> De mots… à vous (8). Les Ricordi de Christophe Grossi : déboîtement des souvenirs

De mots… à vous (8). Les Ricordi de Christophe Grossi : déboîtement des souvenirs

Par | 2018-01-30T22:49:34+00:00 21 septembre 2015|Catégories : Essais|

 

Ricordi, de Christophe Grossi, est un livre dans lequel s’encastrent l’Italie et la Shoah. Répétée comme un man­tra 480 fois dans le livre (le même nombre que pour Je me sou­viens, de Georges Perec), la for­mule « Mi ricor­do », « je me sou­viens » (que l’on peut aus­si tra­duire par « mon sou­ve­nir ») relie le texte de Grossi à celui de Perec : la mémoire et ses enjeux se placent comme moteurs de l’écriture ici. Dans la constel­la­tion d’entrées de ce laby­rinthe, Grossi part sur les traces de l’Anton Voyl en lui, celui qui n’est pas là. On ne peut s’empêcher de pen­ser éga­le­ment à Primo Levi en lisant ces 480 « sou­ve­nirs » qui touchent à des thèmes aus­si impor­tants que la parole, l’oubli, la guerre, les langues, les rela­tions hommes-femmes, l’écriture, la fic­tion, la mémoire, les ori­gines, le men­songe, la famille, l’héritage, la résis­tance, la mort, la sur­vie, la folie, la véri­té. « Nous patau­geons dans le meurtre », a dit Hélène Cixous pour par­ler de l’écriture de l’indicible : écrire ce qu’il ne faut pas dire.

 

257. Mi ricor­do
ne veut pas dire je me sou­viens mais je vou­drais
ne plus oublier ou j’imagine des sou­ve­nirs ou tais-
toi : écris plu­tôt !

 

On pense aus­si aux pres­crip­tions de la Torah (les com­man­de­ments) : chaque entrée de Ricordi est une phrase, et les phrases sont des mish­pa­tim en hébreu – mish­pat est le terme hébraïque pour dési­gner la « phrase », mais aus­si la loi, et mish­pa­tim en est le plu­riel. Les Mishpatim sont éga­le­ment une por­tion de la Torah, la sixième par­tie du « Livre des noms », Sefer Shemot : l’Exode. Ricordi n’est pas un recueil de pré­ceptes, son auteur cherche moins à ensei­gner qu’à ren­sei­gner, et à éclai­rer les zones d’ombre de son his­toire.

 

310. Mi ricor­do
de ceux qui ont fran­ci­sé leur nom ou leur
pré­nom, qui ont fait souche ailleurs qu’en
Italie.

 

Lui c’est il, peut-être fran­co-ita­lien, un homme entre rires et pleurs, dont la voix pro­nonce une sorte de mani­feste dans lequel se déploient et se déboîtent, dans une cas­cade de phrases se fai­sant écho, ses posi­tions par rap­port aux devoirs d’écriture et de mémoire. Sa voix est claire et directe mal­gré, ou sans doute grâce à, ces masques de tra­gé­die qu’il arbore, des­si­nés par le peintre Daniel Schlier pour Ricordi : des masques frap­pants, inquiets et inquié­tants, bouches ouvertes qui cherchent à dire, traits déli­mi­tant l’ossature d’une géo­gra­phie intime ébran­lée par la Shoah. On y voit même une Italie ica­resque, ren­ver­sée, tête en bas. Dans le der­nier des­sin se détache un pro­fil, men­ton posé sur un cadre au sein duquel sont écrits, en carac­tères hébraïques, les mots « shdé­rote has­side oumote ha’olame », bou­le­vard ou allée des Justes par­mi les nations, mots que l’on peut lire sur une stèle au Mémorial Yad Vashem, à Jérusalem, plaque qui a inau­gu­ré l’allée où sont plan­tés des arbres por­tant le nom de ces per­sonnes cou­ra­geuses qui ont sau­vé des Juifs durant la Seconde guerre mon­diale.

 

416. Mi ricor­do
qu’il res­pi­rait, man­geait et par­lait comme un
res­ca­pé qu’il n’était pour­tant pas.

 

Lui, il implore en fait d’oublier l’Histoire de l’Europe pour mieux se sou­ve­nir des his­toires minus­cules et com­munes, celles des Justes, mais aus­si celles de couples, de femmes et d’hommes fra­giles, de leurs familles et de leurs « Langhe mater­nelles » (ricor­do #3) : terre, héri­tage, « lingue », langues, au-delà de la « gram­maire faciste » (ricor­do #4), du « bégaie­ment » et des « fausses prières » (ricor­do #8). Perdre sa langue c’est perdre « le fil, le nord » (ricor­do #185). Lui, il les a per­dus.

 

246. Mi ricor­do
quand son père a ava­lé sa langue natale et
jeté la clef des Langhe mater­nelles dans un
lac avant de tra­ver­ser.

 

Quand il s’agit de « tom­ber » ou « fuir » (ricor­do #46), sou­vent on fuit, sans savoir qu’on conti­nue­ra à tom­ber dans l’exode, et que chaque chute troue­ra un peu plus la mémoire. Lui c’est peut-être l’auteur, qui prend figure à tra­vers la ful­gu­rance et la jus­tesse des intui­tions vers les­quelles ses recherches le mènent.

 

19. Mi ricor­do
d’un ven­dre­di où il en a eu assez de ne rien
savoir, où il a choi­si sa voie, la voix de la
fic­tion.

 

469. Mi ricor­do
que j’ai com­men­cé à écrire Mi ricor­do non
pas pour me sou­ve­nir mais parce que j’ai
déjà tout oublié.

 

Le texte de Ricordi et sa confi­gu­ra­tion esthé­tique ont été mani­fes­te­ment pen­sés, tra­vaillés, pour­tant, son cor­tège de vers ryth­més par les mots « Mi ricor­do » donne une impres­sion d’impulsion, de spon­ta­néi­té, de « notes grif­fon­nées à la déro­bée » (Primo Levi, Si c’est un homme), por­tées par le besoin urgent de vaincre la déshu­ma­ni­sa­tion et de rete­nir quelque chose de l’humanité. Primo Levi, dans sa pré­face à Si c’est un homme, a écrit, au sujet du carac­tère frag­men­taire de son livre, que « les cha­pitres en ont été rédi­gés non pas selon un dérou­le­ment logique, mais par ordre d’urgence » ; pré­face qu’il ter­mine par : « Il me semble inutile d’ajouter qu’aucun des faits n’y est inven­té » (Primo Levi, Turin, jan­vier 1947). Il sem­ble­rait que les Ricordi de Christophe Grossi révèlent ce sou­ci de clar­té cher à Levi. Nous n’avons pas affaire à un pêle-mêle hété­ro­clite et « dis­cu­table », mais à une suite qui tentent d’organiser et de domi­ner le chaos lais­sé par les guerres, en docu­men­tant ce qui n’est plus : une façon de se don­ner les ancres qui manquent.

 

375. Mi ricor­do
ne veut pas dire je me sou­viens mais je suis un
corps pro­je­té dans une his­toire de langue per­due ou
éteins la lumière et raconte.

 

Mi ricor­do ne dit pas qu’il se sou­vient. Mi ricor­do, pour Grossi, signi­fie « Je se sou­vient d’autres his­toires que la nôtre et de vies arra­chées au vide » (post­face à Ricordi). Sont donc égre­nés ici des ricor­di ou « sou­ve­nirs » qui ne sont peut-être ni per­son­nels, ni auto­bio­gra­phiques : vrais-faux-sou­ve­nirs déboî­tés for­mant le cha­pe­let de la quête des ori­gines per­dues, de « toutes les his­toires qui avaient tra­ver­sé son enfance » (ricor­do #277), remise en ques­tion essen­tielle de ce qui appa­rem­ment a été.

 

475. Mi ricor­do
que tout ce qu’il avait tant cher­ché et
ques­tion­né était devant lui cette fois :
désor­don­né, frag­men­taire et dis­cu­table.

 

Les alter­nances de code ren­con­trées dans ces sou­ve­nirs révèlent que les vocables rete­nus de la langue ita­lienne par sa mémoire à lui sont des élé­ments cou­rants, que tout le monde, en tou­riste – et les tou­ristes inclus : ceux qui se dis­tinguent par leur pays d’origine –, par­tage en croyant com­prendre. Et l’on ne peut s’empêcher de se rap­pe­ler que des cama­rades de Primo Levi – que l’incompréhension ren­dait fou à Auschwitz, alors qu’il pos­sé­dait des rudi­ments d’allemand grâce à la chi­mie – sont morts d’avoir mal com­pris ce qui leur avait été hur­lé dans une langue qui leur était étran­gère, pha­go­cy­tée par le nazisme.

 

20. Mi ricor­do
des Ciao ! et des Arrivederci !

 

Lui c’est « celui qui aurait pré­fé­ré ne jamais men­tir » (ricor­do #33), mais com­ment ne pas fabu­ler quand on est de « ceux qui ont per­du la mémoire de leurs ori­gines » (ricor­do #26), qui ne savent donc de leur pas­sé que ce que tout le monde sait, c’est-à-dire rien du tout ? Qui est lui ? Lui chi è ? L’homme à la « bouche de mytho­mane » (#ricor­do 306), « un faus­saire qui s’ignore » (ricor­do #322) et qui « a sou­vent eu l’impression qu’on par­lait d’un autre que lui quand on évo­quait son pas­sé » (ricor­do #261).

 

303. Mi ricor­do
que les sou­ve­nirs se déforment, déforment,
se reforment et que les mots s’adaptent,
adaptent, rangent, arrangent, dérangent.

 

Lui gît. Il est de ces amné­siques qui, leur nom ou celui de leur pays « sur le bout d’une autre langue » (ricor­do #8), sont atte­lés à l’absence. Heureusement pour nous, elle s’est révé­lée pour cer­tains d’entre eux être un ter­reau favo­rable à l’écriture et à la construc­tion d’une œuvre lit­té­raire. Sortir d’une peau qui n’est pas à sa taille, pour la sau­ver et retrou­ver sa propre mémoire… d’aède, de créa­teur. Ricordi semble dire que le voyage pour rega­gner les rives de sa propre véri­té passe ici par l’étoffement lit­té­raire.

 

215. Mi ricor­do
qu’aujourd’hui, parce que j’étais absent, il ne
me reste plus que cette pra­tique de faus­saire :
l’écriture.

 

Primo Levi – dou­ble­ment témoin puisqu’il était autant vic­time que témoin de la Shoah – raconte, dans Si c’est un homme, com­ment il a réci­té et tra­duit, d’absence en absence, à son cama­rade Jean Samuel alias Pikolo, des frag­ments de la Divine Comédie de Dante, extraits du « Chant d’Ulysse », dans lequel Ulysse exhorte son équi­page réti­cent à pour­suivre leur voyage : « Et c’est comme si moi aus­si j’entendais ces paroles pour la pre­mière fois : comme une son­ne­rie de trom­pettes, comme la voix de Dieu. L’espace d’un ins­tant, j’ai oublié qui je suis et où je suis. Pikolo me prie de répé­ter. Il est bon, Pikolo, il s’est ren­du compte qu’il est en train de me faire du bien ». La lit­té­ra­ture rend son sens à la vie. Les der­niers mots de Si c’est un homme disent : « Nous avons échan­gé de longues lettres et j’espère bien le revoir un jour ». L’écriture et la lit­té­ra­ture pos­sèdent le pou­voir magique de por­ter et de nour­rir l’espoir de vivre encore.

 

45. Mi ricor­do
de tout ce qu’il a vu et lu, de ce qu’on a pu
lui racon­ter et taire, de toutes ces vies qui
auraient pu être les leurs.

 

178. Mi ricor­do
de ceux qui ont dû s’inventer une famille
une fois les voyelles finales gom­mées.

Tous ces i, ces a, ces o, effa­cés, sol­dats fau­chés tou­jours trop jeunes par les guerres, dépor­tés qui « trébuche[nt] et roule[nt] dans la boue noire » (Si c’est un homme, Primo Levi). Les dis­pa­rus hantent la voix de Christophe Grossi, plu­riel de par son nom de famille lipo­gram­mique en E.

 

440. Mi ricor­do
qu’on finit tou­jours par ima­gi­ner, maquiller,
inven­to­rier, détour­ner, feindre, oublier, dire,
dres­ser des listes, écrire.

 

Ces verbes aident Christophe Grossi à tirer et à démê­ler les ficelles et les nœuds de la mémoire ; dans quel but ? Pour se fabri­quer une échelle de corde à laquelle s’accrocher, éven­tuel­le­ment y grim­per ? Se tra­cer une ligne à suivre, un che­min où poser ses pas ? Écrire se situe­rait alors entre le funam­bu­lisme et la cor­de­rie, ce serait un art de l’équilibre et de la tor­sion, art de la fila­ture des sou­ve­nirs qui ne nous appar­tiennent pas en propre, pour espé­rer se retrou­ver à la fin. Cixous parle de « tra­fic­tion­ner ». La seule façon de se les appro­prier serait de les recréer en les écri­vant, de les faire pas­ser par le corps, pour les créer soi, les faire sor­tir de soi, comme un enfan­te­ment. Écrire serait aus­si une forge où les sou­ve­nirs sont tra­vaillés, façon­nés, par néces­si­té, et avec luci­di­té, car la langue manque de fia­bi­li­té quand il s’agit de repré­sen­ter le réel.

 

376. Mi ricor­do
quand dans ses nuits blanches il se heur­tait
à des sil­houettes (par­fois à peine des
ombres) qui filaient sans mot dire.

 

Ces fan­tômes de sou­ve­nirs, ces formes éva­sives, sil­houettes éva­dées du pas­sé, « à peine des ombres » mais aus­si com­pactes que de lourds meubles de famille, muets, contre les­quels on bute dans l’obscurité, et « qui filaient sans mot dire » : filaient qui, filaient quoi ? Filaient en silence la trame de vies impos­sible à racon­ter parce que pas­sées sous silence jus­te­ment ? Transmettre les his­toires, c’est aus­si trans­mettre la vie, et ça, Christophe Grossi le sait. Ricordi est un livre impor­tant car il révèle ce che­mi­ne­ment en apnée et à tâtons que tout écri­vain entre­prend dans les zones silen­cieuses de sa mémoire. Il res­semble au pense-bête que cer­tains d’entre nous pour­rions écrire durant la construc­tion d’un roman (d’ailleurs, l’intention pre­mière de Grossi avait été d’écrire un roman sur ses ori­gines fami­liales). Les perles impro­bables rame­nées de cette plon­gée n’existeraient pas sans le men­songe qui fait battre le cœur de l’écriture. Tout le monde sait que le men­songe et ses déri­vés – simu­la­tions, fables, sor­ti­lèges, his­toires, fards, illu­sions, mirages, rêves, pièges, délires, mys­ti­fi­ca­tions, erreurs, obs­cu­ri­té, fumée, magie, et vide – hante et fait vibrer les créa­tions lit­té­raires.

 

62. Mi ricor­do
quand il s’est fabri­qué une ascen­dance, une
vie par pro­cu­ra­tion : par peur du trou, du
trem­blé vide, du sus­pens trouble.

 

Jorge Semprun, dans sa pré­face au recueil poé­tique de Primo Levi, À une heure incer­taine (1984), lorsqu’il com­pare la poé­sie de ce der­nier à celle de Paul Celan, rap­pelle à plu­sieurs reprises un vers du poète alle­mand : « Wahr spricht, wer Schatten spricht », « dit le vrai qui dit l’ombre » (« celui dit vrai, qui parle d’ombre », tiré du poème « Toi aus­si parle », trad. : Gil Pressnitzer pour Esprits nomades). Semprun pré­cise aus­si que « le mot alle­mand pour poé­sie, Dichtung, est le sub­stan­tif de dich­ten, qui ne veut pas seule­ment dire écrire des vers, poé­ti­ser, mais aus­si épais­sir, conden­ser ».

 

378. Mi ricor­do
avoir com­men­cé à écrire ces ricor­di sans
savoir si un jour je serais père.

 

Christophe Grossi est aujourd’hui à la fois père d’enfants et d’enfantements, de lui-même et de ses textes, un écri­vain à part entière. Mentir comme écrire sont posés dans Ricordi comme étant néces­saires à la sur­vie, puisqu’ils sont des actes créa­teurs. Primo Levi l’avait com­pris. Le mot poé­sie ne dit rien d’autre, pro­ve­nant du grec poiê­sis et poiein : créa­tion, créer. Dans Lilith (1978), il loue le men­songe auprès de son fils : « De tout ce que tu viens de lire, tu pour­ras déduire que le men­songe est un péché pour les autres, et pour nous une ver­tu. Le men­songe ne fait qu’un avec notre métier : il convient que nous men­tions par la parole, par les yeux, par le sou­rire, par l’habit ». Ainsi, le témoi­gnage lit­té­raire ne prê­te­ra pas ser­ment d’allégeance à la lit­té­ra­ri­té : « Ce livre est plein de lit­té­ra­ture », dit Primo Levi dans un entre­tien (Primo Levi, Conversations et entre­tiens, 1963-1987). « Je pen­sais écrire l’histoire authen­tique de l'expérience du camp de concen­tra­tion, alors que, en réa­li­té, j’écrivais l'histoire de mon camp, et seule­ment du mien » (op. cit.). Imre Kertész est allé jusqu’à com­pa­rer l’écriture de son roman Être sans des­tin à une inven­tion d’Auschwitz (Imre Kertész, Dossier K, 2008).

 

121. Mi ricor­do
quand il disait qu’avouer est d’abord
racon­ter sa vision des choses, sa ver­sion :
c’est deve­nir le nar­ra­teur de sa propre
his­toire.

 

Où situer, alors, entre le lan­gage infec­té de men­songes (« la gram­maire fas­ciste », ricor­do #4) et le men­songe dans la lit­té­ra­ture, la démarche des Ricordi de Christophe Grossi ? Entre ceux qui, comme Primo Levi, mettent en doute le témoi­gnage, qu’ils consi­dèrent pour­tant comme une façon de prê­ter sa voix aux dis­pa­rus, et ceux qui mentent comme on lance un leurre, pour atti­rer le secret, ain­si que sa véri­té à soi, les faire remon­ter à la sur­face. Par consé­quent, face à la ques­tion de la mémoire en tant qu’entité tex­tuelle tra­gique, et aux ques­tions de témoi­gner ou non, de déter­rer ou non, de racon­ter ou non, de men­tir ou non, la seule réponse de Ricordi est le verbe, écrire.

 

414. Mi ricor­do
que la véri­té est tou­jours si pré­vi­sible que
rien ne vaut la fic­tion.

 

Sabine Huynh a publié chez Recours au Poème édi­teurs :

Avec vous ce jour-là. Lettre au poète Allen Ginsberg

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Sabine Huynh

Sabine Huynh est née à Saïgon en 1972 et a gran­di à Lyon, avant de par­tir vivre en Angleterre, aux États-Unis, en Israël et au Canada. Elle vit aujourd’hui à Tel Aviv. Après avoir été pro­fes­seur de langues et de lit­té­ra­ture fran­çaise, et avoir fait des études en sciences de l’éducation et en lit­té­ra­ture et lin­guis­tique anglaises, un doc­to­rat en lin­guis­tique à l’Université Hébraïque de Jérusalem (où elle a ensei­gné de 2002 à 2008), et un post-doc­to­rat en socio­lin­guis­tique à l’Université d’Ottawa, elle décide de se consa­crer entiè­re­ment à l’écriture (en anglais et en fran­çais) et à la tra­duc­tion lit­té­raire (prin­ci­pa­le­ment de l’anglais, l’hébreu et l’italien vers le fran­çais ; et poé­sie et textes en rap­port avec la Shoah – elle a tra­duit six livres, dont Des liens invi­sibles, ten­du /​ Taut, invi­sible threads, de Dara Barnat, publié en 2014 par Recours au poème édi­teurs, col­lec­tion Ailleur(s)). Son tra­vail a été publié dans de nom­breuses revues et antho­lo­gies.

Elle est co-auteure de l’anthologie poé­tique pas d’ici, pas d’ailleurs (avec Angèle Paoli, Aurélie Tourniaire et Andrée Lacelle, édi­tions Voix d’encre, 2012). 2013 voit la paru­tion de son roman La Mer et l’enfant (Galaade édi­tions), de son recueil de poèmes Les Colibris à recu­lons (contri­bu­tion gra­phique : Christine Delbecq, Eds. Voix d’encre), d’un recueil de poèmes écrit à quatre mains avec Roselyne Sibille, La Migration des papillons (Eds. La Porte), et du récit En taxi dans Jérusalem (édi­tions publie​.net, avec des pho­to­gra­phies d’Anne Collongues). En 2014 paraissent Tel Aviv/​ville infirme/​corps infi­ni, (édi­tions Voltije, poé­sie, avec des pein­tures d’André Jolivet. Texte seul repu­blié en 2014 aux édi­tions La Porte), et Avec vous ce jour-là/Lettre au poète Allen Ginsberg (Recours au poème édi­teurs, col­lec­tion L’Atelier du poème). En 2015 les édi­tions E-frac­tions publient son jour­nal La Sirène à la pou­belle, et les édi­tions Æncrages and Co. son recueil de poèmes Kvar lo (avec des encres de Caroline François-Rubino).

Collaboratrice régu­lière de la revue Recours au poème, (rubriques Chroniques – De mots à vous –, Essais et Revue des revues), elle contri­bue aus­si ou a contri­bué régu­liè­re­ment à la revue de poé­sie contem­po­raine Terre à ciel (diri­gée par Cécile Guivarch), à la revue de poé­sie et cri­tique lit­té­raire Terres de femmes (diri­gée par Angèle Paoli), à la revue inter­na­tio­nale de tra­duc­tion poé­tique TraduzioneTradizione (diri­gée par Claudia Azzola), à la revue de créa­tion lit­té­raire numé­rique d’ici là (diri­gée par Pierre Ménard), au jour­nal Jerusalem Post, et à la revue d’art contem­po­rain Inferno, pour laquelle elle s’occupait de la rubrique « Carnets de Tel Aviv », en tant que cor­res­pon­dante étran­gère (arts et spec­tacles).

Son site : presque dire

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