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Regard sur la poésie native américaine : Sammie Bordeaux-Seeger : du poème au quilt, un seul fil.

Par |2020-11-06T04:16:26+01:00 6 novembre 2020|Catégories : Essais & Chroniques, Sammie Bordeaux-Seeger |

Sammie Bordeaux-Seegerest membre de la grande nation Sioux, et plus pré­ci­sé­ment Lakota Sicangu (Brûlé).

Elle a ensei­gné plus de 15 ans l’anglais à l’université Sinté Gleshka (Spotted Tail ou queue tache­tée, d’après le nom d’un lea­der bien connu s’étant oppo­sé à l’avancée des colons en ter­ri­toire Sioux) sur la réserve de Rosebud dans l’état du Dakota du sud et désor­mais elle se consacre à la fabri­ca­tion de « quilts » Indiens (de la cour­te­pointe tra­di­tion­nelle à la créa­tion d’art plas­tique) et à l’écriture. Elle a obte­nu un mas­ter d’écriture créa­tive de l’institut des arts amé­rin­diens de Santa Fé, éta­blis­se­ment qui forme tant de jeunes talents Indiens à diverses dis­ci­plines artis­tiques et dont sont issus de nou­velles géné­ra­tions d’artistes Indiens depuis quelques décen­nies. Rosebud en tant que ter­ri­toire Indien sou­ve­rain pos­sède sa propre uni­ver­si­té comme d’autres réserves Indiennes en pos­sèdent aus­si. Cela fait par­tie de la déter­mi­na­tion Indienne à conser­ver langues et cultures, à édu­quer selon les prin­cipes Indiens tour­nés vers le col­lec­tif au contraire du tout com­pé­ti­tif et de l’individualisme pra­ti­qués dans les uni­ver­si­tés amé­ri­caines.

La façon dont Sammie explique com­ment ensei­gner l’anglais, langue de l’envahisseur et du colon, aux étu­diants Indiens est très tou­chante. Il est en effet para­doxal pour un Indien d’enseigner la langue de l’oppresseur ! Mais dans un tel contexte, et pour rendre ser­vice à la com­mu­nau­té tri­bale, mieux vaut connaître la langue des colons plu­tôt qu’être à la mer­ci de paroles et de pro­messes jamais tenues. Aussi Sammie a-t-elle com­men­cé par faire lire les trai­tés signés avec l’armée et le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain au 19ième siècle qui res­tent effec­tifs et tou­jours en vigueur aujourd’hui. Ces trai­tés de Fort Laramie (1851 et 1868) furent signés afin de per­mettre l’accès aux blancs au bas­sin de la rivière White Powder dans le Wyoming et le Montana. Permission de simple pas­sage donc, en échange de soins médi­caux, d’écoles, de « loyers » pour le ter­ri­toire emprun­té, sans que les droits à la terre et à l’eau ne soient inter­dits aux Indiens « aus­si long­temps que l’herbe pous­se­rait ». Ceci pour encou­ra­ger les étu­diants à for­mu­ler des phrases cor­rectes et pré­cises, à les orga­ni­ser en essais avec tran­si­tions, thèses accom­pa­gnées de preuves. Sachant faire cela ils deviennent com­pé­tents et com­prennent le pro­cé­dé d’écriture comme de lec­ture cri­tique, qua­li­tés qui sont ensuite mises au ser­vice de leur com­mu­nau­té tri­bale.
Sammie Bordeaux s’inscrit dans ce mou­ve­ment de « sto­ry tel­ling ». Raconter une ou des his­toires comme on le fait tra­di­tion­nel­le­ment dans les cultures Indiennes. Les his­toires contiennent tout ce qu’il faut savoir et apprendre. Et chez les Indiens, pour les racon­ter ou les chan­ter, il faut par­fois plu­sieurs jours. Ces his­toires n’ont pas le carac­tère linéaire qu’on leur connaît dans la tra­di­tion occi­den­tale. Elles obéissent à la cir­cu­la­ri­té, à la logique des cycles. Ce type de nar­ra­tion per­met la répé­ti­tion, les diver­sions, des sauts dans le temps ce qui crée des élans, des rythmes, des éner­gies et une cer­taine inti­mi­té que les struc­tures occi­den­tales ne connaissent pas. Mais au sein de la nar­ra­tion à l’Indienne, il existe aus­si des mou­ve­ments linéaires qui auto­risent une approche plus émo­tion­nelle.

Il me sem­blait impor­tant de pré­sen­ter et com­men­ter un poème de Sammie Bordeaux qui, comme dans cer­tains textes de Joy Harjo ou de Louise Erdrich par exemple, brouille les calen­driers et confond pas­sé, pré­sent et futur. Le nar­ra­teur est dans un cime­tière qui appar­tient à un « blanc » mais pour­rait être ache­té par l’acteur Johny Depp. Des sacs plas­tique volètent au-des­sus de tombes de femmes et d’enfants Sioux Lakota mas­sa­crés par l’armée amé­ri­caine. L’une de ces tombes est celle d’un parent du nar­ra­teur. Le temps appa­raît ici comme un nœud fait de ce qui est arri­vé, arrive et pour­rait arri­ver, le tout pris entre tra­di­tion et « moder­ni­té », entre mémoire et futur, entre ancêtres et contem­po­rains, mais c’est exac­te­ment la façon dont il en a tou­jours été dans les socié­tés Indiennes. Le but ici n’est pas de tirer les larmes au lec­teur sub­mer­gé par la cruau­té des faits his­to­riques et la nos­tal­gie d’un « para­dis ter­restre » comme par­fois l’univers amé­rin­dien avant Colomb est décrit. Ce poème n’a pas le pou­voir magique de gué­ri­son facile et rapide, mais il invite chaque lec­teur-trice à faire face à sa propre vie, ses sou­ve­nirs, ses com­por­te­ments et les com­pli­ci­tés éta­blies avec telle ou telle per­sonne. De façon peut-être à se recon­naître une iden­ti­té, et par là savoir qui il-elle est afin de savoir com­ment vivre « bien dans sa peau ». 
Ce poème met aus­si en évi­dence le rap­port, le contraste, entre Indianité et « blan­chi­tude ». Il met aus­si en évi­dence la bois­son amère du deuil, du trau­ma­tisme (le café siro­té) édul­co­ré avec la cendre de ce qui est bru­lé pour accom­pa­gner prières et médi­ta­tions (sauge, sweet­grass, tabac). Mais dans un endroit aus­si char­gé que Wounded Knee, mal­gré l’automne et sa froi­dure, il est impos­sible d’avoir plai­sir à boire cette bois­son chaude, aus­si elle est ver­sée sur le sol. Peut-être s’agit-il d’une offrande aux morts.

Mais le poème ne s’appesantit pas sur cet état d’âme, aus­si­tôt l’humour mor­dant nous réveille avec l’absurde : Johnny Depp acqué­reur d’un ter­rain far­ci de cadavres. Humour tein­té de rage et de dou­leur bien enten­du, Johnny Depp arrive trop tard pour sau­ver les femmes et les enfants de leur vivant, et leurs fan­tômes ne sont pas à vendre ain­si que les Black Hills et tous les sites sacrés pour les Sioux, qui à ce jour refusent tou­jours l’argent pro­po­sé par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain depuis des siècles afin de les indem­ni­ser de la perte des lieux consi­dé­rés comme l’origine et le ber­ceau du peuple Sioux. « One doesn’t sell the earth the people walk upon » (on ne vend pas la terre sur laquelle le peuple marche) disait Tashunka Wikto (Crazy Horse). Conclusion : la terre leur a été volée, pas besoin de dégui­ser la réa­li­té avec une somme d’argent qui n’est que cache-honte ou mani­pu­la­tion afin de se don­ner un sem­blant de léga­li­té. 

 

The Report from Cankpe Opi Wakpala (Wounded Knee, October 18, 2014)

We tell sto­ries of people who ended up here.
Black Elk’s wagon went by two days later.
Charles Eastman was asked to come here.
Joe Marshall’s grand­pa came by a week later.
Big Foot’s wife, shot seven times, sur­vi­ved,
esca­ped from here. She made it to Rosebud.

I find the one grave that holds a rela­tive of mine.
His name in Lakota would be Cikala.
Sip my cof­fee and it tastes like grea­sy soup, wahum­pi.
It tastes like all the food at the end
of the night. It tastes like dead ani­mals
and brai­ded grass and ashy leaves
and tobac­co smoke.

I pour it out slow­ly, let­ting the ground absorb it.
It’s the Moon of Leaves Falling and the ‘Knee is fading.
Grass that was green a week ago is dying.
Plastic gro­ce­ry bags filled with emp­ty water bot­tles,
used toi­let paper, can­dy bar wrap­pers,
blow around this grave.

Oglalas come up from the hou­sing area
ask us where we’re from.
I tell them, “Rosebud,” and they move on.
Faintly I hear them tell the tou­rists sto­ries
of mas­sacre and occu­pa­tion.

Three good roads converge below this hill.
This is one of those places where people end up.
They’re lost in Oglala land and end up here.
Survivors end up here, in a val­ley bet­ween these hil­ls,
near water.

 

Standing on this grave rea­ding Lakota names
writ­ten on white concrete plinth, in English,
thin­king we still have class­rooms half-full of people
whose names are car­ved into this concrete.
All the white people begin to cry.
Four dry-eyed Natives just stare at them.

Johnny Depp wants to buy this place,
the white owner wants to sell it.
Two mil­lion dol­lars to pur­chase a hill full of bodies,
and only half those who didn’t sur­vive.
Can you own the dead ?

Does he know the women and chil­dren
are final­ly hid­den and safe ?
Someone has to tell Johnny Depp
you can’t buy ghosts.

Without them it is only
a fence made of prayers,
some stones,
a long sto­ry on a map,
a place where humans and spi­rits converge,
where water still tastes tain­ted.

She came back and she was all STD’d up,”
Joe, the impromp­tu tour guide tells us,
poin­ting at Lost Bird’s grave stone.
She died in California,
ano­ther one who ended up here.

We would wrap them in hides, res­ted on scaf­folds.
Years would pass while their bodies broke down.
Each bier lea­ning croo­ked­ly as, one by one,
the legs rot­ted, fell.

Their remains would last to this cen­tu­ry,
lon­ger than anyone could remem­ber their faces.
But their faces would still be on the heads
of the rela­tives who came to visit them.
Their bodies would still be lying
scat­te­red on the ground.

Tiny, baby-sized bundles of bones
rat­tling inside rain-har­de­ned deer hides.

 

Reportage depuis Cankpe Opi Wakpala (Wounded Knee*, 18 Octobre 2014)

Nous racon­tons des his­toires de gens qui finirent ici.
Le cha­riot de Black Elk* pas­sa deux jours plus tard.
On deman­da à Charles Eastman* de venir ici.
Le grand-père de Joe Marshall* pas­sa une semaine plus tard.
La femme de Big Foot*, atteinte de sept balles, sur­vé­cut,
s’échappa d’ici. Elle réus­sit à atteindre Rosebud*.

Je trouve une tombe qui enferme un membre de ma famille.
Son nom en Lakota serait Cikala*.
Je sirote mon café qui a le goût de soupe grasse, wahum­pi.
Il a le goût de toutes les nour­ri­tures à la fin
de la nuit. Il a le goût d’animaux morts,
d’herbe tres­sé, de feuilles en cendre
et de fumée de tabac.

Je le verse len­te­ment, laisse le temps à la terre de l’absorber.
C’est la Lune des Feuilles qui Tombent* et le ‘knee’ s’évanouit.
L’herbe qui était verte une semaine aupa­ra­vant est en train de mou­rir.
Des sacs plas­tique rem­plis de bou­teilles d’eau vides,
du papier toi­lette usa­gé, des embal­lages de barres de céréales,
s’envolent autour de cette tombe.

Des Oglalas venus de la zone des loge­ments
nous demandent d’où nous sommes.
Je leur dis : Rosebud, et ils s’en vont.
Je les entends fai­ble­ment racon­ter aux tou­ristes des his­toires
de mas­sacre et d’occupation.
Trois routes conve­nables convergent sous ces col­lines.
C’est un des endroits où les gens finissent.
Ils sont per­dus en terre Oglala et finissent ici.
Les sur­vi­vants finissent ici, dans une val­lée entre ces col­lines,
près de l’eau.

Debout sur cette tombe, à lire des noms Lakota
écrits sur un socle de béton blanc, en anglais,
je pense que nous avons encore des salles de classe rem­plies pour une moi­tié
de gens dont les noms sont gra­vés dans ce béton.
Tous les blancs com­mencent à pleu­rer.
Quatre Indiens aux yeux secs les fixent du regard.

Johnny Depp veut ache­ter cet endroit,
le pro­prié­taire blanc veut le vendre.
Deux mil­lions de dol­lars pour ache­ter une col­line pleine de corps,
et seule­ment la moi­tié d’entre eux qui n’ont pas sur­vé­cu.
Peut-on pos­sé­der les morts ? 

Sait-il que femmes et enfants
sont fina­le­ment cachés et en sécu­ri­té ?
Quelqu’un doit dire à Johnny Depp
tu ne peux pas ache­ter des fan­tômes.

Sans eux il s’agit seule­ment
d’une bar­rière faire de prières,
quelques pierres,
une longue his­toire sur une carte,
un endroit où humains et esprits convergent,
où l’eau a encore un sale goût.  

« Elle est reve­nue com­plè­te­ment MST-isée »,
nous dit Joe, le guide impromp­tu.
Elle est morte en Californie,
une autre qui a fini ici. 

Nous les enve­lop­pions dans des peaux, les dépo­sions sur des pla­te­formes funé­raires.
Des années pas­saient pen­dant les­quelles leurs corps se cas­saient.
Chaque civière de tra­vers, pen­chée jusqu’à ce que, une par une,
les jambes pour­ries, tombent.

Parvenus jusqu’à ce siècle, leurs restes ont duré,
plus long­temps que ce que qui­conque pou­vait se sou­ve­nir de leurs visages.
Mais leurs visages étaient encore sur les têtes
des membres de la famille qui venaient leur rendre visite.
Leurs corps sont encore allon­gés
épar­pillés sur le sol. 
Minuscules, les bal­lots d’os de la taille d’un bébé
cli­quètent dans les peaux de daims dur­cies par la pluie.1

 

 

Ce poème est qui sait le résul­tat plus de l’art du quilt que de tech­niques d’écriture, ou bien pour le dire autre­ment, poé­sie et art du quilt se rejoignent et sont la marque de Sammie Bordeaux, tant dans ce poème elle sait agen­cer les cou­leurs, les formes, les ombres et la lumière, afin de façon­ner un motif har­mo­nieux dans son ouvrage. Mais avant la cour­te­pointe, il faut du fil, et pour s’en pro­cu­rer, il faut aller en ville, hors de la réserve :

Buying Thread

The white lady at the cash regis­ter
does not know whe­ther to watch you, fol­low you, ignore you.
It’s been this way in eve­ry store in Rapid City — Racist City.
You don’t know whe­ther to conti­nue
to browse, to buy the thread you came here to buy.

Other people come in behind you,
white ladies who are gree­ted, wel­come.
Maybe they are regu­lar cus­to­mers,
or stran­gers ? You don’t know. White greets white.

You don’t know whe­ther to spend your money here
or walk out.
Maybe they have fol­lo­wed other Indians through the store
wat­ching a spool of thread disap­pear in a pocket.
You consi­der lea­ving the store,
thin­king of your stu­dents and if they were here
would they consi­der the sto­len thread an act of resis­tance ?

Do you set an example by calm­ly fin­ding the thread and buying it ?
Do you set an example by stea­ling the thread ?
Do you set an example by tur­ning around,
wal­king out, going to an Indian-friend­ly store ?
How do you pro­ceed ?
How much do you want the thread ?

 

 

 

Acheter du fil 

La dame blanche à la caisse
ne sait pas elle doit vous sur­veiller, vous suivre, vous igno­rer.
Il en a été ain­si dans chaque bou­tique de Rapid City : Racist City.
Vous ne savez pas si vous devez conti­nuer
à cher­cher, à ache­ter le fil que vous êtes venue ici ache­ter.

D’autres per­sonnes entrent der­rière vous,
des femmes blanches à qui l’on sou­haite la bien­ve­nue.
Peut-être sont-elles des clientes habi­tuelles,
ou des étran­gères ? Vous ne savez pas. Les blancs saluent les blancs.

Vous ne savez pas si vous devez dépen­ser votre argent ici
ou sor­tir.
Peut-être ont-elles sui­vi d’autres Indiennes dans le maga­sin
et vu une bobine de fil dis­pa­raître dans une poche.
Vous envi­sa­ger quit­ter la bou­tique,
pen­sant à vos étu­diants et s’ils étaient ici
consi­dé­re­raient-ils le vol du fil comme un acte de résis­tance ?

Donne-t-on l’exemple en trou­vant cal­me­ment le fil et en l’achetant ? 
Donne-t-on l’exemple en volant le fil ?
Donne-t-on l’exemple en fai­sant demi-tour,
en sor­tant, en allant dans un maga­sin Indien ami ?
Comment pro­cé­der ?
Jusqu’à quel point veut-on le fil ?

 

 

 

A quel point veut-on faire par­tie d’une socié­té, d’un pays raciste comme l’est les Etats Unis ? A quel point veut-on gar­der son iden­ti­té, per­pé­tuer ses tra­di­tions tout en vivant au 21ième siècle, à quel point est-on fier ou hon­teux d’être Indien. A quel point et jusqu’où trouve-t-on la force de faire face aux pro­blèmes éco­no­miques sur une réserve sans som­brer dans le déses­poir. A quel point et jusqu’où on se donne, on offre ses forces pour le bien de la com­mu­nau­té tri­bale sou­ve­raine afin que la culture et la langue des ancêtres soit trans­mise et que leurs luttes, leur résis­tance n’aient pas été vaines. Jusqu’à quel point l’écriture est l’arme d’aujourd’hui pour affir­mer la beau­té et la sur­vie de ces peuples rési­lients au-delà de toute mesure humaine. A quel point ? La réponse ne veut venir que de per­sonnes comme Sammie Bordeaux, exer­cés à la cou­ture, à la bro­de­rie, à la cour­te­pointe et à l’écriture !

 

Note

 

1. En hom­mage à ceux qui sont morts à Wounded Knee le 29 décembre 1890, une che­vau­chée de la mémoire est orga­ni­sée chaque année qui se ter­mine par une céré­mo­nie au mémo­rial de Wounded Knee (sur la réserve de Pine Ridge, état du Dakota du sud). La nation Sioux est for­mé de trois branches : Les Nakotas, les Dakotas et les Lakotas. Les Lakotas sont les Sioux de l’ouest, des plaines, et sont orga­ni­sés en sept « foyers », Les Sičháŋǧu (Brulé), les Oglàla (signi­fiant les dis­per­sés), les Hunkpapha (signi­fiant extré­mi­té du cam­pe­ment), les Sihasapa (Blackfoot, pieds noirs) – ces quatre étant des bandes avec des socié­tés guer­rières – plus trois bandes sans voca­tion guer­rière et plu­tôt « agri­cul­teurs » : les Itazipcho (sans arc), les Oohenunpa (deux mar­mites), et les Miniconjou (ils plantent près de l’eau).

Wounded Knee creek : rivière » Genou Blessé », lit­té­ra­le­ment, qui a don­né son nom au lieu de mas­sacre per­pé­tué non loin de ses rives en 1890.

Black Elk (Heȟáka Sápa), petit cou­sin de Crazy Horse, né en 1863 et mort en 1950, fut bles­sé à Wounded Knee le jour du mas­sacre. Il devint un homme-méde­cine, un wičháša wakȟáŋ. Son livre écrit avec John Neinhardt, Elan noir parle, est un best­sel­ler des années 70. 

Charles Eastman, 1858 –1939, (né Hakadah et plus tard nom­mé Ohíye S’a) était un écri­vain et méde­cin Sioux Santee (Dakota) venu soi­gner les bles­sés à Wounded Knee après le mas­sacre.

Joe (Joseph) Marshall (Lakota Sicanju-brû­lé) est un écri­vain sioux auteur du roman inti­tu­lé l’hiver du feu sacré

Big Foot (Si Tanka), 1826-1890, était un « chef » de la tri­bu Lakota des Miniconjous par­ti avec Sitting Bull se réfu­gier au Canada. Mais les condi­tions de vie ne per­met­taient pas aux membres de la tri­bu de se nour­rir cor­rec­te­ment et beau­coup mour­raient aus­si fut prise la déci­sion qu’il mène­rait 350 per­sonnes de sa tri­bu vers Pine Ridge plus au sud(bien que souf­frant de pneu­mo­nie), la réserve de Red Cloud, le guer­rier Oglala dont les membres étaient des adeptes de la danse fan­tôme. Cette danse était inter­dite par les auto­ri­tés du gou­ver­ne­ment et c’est à ce titre que la troupe de Big Foot fut inter­cep­tée par l’armée puis mas­sa­crée.

Rosebud : Réserve des Sioux Lakota Sicanju (Brûlés) dans le Dakota du nord, non loin à l’est de la réserve des Sioux Lakota Oglalas de Pine Ridge.

Cikala : petit ou petite en langue Lakota

Lune des feuilles qui tombent (gros­so modo octobre) : les Indiens ne divi­saient pas l’année en 12 mois mais en 13 lunes, cha­cune por­tant le nom de ce que la nature mon­trait à cette époque de l’année.

 

 

Présentation de l’auteur

Sammie Bordeaux-Seeger 

Sammie Bordeaux-Seeger is a Sicangu Lakota from Rosebud, South Dakota. She writes and teaches at Sinte Gleska University on the Rosebud Reservation.  
Sammie Bordeaux-Seeger appar­tient au peuple Sicangu Lakota de Rosebud, dans le Dakota du Sud. Elle écrit et enseigne à l’Université Sinte Gleska sur la réserve Rosebud. 

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Béatrice Machet

Vit entre le sud de la France et les Etats Unis. Auteure de dix recueils de poé­sie en fran­çais et deux en Anglais, tra­duc­trice des auteurs Indiens d’Amérique du nord. Performe, donne des réci­tals poé­tiques en col­la­bo­ra­tion avec des dan­seurs, com­po­si­teurs et musi­ciens. Publiée entre autres chez l’Amourier (Muer), VOIX (DER de DRE), pour les ouvrages bilingues ASM Press (For Unity, 2015) Pour les tra­duc­tions : L’Attente(cartographie Cherokee), ASM Press (Trickster Clan, antho­lo­gie, 24 poètes Indiens)… Elle est membre du col­lec­tif de poètes sonores et per­for­ma­tifs Ecrits- Studio. Par ailleurs elle réa­lise et anime chaque deuxième ven­dre­di du mois une émis­sion de 40 minutes consa­crée à la poé­sie contem­po­raine sur les ondes de radio Agora à Grasse.. En 2019, elle publie Tirage(s) de Tête(s) aux édi­tions Les lieux dits.