> Dominique Zinenberg : Fissures d’été,

Dominique Zinenberg : Fissures d’été,

Par | 2018-01-22T22:55:47+00:00 18 novembre 2015|Catégories : Critiques|

 

Dès le début du recueil la suc­ces­sion des haï­kus se carac­té­risent par une énu­mé­ra­tion de faits réels et poé­tiques, avec comme sujets ani­més le " tu " et " les amants ", qui orga­nise le récit jusqu'à sa conclu­sion. On se réjouit des apos­trophes atté­nuées – il en est d'ailleurs ain­si pour le lyrisme dans l'ensemble du texte – par le tra­vail déli­cat sur les sons. Avec leur aide les strophes sont trans­for­mées en autant d'appels sin­cères et chaque haï­ku est comme une perle d'un col­lier de larmes.

Rêves – c'est la nuit avec la pré­sence insis­tante de la lune -, sen­ti­ments et visions s'accumulent :

 

" Cela gît
Cela geint,
Ce sont des haï­kus "

 

Chacun d'eux, tel une touche de pein­ture sym­bo­liste, repré­sente, par exemple, l'enfant ou la mer.

Mais cette forme est aus­si le lieu de ques­tions avec leurs réponses impos­sibles. La briè­ve­té, en effet, se prête ici, en tous points, au doute.

S'ajoutent à la lune et à l'enfant encore d'autres récur­rences, celles de la men­diante et de l'effacement qui donnent au texte sa cohé­rence dans " l'été finis­sant ". Et, quand s'éloigne cette sai­son trop chaude et dou­lou­reuse, meurt alors l'inspiration.

Après Fissures d'été, deux autres volets opèrent quelques fan­tai­sies dans la ver­si­fi­ca­tion mais les strophes encore brèves res­tent au ser­vice de l'émotion à trans­mettre. Dans le pre­mier, En che­min, la nature est le cadre apai­sant à la fois de l'attente et d'un pas­sé qui sur­git sous forme de " lam­beaux ". Les bles­sures anciennes font hési­ter la des­crip­tion entre " char­dons " et " papillon ", entre nature pesante et nature adju­vante. Tout au long de cette marche sons et chants divers rythment " la louange de rien".

Puis, avec Passe-temps, vient l'espoir qu'exprime une incan­ta­tion à " l'année nou­velle " inter­rom­pue par des vers asser­tifs sur la beau­té comme " La beau­té s'est ouverte à minuit ". Alors peuvent, dans une cer­taine avi­di­té, s'éveiller tous les sens.

Il reste à dire, pour un recueil qui offre à son lec­teur un spec­tacle com­plet, la tra­ver­sée du pont jusqu'au prin­temps, la convo­ca­tion des élé­ments et l'échange des voix.

 

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France Burghelle Rey

France Burghelle Rey enseigne les lettres clas­siques. Elle est membre de l’Association des Amis de Jean Cocteau, du P.E.N. Club fran­çais.

La poé­sie semble bien son mode pri­vi­lé­gié d’expression car elle a tou­jours recher­ché la conci­sion et l’ellipse à la limite du silence.
Mais le besoin impé­ra­tif de musique, règle d’or, à son sens, de l’émotion poé­tique, explique la rédac­tion récente de ver­sets dans deux recueils inédits, Les Tesselles du jour et Patiences.

Textes parus et à paraître dans une ving­taine de revues.

Elle a écrit une dizaine de recueils dont 4 sont publiés chez Encres Vives, coll. Encres Blanches : Odyssée en double, La Fiancée du silence, L’Orpailleur, Le Bûcher du phé­nix, Lyre en double aux édi­tions Interventions à Haute voix, 2010 et Révolution chez La Porte,2013. Pour un texte du Chant de l’enfance, inédit, elle a obte­nu le prix Blaise Cendrars et pour L’Un contre l’autre, Gegenüber, a été fina­liste du prix Max-Pol Fouchet.

Elle col­la­bore avec des peintres et notam­ment avec Georges Badin pour des livres d’artistes.
http://​france​.bur​ghel​le​rey​.over​-blog​.com/#

Notes cri­tiques dans de nom­breuses revues comme Place de la Sorbonne, Lieux d’être, Cahiers du Sens, Terres de Femmes, Trace de poète, Littérales, Diérèse

Notes cri­tiques de France Burghelle Rey :

  • Cahiers du Sens :
    • Livre à deux Voix, Georges Badin, Aencrages & Co
    • Lointitude, Patricia Laranco
    • Conférence poé­tique au François Coppée dans le cadre des mer­cre­dis du poète : Sonnets de lieux mêlés, Laurent Desvoux
    • Le Grand silence, Gérard Pfister
  • Revue Diptyque :
    • L’Amour de M. Duras
  • Terres de femmes :
    • Un jour en équi­libre, Stella Vinitchi Radulescu, édi­tions du Cygne
  • Lieux d’être n° 52-53 :
    • Passant de la lumière, Béatrice Bonhomme-Villani, L’Arrière-Pays, 2008, 7 € 50
    • Journal aux yeux fer­més, Stella Vinitchi Radulescu
    • Naissances d’argile, Joëlle Pagès-Pindon, Frisson esthé­tique
    • Ce qui reste après l’oubli, Alain Duault
  • Lieux d’être : ( prin­temps 2011 ) :
    • La Neuvaine d’amour, Bruno Doucey, édi­tions de l’Amandier
  • Revue Place de la Sorbonne n°2 :
    • Le Silence des mots, Joëlle Gardes, édi­tions de l’Amandier
  • Site place de la Sorbonne :
    • L’eau trem­blante des sai­sons, Joëlle Gardes, édi­tions de l’Amandier
    • Rouge assoif­fée, antho­lo­gie de Claudine Bertrand, édi­tions Typo ( à paraître )
  • Diérèse n°62 :
    • Ode au recom­men­ce­ment, Jacques Ancet
  • Phoenix :
    • S’il existe un pays, Bruno Doucey