> La poésie de Joanna Pollakowna.

La poésie de Joanna Pollakowna.

Par | 2018-05-25T18:51:07+00:00 26 avril 2014|Catégories : Blog|

 

Joanna Pollakówna (1er juin 1939 – 28 juin 2002)

 

Varsovienne de nais­sance, Joanna Pollakówna gran­dit entre deux parents poètes et let­trés. Après un doc­to­rat en Histoire de l’art de l’Université de Varsovie en 1970, elle publia huit études sur des peintres polo­nais de la pre­mière moi­tié du ving­tième siècle et de la Renaissance, s’intéressant plus par­ti­cu­liè­re­ment à l’oeuvre lit­té­raire d’artistes tels Józef Czapski et Tytus Czyżewski. Elle publia ses pre­miers poèmes en 1958 dans la revue “Nowa Kultura.” Ses douze recueils de poèmes viennent d’être regrou­pés dans leur inté­gra­li­té dans le volume Wiersze zebrane [Poèmes ras­sem­blés] publié sous la direc­tion de l’historien de la lit­té­ra­ture Jan Zieliński par l’Institut de Mikołów en 2012.
 

Joanna Pollakówna reçut le Prix de la Fondation Kościelski (1976), le Prix de la Fondation Alfred Jurzykowski (1992), le Prix Sęp Szarzyński (1993), le Prix du Club des Libraires de Varsovie et le Prix Czesław Miłosz (1994), et le Prix de la Fondation de la Culture (2000). Son oeuvre est l’une des grandes voix clas­siques de la fin du ving­tième siècle, acces­sible pour la pre­mière fois au public fran­co­phone à l’occasion de la confé­rence “Analyse, trans­po­si­tion, sur­prise. Les visages de Joanna Pollakówna” qui se dérou­le­ra à Varsovie, à l’Université Stefan Wyszyński, en mai 2014.
 

D’une fac­ture assez libre, les vers de Joanna Pollakówna sont tis­sés sobre­ment. Leur forte cohé­sion ryth­mique montre des rimes internes autant qu’externes for­ti­fiées par la répé­ti­tion de syl­labes ; son verbe s’appuie sou­vent sur des images et idées en contre­point et fait alter­ner la dou­ceur mélo­dieuse du lyrisme ou de la mélan­co­lie, mon­trant la conci­sion qua­si-chi­rur­gi­cale du déses­poir ou de l’extase, et fai­sant alter­ner néo­lo­gismes et mots rares avec le lan­gage de tous les jours. Sa poé­sie n’en finit pas d’explorer toutes sortes de coins et recoins de l’âme et de l’univers. Voyageant à che­val sur la terre, lan­çant des rayons cos­miques, per­due dans l’univers des insectes ou plon­gée dans les détails d’un tableau de la Renaissance, elle bâtit autour du lec­teur une vaste cathé­drale d’émotions, et de vécu. Et sur­tout, elle exhorte le lec­teur à repen­ser des notions exis­ten­tielles essen­tielles en les lui ren­dant acces­sible par l’innocente sim­pli­ci­té de sa démarche poé­tique.
 

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Martine Morillon-Carreau

Martine Morillon-Carreau est née à Nantes en 1948. Après des études de droit elle part vivre aux Antilles pen­dant 8 ans. Revenue à Nantes en 1978, elle y a ensei­gné en tant qu’agrégée de lettres jusqu’en 2008. Elle est pré­si­dente de Poésie sur tout et rédac­trice de la revue 7 à dire et col­la­bo­ra­trice des édi­tions Sac à mots.

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