La revue de lit­téra­ture Pos­si­bles, fondée et dirigée par Pierre Per­rin, entame un renou­veau. Elle aban­donne la vir­tu­al­ité de la toile pour renaître, trimestrielle­ment, sous forme de livre d’encre et de papier. 

Créée en 1975, ses numéros, suc­ces­sive­ment ronéotés puis imprimés parais­sent pen­dant 40 ans. Puis, à par­tir de 2015, ils sont pub­liés en ligne. Le con­cept : con­sécra­tion, révéla­tion, re-vis­i­ta­tion, recom­man­da­tion. Qua­tre auteurs sont présen­tés chaque mois au fil des soix­ante-deux numéros. Au total ce sont trois cents poètes qui fig­urent dans Pos­si­bles depuis sa création.

Mais d’où vient ce titre « Pos­si­bles » ? La réponse de Pierre Per­rin nous est don­née dans la qua­trième de cou­ver­ture : « Le titre Pos­si­bles sig­ni­fie que chaque poète pro­posé existe à la mesure de votre plaisir de lecture. »

Dans ce numéro, le plaisir est à la hau­teur des poètes choi­sis, poètes qui, pour repren­dre l’expression de Pierre Per­rin, « redescen­dent de l’internet au bon livre ». En effet, leurs poèmes sont parus en ligne entre octo­bre 2015 et févri­er 2021.

Pos­si­bles, revue de lit­téra­ture, N°23 — Mars 2022, 120 pages, 15€.

On peut y lire Jacques Réda, Jean Pérol, Annie Salager, Jean Orizet, Vénus Khoury-Gha­ta, Richard Rognet, Chloé Radiguet, Philippe Delaveau, Béa­trice Mar­chal, Jean-Pierre Siméon, Jeanne Ori­ent, Jean-Michel Maulpoix, Ève de Laudec, Jean-François Mathé, Colette Fournier, Jean-Yves Mas­son et Claire Boitel.Leurs poèmes, en vers et en prose, nous par­lent de sépa­ra­tion, d’absence, de vieil­lisse­ment, d’amour, de mort, de vie avec la mort, d’éternité. La quin­zaine de notes de lec­ture — écrites par Pierre Per­rin le plus sou­vent et sur les auteurs présents dans ce numéro — est intro­duite par Ris­quer un pied dans l’éternité, dédié à Jeanne Ori­ent (extrait d’une con­férence don­née en 2003).

Dans Ris­quer un pied dans l’éternité  il est ques­tion du pou­voir de l’écrivain, capa­ble  « d’ouvrir grand les portes de la prison », mais aus­si de la néces­sité pour lui de pub­li­er et d’être recon­nu par ses pairs, de ses mille raisons d’écrire, l’acte d’écriture étant « une com­mu­ni­ca­tion où l’on change moins autrui qu’on ne se trans­forme soi-même », de la façon dont il écrit : « l’écrivain appa­rait inspiré quand les mots atten­dus sont ceux qu’il n’attend pas », dans la voix d’encre de son mono­logue, l’écriture éclaire son âme dans sa soli­tude car l’écriture par­ticipe à la spir­i­tu­al­ité « il n’est pas ques­tion d’être dieu, ni d’encens, encore moins de gourou ; il s’agit d’une marche vers une lumière qui grandit en soi-même ».

Un chem­ine­ment, une quête qui habite tout poète, et qu’illustrent par­faite­ment ces mots de Béa­trice Mar­chal (page 47) : « – Il arrive que les mots per­me­t­tent de con­stru­ire des demeures – demeures de mots ani­mées par la joie, éclairées par l’être, ouvertes à l’esprit, qui abri­tent la vie néces­saire à la pléni­tude recher­chée.»1

 

Note

 

  1. Béa­trice Mar­chal, Un jour enfin l’accès, suivi de Pro­gres­sion jusqu’au cœur, L’herbe qui trem­ble, 2018.

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Irène Duboeuf

Irène Dubœuf est née à Saint-Eti­enne et vit dans la Drôme. Elle a pub­lié dans de nom­breuses revues et antholo­gies et est l’auteure des recueils Le pas de l’ombre, Encres vives 2008, La trace silen­cieuse, Voix d’encre 2010, (prix Amélie Murat, prix Marie Noël, prix Georges Riguet 2011) Trip­tyque de l’aube, Voix d’encre 2013, (Grand Prix de poésie de la Ville de Béziers) Roma, Encres vives 2015, Cen­dre lis­sée de vent, Unic­ité 2017, (final­iste du Prix des Trou­vères), Efface­ment des seuils, Unic­ité 2019, Un rivage qui embrase le jour, édi­tions du Cygne 2021 et de livres pau­vres pour la col­lec­tion Daniel Leuw­ers. Tra­duc­trice d’auteurs ital­iens, elle pub­lie Neige pen­sée du poète philosophe et cri­tique d’art Amedeo Anel­li (directeur de la revue inter­na­tionale Kamen’) aux édi­tions Ticinum (Ital­ie) en mars 2020 et L’Alphabet du monde aux édi­tions du Cygne (France) en juin 2020. En 2021 paraît, tou­jours aux édi­tions du Cygne, Kranken­haus suivi de Car­net hol­landais et autres inédits, du poète et cri­tique lit­téraire Lui­gi Carotenu­to. Elle col­la­bore avec les revues français­es « Terre à ciel », « Ter­res de femmes », « Recours au poème » et pub­lie en Ital­ie dans les revues Cor­so Italia 7, l’EstroVerso, Poeti e poe­sia, Malpe­lo, Le voci del­la luna etc. On peut l’en­ten­dre lire un de ses poèmes sur le site Poet­ry Sound Library de Gio­van­na Iorio https://poetrysoundlibrary.weebly.com/poets.html et des extraits de ses tra­duc­tions et de ses pro­pres pub­li­ca­tions notam­ment sur la chaîne Youtube du Pic­co­lo Pre­sidio Poet­i­co https://www.youtube.com/channel/UCs_qs3Z7lv-E8OwL6MsDUZg enreg­istrés lors du col­loque « La tra­duc­tion, hos­pi­tal­ité lin­guis­tique et dia­logue de cul­ture » (Tavaz­zano, le 24 octo­bre 2020) Site de l’auteur : http://www.irene-duboeuf.jimdofree.com