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Notre songe 1 à 4

Par |2018-08-19T17:51:07+00:00 4 avril 2016|Catégories : Chroniques|

 

En hom­mage au deve­nir, parce que pas­sé et pré­sent de la langue sont là en chaque ici et main­te­nant et demain, ces poèmes sont faits – prin­ci­pa­le­ment – de mots ayant trou­vé – beau – domi­cile dans l’ouvrage sui­vant :
Francesco Colonna, Le Songe de Poliphile [tra­duc­tion de Hypnerotomachia Poliphili], pré­sen­té par Albert-Marie Schmidt, Paris, Club des libraires de France, Les libraires asso­ciés, 1963 (repro­duc­tion en fac-simi­lé de l'édition de Paris, J. Kerver, 1546, parue sous le titre Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile).

°°°

notre Songe

1

 

 

Le poème le plus frêle
Devient une coque de marbre
Pour pro­té­ger un oiseau vivant

 

 

un silence :
plaine spa­cieuse

semée de fleurs
et de ver­dure

— — -

un arbre aimé

°°°

 

notre Songe

2

 

 

je trou­vay
une veine d'eau fraiche

sour­dant en une belle fon­taine
qui cou­loit par un petit ruys­seau

lequel deve­noit une rivière bruyante
à tra­vers les pierres

*

une fon­taine
sans fin

le ruis­seau
qui sor­toit de ceste fon­taine

cou­roit
entre deux haies de rosiers

assez basses
et enro­soit un beau champ

°°°

 


notre Songe

3

 

 

je trou­vay
une veine d’eau vive

claire et bouillon­nante
à plai­sir

qui se dépar­tait
en deux petitz ruys­seaux

cou­lans l’un à dextre
l’autre à senestre

*

gous­ter
de ceste eau doulce

je mey les deux genoux
en terre

sur le bord
de la fon­taine

et du creux de mes deux mains
je fey un vais­seau

°°°

 

notre Songe

4

 

je me jec­tay
des­sus l’herbe

au pied d’un chesne
fort antique

mes sou­ve­nirs :
entre ces frag­mens

estaient sor­tis
plu­sieurs plantes sau­vages

herbes et arbris­seaux
de maintes sortes

*

le che­val d’infelicité
dédié aux dieux ambi­guz

°°°

X