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Notre songe, 31-34 (fin)

Par | 2018-02-19T17:08:06+00:00 13 juillet 2016|Catégories : Chroniques|

 

notre Songe

31

 

tous nos ins­tants
ves­tuz

d’habitz de soye

*

nostre sou­pir
alloit vol­le­tant

pour le mou­ve­ment
qu’il fai­soit che­mi­ner

— —  —  —  —  —  —  — -

 

32

 

au mylieu du temple
de nos pen­sées 

est une danse de sou­pirs
qui n’a faulte

sinon de la parolle
tant sont bien contre­faicts

avec leurs habitz volans
de bonne grâce

*

nous vivons

— —  —  —  —  —  —  —  — -

 

33

 

le temps
estoit serain

le soleil clai­ret
adoul­cy d’un vent gra­cieux

tout y estoit
mer­veilleu­se­ment pai­sible
et en silence

*

des­cen­dons main­te­nant
et allons

à l’esbat
avec l’autre et mesme jar­din

— —  —  —  —  —  —  —  — -

 

34

 

alors nous ren­dismes
les pommes d’or

pleines de sen­teurs
les­quelles nous avions

tenues en nos mains

*

nous vivrons

 

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En hom­mage au deve­nir, et parce que pas­sé et pré­sent de la langue sont là en chaque ici et main­te­nant et demain, ces poèmes sont faits – prin­ci­pa­le­ment – de mots ayant trou­vé – beau – domi­cile dans l’ouvrage sui­vant :

Francesco Colonna, Le Songe de Poliphile [tra­duc­tion de Hypnerotomachia Poliphili], pré­sen­té par Albert-Marie Schmidt, Paris, Club des libraires de France, Les libraires asso­ciés, 1963 (repro­duc­tion en fac-simi­lé de l'édition de Paris, J. Kerver, 1546, parue sous le titre Hypnerotomachie ou Discours du songe de Poliphile).

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