Un regard sur la poésie native américaine — Sara Marie Ortiz : bon sang ne saurait mentir !!

Par |2022-03-06T18:24:32+01:00 2 mars 2022|Catégories : Essais & Chroniques, Sara Marie Ortiz|

L’auteure-traducteure remer­cie vive­ment Sara M Ortiz pour les échanges qui ont per­mis l’écriture de cet arti­cle.

 

Sara Marie Ortiza a gran­di prin­ci­pale­ment dans l’état du nou­veau Mex­ique mais aus­si dans l’état du Texas. Elle est mem­bre de la nation Pueblo Aco­ma. Fille du célèbre écrivain Simon Ortiz et d’une mère non indi­enne qui lui a tou­jours inculqué l’importance de son héritage Aco­ma, elle a baigné dans un envi­ron­nement artis­tique et lit­téraire, ce pourquoi elle se dit priv­ilégiée et très reconnaissante. 

Elle est donc la demi-sœur cadette de Rainy Dawn Ortiz, artiste elle aus­si, fille de Joy Har­jo et de Simon Ortiz. Sara Marie a obtenu une licence à l’institut des arts Amérin­di­ens de San­ta Fé et un mas­ter de l’université d’Antioch en Cal­i­fornie. Artiste mul­ti­dis­ci­plinaire, elle est vidéaste, cinéaste, plas­ti­ci­enne et poète. En 2013 parais­sait son pre­mier recueil de poèmes inti­t­ulé « Red Milk, vol­ume I » (Lait rouge) édité chez Cre­ate Space Inde­pen­dant, un deux­ième recueil sor­ti­ra bien­tôt, inti­t­ulé « Sav­age : a Love Sto­ry » (Sauvage : une his­toire d’amour). Sara Marie écrit égale­ment des essais, a été et est pub­liée dans des mag­a­zines lit­téraires et des anthologies.

Son pre­mier livre a été bien accueil­li. Mélange de vers et de pros­es poé­tiques, il exprime par­faite­ment la sen­si­bil­ité pro­pre aux peu­ples Indi­ens d’Amérique. Elle nous fait enten­dre les tam­bours et les flûtes, elle nous ini­tie au sys­tème des réserves tout en util­isant des expres­sions du lan­gage urbain, elle nous pro­jette dans ce nou­veau siè­cle tout en nous lais­sant enten­dre l’écho des siè­cles passés. Le ton du livre n’est pas pleur­nichard, il allume en nous le besoin tout sim­ple­ment humain de chaleur humaine et de rassem­ble­ments fes­tifs, voire de céré­monies. Dans le livre elle nous con­fie et nous expose non seule­ment ses émo­tions mais aus­si son art sin­guli­er de l’écriture. Il peut sur­pren­dre cer­tains et pour­tant il est fidèle à l’esprit et à la tra­di­tion de son peu­ple.   

Sara Marie Oriz est égale­ment une mil­i­tante très investie dans son rôle de cadre admin­is­tratif dans l’éducation à Burien, à côté de Seat­tle, état de Wash­ing­ton, où elle tra­vaille avec des élèves de toutes orig­ines et plus spé­ci­fique­ment des Indi­ens Duwamish, Yaka­ma, etc. 

Now this night par Sara Marie Ortiz. Cette vidéo est tirée de POETRY MATTERS, un pro­jet édu­catif créé par New Mex­i­co Cul­ture Net (www.nmcn.org) en parte­nar­i­at avec le San­ta Fe Com­mu­ni­ty Col­lege pour les apprenants et les enseignants.

Elle cherche à pro­mou­voir les cul­tures Indi­ennes et les mod­èles édu­ca­tion­nels Indi­ens y com­pris en dehors des com­mu­nautés Indi­ennes car, dit-elle, ce qui est bon pour les enfants Indi­ens l’est aus­si pour les autres enfants. En out­re cela per­met de chang­er le regard sur les Indi­ens en val­orisant leurs straté­gies d’éducation basées sur l’épanouissement et la respon­s­abil­i­sa­tion plutôt que la com­péti­tion et la per­for­mance indi­vidu­elle. Elle dit avoir eu beau­coup de mod­èles dans sa com­mu­nauté, lead­ers, pro­fesseurs, par­ents, mais la per­son­ne qui l’a le plus inspirée est Patricia(Patsy) White­foot, de la nation Yaka­ma, qui a œuvré toute sa vie pour le bien de sa com­mu­nauté et pour le bien des peu­ples Indi­ens d’Amérique aux Etats Unis. Elle incar­ne le con­cept, le principe même de souveraineté. 

La sou­veraineté trib­ale aux Etats-Unis est le pou­voir inhérent de tribus indigènes à se gou­vern­er elles-mêmes à l’in­térieur des fron­tières des États-Unis d’Amérique, c’est aus­si le principe qui accorde le statut de nation aux dif­férentes com­mu­nautés trib­ales. Cette sou­veraineté s’exerce pra­tique­ment et con­crète­ment par la pra­tique des langues trib­ales ances­trales, par un gou­verne­ment trib­al, par l’existence d’école et d’universités pro­pres aux com­mu­nautés Indi­ennes, par la pra­tique des rit­uels et céré­monies tra­di­tion­nels, par un mode de vie con­forme aux valeurs Indi­ennes de sol­i­dar­ité, de partage, d’entre-aide, d’harmonie.

Sara Marie se voit comme un mail­lon, elle dit exacte­ment « spir­it con­t­nu­um », dans la longue chaîne des artistes engagés à pro­mou­voir leurs cul­tures et leurs valeurs en suiv­ant une pra­tique créatrice.

Inter­view de Sara Marie Ortiz pour la Célébra­tion du mois de l’his­toire des femmes — Écoles publiques de High­line — Édu­ca­tion autochtone.

C’est de cette manière dit-elle, que tra­di­tion et renou­veau sont véhiculés de con­cert. Elle dit aus­si vouloir se remet­tre en ques­tion dans ce proces­sus créatif car pour elle comme pour tous les Indi­ens d’Amérique du nord, par­ler, écrire ce n’est pas seule­ment racon­ter une his­toire, c’est recréer le monde, lui redonner nais­sance, c’est un acte sacré, une respon­s­abil­ité impor­tante. Elle place sa vie et tra­vaille à la con­flu­ence entre arts et mil­i­tan­tisme. La cul­ture Aco­ma enseigne depuis la plus ten­dre enfance à aider. La ques­tion pre­mière à se pos­er en toute cir­con­stance est : que faire pour aider. Le tra­vail qu’elle désire opér­er en pre­mier lieu, est de trans­former le dik­tat de la résilience imposée par la coloni­sa­tion par la volon­té de sur­vivance, con­trac­tion de deux mots, for­mée de survie et de résistance.

Pub­liée et recon­nue pour la pre­mière fois à l’âge de 14 ans, alors qu’elle allait don­ner nais­sance à un bébé fille, Sara Marie avoue qu’elle s’est don­née nais­sance à elle aus­si, à un moment où elle se sen­tait com­plète­ment per­due. Venue à un monde de pen­sées, d’idées pro­fondé­ment sig­ni­fica­tives à partager, cette re-nais­sance par l’écriture et la mater­nité était un acte de sur­vivance, de résis­tance et d’amour. Ce qui la motive, la mis­sion qu’elle se donne, est de re-human­is­er les espaces où les Indi­ens d’Amérique vivent, qu’ils soient urbains ou sur les réserves, car la coloni­sa­tion et le racisme, les vio­lentes poli­tiques dites « d’assimilation », leur ont enseigné la haine, le mépris d’eux-mêmes.

Cer­e­mo­ny par Sara Marie Ortiz.

Les étu­di­ants par ailleurs sont bien sou­vent réduits à leurs don­nées admin­is­tra­tives et à leurs notes, ce qui est vio­lent et nuis­i­ble, surtout dans un con­texte Indi­en où le tout de la per­son­ne est impor­tant, pas seule­ment ses per­for­mances et sa « fonc­tion­nal­ité ». Elle affirme aus­si qu’il est impor­tant de garder vivantes les langues Indi­ennes car elles décrivent, mon­trent, dis­ent mieux la vie que l’anglais. Elles sont égale­ment les seules capa­bles de véhiculer la pen­sée Indi­enne, capa­bles de mon­tr­er l’identité et la richesse de ces cul­tures, méprisées à tort. Dans un poème inti­t­ulé lan­gage, Sara Marie Ortiz esquisse l’histoire de l’effacement pro­gram­mé de sa langue trib­ale qui n’a pas réus­si, évoque les sou­venirs d’enfance liés à l’expérience de la langue et con­clue qu’elle demeure et est bénédiction.

Lan­gage

Zer gizon ziren han batailaren amaier­an zain? Eta zergatik?

Nephilim? Ou chiens ? La sauvagerie devint eux ; quoique nous ayons fait.

Min­imiser un tel ronge­ment. Les cœurs du Lycanthrope

qui rôdait et bougeait dans les forêts

comme les fan­tômes de mil­i­taires, jadis fils, pères perdus-tous

avec des jardins de bougainvil­lées fleuris­sant et fanant

dans leurs cœurs.

Por­teur de peau, quel chant par­lant de toi à présent ?

Où les choses sauvages sont—mange et bois profondément,

vieux cœur. Ils grondèrent leurs ter­ri­bles rugisse­ment. Et grincèrent

de leurs ter­ri­bles dents…

Bonne nuit Lune—qua­tre min­utes de plus ?

Reflu­ant en un mil­li­er sacré supplémentaire.

Et puis dix-mille.

Et puis les impos­si­bles longues nuits devinrent

impos­si­bles et longues matinées ;

et les guer­res avaient duré des décennies,

et nous nous arrêtâmes de compter.

Sang dedans sang dehors.

Mal­adie de fan­tôme ; comme toutes les choses qu’ils transportaient—comme les choses qu’elle et

elle

et elle aussi

por­taient. Du baume

de Gilead dans une vieille boite de com­primés. Le corps blanc délicat

d’une mante qu’elle avait attrapé une fois et voulait garder en vie, mais ne put.

Un pétale de rose séché arraché à la pierre tombale de Proust.

La Llorona; ceci main­tenant.

Verre souf­flé

globes de chaleur et lumière flottant

à la sur­face.  Une petite fille que vous pensiez

se noy­er dans le Rio Grande ; elle ne

se noy­ait pas. Plus anci­enne farce dans le livre. Peut-être

y réfléchi­ras-tu à deux fois la prochaine fois que tu marcheras

après la nuit tombée

Almanach des morts ;

amyg­dale gon­flée comme un ballon.

His­toires effrayantes à dire dans le noir ;

Lanterne de papi­er de la longueur d’un cer­cueil de chez Ikea,

à moitié allumée.

Long poignard s’assombrissant lentement

comme une flèche de lumière.

En atten­dant Godot.

Radis envelop­pés de cellophane.

Mi vida loca*.

Moi­sis­sure gris-vert le long du blanc froid de la vitre

(cela sig­nale le matin et quelque chose de plus sin­istre encore).

Vieux­garçon.

Planche à découper tâchée d’orange sanguine.

Un très vieil homme avec d’énormes ailes.

Sug­ges­tif.

Symétrie et niais mus­cle lent du cœur.

Bénis moi, Ulti­ma**.

*ma vida loca : ma folle vie (espag­nol)

** Ulti­ma : dernière (la dernière à rester, qui demeure) .

 

 

∗∗∗

Dans la langue Aco­ma, il y a un mot qui rassem­ble les valeurs généreuses de la cul­ture exprimée avec une forme de recon­nais­sance respectueuse et joyeuse chevil­lée au corps et à l’esprit. Ce mot est Iyáaní. Sara Marie Ortiz en fait le titre d’un poème et explique que ce mot sig­ni­fie : « toutes les choses ». Elle dit que cela sig­ni­fie le partage de nos vies pré­cieuses. Cela sig­ni­fie l’esprit dont est imprégnée toute vie, chez tout être humain, dans tout élé­ment naturel, dans tout ce qui existe ; c’est le souf­fle et la pul­sa­tion qui est réver­bérée au cen­tre. Elle pré­cise : « Même en tant qu’indien urbain, et par­ti­c­ulière­ment à ce titre, sa mémoire m’accompagne tou­jours, où que je sois. Depuis le moment où nous sommes nés, dans la com­mu­nauté Aco­ma, on nous enseigne à se com­porter avec bien­veil­lance, à être respectueux et gen­tils. Être généreux est la voie, la façon d’avoir une bonne vie, et nous choi­sis­sons, encore et encore cette bonne voie. On nous apprend à écouter avec atten­tion, à bien se rap­pel­er des vieux enseigne­ments qui sont la mar­que d’une arche ances­trale, une arche qui est présente en nous, une arche de savoir que nous avons trans­mise et qui est valide en tout temps, le savoir que nous sur­vivrons en tant que peuple. »

Iyáaní (esprit, souf­fle, vie)

A Haak’u
dans la communauté,
sur le ter­ri­toire, dedans et dehors,
il y a une voie dans toute chose
que les enfants Aco­ma (Haak’u) apprennent.
Shadruukaʾàatuunísṿ
C‘est une façon de dire.
C’est une façon de dire notre vie et la façon dont
Les choses gran­dis­sent et crois­sent. C’est une façon de dire
com­bi­en les enfants gran­dis­sent rapi­de­ment. C’est une façon
de dire les plantes, dont nous prenons soin avec amour
car dans les champs elles gran­dis­sent et croissent.
C’est une façon de dire qu’aucune ne grandi­rait ne croitrait
sans
notre amour.
Amuu’u haats’i’est une façon de dire notre vie bien aimée.
Notre terre bien aimée.
Nos enfants et notre com­mu­nauté bien aimés.
Sráamí.Ce n’est pas tou­jours facile. Et nous, le peu­ple, les
Hánʾu, ne sommes pas tou­jours bons et justes. Mais la voie juste et bonne
est la voie
que nous suiv­ons que nous pour­rions vivre. Srâutsʾímʾv. Srâutsʾímʾv, disent
les Ancêtres, nos anciens, qui par­lent depuis la terre
depuis les riv­ières, dans et à tra­vers la pluie, et dans tous les cycles
que nous con­nais­sons sur terre. Srâutsʾímʾv, enfants. Savez-vous
seule­ment com­bi­en nous vous aimons et pri­ons pour vos vies ?

 

Elle pour­suit l’expression et l’affirmation de ces valeurs et de sa cul­ture en écrivant un autre poème :

SHƏTRƏNI (GRAINES)

Nous nous éveillons.
Comme les vagues.
Comme corps aqua­tiques, souf­fle, ciel, nés du sang, tail­lés par la terre, impérieux,
anciens enfants, toute­fois nous levant.
Slhémexw
q’ep
kaachani
y’aak’a
insiman
Inaki
QƏlb
? Əsłałlil
Ma xic­ochi

Pluie

     à rassem­bler

                     pluie

                             maïs

                                   à planter

                                               pour avoir soif

                                                                                      {pluie}

  

Vivez ici

Puissiez vous dormir.

Prophé­cie.
Les Hanoh (peu­ple)
Cartes sacrées en cela, enfant.
Sois aus­si fort que l’eau, la terre, les étoiles et le ciel t’ont fait. Les Ancêtres sont ici.

 

Pour­tant ces graines, ces jeunes pouss­es, ces enfants, au cours de 19 et début du 20ième siè­cle ont été arrachés à leurs par­ents, sous­traits à leurs com­mu­nautés et envoyés dans des pen­sion­nats pour Indi­ens. A l’heure actuelle, la réal­ité de ces pen­sion­nats fait les titres des jour­naux aux USA et au Cana­da. L’horrible sort réservé à ces enfants est enfin révélé au grand jour et Sara Marie, tant investie dans l’éducation, veut chanter pour eux :

“…It sang the song of them & this but it did not, will not, con­tain the names of them.

& some­times it seemed that the
always-leav­ing-even-when-return­ing-song of them
was the same one that was sung about the ancestors.

But it wasn’t.
Tenor & pulse.
Move­ment & measure.

Silence.

A silent requiem for the ghost dancers we have become;
Native Amer­i­can Prepara­to­ry School
where the chil­dren have always been & will always be as ghosts…”

« …ça chan­tait ceci & leur chan­son  mais ne con­te­nait pas, ne con­tien­dra pas leurs noms.

& par­fois il sem­blait que la chanson
tou­jours-par­tant-même-quand-de-retour- qui-était-la-leur
était la même que celle chan­tée à pro­pos des ancêtres.

Mais elle ne l’était pas.
Con­tenu & pulsation.
Mou­ve­ment & mesure.

Silence.

Un requiem silen­cieux pour les danseurs fan­tômes que nous sommes devenus ;
Ecole pré­para­toire des Indi­ens d’Amérique
où les enfants ont tou­jours été & seront tou­jours comme des fantômes… »

 

Pas éton­nant alors que Sara Marie se présente comme une per­son­ne motivée, courageuse, tra­vailleuse, studieuse, vision­naire. Elle se sent née et appelée pour défendre les pop­u­la­tions sous représen­tées, les mal desservis. A Burien, elle veut dévelop­per un ethos et des pra­tiques qui per­me­t­tent aux jeunes Indi­ens d’accéder à des posi­tions de lead­er­ship, à organ­is­er des proces­sus et des dis­posi­tifs qui met­tent en place l’égalité des chances et des oppor­tu­nités afin que les jeunes Indi­ens se dévelop­pent et pren­nent en charge le développe­ment de leurs com­mu­nautés, qu’ils puis­sent attein­dre l’auto-gouvernance aus­si bien dans les zones rurales que dans les villes, et ce au cours du 21ième siècle.

Sara Marie est cette per­son­ne qui choisit pour con­clure ses let­tres de citer Pao­lo Freire, le grand péd­a­gogue qui a pen­sé l’éducation dans le con­texte social et poli­tique, qui a pen­sé le mil­i­tan­tisme en rap­port avec la pra­tique et l’idéalisme :

“The idea that hope alone will trans­form the world, and action under­tak­en in
that kind of naïveté, is an excel­lent route to hope­less­ness, pes­simism, and fatal-
ism. But the attempt to do with­out hope, in the strug­gle to improve the world,
as if that strug­gle could be reduced to cal­cu­lat­ed acts alone, or a pure­ly scientific
approach, is a friv­o­lous illu­sion” – Freire

« L’idée que seul l’espoir trans­formera le monde, que l’action entre­prise dans 
cette sorte de naïveté, est la route toute tracée pour le dés­espoir, le pes­simisme et le fatalisme.Mais la ten­ta­tive d’agir sans espoir, en lut­tant pour amélior­er le monde, 
comme si cette lutte pou­vait se réduire à des actes cal­culés seule­ment, ou bien une approche sci­en­tifique, est une illu­sion frivole ».

Ceci résume bien l’esprit dans lequel tra­vaille Sara Marie, com­ment elle respire et vit.

En con­clu­sion, Sara Marie exprime ceci : l’espoir ne peut pas man­quer quand on vit dans une com­mu­nauté où les liens sont forts, aimants, et l’espoir c’est de pou­voir accéder à une pro­fes­sion de ser­vice et d’entre-aide, exercer un vrai méti­er qui soit le tra­vail d’une vie ain­si qu’elle a le bon­heur de l’exercer,  surtout ne pas être réduit à une activ­ité seule­ment ali­men­taire, ce qui n’a pas le sens fort d’un engage­ment auprès d’une com­mu­nauté dans laque­lle on vit en har­monie avec les autres mem­bres et l’environnement.   

Présentation de l’auteur

Sara Marie Ortiz

Sara Marie Ortiz est une poète Aco­ma Pueblo, une artiste, cinéaste et une mil­i­tante des peu­ples indigènes. Elle a obtenu un BFA à l’In­sti­tute of Amer­i­can Indi­an Arts et un MFA à l’U­ni­ver­sité Anti­och de Los Ange­les. Ses poèmes ont été pub­liés dans des revues telles que Ploughshares, la Keny­on Review, New Poets of the Amer­i­can West et l’an­tholo­gie Sing : Indige­nous Poet­ry of the Amer­i­c­as (2011). Elle est l’au­teur du recueil de poèmes Red Milk (vol­ume 1, 2013). 

Sara Marie Ortiz a reçu la bourse lit­téraire Tru­man Capote, le prix Brigham Young Morn­ing Star Cre­ative Writ­ing Award et la bourse Amer­i­can Indi­an Grad­u­ate Cen­ter. Fille du poète Simon J. Ortiz, elle réalise actuelle­ment un doc­u­men­taire sur la vie et l’héritage de son père. Elle tra­vaille comme admin­is­tra­trice de l’é­d­u­ca­tion à Burien, dans l’É­tat de Washington.

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Béatrice Machet

Vit entre le sud de la France et les Etats Unis. Auteure de dix recueils de poésie en français et deux en Anglais, tra­duc­trice des auteurs Indi­ens d’Amérique du nord. Per­forme, donne des réc­i­tals poé­tiques en col­lab­o­ra­tion avec des danseurs, com­pos­i­teurs et musi­ciens. Pub­liée entre autres chez l’Amourier (Muer), VOIX (DER de DRE), pour les ouvrages bilingues ASM Press (For Uni­ty, 2015) Pour les tra­duc­tions : L’Attente(cartographie Chero­kee), ASM Press (Trick­ster Clan, antholo­gie, 24 poètes Indi­ens)… Elle est mem­bre du col­lec­tif de poètes sonores et per­for­mat­ifs Ecrits — Stu­dio. Par ailleurs elle réalise et ani­me chaque deux­ième mer­cre­di du mois à par­tir de 19h une émis­sion de 55 min­utes con­sacrée à la poésie con­tem­po­raine sur les ondes de radio Ago­ra à Grasse. En 2019, elle pub­lie Tirage(s) de Tête(s) aux édi­tions Les lieux dits, et Plough­ing a Self of One’s Own, paru en 2021 aux édi­tions Danc­ing Girl Press, (Chica­go).  
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