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Michael Harper, paroles en archipel

Par | 2018-05-21T11:17:32+00:00 27 octobre 2014|Catégories : Chroniques|

Paroles en archipel

 

Présentation de la poé­sie de Michael S. Harper et tra­duc­tions

par

Alice-Catherine Carls

 

Né en 1938, Michael S. Harper est aujourd'hui le doyen des poètes afro-amé­ri­cains. Professeur de lit­té­ra­ture à Brown University de 1970 jusqu’en 2014, Michael S. Harper fut le pre­mier Poète-lau­réat de l’État de Rhode Island (1988 – 1993). Il s’est vu décer­ner de nom­breux prix de poé­sie dont le Prix de Poésie Robert Hayden (1990) et le Prix Clayborne Pell Award pour les Arts (1997). Il a publié seize recueils de poé­sie, édi­té plu­sieurs volumes de poé­sie afro-amé­ri­caine et gra­vé plu­sieurs CDs accom­pa­gnant la lec­ture de ses oeuvres de com­men­taires. On doit citer ici son pre­mier recueil, Dear John, Dear Coltrane (1970), puis History is Your Own Heartbeat (1971) qui reçut le Prix de poé­sie de l’Académie Noire des Arts et Lettres, Images of Kin (1977), qui reçut le Prix Melville-Cane de la Société Américaine de Poésie, puis son der­nier recueil Use Trouble (2009).

Son éru­di­tion est immense, son humour féroce. Il parle haut et il dérange conven­tions et pré­ju­gés. Son voyage au centre de lui-même est vieux de deux cents ans : escla­va­gisme, lyn­chages, pen­dai­sons, pau­vre­té des ghet­tos qui flambent, cycles de migra­tions sud-nord-sud, racisme, et exclu­sion. La créa­tion naît de l'adversité et de la dou­leur, le vivace triomphe et les dépasse. L'oeuvre de Michael S. Harper est un lieu de ras­sem­ble­ment et de célé­bra­tion de l' héri­tage noir. Elle trans­met tous les savoirs reçus en fusion­nant tra­di­tion et inno­va­tion, en don­nant un récit auto­bio­gra­phique esthé­tique et orga­nique insé­pa­rable de son sup­port cultu­rel et en constant deve­nir. Le poème est ain­si la sur-végé­ta­tion du visible.

La musique mili­tante de Michael Harper, ryth­mée par une souf­france et une téna­ci­té ances­trales, se com­plète de la parole tel­lu­rienne des poètes, peintres, et artistes noirs du monde entier. Ainsi, dans les poèmes ci-des­sous, parle-t-il de la chan­teuse sud-afri­caine Miriam Makeba, du “roi du swing” Benny Goodman, de “Pres,” le saxo­pho­niste  Lester Young, et de “Lady,” la chan­teuse Billie Holliday. “Strange fruit” est une chan­son qui parle de la pen­dai­son publique des Noirs aux arbres, pra­tique qui com­men­ça après la Guerre Civile et conti­nua jusque dans les années 1960, pen­dant la lutte des Noirs pour les Droits Civils. Les “Projets” font réfé­rence aux HLM, quar­tiers noirs urbains construits dans les années 1960, et qui devinrent de véri­tables ghet­tos. Yaddo est une retraite pour artistes près de Saratoga Springs dans l’État de New York. Le réseau lit­té­raire de Michael Harper a sa matrice dans l' "Athènes du Midwest," l'université d'Iowa où depuis 75 ans des sémi­naires d'écriture ras­semblent poètes et écri­vains.

Le poème “Arpèges," pro­vient du volume Healing Song for the Inner Ear (1985), p. 68. Le poème “Dans les Projets” qui fait par­tie de la série “Débridement” a paru en ligne sur le site The Poetry Foundation le 10 novembre 2013 http://​www​.poe​try​foun​da​tion​.org/​p​o​e​m​/​1​7​1​559  (p. 3). Les autres poèmes sont inédits. 

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Martine Morillon-Carreau

Martine Morillon-Carreau est née à Nantes en 1948. Après des études de droit elle part vivre aux Antilles pen­dant 8 ans. Revenue à Nantes en 1978, elle y a ensei­gné en tant qu’agrégée de lettres jusqu’en 2008. Elle est pré­si­dente de Poésie sur tout et rédac­trice de la revue 7 à dire et col­la­bo­ra­trice des édi­tions Sac à mots.

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