Une émotion particulière émane du dernier recueil de Gérard Bocholier. Un écho en tout cas, qui résonne dans l’âme du lecteur, longtemps après qu’il ait refermé le livre. Certes, les commensaux de la poésie de cet auteur, dont je suis, sont familiarisés de longue date avec la profondeur et la sensibilité discrète qui caractérisent son œuvre. Nous sommes néanmoins ici aux prises avec autre chose, qui nous emmène non plus loin mais au plus près de la réalité de la vie, et en particulier de son achèvement. Au fil des pages, le poète regarde défiler sa propre existence, qu’il confronte à la marche du temps et à l’ordre des choses, dans une sorte d’effacement conscient de lui-même. Jamais peut-être, chez Gérard Bocholier, l’acceptation de la finitude humaine n’a été à la fois aussi prégnante et apaisée. À travers ces Litanies de silence et Ces bonheurs restés en enfance, une confiance souveraine se fait jour. Une confiance dans une présence qui est là, à nos côtés depuis toujours, et dont les turpitudes du quotidien nous éloignent. Rien à voir, on l’aura compris, avec un quelconque prosélytisme confessionnel. Gérard Bocholier assume librement une foi ouverte qui accueille tout du monde pour nous aider à prendre place dans le mystère de la vie et de la mort. Mais, pour autant, notre destinée se résume à Serrer sous ses paupières / L’inaccessible. L’heure de la moisson annonce déjà les prochaines semailles. Au cœur de la nuit qui vient s’enracine l’aube du jour suivant. Pendant ce temps, la poésie chante en silence la vérité élémentaire de la vie. Chaque poème contient son lot de subtilités expressives et une finesse de ton jamais en défaut. Gérard Bocholier est ici à n’en pas douter au sommet de son art, en serviteur fidèle et éclairé de La Voix unique / qui enchante.

Gérard Bocholier, Semences de l’aube, préface de Jean-Pierre Lemaire, éditions Illador, 2025, 74 p, 16€.
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