Le dernier recueil d’Hélène Dori­on occupe seize pages de qua­trains, à l’ex­cep­tion de deux ter­cets, en vers libres sur le papi­er aux bor­ds dévorés des édi­tions du Petit Flou. Toutes ces stro­phes ou presque expri­ment, au moyen de la répéti­tion du groupe ver­bal ” on voudrait “, un désir vio­lent qui, dans sa litanie, pren­dra finale­ment un sens encyclopédique.

Il s’ag­it, dans un pre­mier temps, de con­naître ” l’his­toire de l’u­nivers” et, à l’in­térieur du monde — fleuves, bateaux, ponts –, l’ami­tié elle-même mais égale­ment les mots et leur poésie comme  l’en­fant, grâce à son imag­i­na­tion, ” invente son aven­ture “. Au point que la vie réelle ou créée  ne fasse plus qu’une.

L’im­por­tant c’est que tout soit nom­mé, que la nature — le jour ou la nuit — et les élé­ments – sur terre ou sur mer – soient favor­ables et ” l’e­spérance encore pos­si­ble dans nos mains “.

Le leit­mo­tiv du désir revient jusqu’à la toute fin du livret. En effet, comme les mots eux-mêmes et leur expres­sion poé­tique, ce sen­ti­ment est ici illim­ité : ” des rêves / des rêves pour toute une vie “. Il s’é­tend à la pos­ses­sion du temps et de l’e­space et, cela, sans peur de l’im­per­fec­tion puisque ” on voudrait les remous incer­tains ” et ” le  vent qui lèche les regrets “.

” Tant de fleuves ” donc mais aus­si tant de choses, tant de solu­tions pos­si­bles avec la joie et la pureté qui ser­vent de mots-clés à la chute du texte.

 

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France Burghelle Rey

France Burghelle Rey est née à Paris, a enseigné les Let­tres clas­siques et vit actuelle­ment à Paris où elle écrit et pra­tique la cri­tique lit­téraire. Elle est mem­bre de l’As­so­ci­a­tion des Amis de Jean Cocteau et du P.E.N. Club français. Plus de cent textes parus dans de nom­breuses revues et antholo­gies ain­si que plus de cent notes cri­tiques ( Nou­velle Quin­zaine lit­téraire, Poez­ibao, Europe, Place de la Sor­bonne, CCP, Recours au poème, Tem­porel etc.). Elle a écrit une quin­zaine de recueils dont Lyre en dou­ble paru aux édi­tions Inter­ven­tions à Haute voix en 2010 puis chez La Porte Révo­lu­tion en 2013 suivi de Comme un chapitre d’His­toire en 2014 et de Révo­lu­tion II en 2016. Le Chant de l’en­fance (Un prix Blaise Cen­drars adultes) a été pub­lié aux édi­tions du Cygne en juil­let 2015, Petite antholo­gie, ( Con­fi­ance, Patiences et Les Tes­selles du jour ) chez Unic­ité en 2017 et Après la foudre chez Bleu d’en­cre en 2018. Les textes suiv­ants aug­men­tés de L’En­fant et le dra­peau (à paraître chez Vaga­mun­do), nais­sance rédemptrice d’un “ange” dans un monde en désolation,veulent exprimer l’ex­pres­sion d’une néces­saire présence au monde en souf­france. Elle com­mence en 2018 un réc­it poé­tique de genre hybride sur la “mai­son” et la joie qui va paraître en 2021 aux édi­tions Z4 sous le titre La Mai­son loin de la mer. L’un des ses romans, le pre­mier, L’Aven­ture, est pub­lié aux Édi­tions Unic­ité au print­emps 2018 Nou­veaux textes inédits : Instan­ta­nés puis Jardin, je me sou­viens. Paru­tion aux édi­tions Unic­ité en 2020 de Lieu en trois temps suivi de L’Un con­tre l’autre : Gegenüber, en finale nationale du prix Max-Pol Fouchet 2010 Elle a col­laboré avec des pein­tres (Georges Badin) et la graveur Hélène Baumel pour un cer­tain nom­bre de livres d’artistes. http://france.burghellerey.over-blog.com/# : Un blog de 30.000 pages de vues bio-bib­li­ogra­phie com­plète sur ce blog.