> Poèmes choisis par Alice-Catherine Carls

Poèmes choisis par Alice-Catherine Carls

Par | 2018-02-22T15:53:41+00:00 15 septembre 2014|Catégories : Blog|

 

London
(Barbican, 1991)

 

It is mid­night
London is lost in sleep
the sky is a sea

of bur­ning lights,
I turn over in the
strange war­med bed

drea­ming of Africa
whose mid­night sky
is a sea of fire­flies

I wake up to noises
of hon­king horns
hum­ming machines

I recall the sweet music
of Africa’s mor­nings :
chirps, twit­ters, warbles

 

Londres
(Au Barbican, 1991)

 

Minuit à Londres
éper­due de som­meil
le ciel est une mer

de lumières en feu,
je tourne dans un lit
étran­ger, chauf­fé

en rêvant à l’Afrique
et à son ciel de minuit
qui est une mer de lucioles

je me réveille au son
des klaxons au ron­fle­ment
des machines

je pense à la douce musique
des matins afri­cains :
gazouillis, pépie­ments, trilles

 

Medellin, Oh Medellin !
(Medellin, Colombia, 8th July 2010)

 

Medellin, oh Medellin
The city of beau­ty and love
Where are gone your off­spring
Lads and gals that streets fill
Medellin, Oh Medellin !

In the twis­ting dark alleys
They lie, recli­ned on street-walls
Drowned in smoke — mari­jua­na !
Lost in life and death
Medellin, oh Medellin !

Medellin, the city of love
Blooming girls, with gras­ping colours
Painting the city by day, night
Wake up those slee­ping, wake them up
Medellin, oh Medellin !

The air is pungent, strong
Overwhelming smoke of mari­jua­na
Let them breathe it into wake­ful­ness
Be the per­fume of life
Medellin, oh Medellin !

Wake them up with a song
A lul­la­by of wake­ful­ness, a lul­la­by of conscoius­ness
Play your vio­lin, a sweet tune
Wake them up from deep slum­ber
Medellin, oh Medellin !

You are a brave city, Medellin
You have dri­ven through dark­ness
Through blood, flesh and sweat
To stand where you are
Medellin, oh Medellin !

 

Medellin, ô Medellin !
(Medellin, Colombie, 8 juillet 2010)

 

Medellin, ô Medellin !
Ville de beau­té et d’amour
Où sont allés tes enfants
Filles et gar­çons plein tes rues
Medellin, ô Medellin !

Dans les sombres allées tor­dues
Ils gisent, appuyés contre les murets,
Noyés dans la fumée – mari­jua­na !
Perdus dans la vie et dans la mort
Medellin, ô Medellin !

Medellin, ville d’amour
Et de filles en fleurs qui jour et nuit
te peignent de cou­leurs tac­tiles
Réveille les dor­meurs, réveille-les
Medellin, ô Medellin !

Acre est l’air, forte,
Etourdissante la fumée de mari­jua­na
Fais-la leur res­pi­rer jusqu’à la luci­di­té
Sois le par­fum de vie
Medellin, ô Medellin !

Réveille-les avec un chant
Une ber­ceuse de luci­di­té, de conscience
Joue sur ton vio­lon un doux air
Tire-les de leur pro­fond som­meil
Medellin, ô Medellin !

Courageuse Medellin
Tu as sur­mon­té l’obscurité
le sang la chair et la sueur
Pour te dres­ser là où tu es
Medellin, ô Medellin !

 

At Amsterdam Airport
(19th, July. 2010)

 

At Amsterdam air­port
A red-clad 4-year old baby
Mounts unmo­ving carou­sel
Unnoticed perches on the belt.
The carou­sel sets in motion
Sweeping, swir­ling her around
Smiling, una­fraid
Waving and fin­ge­ring at sta­ring eyes.
Smiles at her dad­dy & mum­my
On-loo­kers, amu­sed
Laugh and take inter­est
She waves and keeps smi­ling.
Until she becomes inno­va­tive
And desires varie­ty
She attempts to walk on the belt
Whoops ! Temples are clut­ched
She trips and falls off the carou­sel
The mother runs to her rescue
A bruise on the ber­ry-size nose
Chubby cheeks suf­fu­sed in tears.

 

A l’aéroport d’Amsterdam
(19 juillet 2010)

 

A l’aéroport d’Amsterdam
Une enfant de quatre ans vêtue de rouge
Grimpe sur un car­rou­sel à l’arrêt
Et inaper­çue se perche sur la cour­roie.
Le car­rou­sel se met en marche
L’entraine, la fait tour­ner
Souriant, sans peur
Elle agite bras et mains vers les spec­ta­teurs.
Sourires à papa & maman
Amusés, les badauds
Rient et répondent
Elle fait bon­jour et sou­rit de plus belle.
Puis, las­sée, elle innove
Désire du nou­veau
Et se met à mar­cher sur la cour­roie
Aïe ! On se prend les tempes
Elle tré­buche et tombe du car­rou­sel
La mère accourt à son secours
Une contu­sion sur le petit nez rouge
Des joues pote­lées bai­gnées de larmes.

 

 

Only the Trees Swaying
(Morning in Liege, Belgium, October 2012)

 

I look through the win­dow
I don’t see the sun
Only the dark clouds shif­ting
Dark tall trees swaying
Noisy birds gli­ding on boughs

I don’t see the sun’s rays
pene­tra­ting that­ched roofs
woo­den win­dows, cra­cked clay-walls
Only the mist cover the glasses
A tear of water-dro­plets
Gliding down the glass

I lis­ten — a gentle wind
Leaves flut­ter, boughs sway
Awakening memo­ries of Africa
The savan­nah grass­land
The wet black woods

I lis­ten, and there is no noise
Of chil­dren, of women at the river
Of oxen at the farm
Of women sel­ling at the mar­ket
It is a gra­veyard, no exis­tence

I look yon­der to see the smoke
From that­ched roofs
Only the tiled concrete roofs
Touch the sky
Quiet, still
It is as though no exis­tence
Of life

Below the river mean­ders, slow­ly
Down to the city of Liege
No one is making a swim
No one is fishing, taking bath
It is as though life has never been

I don’t see the cow-dun­ged fields
The mud­dy roads, wet paths
I don’t see the vil­lage oral poets
Plucking at their obo­ka­no
Ekeng’iring’iri
I see the emp­ti­ness of space

 

Seuls les arbres oscil­lent
(un matin à Liège, Belgique, en octobre 2012)

 

Je regarde par la fenêtre
Je ne vois pas le soleil
Seuls des nuages sombres passent
De grands arbres noirs oscil­lent
Des oiseaux criards glissent sur les branches

Je ne vois pas les rayons du soleil
Transpercer les toits de chaume
Les fenêtres en bois, les murs de glaise fen­dillée
Seule la buée couvre les vitres
Une larme ras­semble les gou­te­lettes d’eau
Et glisse sur le verre

J’écoute – une légère brise
Fait fré­mir les feuilles, les fron­dai­sons oscil­lent
Réveillant des sou­ve­nirs d’Afrique
Les hautes herbes de la savane
Les forêts noires mouillées

J’écoute et il n’y a pas de bruits
D’enfants ni de femmes à la rivière
De boeufs à la ferme
De femmes aux étals du mar­ché
C’est un cime­tière sans vie

Je regarde au loin pour voir la fumée
Des toits de chaume
Seuls des toits en ciment revê­tus de tuiles
Touchent le ciel
Silencieux, immo­biles
C’est comme s’il n’y avait aucun signe
De vie

En bas le fleuve coule len­te­ment
Jusqu’à la ville de Liège
Personne n’y nage
Nul n’y pêche ou ne s’y baigne
Comme si la vie n’avait jamais été

Je ne vois pas les champs cou­verts de bouses
Les routes boueuses, les sen­tiers mouillés
Je ne vois pas les poètes conteurs du vil­lage
Pincer les cordes de leur obo­ka­no
Ekeng’ring‘iri
Je vois le vide de l’espace

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