poète, tra­duc­trice (anglais-ital­ien), revuiste et cri­tique lit­téraire, mem­bre du comité de rédac­tion de la revue Phoenix, mène, avec Car­ole Mes­ro­bian, la revue numérique Recours au Poème, à laque­lle elle col­la­bore depuis 2013; et qu’elle dirige depuis 2016.

Autrice d’une thèse, La Ruse d’I­sis, de la Femme dans l’oeu­vre de Jean Giono, et tit­u­laire d’un doc­tor­at , elle a été vice-prési­­dente de l’association I Fioret­ti, pour la pro­mo­tion des man­i­fes­ta­tions cul­turelles au Monastère de Saorge (06) et mem­bre du comité de rédac­tion de la Revue des Sci­ences Humaines, RSH (Lille III). Ses arti­cles, essais et poèmes sont pub­liés dans divers­es revues lit­téraires ou uni­ver­si­taires, français­es et étrangères. Par­al­lèle­ment à l’écri­t­ure, elle ani­me des ren­con­tres lit­téraires, Les Jeud­is des Mots, à Nice, ou les Ren­con­tres au Patio, avec les édi­tions PVST?, dans la périphérie du fes­ti­val Voix Vives de Sète. Elle pra­tique la pho­togra­phie et col­la­bore avec des artistes, musi­ciens et plasticiens.

Ses poèmes sont traduits en anglais, ital­ien, espag­nol, alle­mand, hébreu, ben­gali, et chinois.

 

bib­li­ogra­phie

Recueils de poèmes

La Noyée d’On­a­gawa, éd. Jacques André, févri­er 2020

Sable, pho­tos et gravures de Wan­da Mihuleac, éd. Bilingue français-alle­­mand par Eva-Maria Berg, éd. Tran­signum, mars 2019

Memo­ria viva delle pieghe, ed. bilingue, trad. de l’autrice, ed. PVST. Mars 2019

Mémoire vive des replis, texte et pho­tos de l’auteure, éd. Pourquoi viens-tu si tard – à paraître, novem­bre 2018

L’Anneau de Chill­i­da, Ate­lier du Grand Tétras, mars 2018 (man­u­scrit lau­réat du Prix Lit­téraire Naji Naa­man 2017)

Le Silence tinte comme l’angélus d’un vil­lage englouti, éd. Imprévues, mars 2017

La Dernière Oeu­vre de Phidias, suivi de L’In­ven­tion de l’ab­sence, Jacques André édi­teur, mars 2017.

Aeonde, éd. La Porte, mars 2017

La dernière œuvre de Phidias – 453ème Encres vives, avril 2016

Labyrinthe des Nuits, suite poé­tique – Recours au Poème édi­teurs, mars 2015

 

Ouvrages col­lec­tifs

- Le Courage des vivants, antholo­gie, Jacques André édi­teur, mars 2020

- Sidér­er le silence, antholo­gie sur l’exil – édi­tions Hen­ry, 5 novem­bre 2018

- L’Esprit des arbres, édi­tions « Pourquoi viens-tu si tard » — à paraître, novem­bre 2018

- L’eau entre nos doigts, Antholo­gie sur l’eau, édi­tions Hen­ry, mai 2018

- Trans-Tzara-Dada – L’Homme Approx­i­matif , 2016

- Antholo­gie du haiku en France, sous la direc­tion de Jean Antoni­ni, édi­tions Aleas, Lyon, 2003

Tra­duc­tions de recueils de poésie

-Soleil hési­tant, de Gili Haimovich, éd. Jacques André (à paraître 2021)

-Un Instant d’é­ter­nité, bilingue (traduit en ital­ien) d’Anne-Marie Zuc­chel­li, éd. PVST, 2020

- Labir­in­to delle Not­ti (ined­i­to) nom­iné au Con­cor­so Nazionale Luciano Ser­ra, Ital­ie, sep­tem­bre 2019

- Tony’s blues, de Bar­ry Wal­len­stein, avec des gravures d’Hélène Baut­tista, éd. Pourquoi viens-tu si tard ? , mars 2020

- Instan­ta­nés, d‘Eva-Maria Berg, traduit avec l’auteure, édi­tions Imprévues, 2018

- Ennu­age-moi, a bilin­gual col­lec­tion , de Car­ol Jenk­ins, tra­duc­tion Mar­i­lyne Bertonci­ni, Riv­er road Poet­ry Series, 2016

- Ear­ly in the Morn­ing, Tôt le matin, de Peter Boyle, Mar­i­lyne Bertonci­ni & alii. Recours au Poème édi­tions, 2015

- Livre des sept vies , Ming Di, Recours au Poème édi­tions, 2015

- His­toire de Famille, Ming Di, édi­tions Tran­signum, avec des illus­tra­tions de Wan­da Mihuleac, juin 2015

- Rain­bow Snake, Ser­pent Arc-en-ciel, de Mar­tin Har­ri­son Recours au Poème édi­tions, 2015

- Secan­je Svile, Mémoire de Soie, de Tan­ja Kragu­je­vic, édi­tion trilingue, Beograd 2015

- Tony’s Blues de Bar­ry Wal­len­stein, Recours au Poème édi­tions, 2014

Livres d’artistes (extraits)

Aeonde, livre unique de Mari­no Ros­set­ti, 2018

Æncre de Chine, in col­lec­tion Livres Ardois­es de Wan­da Mihuleac, 2016

Pen­sées d’Eury­dice, avec  les dessins de Pierre Rosin :  http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-pierre-rosin/

Île, livre pau­vre avec un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016)

Pae­sine, poème , sur un col­lage de Ghis­laine Lejard (2016)

Villes en chantier, Livre unique par Anne Poupard (2015)

A Fleur d’é­tang, livre-objet avec Brigitte Marcer­ou (2015)

Genèse du lan­gage, livre unique, avec Brigitte Marcer­ou (2015)

Dae­mon Fail­ure deliv­ery, Livre d’artiste, avec les burins de Dominique Crog­nier, artiste graveuse d’Amiens – 2013.

Col­lab­o­ra­tions artis­tiques visuelles ou sonores (extraits)

- Damna­tion Memo­ri­ae, la Damna­tion de l’ou­bli, lec­­ture-per­­for­­mance mise en musique par Damien Char­ron, présen­tée le 6 mars 2020 avec le sax­o­phon­iste David di Bet­ta, à l’am­bas­sade de Roumanie, à Paris.

- Sable, per­for­mance, avec Wan­da Mihuleac, 2019 Galerie

- L’En­vers de la Riv­iera  mis en musique par le com­pos­i­teur  Man­soor Mani Hos­sei­ni, pour FESTRAD, fes­ti­val Fran­­co-anglais de poésie juin 2016 : « The Far Side of the Riv­er »

- Per­for­mance chan­tée et dan­sée « Sodade » au print­emps des poètes  Vil­la 111 à Ivry : sur un poème de Mar­i­lyne Bertonci­ni, « L’homme approx­i­matif » , décor voile peint et dess­iné,  6 x3 m par Emi­ly Walcker :

l’Envers de la Riv­iera  mis en image par la vidéaste Clé­mence Pogu – Festrad juin 2016 sous le titre « Proche Ban­lieue»

Là où trem­blent encore des ombres d’un vert ten­dre » – Toile sonore de Sophie Bras­sard : http://www.toilesonore.com/#!marilyne-bertoncini/uknyf

La Rouille du temps, poèmes et tableaux tex­tiles de Bérénice Mollet(2015) – en par­tie pub­liés sur la revue Ce qui reste : http://www.cequireste.fr/marilyne-bertoncini-berenice-mollet/

Pré­faces

Appel du large par Rome Deguer­gue, chez Alcy­one – 2016

Erra­tiques, d’ Angèle Casano­va, éd. Pourquoi viens-tu si tard, sep­tem­bre 2018

L’esprit des arbres, antholo­gie, éd. Pourquoi viens-tu si tard, novem­bre 2018

Chant de plein ciel, antholo­gie de poésie québé­coise, PVST et Recours au Poème, 2019

Une brèche dans l’eau, d’E­va-Maria Berg, éd. PVST, 2020

 

(Site : Minotaur/A, http://minotaura.unblog.fr),

(fiche biographique com­plète sur le site de la MEL : http://www.m‑e‑l.fr/marilyne-bertoncini,ec,1301 )

Autres lec­tures

Marilyne Bertoncini, Aeonde

Petit livret, grand livre. Encore une fois, après La dernière œuvre de Phidias, Mar­i­lyne Bertonci­ni fait appel à la dimen­sion mythique pour dire la con­di­tion humaine.

Les 101 Livres-ardoises de Wanda Mihuleac

Une épopée des ren­con­tres heureuses des arts Artiste inven­tive, Wan­da Mihuleac s’est pro­posé de pro­duire des livres-objets, livres d’artiste, livres-sur­prise, de manières divers­es et inédites où la poésie, le visuel, le dessin […]

Marilyne Bertoncini, Mémoire vive des replis

Un joli for­mat qui tient dans la poche pour ce livre pré­cieux dans lequel Mar­i­lyne Bertonci­ni fait dia­loguer poèmes et pho­togra­phies (les siennes) pour accueil­lir les frag­ments du passé qui affleurent dans les […]

Marilyne Bertoncini, Sable

Mar­i­lyne Bertonci­ni nous emmène vers la plage au sable fin, vers la mer et ses vagues qui dansent dans le vent pour un voy­age tout intérieur… Elle marche dans […]

Marilyne BERTONCINI, Mémoire vive des replis, Sable

Mar­i­lyne BERTONCINI – Mémoire vive des replis La poésie de Mar­i­lyne Bertonci­ni est sin­gulière, en ce qu’elle s’appuie fréquem­ment sur des choses matérielles, pour pren­dre essor, à la façon […]

Marilyne Bertoncini, La Noyée d’Onagawa

Chant du silence du fond de l’eau, celui où divague le corps de la femme de Yasuo Taka­mat­su. Flux et reflux du lan­gage devenu poème, long dis­cours sur le vide lais­sé par la […]

Marilyne Bertoncini, La noyée d’Onagawa

Cette suite poé­tique, à la con­struc­tion musi­cale, points et con­tre­points, boule­verse et inter­roge. Inspirée d’une dépêche d’AFP, elle fait osciller le lecteur entre plusieurs réal­ités, tem­po­ral­ités et espaces. Con­ti­nu­ité et rup­ture, matéri­al­ité et […]

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Annie Estèves

Pro­fesseur de let­tres investie dans des pro­jets péd­a­gogiques axés sur les arts et la lit­téra­ture, Annie Estèves a dirigé durant sa car­rière d’enseignante des « class­es pilotes » et des ate­liers de pra­tique artis­tique en col­lab­o­ra­tion avec des poètes, des comé­di­ens et des artistes, mil­i­tant pour une cul­ture vivante à l’école. En 2005, elle a fondé à Mont­pel­li­er avec le poète Jean Jou­bert et la libraire Fanette Debernard l’association « Mai­son de la Poésie », dont lui a été aus­sitôt con­fiée la direc­tion artis­tique. Respon­s­able de la pro­gram­ma­tion annuelle de la struc­ture et de la pro­gram­ma­tion de la man­i­fes­ta­tion « Le Print­emps des Poètes à Mont­pel­li­er », elle s’est alors con­sacrée aux activ­ités de la Mai­son de la Poésie, qui dis­pose depuis 2010 d’un lieu attribué par la Ville de Mont­pel­li­er. En 2016, en hom­mage au poète Jean Jou­bert décédé en 2015, la Ville de Mont­pel­li­er a dénom­mé le lieu « Mai­son de la Poésie Jean Jou­bert », et l’association a pris le même titre. Depuis 2018, Annie Estèves est Prési­dente de la Mai­son de la Poésie Jean Joubert.
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