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Marzanna Bogumila Kielar

Par |2019-06-05T05:33:57+01:00 4 juin 2019|Catégories : Essais & Chroniques, Marzanna Bogumila Kielar|

Présen­ta­tion de l’oeuvre de Marzanna Bogumila Kielar

Avec Navigations, Marzenna Kielar nous donne son sixième volume de poésie, après un silence de douze ans. Son début poé­tique en 1992 fut cou­ron­né par lesPrix Kościels­ki et Kazimiera Iłłakowiczówna en 1993. Depuis, elle a été nom­mée et a reçu de nom­breux prix inter­na­tio­naux et a été tra­duite en vingt-trois langues dont le tchèque, macé­do­nien, hébreu, sué­dois, et fran­çais.

Quatre choix de poèmes ont paru sous forme de livre en alle­mand, bul­gare, slo­vène, et anglais amé­ri­cain (Salt Monody en 2006 dans la tra­duc­tion d’Elżbieta Wójcik-Leese) ; bien­tôt deux autres vont paraitre en Serbie et en République tchèque. Ses poèmes figurent dans qua­rante antho­lo­gies à tra­vers le monde. Ses voyages et séjours lit­té­raires aux Etats-Unis, en Scandinavie, et en Asie, sont fré­quents. Formée aux huma­ni­tés, elle enseigne la phi­lo­so­phie à Varsovie. Née à Goldap sur les terres de l’ancienne Prusse orien­tale, en Mazurie, pays des lacs proche de la Baltique, elle gran­dit dans un pay­sage post-alle­mand nor­dique, d’où l’échiquier de la deuxième guerre mon­diale avait délo­gé Allemands et Mazuriens au pro­fit des Polonais et des Ukrainiens chas­sés des confins de l’est. Peut-être est-ce de là que vient sa pré­oc­cu­pa­tion de savoir com­ment habi­ter un espace et le faire sien ? Son sou­ci de se rap­pro­cher de la terre dans ce qu’elle a de plus durable, sa géo­lo­gie ?

Marzanna Bogumiła Kielar. Nawigacje. (Navigations),
Wydawnictwo ZNAK. 2018. 48 p. ISBN 978-83-240-5359-9.

Ce court volume a la den­si­té du basalte des terres nor­diques qui sont impri­mées dans l’âme de la poète. Navigations, accla­mé par la cri­tique, est sous-ten­du par une médi­ta­tion sur les débuts du monde et porte en lui la res­pi­ra­tion d’un silence phi­lo­so­phique et vision­naire aux échos médié­vaux et encore plus anciens. Remontant jusqu’à l’ère pré­cam­brienne, la poète se met à l’écoute du temps. Le pré­sent n’intervient que dans cette lignée, dis­cret, dépouillé de tout ce qui n’est pas sym­bole immé­mo­rial. Parmi les thèmes prin­ci­paux appa­raissent le cou­rage du père, l’amour, un éro­tisme sub­til, dés­in­car­né, la mort, la nais­sance, et l’exploration de la soli­tude que portent ces pay­sages nor­diques. L’aune de notre temps est confron­tée à une échelle tel­le­ment vaste que le non-essen­tiel s’efface. Pour cette poé­sie mini­ma­liste, les mots sont choi­sis avec un soin extrême pour leurs nuances et leur pré­ci­sion ; leur poids fait qu’il faut les lais­ser sédi­men­ter en soi. Dans cette poé­sie aus­tère, les deux prin­ci­pales cou­leurs sont le gris (dans toutes les nuances de la pierre) et le vert (dans toutes les nuances du feuillage), avec des éclats de joie, de cou­leurs, et de sons qui font un contraste sai­sis­sant. Ce lan­gage poé­tique pur et pré­cis a été com­pa­ré par la cri­tique amé­ri­caine à celui de la roman­cière Karen Blixen, mieux connue sous son nom de plume, Isak Dinesen.

Marzanna Kielar est obser­va­trice, tout comme Elizabeth Bishop et Julia Hartwig aux­quelles elle com­pare sou­vent sa poé­sie – béquillage que la qua­li­té et l’originalité de sa poé­sie rendent quelque peu inutile. Toutefois, sa poé­sie n’est pas nar­ra­tive ; les scènes qu’elle décrit sont de brèves vignettes, des jux­ta­po­si­tions de micro-scènes vécues avec inten­si­té et vues avec pré­ci­sion. Ces scènes s’inscrivent dans la généa­lo­gie du monde qui est le thème uni­fi­ca­teur de toute sa poé­sie. Elle se penche par­ti­cu­liè­re­ment sur le mys­tère des choses pla­cées entre dés­in­té­gra­tion et uni­fi­ca­tion. Pour cela, elle a pui­sé aux sources de l’existentialisme à tra­vers Paul Celan, Constantin Cavafy, Yehuda Amichai, Eugène Montale et Tomas Tranströmer, qu’elle consi­dère ses men­tors.

Marzanna Kielar parle de l’humain à l’écoute du miné­ral et du végé­tal. Elle jux­ta­pose ces mondes et leurs réa­li­tés, fai­sant pas­ser le lec­teur d’une dimen­sion à une autre à tra­vers un tiret ou une vir­gule ; ces dis­con­ti­nui­tés exis­taient déjà dans la lit­té­ra­ture polo­naise d’avant-guerre, notam­ment la poé­sie d’Aleksander Wat et la prose vision­naire de Bruno Schulz. Navigations parle de pay­sages faits d’arbres et d’eau, de la fra­gi­li­té de toute chose et de l’effacement des fron­tières entre humains et ani­maux, entre ani­maux et nature. Les élé­ments s’interpénètrent, aux corps morts poussent des racines, nous deve­nons tous pous­sière géné­ra­trice de vie nou­velle. La poète dit tout ce qui s’écoule une fois fran­chies les portes divi­sant la vie et la mort. Elle uti­lise un vers libre de lon­gueur variable et des strophes inégales, comme pour mieux ryth­mer les conso­nances internes de sa pen­sée. La musique, réfé­rence fré­quente sous forme de chants d’oiseaux et de mélo­dies contra­pun­tiques, ren­force l’intensité de l’univers fer­mé des poèmes. Fréquemment, les poèmes s’achèvent sans ponc­tua­tion, comme  à mi-pen­sée ou à mi-phrase comme pour mieux lais­ser le lec­teur aux aguets.

 

Marzanna Kielar, Salt mono­dy, Translated by
Elzbieta Wojcik-Leese, Zephyr Press ; Bilingual
edi­tion (20 April 2006), 128 pages

Les poèmes ci-des­sous sont repro­duits avec la gra­cieuse per­mis­sion de leur auteur, que nous tenons à remer­cier de sa géné­ro­si­té et sa confiance.

 

Navigations

1.

La colombe posée sur la cor­niche du bâti­ment d’en face s’est envo­lée
avant que la feuille d’érable n’atterrisse sur le para­pet.

La lune illu­mine les nuages bas, traque les tomettes
du par­king,
mord le feuillage mou, les noeuds et entre-noeuds des heures.

 

2.

Les cornes de brume mugissent. La mort a déplié ses cartes
sur la table de navi­ga­tion,
elle prend ses repères.

Ici, dans un détroit d’hôpital, ton corps, fra­gile esquif,
dépasse l’iceberg.

Tu vogues avec un com­pas en panne, tu te diriges
à l’aveuglette.

Des frag­ments d’icebergs montent de l’horizon qui hier se décou­pait
dou­ce­ment du ciel,
son long cré­pus­cule cha­toyant sous le soleil cou­chant ; ter­gi­ver­sa­tions
de glo­bules rouges.

La glace qui tra­verse l’eau et la nuit ignore notre pré­sence.
Cela lui est égal de nous écra­ser ou de nous libé­rer.
Glace inerte venue d’autres lati­tudes, silen­cieuse, imper­cep­tible,
accor­dée au pouls de la nuit qui refroi­dit.

Début du champ sans rivages.

S’il y avait du vent, on pour­rait tenir le cap – aller avec le vent vers la rive
où fleu­rit la vie et où les fau­bourgs embaument les feuilles brû­lées,
où pulse un halo de lumière.

S’il y avait du vent – divin ali­zé des jours ouverts –
nous irions avec son souffle,
vaillam­ment, tels des héros mythiques.

S’il y avait du vent
et des oiseaux et la terre ferme

 

Marée montante

Ici ne poussent ni racines d’arbre, ni cou­ver­ture de saxi­frages verts,
ni cara­pace de mousse.

Vous seules exis­tez – altières colonnes, bas­tions en pro­mon­toire,
chaires de basalte bri­sées – roches en lutte meur­trière avec l’océan.

Vous sem­blez éter­nelles,
comme si la mort expi­rait en vous et à tra­vers vous
dans les anneaux du res­sac.

Comme si la mort, vorace comme le sel, ne pou­vait
impo­ser la fuga­ci­té en choi­sis­sant à loi­sir d’un nid
son butin prin­ta­nier : les heures où croît la lumiere, où s’ouvre le creux des vagues,
et où brillent les mots
et les pois­sons.

Elle se mesure à son ombre. Rapidité de cour­sier.
Elle se com­pose, se ramasse
et atteint son but. Elle s’enivre de son élan.

Elle emporte la mai­son et le jar­din cou­vert de char­dons duve­teux, elle noie
la joie d’une hiron­delle diurne. Encore, la ter­rasse ambrée de l’été
se couvre de chèvre­feuille. Le café fume encore et per­sonne n’a balayé les miettes
de la nappe, et voi­ci que tout près elle
infuse de sang le rideau de nuages et anéan­tit le monde
dans la ronde des cycles immé­mo­riaux.

Son pouce tend la corde
de l’arc d’essai — témoins indif­fé­rents : les muscles des mains et des épaules ; monte
la marée rouge

 

Sonnet pour mon père

Tu bais­sais la poupe au ras de l’eau, diri­grant la proue de la barque
vers le gou­let entre les lacs. De loin nous voyions les embar­ca­tions
y tour­ner en rond, bal­lot­tées par le vent.
Le canal vide brillait.

Lorsque nous arri­vâmes, l’énergie du vent nous arrê­ta, les oiseaux et nous.
Le vent avait fait son nid ici et le défen­dait – il nous fouet­tait d’une aile d’airain
de plus en plus puis­sante.

Il frap­pait comme un noroît.

Tu négo­cias lon­gue­ment avec le haut bou­clier des vagues sou­mises
à son aveu­gle­ment – gagnant par vire­voltes et arcs
quelques dizaines de mètres à chaque retour,
pen­ché sur le gou­ver­nail – à l’écoute de toi-même et des élé­ments.

Et le vent nous lais­sa pas­ser.

Nous débou­châmes dans le lac plane.
Corniche gothique de mes jours – cette cou­leur dorée du ciel
cré­pus­cu­laire, et l’ample calme de l’eau.

La nuit mon­ta der­rière l’écheveau des col­lines proches, puis sa noire froi­dure
mit le cap droit sur nous –

 

Exercices de non-existence

La brume arri­va par vagues, ici minces, là épaisses,
jusqu’à nous cou­per la vue. Effacés. Le jar­din par­tit pour plu­sieurs heures.
La brume fer­ma la porte à la réa­li­té.

Voici, la vapeur s’éclaire et dévoile les lisses contre­forts des col­lines
et la bour­gade. Coupées de la terre, les tiges de fleurs sau­vages s’alignent
sous la clô­ture de planches lasu­rées.
Des oiseaux aux ailes grises tour­noient et s’appellent

sur le sar­co­phage maré­ca­geux de cette jour­née d’automne,
pleine de feuilles pour­ris­santes, de tiges lisses de dah­lia et de tour­ne­sol.

Les routes entrec­cou­pées reviennent. Maisons aux murs lisses sans cor­niches ni
détails, toi­tures souf­flées comme des cas­quettes.

Rêves exhu­més.
Nous aus­si reve­nons – au même endroit – dans un pré­sent sans fin.

 

Synchronisme

Bonne grim­peuse, agile acro­bate, petit loir,
tu occupes un vieux nid d’oiseau ou d’écureuil. Astucieuse,
tu peux dans les cre­vasses du rocher ou dans l’arbre
t’en construire un – de mousse, de poils, et de plumes.

Adroite et rapide – petits mam­mi­fères, oisillons, lézards
sont ton fes­tin jour­na­lier.

Avec eux et la chouette qui te regarde depuis la branche
du haut peu­plier,
nous for­mons un sys­teme fer­mé.

Les boucles de l’heure car­nas­sière se pré­parent.

La chouette s’élance, déploie ses ailes,
quelqu’un ins­pecte la ville comme un mon­ti­cule d’herbes.

 

La matière sombre

Étoilée, elle tra­verse nos corps qui lui sont invi­sibles.
S’infiltre dans la pierre de la ville, dans
l’immobilité hiver­nale du ciel et les lumi­neuses
heures de décembre, quand tu me cueilles comme du miel d’hiver
sur la ruche du lit.

Ses rets cachés dans les­quels brillent les galaxies
sont comme un sque­lette d’érable effeuillé dans lequel, tran­sis de givre,

en boule, les nids de pie
reflètent le soleil.

 

 

Post Tenebras

Dans le jar­din vide, un buis­son de for­sy­thia
vorace fleu­rit et flambe d’un feu jaune sur le gazon gri­saille
à l’orée de mars.

À l’entour, un glos­saire effeuillé de vieilles plantes rai­dies. Muets
le sor­bier et le cognas­sier regardent cet embra­se­ment. Remuent en silence
les branches du pru­nier nu, les lèvres
du hêtre rouge –

comme si tout le lan­gage tra­vaillait à don­ner un sens
à un seul mot, quelque part

au-delà de la parole.

Décortiqué du froid mati­nal, le mot sor­ti de terre brille
d’une cri­nière dorée dans laquelle se nichent les moi­neaux.

 

 

 

X X X

Les mots du poème sont comme l’eau
qui s’épaissit en nuage, tombe en pluie, en neige,
s’élève en rosée.

Elle atteint les eaux sou­ter­raines qui ali­mentent les sucs de l’arbre.

Elle se vapo­rise sur les feuilles du vieil aulne et pro­longe sa vie.

Il suf­fit que les mots du poème, comme l’eau, réflé­chissent tout ce qui est.
Tout ce qui s’éloigne pour se trans­for­mer
en une chose plus grande.

Alors une brume légère
dévoi­le­ra les contours d’un autre conti­nent. Le ciel propre et pro­fond,
sans écueils ni haut-fonds, gui­de­ra vers le rivage.

Puisse-t-il y avoir dans les poèmes un peu de res­sac,
des jeux de lumière et d’ombre au fond de l’eau, nos corps lumi­neux
nageant sous les écailles scin­tillantes de la baie.

À la fin, les eaux ras­sem­blées en rivières revien­dront aux mers
dont nous sommes issus.

Dont elles s’évaporèrent, lais­sant le sel

 

Contrepoint

Toute la mati­née un merle chante la joie de sa durée

le chant saute de branche en branche, brille
sur les feuilles débar­bouillées, part en pèle­ri­nage avec l’eau du ruis­seau
tel une lumière dans l’ombre froide.

Le merle chante comme s’il avait oublié qu’il chan­tait
comme si cou­lait en lui l’immensité du ciel d’orient,
tout ce qui vit, tout ce qui pousse.

Puis dans les petits muscles du larynx qui sculptent le chant
entrent d’autres registres, d’autres tons – éper­vier qui s’envole avec sa proie
arra­chée à l’eau, madriers en dérive d’une ville englou­tie.

Étagée, la mélo­die de l’oiseau se penche sur un pré­ci­pice.
Sur une matière en flux constant, ce qui nous rap­pelle
que toutes les pra­tiques sont éphé­mères.

Alors, rien ne cache le chant de l’extérieur.

 

Les amants

Côte à côte depuis des mil­lé­naires
nous crois­sons comme des racines de sapin, pour que se crée
un lien vivant.

Lame à double tran­chant.

Enlacés l’un dans l’autre
comme ces amants néo­li­thiques de la ban­lieue de Mantoue
dans l’étreinte
de leur suaire de pierre,
en terre comme au lit, quand un rayon de soleil ouvre la chambre par la fenêtre.

Nos lèvres sont dans un filet d’air.
Dans la fente où s’entr’ouvre la ban­quise du temps.

Nos dieux mour­ront.
Les cha­pe­lets de causes et d’actions issus de nos pen­sées se bri­se­ront.
Toutes nos oeuvres ces­se­ront d’exister.
Les mots s’achèveront, revien­dra le silence.
Le silence va par­ler.

Nous sommes
le vide qui a besoin de forme pour appa­raitre.

Libérés de la mort, nos yeux devien­dront soleil et brille­ront.
Libérées de la mort, nos haleines devien­dront le vent.

 

 

Présentation de l’auteur

Marzanna Bogumila Kielar

Marzanna Bogumila Kielar est une poé­tesse polo­naise née 8 février 1963 à Goldap en Pologne. Elle a reçu le prix lit­té­raire de la fon­da­tion Koscielski.

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Alice-Catherine Carls

Formée en Sorbonne aux lettres et civi­li­sa­tions alle­mande et polo­naise, titu­laire d’un Doctorat d’Histoire des Relations Internationales de Paris I, Alice-Catherine Carls est actuel­le­ment Tom Elam Distinguished Professor of History à l’Université de Tennessee à Martin où elle enseigne depuis 1992 l’Histoire mon­diale, euro­péenne, et contem­po­raine. Elle col­la­bore régu­li­re­ment et/​ou fait par­tie du comi­té de rédac­tion de plu­sieurs revues et est membre du jury du Cénacle euro­péen de Poésie, Arts, et Lettres. Elle par­tage ses acti­vi­tés entre la recherche his­to­rique, les tra­duc­tions lit­té­raires (du polo­nais et de l’anglais amé­ri­cain en fran­çais et du polo­nais et du fran­çais en anglais amé­ri­cain), et les articles de cri­tique lit­té­raire. Elle a été publiée en polo­nais, alle­mand, anglais, et fran­çais ; en Hongrie, Pologne, Allemagne, Suisse, France, Belgique, et aux Etats-Unis.

Ses livres com­portent une étude his­to­rique sur la Ville Libre de Dantzig en 1938-1939, et une his­toire de l’Europe au XXème siècle, Europe from War to War, 1914-1918 (Routledge, 2018). Elle col­la­bore régu­liè­re­re­ment aux revues “World Literature Today,” “Poésie Première,” “Le Journal des Poètes,” et « Recours au Poème. » Elle a fait connaître en fran­çais la poé­sie de nom­breux poètes amé­ri­cains, amé­rin­diens, et polo­nais, dont Stuart Dybek, Marilou Awiakta, Charles Wright, et Ren Powell. Elle a publié plu­sieurs volumes de tra­duc­tions en fran­çais (Stephen D. Carls, Józef Wittlin, Joanna Pollakówna, Anna Frajlich, Jan Kochanowski, et Aleksander Wat), et a intro­duit aux Etats-Unis l’oeuvre de Claude Michel Cluny, Maria Maïlat, Hélène Dorion, et Marc Alyn.