> Ecrire en situation mauricienne : l’obscurcissement de la perspective ontologique

Ecrire en situation mauricienne : l’obscurcissement de la perspective ontologique

Par |2018-08-14T18:17:52+00:00 17 mai 2013|Catégories : Essais|

 

Être auteur à l’île Maurice, c’est écrire sur l’envers de la carte pos­tale d’une île que l’on s’efforce encore de nom­mer « Paradis ». C’est ten­ter d’exercer l’art libé­ra­toire qu’est la poé­sie dans « cette ligue de nations où la guerre des pré­ju­gés est endé­mique et atroce, sur­tout pour ce qui est du pré­ju­gé de cou­leur » comme le disait déjà Malcolm de Chazal dans Petrusmok en 1951.

Mais de Chazal écri­vait en situa­tion colo­niale, tan­dis que l’île Maurice moderne, après 45 ans d’indépendance, reven­dique une construc­tion natio­nale bâtie sur le slo­gan de l’« uni­té dans la diver­si­té », autour d’un idéal inter­cul­tu­rel. Mais comme le sou­ligne Françoise Lionnet, « île para­di­siaque et accueillante aux tou­ristes, nation arc-en-ciel, pays cos­mo­po­lite où des cultures diverses se côtoient et se res­pectent, répu­blique plu­ri­cul­tu­relle et mul­ti­con­fes­sion­nelle où règne l’harmonie : voi­ci en effet l’image de marque, même si la réa­li­té sociale au quo­ti­dien ne s’y conforme pas »[i].

Malgré l’interculturalité valo­ri­sée par le modèle natio­nal, une grande majo­ri­té d’auteurs mau­ri­ciens dénoncent dans leurs écrits les effets per­vers de cette coha­bi­ta­tion des cultures, pour­tant offi­ciel­le­ment pré­sen­tée comme réus­sie. Les œuvres de figures contem­po­raines de la lit­té­ra­ture mau­ri­cienne comme Ananda Devi, Natacha Appanah, Carl de Souza sont tra­ver­sées, voire satu­rées de la ten­sion insup­por­table que repré­sen­te­rait la coha­bi­ta­tion avec « l’autre »[ii].

Pas si sûr, pour­tant, que le pré­ju­gé de cou­leur soit le réel pro­blème de l’île Maurice contem­po­raine, du point de vue de l’écriture en tout cas. Il serait même plu­tôt l’arbre qui cache la forêt.

La vio­lence sociale est certes liée, en par­tie du moins, au poids des normes eth­niques pré­gnantes au sein de chaque groupe et qui enferment l’individu dans le car­can de la com­mu­nau­té. Elle s’exprime en par­ti­cu­lier dans les inter­dits sur le mariage inter­eth­nique, décrits notam­ment dans Pagli d’Ananda Devi ou Blue Bay Palace de Natacha Appanah, où « l’identification à sa com­mu­nau­té (…) est repré­sen­tée comme une des sources majeures de la vio­lence »[iii]. En dehors des épi­sodes de vio­lence inter­eth­nique telle que décrits dans Les jours Kaya, de Carl de Souza, en réfé­rence aux émeutes de 1999, la carac­té­ris­tique de cette vio­lence socio-eth­nique est d’être silen­cieuse et inté­rio­ri­sée.

Joseph Tsang Mang Kin, écri­vain et ancien ministre de la Culture, sou­ligne le para­doxe d’une situa­tion mau­ri­cienne où le sou­ci pous­sé à l’extrême de ne pas frois­ser l’autre donne lieu à un poli­ti­que­ment – voire à un reli­gieu­se­ment – cor­rect : « Chaque com­mu­nau­té connaît la place qui lui revient et les limites à ne pas fran­chir (…) Nous savons com­ment nous com­por­ter et évi­ter d’offenser nos com­pa­triotes et les res­pec­ter quelques soient leurs croyances et non croyances. »

Ce politiquement/​religieusement cor­rect ren­ferme un énorme poten­tiel de vio­lence, qui se déve­loppe de manière insi­dieuse. « Depuis quelques décen­nies, nous avons décou­vert une nou­velle forme de vio­lence. Elle n’est pas phy­sique. Elle est invi­sible, et pour­tant bien réelle. Elle humi­lie. Elle vous prive de votre digni­té (…) Bien sûr, elle ne verse pas de sang. Mais elle est là : invi­sible, vicieuse, insa­tiable ». Mais ce que ne dit pas Joseph Tsang Mang Kin, c’est que cette vio­lence silen­cieuse résulte non pas des ten­sions inter­groupes, mais plu­tôt d’un ver­rouillage des opi­nions, ver­rouillage exer­cé par le poli­tique et relayé par les asso­cia­tions dites « socio-cultu­relles », qui contrôlent et entendent faire res­pec­ter un ordre moral, garant d’une domi­na­tion poli­ti­co-eth­nique. Ces socio-cultu­rels, bap­ti­sés Voice of Hindu, Kranti ou autre Sanatan Dharma Temples Federation, pour ne citer que les plus média­tiques, se sont auto-pro­cla­més arbitres du res­pect d’un ordre eth­nique cloi­son­né, repo­sant sur une rela­tive cohé­sion des com­mu­nau­tés comme res­source de pou­voir pour les hommes poli­tiques, dans un sys­tème élec­to­ral fon­dé sur la repré­sen­ta­ti­vi­té eth­nique[iv].

Ce rôle de chiens de garde s’exerce en par­ti­cu­lier par une vigi­lance quant au res­pect des valeurs eth­ni­co-reli­gieuses. Profitant de l’immunité tacite que leur accordent les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs, ces asso­cia­tions socio-cultu­relles ont même fini par s’attribuer un rôle de gar­diens du law and order[v]. C’est ain­si que la cen­sure du roman de Lindsey Collen, The Rape of Sita, lors de sa paru­tion en 1995, sous la pres­sion de socio-cultu­rels hin­dous, pour motifs « reli­gieux », a fait date comme un exemple de cette vio­lence du « reli­gieu­se­ment cor­rect ». Plus récem­ment, on pour­ra citer l’autocensure exer­cée par l’équipe édi­to­riale de la revue de poé­sie Point Barre sur la publi­ca­tion de cer­tains poèmes dans son numé­ro 5 dédié au thème du sacré, en octobre 2008, dans la crainte de s’attirer les foudres de ces mêmes socio-cultu­rels.

Du coup, cette facette per­verse de la tolé­rance, qui consiste à adop­ter une atti­tude conci­liante pour ne pas être soup­çon­né d’exercer de pré­ju­gé (de cou­leur ou autre), engendre une culture de la peur qui n’est pas sans inci­dence sur l’écriture lit­té­raire. L’auteur mau­ri­cien, sachant qu’il existe deux pommes de dis­corde, la reli­gion et la poli­tique, choi­si­ra, comme le sou­ligne Joseph Tsang Mang Kin, d’éviter soi­gneu­se­ment ces sujets pour res­ter en bons termes avec tout le monde. 

On voit ain­si se déve­lop­per dans les ouvrages de fic­tion ou de poé­sie mau­ri­cienne, note Valérie Magdelaine, une poé­tique « déréa­li­sante », une fuite vers la fic­tion et dans laquelle « la poé­tique l’emport[e] sur le poli­tique » [vi]. Dans des œuvres qui s’attachent sur­tout à la « mise en marche d’une décons­truc­tion des décloi­son­ne­ments iden­ti­taires », l’écriture consti­tue un mode d’évasion indi­vi­duel pour leurs auteurs. Valérie Magdelaine montre les limites de telles ten­ta­tives décons­truc­tion­nistes : « Face à des dif­fi­cul­tés sociales qu’il n’arrive pas tou­jours à expri­mer, car elles pour­raient remettre pro­fon­dé­ment en cause les struc­tures d’un Etat jeune, le dis­cours mau­ri­cien tend fré­quem­ment à jus­ti­fier la réa­li­té insu­laire par l’expression tau­to­lo­gique de ses par­ti­cu­la­rismes. »

Dès lors, il semble bien que la vio­lence sociale décrite lit­té­rai­re­ment comme le pro­duit de l’identification com­mu­nau­taire[vii] ou du rap­port mal­ai­sé à l’autre[viii], soit donc en réa­li­té un pro­duit déri­vé du nœud gor­dien consti­tué par un modèle natio­nal faus­sé, nœud gor­dien que les œuvres lit­té­raires n’ont tou­jours pas réus­si à tran­cher. Modèle natio­nal faus­sé, parce que reven­di­quant une construc­tion natio­nale en per­pé­tuel deve­nir, s’appuyant sur le renou­vel­le­ment per­ma­nent des divi­sions eth­niques pour légi­ti­mer un dis­cours poli­tique prô­nant la réa­li­sa­tion ulté­rieure de l’unité. Il en résulte une iden­ti­té natio­nale mau­ri­cienne carac­té­ri­sée par un « cycle infi­ni de la frag­men­ta­tion pour pou­voir recréer l'unification » qui ver­rouille ce modèle natio­nal dans ses propres contra­dic­tions[ix] et cen­sure l’expression de ses remises en ques­tion[x].

De sorte qu’en se bor­nant à dénon­cer les vio­lences sociales liées à la coha­bi­ta­tion des cultures, sans pro­blé­ma­ti­ser leur rap­port avec l’ethnopolitique, – c’est-à-dire signa­lant le symp­tôme sans énon­cer la cause –, la lit­té­ra­ture mau­ri­cienne se contente de res­ter une « pein­ture-miroir de la socié­té », pour reprendre les termes de Bruno Jean-François et Evelyne Kee Mew [xi]. L’un des rares auteurs à avoir pro­blé­ma­ti­sé le pos­sible rôle du poli­tique et de l’Etat poli­cier dans cette vio­lence socio-eth­nique reste l’anglophone Lindsey Collen, notam­ment dans son roman The Malaria Man and her neigh­bours[xii]. Sinon, dans l’ensemble, « à l’île Maurice, un grand écri­vain est un écri­vain pas­sif », clament Bruno Cunniah et Shakuntala Boolell, qui émettent « des doutes quant à la vali­di­té du poten­tiel trans­gres­sif du champ de pro­duc­tion actuel »[xiii], carac­té­ri­sé essen­tiel­le­ment par des démarches lit­té­raires auto­cen­su­rées et qui se contentent « d’évoquer les bar­rières, à la limite les cri­ti­quer et tout cela avec l’approbation bien­veillante de l’ordre domi­nant sûr et cer­tain de l’emprise de son pou­voir » [xiv].

Cette langue lit­té­raire qui se contente d’euphémiser n’engage pas, ou n’engage plus de démarche de fon­da­tion, de ques­tion­ne­ment onto­lo­gique. L’espace de l’île inféo­dé au poli­tique n’est plus le lieu de l’ontogénèse. Alors que l’homme onto­lo­gique a été au cœur des pré­oc­cu­pa­tions des poètes d’avant l’indépendance comme Jean Fanchette, Jean Claude d’Avoine ou encore Malcom de Chazal, désor­mais la pro­blé­ma­tique eth­ni­co-natio­nale a obs­cur­ci la pers­pec­tive onto­lo­gique. Bruno Jean-François et Evelyne Kee Mwe observent dans les œuvres des auteurs mau­ri­ciens atta­chés à décrire la vio­lence sociale dévo­rant leur socié­té de l’intérieur, qu’il en résulte un « impos­sible ancrage dans l’espace insu­laire »[xv].

En effet, l’opération onto­lo­gique est celle d’une prise de sou­ve­rai­ne­té sur le monde, au sens où l’entendait Georges Bataille, à savoir l’action par laquelle « la pen­sée arrête le mou­ve­ment qui la subor­donne »[xvi], et se dégage de l’ordre utile pour affir­mer son auto­no­mie. L’auteur sou­ve­rain est ain­si « délié d’une ser­vi­tude dog­ma­tique »[xvii]. La pers­pec­tive n'est pas qu'individuelle, les enjeux sont bien sociaux[xviii]. L’enjeu d’une res­tau­ra­tion des pos­si­bi­li­tés d’une onto­gé­nèse serait de favo­ri­ser les condi­tions intel­lec­tuelles d’une mise en place d’« archi­tec­tures men­tales alter­na­tives », néces­saires pour ouvrir la voie vers « d'autres modes de pen­sée et d'autres orga­ni­sa­tions pos­sibles du monde que celles qu'on veut bien nous don­ner à voir »[xix].

Mais dans un espace social et men­tal satu­ré par le mode de pen­sée poli­tique et sa confis­ca­tion du dia­logue social[xx], qui ne laisse plus de place à l’intériorité, l’écrivain mau­ri­cien est condam­né à par­ti­ci­per de l’entropie col­lec­tive et au main­tien des cloi­son­ne­ments : « Il est une gamme d’écrivains consa­crés qui pro­fitent des liber­tés per­mises par l’ordre domi­nant et ses assises afin de concré­ti­ser de timides écarts de ce qui consti­tue la norme », observent Bruno Cunniah et Shakuntala Boolell[xxi].

Bertrand de Robillard, l’un des rares auteurs mau­ri­ciens à reven­di­quer une démarche onto­lo­gique, s’inscrit en faux contre toute pré­oc­cu­pa­tion d’interculturalité, une pro­blé­ma­tique qu’il récuse même. Dans cha­cun de ses deux romans, son per­son­nage prin­ci­pal doit lut­ter au cours de sa quête onto­lo­gique, explique-t-il, contre « l’envahissement des images exté­rieures qui pour­raient, en a-t-il l’intuition, prendre la place des images fon­da­trices et essen­tielles qui consti­tuent son être ». Tout se passe comme si onto­gé­nèse et obses­sion de l’interculturel étaient mutuel­le­ment incom­pa­tibles.

L’enjeu pour l’écrivain mau­ri­cien se situe­rait donc pré­ci­sé­ment à ce palier : res­ti­tuer les pos­si­bi­li­tés de l’exploration onto­lo­gique pour l’auteur, tout en affron­tant la néces­si­té de pro­blé­ma­ti­ser sa situa­tion face à un ordre eth­no­po­li­tique qui pré­co­nise ad nau­seam un inter­cul­tu­rel sté­ri­li­sant et entraî­nant tout dans son ver­tige.

 


[i] Françoise Lionnet, « Décalages his­to­riques : entre orien­ta­lisme et post­co­lo­nia­lisme », in Le su et l’incertain. Cosmopolitiques créoles de l’océan Indien, L’Atelier d’écriture, 2012, p. 17.

[ii] Bruno Jean-François et Evelyne Kee Mew, « La lit­té­ra­ture mau­ri­cienne contem­po­raine : pour une nou­velle poé­tique de l’insularité », Palabres, Vol. IX, n°2, 2010, p. 59. 

[iii] Bruno Jean-François, « Iles de vio­lence : l’insularité dans les lit­té­ra­tures fran­co­phones de l’océan Indien », in Identification de la vio­lence, Violence de l’identification, Paris, Éditions des Crépuscules, 2011, p. 100.

[iv] « De ce rôle de ciment joué par les asso­cia­tions socio-cultu­relles, dépend direc­te­ment la capa­ci­té des poli­ti­ciens à s’assurer que les élec­teurs conti­nue­ront de voter sui­vant le fac­teur eth­nique ». Catherine Boudet, « Groupes socio-cultu­rels, la mon­tée en puis­sance », Pages mau­ri­ciennes. Chroniques jour­na­lis­tiques de l’île Maurice, Paris, Edilivre, 2013, pp. 95-99.

[v] Ibid.

[vi] Valérie Magdelaine, « Une mise en scène de la diver­si­té lin­guis­tique : com­ment la lit­té­ra­ture fran­co­phone mau­ri­cienne se dis­so­cie-t-elle des nou­velles normes antillaises ? », Glottopol n°3, jan­vier 2004, pp. 142-165.

[vii] Bruno Jean-François, Op. cit., p. 100.

[viii] Bruno Jean-François et Evelyne Kee Mew, Op. cit., p. 59.

[ix] Catherine Boudet, « Identité natio­nale, le ser­pent qui se mord la queue », Le Mauricien du 27 sep­tembre 2012. http://www.lemauricien.com/article/l%E2%80%99invitee-du-forum-%E2%80%94-identite-nationale-serpent-qui-se-mord-la-queue.

[x] Notamment par un dis­cours qui les taxe d’antipatriotiques.

[xi] Bruno Jean-François et Evelyne Kee Mew, Op. cit., p. 59. 

[xii] Catherine Boudet, « The Malaria man and her neigh­bours : plon­geon dans l’histoire du com­bat ouvrier », Impact du 13 août 2010. http://​www​.scribd​.com/​d​o​c​/​1​3​2​0​7​7​3​1​5​/​T​h​e​-​M​a​l​a​r​i​a​-​M​a​n​-​a​n​d​-​h​e​r​-​n​e​i​g​h​b​o​u​r​s​-​p​l​o​n​g​e​o​n​-​d​a​n​s​-​l​-​h​i​s​t​o​i​r​e​-​d​u​-​c​o​m​b​a​t​-​o​u​v​r​ier.

[xiii] Bruno Cunniah et Shakuntala Boolell, Fonction et Représentation de la Mauricienne dans le dis­cours lit­té­raire, Rose-Hill, Mauritius Printing Specialists, 2000, p. 238.

[xiv] Ibid., p. 69.

[xv] Bruno Jean-François et Evelyne Kee Mew, Op. cit., p. 69.

[xvi] Georges Bataille, cité par Olivier Capparos, « Puissance et sou­ve­rai­ne­té », Lampe-tem­pête n°2, mars 2007, http://​www​.lampe​-tem​pete​.fr/​p​u​i​s​s​a​n​c​e​b​a​t​a​i​l​l​e​.​htm.

[xvii] Ibid.

[xviii] Catherine Boudet, « La res­pon­sa­bi­li­té sociale de l'auteur », Le Mauricien du 29 jan­vier 2013. http://www.lemauricien.com/article/la-responsabilite-sociale-l%E2%80%99auteur.

[xix] Ibid.

[xx] Pour le poète mau­ri­cien Sedley Assonne, « il y a une petite mino­ri­té de Mauriciens qui ont volé la parole à Maurice et acces­soi­re­ment, cette petite mino­ri­té se trouve être les poli­ti­ciens ». Table-ronde du 27 octobre 2011 à L’Atelier lit­té­raire de Port-Louis (île Maurice), sur le thème « Mo-Mots-Maux ». http://​cbou​det974​.over​-blog​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​a​-​p​r​i​s​e​-​d​e​-​l​a​-​p​a​r​o​l​e​-​e​s​t​-​u​n​-​a​c​t​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​8​8​4​3​3​9​8​8​.​h​tml.

[xxi] Bruno Cunniah et Shakuntala Boolell, Op. cit., p. 237.

 

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