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trous

Par | 2018-06-19T20:06:58+00:00 24 avril 2014|Catégories : Blog|

 

Je me réveille par­fois dans des trous d'âme
qu'aucune méde­cine ne pour­rait pan­ser
ni le sexe ni la mort ne seraient conso­la­tion
alors je  cherche déses­pé­ré­ment le vent
et réso­lu­ment
m'avance dans les trous d'eaux

 

5 août 2012

TROUS

Par | 2018-06-19T20:06:58+00:00 10 mars 2013|Catégories : Blog|

 

Dans le sang froid du sans fond. Au sous-sol des nuances. Plus bas que le repaire de la langue, plus bas que les caves des mots, plus bas que les trous de la réa­li­té urgente. Ce n’est ni facile à com­prendre, ni beau, ni impos­sible, ni de la bible, ni du por­no, c’est plu­tôt bizarre et com­pli­qué (voyelles et consonnes moi­sies à tra­vers des sen­ti­ments et des mots inter­dits) : ensuite, d’autres com­pli­ca­tions : la lettre par­lée, les sons ampli­fiés, l’érection du cer­veau dans le trou de la langue.

Beaucoup de gens confondent le début d’une pen­sée  avec la fin d’un  mot. Au plus bas dans le sans fin. Plus bas que la fin, plus bas que le début. Ce n’est pas per­mis, mais ça per­met de vivre le contraire. Seul(e) à l’entrée de la… De la vie et de la mort des mots dans les cata­combes du dire.

Le mot se charge de la vie de la mort et de la mort de la vie. La vie des morts tire sur l’élastique du silence et ain­si de suite.

Beaucoup de gens frappent à la porte des mots avec une  image. Et à la porte des images avec un mot. Orateurs et ima­gistes, la mort les ras­semble tous, elle est une balayeuse méca­nique. Sauve qui peut !

Il y a un mot gran­de­let dans ma salive, qui se prend pour un sablier. Nuit et jour, du genre j’aime ce que je n’aime pas, je n’aime pas ce que j’aime, j’aime ce que je n’aime pas. Sable rem­plis­sant les trous des envies.

Au plus bas. Plus, plus bas que les gens vivants. Plus bas que les trous de la mémoire. Dans le plus bas. Des trous frou-frou, dan­ger et plai­sir, des trous d’interdictions, des trous de la soif de la faim de luxe de la peur de l’âge, trous de la couche d’ozone, trous du temps exa­gé­ré, trous des extrous.

Un indi­vi­du ou une famille d’individus a le droit de se creu­ser pen­dant la vie un trou et pen­dant la mort un autre, selon les règles bien connues de l’addition : 1+1=2, bien que cela ne fasse pas grand-chose. Le deuxième trou est un tom­beau dans lequel on laisse tom­ber un homme ou une femme ou leurs parents ou leurs enfants, et des larmes plus ou moins grosses, plus ou moins salées et des mots confor­mé­ment « à ».  La mort a du goût.

En tout cas (…).
Je passe d’un extrême à l’autre, telle l’extraction d’une dent sans l’anesthésie.

Des trous d’une mai­son à l’autre. Les trous simples et gris, des gens simples, gris. Ça dépend de ce qu’on veut faire ici.

Du point de vue de la mai­rie de ma ville natale, j’ai un trou enre­gis­tré, selon le modèle de tous les apparts de mon immeuble. L’addition de tous les trous voi­sins donne des infos sur les dépôts de vélos, dra­peaux natio­naux, bérets com­mu­nistes, papiers poli­tiques, por­traits de fas­cistes, confi­ture, consti­tu­tions, che­mises noires, cartes pos­tales , de la part du prince régnant, le bâtard P., de la part du neveu A., du bon roi M., exi­lés  tous en Suisse, den­telles rouges, rats et cafards raf­fi­nés, trous en ciment ou en terre, 2 x 2 = 4 m. Dans ces trous nul ne s’imagine l’espoir d’une lucarne. Ce qui compte c’est la petite porte, la clef à l’extérieur, dou­ce­ment vers l’enfer. Les autres consé­quences ne sont point valables si on n’a aucune clef, aucune poi­gnée. C’est vrai, la faute m’appartient, mais je ne regrette rien, j’y avance. Il y a des his­toires à ber­cer la mémoire et d’autres à la sti­mu­ler. Mots qui s’ouvrent et se ferment auto­ma­ti­que­ment et s’ouvrent une der­nière fois, pour.

Mémoire ? Tresse de trois femmes : ma mémé, moi, nous trois (mémé – moi – mémoire), un trou illé­gal, mémoire, mémère – maman – moi, pro­té­gées contre le mal, le mal­heur, le mal­fai­teur, au plu­riel mena­çant.

Je n’ai pas encore écrit mes mémoires, quoique j’en aie à revendre j’ai écrit des pam­phlets sur la sale­té des gens sans mémoire, mais au pou­voir poli­tique. Sur la crasse des capi­ta­lis­tes­com­mu­nis­tes­so­cia­listes, sur l’amour san­glant de la poli­tique avec les peuples, sur la pau­vre­té et les guerres des pays entre les­quels je vis.

Les trous de l’amour poli­tique. Ça méta­mor­phose Cupidon et inver­se­ment. La poli­tique est éro­tique. L’érotisme fait de la poli­tique, au moins entre deux organes au pou­voir de la petite socié­té. Toujours un truc à trouer, à intro­duire, à occu­per.

Enfoncer la mémoire affec­tive, bâtir autour du trou les nomi­na­tions du monde.

Je ne triche pas. C’est le temps qui troue et vide les mots. Je suis son image illé­gale, sans droit, loi, peuple, pré­sident, etc (…). Je suis une clan­des­tine, et le monde en sera fol­le­ment amou­reux.

Ce poème n’est pas encore clan­des­tin, mais celui qui attend dans mon ventre le sera. Un poème vit et cir­cule sans le poète, sans l’accord des gardes-fron­tière, sans amour, peur, dou­leur. La poé­sie c’est comme la pluie, elle fait ce qu’elle veut et autant qu’il fau­dra.

Je rêve à haute voix, en exi­lée. Quelque chose s’effiloche, se dis­sipe, s’épuise. C’est ma langue. On ne peut glo­ser sur une langue avec des expres­sions qui n’ont rien à voir avec, soit-elle la langue d’une mégère.

Ici et là, des amou­reux mor­cèlent des tranches de langue de bœuf. Vont-ils bouf­fer cette langue dépliée sur eux ? Ils ne la  mangent pas, ils la contemplent seule­ment. Affamé, le poè­me­chien leur montre ses crocs.

L’amour goûte à la folie de la mort, au lan­gage des morts, au (…). Mots d’amour, morts à cause des mots d’amour, dans le trou de la poé­sie le poème joue d’une femme nue et sage. Il lèche mes bles­sures, laisse sa salive s’égoutter dans mon sang, il s’arrange dans le trou, pousse vio­lem­ment mes formes à la sur­face et me lance en l’air. Ça donne des images à la Zola, mais ça va, dans chaque Zola se trouve un roman­tique sacri­fié.

Il y a assez de gens qui n’aiment plus, mais qui veulent être aimés. Tous leurs mots d’amour sont du « par­ler amer-aigre-doux ». Il pousse et fleu­rit dans les céré­mo­nies de la langue. Qui avec qui ? Qui à cause de qui ? Au plus bas. Plus bas que le « jamais vu ».

P.S. : Toute éga­li­té rend  libre la poé­sie.
Toute illé­ga­li­té ano­blit le mys­tère d’un poème !

 

 

 

TROUS

Par | 2018-06-19T20:06:58+00:00 26 octobre 2012|Catégories : Chroniques|

Dans le sang froid du sans fond. Au sous-sol des nuances. Plus bas que le repaire de la langue, plus bas que les caves des mots, plus bas que les trous de la réa­li­té urgente. Ce n’est ni facile à com­prendre, ni beau, ni impos­sible, ni de la bible, ni du por­no, c’est plu­tôt bizarre et com­pli­qué (voyelles et consonnes moi­sies à tra­vers des sen­ti­ments et des mots inter­dits) : ensuite, d’autres com­pli­ca­tions : la lettre par­lée, les sons ampli­fiés, l’érection du cer­veau dans le trou de la langue.

Beaucoup de gens confondent le début d’une pen­sée  avec la fin d’un  mot. Au plus bas dans le sans fin. Plus bas que la fin, plus bas que le début. Ce n’est pas per­mis, mais ça per­met de vivre le contraire. Seul(e) à l’entrée de la… De la vie et de la mort des mots dans les cata­combes du dire.

Le mot se charge de la vie de la mort et de la mort de la vie. La vie des morts tire sur l’élastique du silence et ain­si de suite.

Beaucoup de gens frappent à la porte des mots avec une  image. Et à la porte des images avec un mot. Orateurs et ima­gistes, la mort les ras­semble tous, elle est une balayeuse méca­nique. Sauve qui peut !

Il y a un mot gran­de­let dans ma salive, qui se prend pour un sablier. Nuit et jour, du genre j’aime ce que je n’aime pas, je n’aime pas ce que j’aime, j’aime ce que je n’aime pas. Sable rem­plis­sant les trous des envies.

Au plus bas. Plus, plus bas que les gens vivants. Plus bas que les trous de la mémoire. Dans le plus bas. Des trous frou-frou, dan­ger et plai­sir, des trous d’interdictions, des trous de la soif de la faim de luxe de la peur de l’âge, trous de la couche d’ozone, trous du temps exa­gé­ré, trous des extrous.

Un indi­vi­du ou une famille d’individus a le droit de se creu­ser pen­dant la vie un trou et pen­dant la mort un autre, selon les règles bien connues de l’addition : 1+1=2, bien que cela ne fasse pas grand-chose. Le deuxième trou est un tom­beau dans lequel on laisse tom­ber un homme ou une femme ou leurs parents ou leurs enfants, et des larmes plus ou moins grosses, plus ou moins salées et des mots confor­mé­ment « à ».  La mort a du goût.

En tout cas (…).

Je passe d’un extrême à l’autre, telle l’extraction d’une dent sans l’anesthésie.

Des trous d’une mai­son à l’autre. Les trous simples et gris, des gens simples, gris. Ça dépend de ce qu’on veut faire ici.

Du point de vue de la mai­rie de ma ville natale, j’ai un trou enre­gis­tré, selon le modèle de tous les apparts de mon immeuble. L’addition de tous les trous voi­sins donne des infos sur les dépôts de vélos, dra­peaux natio­naux, bérets com­mu­nistes, papiers poli­tiques, por­traits de fas­cistes, confi­ture, consti­tu­tions, che­mises noires, cartes pos­tales , de la part du prince régnant, le bâtard P., de la part du neveu A., du bon roi M., exi­lés  tous en Suisse, den­telles rouges, rats et cafards raf­fi­nés, trous en ciment ou en terre, 2 x 2 = 4 m. Dans ces trous nul ne s’imagine l’espoir d’une lucarne. Ce qui compte c’est la petite porte, la clef à l’extérieur, dou­ce­ment vers l’enfer. Les autres consé­quences ne sont point valables si on n’a aucune clef, aucune poi­gnée. C’est vrai, la faute m’appartient, mais je ne regrette rien, j’y avance. Il y a des his­toires à ber­cer la mémoire et d’autres à la sti­mu­ler. Mots qui s’ouvrent et se ferment auto­ma­ti­que­ment et s’ouvrent une der­nière fois, pour.

Mémoire ? Tresse de trois femmes : ma mémé, moi, nous trois (mémé – moi – mémoire), un trou illé­gal, mémoire, mémère – maman – moi, pro­té­gées contre le mal, le mal­heur, le mal­fai­teur, au plu­riel mena­çant.

Je n’ai pas encore écrit mes mémoires, quoique j’en aie à revendre) j’ai écrit des pam­phlets sur la sale­té des gens sans mémoire, mais au pou­voir poli­tique. Sur la crasse des capi­ta­lis­tes­com­mu­nis­tes­so­cia­listes, sur l’amour san­glant de la poli­tique avec les peuples, sur la pau­vre­té et les guerres des pays entre les­quels je vis.

Les trous de l’amour poli­tique. Ça méta­mor­phose Cupidon et inver­se­ment. La poli­tique est éro­tique. L’érotisme fait de la poli­tique, au moins entre deux organes au pou­voir de la petite socié­té. Toujours un truc à trouer, à intro­duire, à occu­per.

Enfoncer la mémoire affec­tive, bâtir autour du trou les nomi­na­tions du monde.

Je ne triche pas. C’est le temps qui troue et vide les mots. Je suis son image illé­gale, sans droit, loi, peuple, pré­sident, etc (…). Je suis une clan­des­tine, et le monde en sera fol­le­ment amou­reux.

Ce poème n’est pas encore clan­des­tin, mais celui qui attend dans mon ventre le sera. Un poème vit et cir­cule sans le poète, sans l’accord des gardes-fron­tière, sans amour, peur, dou­leur. La poé­sie c’est comme la pluie, elle fait ce qu’elle veut et autant qu’il fau­dra.

Je rêve à haute voix, en exi­lée. Quelque chose s’effiloche, se dis­sipe, s’épuise. C’est ma langue. On ne peut glo­ser sur une langue avec des expres­sions qui n’ont rien à voir avec, soit-elle la langue d’une mégère.

Ici et là, des amou­reux mor­cèlent des tranches de langue de bœuf. Vont-ils  bouf­fer cette langue dépliée sur eux ? Ils ne la  mangent pas, ils la contemplent seule­ment. Affamé, le poè­me­chien leur montre ses crocs.

L’amour goûte à la folie de la mort, au lan­gage des morts, au (…). Mots d’amour, morts à cause des mots d’amour, dans le trou de la poé­sie le poème joue d’une femme nue et sage. Il lèche mes bles­sures, laisse sa salive s’égoutter dans mon sang, il s’arrange dans le trou, pousse vio­lem­ment mes formes à la sur­face et me lance en l’air. Ça donne des images à la Zola, mais ça va, dans chaque Zola se trouve un roman­tique sacri­fié.

Il y a assez de gens qui n’aiment plus, mais qui veulent être aimés. Tous leurs mots d’amour sont du « par­ler amer-aigre-doux ». Il pousse et fleu­rit dans les céré­mo­nies de la langue. Qui avec qui ? Qui à cause de qui ? Au plus bas. Plus bas que le « jamais vu ».

 

P.S. : Toute éga­li­té rend  libre la poé­sie.
Toute illé­ga­li­té ano­blit le mys­tère d’un poème !

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