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Barry Wallenstein, Tony’s blues

Par |2021-01-07T13:17:55+01:00 5 janvier 2021|Catégories : Barry Wallenstein, Critiques|

Tout est inso­lite dans ce minus­cule recueil de 12 cm sur 16,5 cm de l’éditeur « Pourquoi viens-tu si tard ? »

Seize poèmes de Barry Wallenstein sont sélec­tion­nés par la poète-tra­duc­trice Marilyne Bertoncini. Qui est donc ce Barry ? Un poète radi­cal amé­ri­cain spé­cia­li­sé dans la « dras­tique dis­lo­ca­tion ». Si radi­cal qu’on ne sait trop ce que Barry dis­loque, sans doute notre french vision du monde… Tous ses poèmes concernent un cer­tain Tony, un Américain mar­gi­nal. La tra­duc­tion de son périple est une prouesse réus­sie de jar­gon à jar­gon. Tony donc, je reprends, s’adresse à sa mère, à son père (un tra­vailleur des abat­toirs qui lui fait tra­ver­ser dans l’enfance « une rivière de sang »), à son créa­teur (His crea­tor) et tout le tin­touin. Il a ses pré­fé­rences à lui (dont fraises à la crème et bor­del) et sait « dif­fé­rer » son rêve. Son quo­ti­dien par­fois tein­té de fic­tion : le tailleur Squeaky  « fait des man­teaux /​ qui couvrent les crimes » et offre à Iris 0’ Fay « une robe » où il a « cou­su un sou­rire ».  Lu dans la langue ori­gi­nelle, ça rythme, ça pulse (mul­ti­pli­ca­tion des tirets longs de coupe pré­ser­vés dans la tra­duc­tion) comme un phra­sé de jazz.

Barry Wallenstein, Tony’s blues, poèmes choi­sis et tra­duits par Marilyne Bertoncini, gra­vures Hélène Bautista, 92 pages, Edition Pourquoi viens-tu si tard ? mars 2020, 10 €.

De fait, la lec­trice lit d’abord in ame­ri­can tous les poems by Barry avant d’accéder enfin à leur tra­duc­tion réus­sie. Découvrir ce gars US qui a le « mar­tel en tête » comme dirait la tra­duc­trice (Tony takes a ham­mer to his head) » n’est pas une mince affaire. « T’es un beau gros salaud de ta mère », tra­duit-elle pour un « slick /​ sick motha hub­ba ».  De poème en poème, on arrive au jour « où rien ne va plus », où tout merde en quelque sorte. Est-ce la veille du crime annon­cé dans le poème sui­vant. « Tony ras­semble tous les pos­sibles mar­gi­naux de la condi­tion humaine, pré­cise Chantal Dupuy-Dunier dans la post­face. Être poète en fait évi­dem­ment par­tie ». Comme il se voit lui-même, Tony est « un mar­cheur, un fon­ceur, /​ un sau­teur ». Si on le plonge dans l’eau, il nage­ra et si on le met KO, « il fera dodo ». Un bel esprit de contra­dic­tion, somme toute !

Les eaux-fortes en camaïeu aqua­tinte gri­sé, d’Helen Bautista inventent un per­son­nage soli­taire qui se fond dans la brume, s’endort sur son ombre ou se détriple au hasard des pages. Une éva­nes­cence opportune !

Présentation de l’auteur

Barry Wallenstein

Barry Wallenstein is the author of eight col­lec­tions of poe­try, the most recent being At the Surprise Hotel and Other Poems [Ridgeway Press, 2016] and Drastic Dislocations : New and Selected Poems [New York Quarterly Books, 2012].  His poe­try has appea­red in over 100 jour­nals, inclu­ding Ploughshares, The Nation, Centennial Review, and American Poetry Review. 

Among his awards are the Poetry Society of America’s Lyric Poetry Prize, (l985), and Pushcart Poetry Prize Nominations, 2010, 2011. He has had resident fel­low­ships at The Macdowell Colony, Hawthornden Castle in Scotland, Fundación Valparaiso in Spain and Casa Zia Lina on Elba, Italy.

A spe­cial inter­est is the pre­sen­ta­tion of poe­try rea­dings in col­la­bo­ra­tion with jazz.  He has made seven recor­dings of his poe­try with jazz, the most recent being Lucky These Days, to be relea­sed by Cadence Jazz Records in April 2012A pre­vious CD, Euphoria Ripens, was lis­ted among the “Best New Releases” in the jour­nal, All About Jazz (December 2008).

Barry is an Emeritus Professor of Literature and Creative Writing at the City University of New York and an edi­tor of the jour­nal, American Book Review.  In his capa­ci­ty as Professor of English at City College he foun­ded and direc­ted the Poetry Outreach Center, and for 35 years coor­di­na­ted the all-inclu­­sive city­wide Annual Spring Poetry Festival. He remains an active advi­sor and par­ti­ci­pant in the program.

Textes

Autres lec­tures

BARRY WALLENSTEIN

  Je connais Barry Wallenstein et j'ai le plai­sir de tra­duire ses poèmes depuis 2005 : j'enseignais alors à Menton, et je sou­hai­tais que mes élèves ren­contrent le poète, alors en rési­dence à [...]

Une sorte de bleu…

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Jane Hervé

Journaliste aux Nouvelles Littéraires, auteure de La femme de lune (édi­tions Gallimard), Née du chaos, et Le soleil ivre  (édi­tions du Guetteur). Co-auteure de  La femme tatouée et de Neige d’amour avec le peintre Michel Julliard et co-auteure de pièces de théâtre : La légende de Guritha, femme viking et de Guritha, le retour avec Danièle Saint-Bois. janeherve@​free.​fr - voir aus­si : http://​legue​de​lange​.over​-blog​.com/
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