> Les 43 ans de la revue Osiris

Les 43 ans de la revue Osiris

Par | 2018-01-23T00:29:36+00:00 30 août 2015|Catégories : Abderrahmane Djelfaoui, Revue des revues|

 

Il faut reve­nir à l’extrême qua­li­té de la com­po­si­tion de cette revue de poé­sie inter­na­tio­nale. Dès la cou­ver­ture, le col­lage puis­sant de Robert Moorhead (effec­tué à par­tir de l’interprétation his­to­rique d’une majus­cule grecque) donne le ton de l’ouvrage : l’écriture importe et ce sous ses formes les plus par­lantes (d’ici : les USA et d’ailleurs : Algérie, Allemagne, Angleterre, Australie, Espagne, France, Italie, Québec, Ontario). Les poèmes en alle­mand de Christophe Fricker et Günter Kunert et en espa­gnol d’Antonio Rodriguez Jimenez sont pré­sen­tés avec leur tra­duc­tion.  Pour les poèmes en fran­çais (Djelfaoui, Farre et Antoine Boisclair) et en ita­lien de Flavio Ermini seule la ver­sion ori­gi­nale est pré­sente. Osiris accom­plit son œuvre, la force créa­trice est régé­né­rée : les langues sau­vées du chaos babé­lien se déploient les unes près des autres. Chacune a sa place bien orches­trée, elles se font écho. S’élève en final un chant poly­pho­nique où chaque langue retrouve et ajoute son uni­ci­té. Ainsi en est-il des dix-neuf poètes pré­sents, la plu­ra­li­té des tes­si­tures, des rythmes, formes ou thèmes abor­dés, garan­tit à chaque poème et à l’ensemble des textes publiés une belle sin­gu­la­ri­té. Deux œuvres artis­tiques de Robert Moorhead Stratification 2 et  Dome on the Rock et une pho­to­gra­phie d’Andrea Moorhead Weatherhead  Hollow Guilford, Vermont, en noir et blanc, per­mettent au souffle du lec­teur de se poser et de reprendre de plus bel. Grâce et gra­vi­té semblent être les mots clés de l’image offerte comme un inter­lude, le pay­sage invi­tant à une pour­suite poé­tique où l’émotion se mêle à la réflexion (et aux réflexions de la lumière). Parmi les poètes publiés, joie de décou­vrir (entre autres) Irish Crapo But what does the fox, loping /​across my neighbor’s wind-blown mea­dow, /​mean ? Ce vers de John Sibley Williams extrait de son poème Truce into a grand­mo­ther­ly sto­ry of angels est par l’image évo­quée et la musique magni­fique. Quant aux poèmes de Patty Dickson Pieczka, ils lient ardeur et pro­fon­deur, ori­gi­na­li­té et maî­trise, extrait de War Hymn : No onyx beads, no jas­mine candle/​ nor charm from the old woman/​ who reads pulses and tides/​ can know the soul of lon­ging. Les quatre poèmes d’Andrea Moorhead sont comme des fleurs simul­ta­né­ment prises dans la glace et la bri­sant : where the heart still beats /​redder and red­der. En quelque sorte une beau­té qui se serait faite Osiris.

 

 

mm

Marie-Christine Masset

Marie-Christine Masset est née à Ruffec en Charente en 1961. Après avoir vécu au Maroc et en Suède, elle a long­temps habi­té près des Cévennes à Saint-Jean-de Buèges. Elle vit à pré­sent à Marseille où elle enseigne les Lettres.

Bibliographie

  • Diaclase de nuit, Hors Jeu Editions, 1994
  • Parole Brûlée, L’arbre à parole, Belgique, 1995
  • L’Embrasée, Editions Jacques Brémond, 1998, prix Ilarie Voronca
  • Le seul oiseau ou le secret des Cévennes, Edition Lacour Ollé, Nîmes, 2005
  • Ile de ma nuit, Encre Vive, 2006
  • Et pour­tant elle tourne, L’Harmattan, 2007
  • Visage de poé­sie, antho­lo­gie, Jacques Basse, Editions Raphaël de Surtis, 2009
  • Yarraan, La Porte, 2012
  • Terre de Femmes, antho­lo­gie poé­tique , Angèle Paoli, Terres de femmes, 2012
  • Une fleur jaune dans la mon­tagne, L’Harmattan, 2012
  • Livres d’artiste avec Joëlle Jourdan, pho­to­graphe et plas­ti­cienne
    • Entre feu et cris, 2007
    • Trêve lumi­neuse, 2008
    • Partage des eaux, Editions Trouvailles, 2008
    • Eau Constellée, 2009
X