> Un regard sur la poésie Native American (15). La poésie d’Elizabeth Cook Lynn

Un regard sur la poésie Native American (15). La poésie d’Elizabeth Cook Lynn

Par | 2018-05-26T15:49:41+00:00 21 septembre 2015|Catégories : Chroniques|

 

Les cri­tiques ont très tôt recon­nu en Elizabeth Cook Lynn une voix lyrique puis­sante dou­blée d’une féroce ana­lyse qui avec des pro­pos et des vers cin­glants parle ouver­te­ment de la condi­tion « indienne » aux Etats-Unis. Elle se fait voix de la véri­té his­to­rique, avo­cate ardente elle défend son ter­ri­toire aus­si bien géo­gra­phique qu’imaginaire avec inten­si­té, avec cœur et pour sa com­mu­nau­té. Elle aborde avec une inté­gri­té intel­lec­tuelle remar­quable les sujets tels que le géno­cide, le racisme, la sou­ve­rai­ne­té, le colo­nia­lisme.

     Dans une inter­view, elle a décla­ré : « Depuis que j’ai su lire, j’ai vou­lu deve­nir un écri­vain. » Son sen­ti­ment à l’époque était que rien de ce qu’elle lisait dans les livres ne reflé­tait ses expé­riences et elle com­pre­nait que non seule­ment les Indiens étaient exclus de la socié­té domi­nante, mais qu’en plus, ils étaient indé­si­rables, per­son­na non gra­ta, sur des ter­ri­toires qui pour­tant étaient les leurs depuis tou­jours. De cette prise de conscience lui vint l’envie, se for­gea sa res­pon­sa­bi­li­té et elle se fit un devoir d’apporter à la lit­té­ra­ture amé­ri­caine ce qui man­quait : sa com­po­sante ori­gi­nale Indienne. Mais il lui fal­lut attendre qua­rante ans avant d’être publiée, (et elle admet que maî­tri­ser l’anglais par­fai­te­ment quand on vit sur la réserve n’est pas facile pour le petit Indien ordi­naire). Elle est née en 1930 dans le Dakota du sud, à l’hôpital de Fort Thompson, c’est-à-dire sur la réserve Crow-Sioux. Elle a été éle­vée au sein de ce que les anthro­po­logues dit-elle non sans iro­nie, appelle une famille élar­gie, à savoir donc la norme tra­di­tion­nelle pour les Sioux. Son père a été long­temps membre du conseil tri­bal. Sa grand-mère, fait rare pour les indiens de cette époque, était par­fai­te­ment bilingue (Dakota-Anglais) et écri­vait des articles pour un jour­nal chré­tien local. Pas de grosse sur­prise donc à apprendre qu’Elizabeth Cook Lynn obtint une licence en jour­na­lisme. Elle obtien­dra une maî­trise en édu­ca­tion, psy­cho­lo­gie et conseil. Elle a ensei­gné au niveau secon­daire (lycées du nou­veau Mexique et du sud Dakota) puis au niveau uni­ver­si­taire en deve­nant pro­fes­seur d’études amé­rin­diennes à la Eastern Washington University, à Cheney. Elle fon­da avec Beatrice Medecine , Roger Buffalohead et William Willard , The Wicazo Sa Review (crayon rouge en langue Sioux), un jour­nal consa­cré aux études amé­rin­diennes aus­si bien poli­tiques que lit­té­raires. Après sa retraite , E.Cook Lynn fut invi­tée en rési­dence lit­té­raire dans les uni­ver­si­tés du pays, elle diri­gea des ate­liers à l’université du sud Dakota pour les écri­vains Sioux , et de cet ate­lier naquit un jour­nal : WOKAYE KINIKIYA , jour­nal tri­bal de lit­té­ra­ture .

     Sa poé­sie uti­lise les mythes de sa culture, explore les tra­di­tions, met en scène la vie sur la réserve alors que sa prose se tourne vers l’analyse his­to­rique ou psy­cho­lo­gique afin de mon­trer les dom­mages faits et les épreuves que les Indiens aujourd’hui conti­nuent d’endurer. « Ecrire est un acte de défi né du besoin de sur­vivre » avoue-t-elle, « c’est l’acte essen­tiel­le­ment opti­miste né de la frus­tra­tion, c’est un acte de cou­rage. » Elle dit aus­si que c’est un acte « qui défie l’oppression. »

     Elizabeth Cook-Lynn a répé­té à l’envie que la res­pon­sa­bi­li­té d’un poète était de « consa­crer » l’histoire, les évé­ne­ments, la joie comme le cha­grin, de sou­li­gner et ne pas lais­ser perdre l’importance et la signi­fi­ca­tion des ancêtres comme de ceux qui ne sont pas encore nés. Le deuxième poème repro­duit ci-des­sous parle du mas­sacre de Wounded Knee Creek, per­pé­tré le 29 décembre 1890 après une traque de plu­sieurs jours, est le sym­bole d’un crime contre l’humanité, 350 per­sonnes dont majo­ri­tai­re­ment des femmes, des enfants et des vieillards ont été tués (des mitrailleuses Hotchkiss parce qu’ils étaient Indiens, alors qu’ils se ren­daient paci­fi­que­ment (Big Foot le lea­der bran­dis­sait le dra­peau blanc) sur la réserve de Spoted Tail afin d’échapper aux rigueurs de l’hiver dans les ter­ri­toires plus au nord, et ce parce après que la nou­velle de l’assassinat de Sitting Bull eut été répan­due et qui son­nait comme la mort sym­bo­lique de la résis­tance Indienne à l’échelle des ter­ri­toires des Plaines, semant le déses­poir par­mi les bandes d’Indiens encore « libres ». Big foot, se mou­rant de pneu­mo­nie mais assu­mant jusqu’au bout sa res­pon­sa­bi­li­té de « chef »,  au nom des siens avait deman­dé aupa­ra­vant asile dans une église, ce qui leur avait été refu­sé. Les Indiens ont tou­jours su cette ver­sion de l’histoire et ce n’est que depuis une dizaine d’année seule­ment que les blancs avec réti­cence acceptent qu’il s’agisse bien de la véri­té… mais les preuves existent.

     Le poème parle d’une céré­mo­nie (deuxième strophe) qui a vrai­ment eu lieu quand les res­ca­pés du mas­sacre et des guer­riers venus sur les lieux après la tue­rie, au péril de leurs vie, se sont ras­sem­blés quelques heures après et qu’ils ont pleu­ré sur le sol et qu’ils ont veillé leurs morts tout en pla­çant douze repères enve­lop­pés de rouge pour déli­mi­ter le site. Les chants Sioux ont conser­vé la mémoire de cette céré­mo­nie. Le pro­cé­dé poé­tique écrit n’est que le pro­lon­ge­ment  des tra­di­tions orales afin de conti­nuer de per­pé­tuer la mémoire et l’identité d’un peuple. C’est un enga­ge­ment et un acte de recon­nais­sance envers l’histoire des Sioux, de la culture d’un peuple que de pour­suivre au fil des années l’exécution des chants et son accom­pa­gne­ment aux tam­bours, afin de se sou­ve­nir mais aus­si pou­voir dire : nous sommes vivants, nous avons sur­vé­cu à tous les mau­vais trai­te­ments et mas­sacres. Le nombre douze, quatre fois trois, est rituel et sert à enre­gis­trer l’événement et des termes sacrés. Sitting Bull et Crow Dog, lea­ders spi­ri­tuels sont des per­son­nages pré­sents dans le poème pour rap­pe­ler que pour les Indiens la vie quo­ti­dienne est impré­gnée du spi­ri­tuel quand les blancs eux n’ont fait que rap­por­ter un fait mili­taire, une vic­toire défi­ni­tive sur les Indiens hos­tiles. Rapporter des faits his­to­riques de cet ordre, d’une infi­nie tris­tesse, n’est pas un but en soi et ne consti­tue pas l’essence de la poé­sie écrite par les Native American. Seuls des igno­rants naïfs pour­raient col­ler cette éti­quette de triste sur les textes. Mais on ne peut pas lais­ser croire non plus que les Indiens se sont réjoui et conti­nuent de se trou­ver chan­ceux d’avoir été dépos­sé­dés de leurs ter­ri­toires et de leurs cultures,  ou d’avoir été assas­si­nés. Mais c’est un devoir et un aspect fon­da­men­tal de l’être poète Indien que de célé­brer ce genre de céré­mo­nie au tra­vers de l’écriture.

     On a pré­ten­du que l’identité Indienne était désor­mais sans impor­tance, que la socié­té amé­ri­caine avait l’absorbée, et qu’au mieux elle se résu­mait en la contem­pla­tion du monde natu­rel auquel les Indiens s’abandonnaient et que cette sou­mis­sion à l’environnement consti­tuait la phi­lo­so­phie et la croyance des popu­la­tions Indiennes. Ce refrain enten­du depuis des siècles légi­time l’idée que les Indiens devaient un jour dis­pa­raître car deve­nant archaïques, inadap­tés, inca­pable de vivre dans un monde moderne. Leur temps était venu, en tant que race et civi­li­sa­tion, de s’éteindre. La mis­sion d’auteurs comme Elizabeth Cook Lynn est de démon­trer le contraire, de décons­truire cette idée, de mon­trer que cette notion de péri­mé, d’obsolète, est com­plè­te­ment fausse.

     Le pre­mier livre d’Elizabeth Cook Lynn, un recueil de poèmes, chants et his­toires inti­tu­lé  Then Badger Said This, célèbre les tra­di­tions et cou­tumes des cultures Indiennes. Un second recueil, Seek the House of Relatives, consti­tué de poèmes seule­ment, offre un pers­pec­tive plus sombre sur la situa­tion et les forces sociales au tra­vail dans les cultures indiennes et en par­ti­cu­lier sur les réserves tout en recon­nais­sant et louant l’incroyable force de sur­vie de ces popu­la­tions qui hono­raient leur héri­tage cultu­rel et spi­ri­tuel mal­gré les dif­fi­cul­tés et l’exclusion dont ils fai­saient l’objet. Exclusion phy­sique mais aus­si exclu­sion des manuels d’histoire, comme si l’Amérique avait été décou­verte vierge, et que la socié­té amé­ri­caine ne s’était pas construite au détri­ment des Indiens, les pre­miers habi­tants de ce conti­nent… Cet « oubli » à l’échelle d’une nation entière pous­sa Elizabeth Cook Lynn à faire de l’écriture un outils de sur­vi­vance, une preuve d’existence des com­mu­nau­tés Indiennes, bien vivantes même si affli­gées de maux nom­breux. Voici deux poèmes tirés du second recueil (avec des remer­cie­ments et recon­nais­sance au père Benett, l’éditeur qui en auto­rise la repro­duc­tion.)

 

UN MOMENT : dans le bureau de poste pour se tenir au chaud

Rapid City, Sud Dakota

Silencieusement, le jour si dépour­vu de soleil les esprits pleurent,
un homme main­te­nant âgé que j’ai connu par le pas­sé, me fixe :
une quin­tes­sence de regard qui me rap­pelle
com­bien nos vies sont dures. Je fais signe. Il sou­rit
et tous deux pou­vons encore voir le pont que nous tra­ver­sions
quand nous étions les enfants
des fau­cons de prai­rie.

 

A MOMENT : stan­ding in the post office to keep warm

Rapid City, South Dakota

Silently, the day so sun­less spi­rits weep,
a man I used to know stares at me with eyes
of quin­tes­sen­tial age remin­ding me
our lives are hard ; I wave. He smiles,
and both of us still see the bridge we cros­sed
when we were chil­dren
of prai­rie hawks.

 

Voici l’illustration des condi­tions dif­fi­ciles de sur­vie sur la réserve Sioux où l’hiver se pro­longe pen­dant des mois avec une tem­pé­ra­ture exté­rieure attei­gnant par­fois moins qua­rante degrés … et le bois y est rare … mais la mémoire est fidèle et la notion d’appartenance à une com­mu­nau­té, à une his­toire, est intacte.

 

POET’S LAMENT

about the Wounded Knee mas­sacre of Indians    

All things consi­de­red, they said,
Crow Dog should be remo­ved.
With Sitting Bull dead
it was easier said.
 
And so the sad­ly shrou­ded songs of poets,
ash-yel­lo­wed, crisp with age
arise from drums to mark in fours
three times the sacred ways
that prayers are lis­te­ned for ; an infant girl stares

past the night, her bea­ded cap of bucks­kin brigh­tens
Stars and Stripes that pierce
her mother's breast ; Hokshina, inno­cent
as snow birds, tells of Ate's blood as red as plumes
that later deco­rate the posts of death.
 
"Avenge the slaugh­te­red saints," beg mad-eyed
poets eve­ryw­here as if the bloo­dy Piemontese are real
and real­ly care for liber­ty of creed ; the blind
who lead the blind will conse­crate the Deed, indeed !
 
All things consi­de­red, they said,
Crow Dog should be remo­ved.
With Sitting Bull dead
it was easier said.

 

 

UNE COMPLAINTE DE POETE

au sujet du mas­sacre des Indiens à Wounded Knee

Toutes choses bien consi­dé­rées, dirent-ils,
Crow Dog* serait éli­mi­né.
Avec la mort de Sitting Bull*
c’était plus facile à dire.

Ainsi les chants de poètes tris­te­ment ense­ve­lis,
cendres jau­nies, friables avec l’âge
émergent des tam­bours pour sou­li­gner, de quatre fois
trois temps les voies sacrées,
ce pour­quoi les prières sont écou­tées ;
une petite fille
écar­quille les yeux après la nuit, sa cape de daim per­lée
d’Etoiles et de Zébrures lui­santes
perce la poi­trine de sa mère ; Hokshina, inno­cente comme
les oiseaux de neige, raconte le sang de Ate* aus­si rouge que les plumes
dont seront déco­rés plus tard les camps de la mort.

«  Venge les saints mar­ty­ri­sés », men­dient les yeux fous
des poètes par­tout comme si les « Piemontais san­gui­naires »* étaient réels
et se pré­oc­cu­paient véri­ta­ble­ment de la liber­té de la foi ; les aveugles
qui mènent d’autres aveugles, consa­cre­ront la Bonne Action, vrai­ment !

Toutes choses bien consi­dé­rées, dirent-ils
Crow Dog serait éli­mi­né
Avec la mort de Sitting Bull*
c’était plus facile à dire.

 

Notes :

 

·       *Crow Dog :Chef de bande et guide spi­ri­tuel des Sioux Oglala, qui comme Sitting Bull, Crazy Horse et d’autres chefs dits hos­tiles refu­saient de se rendre sur des réserves et pour­sui­vaient la lutte pour conser­ver leur ter­ri­toire et leur liber­té. Au contraire de Spoted Tail, enne­mi Oglala du camp de Crow Dog qui condui­ra les siens sur une réserve dite « agence de Spoted Tail. » De nos jours encore ces deux familles nour­rissent des res­sen­ti­ments, d’autant que Spoted Tail fut tué par Crow Dog.

·       *Sitting Bull ( Tatanka Yotanka) : Chef cha­ris­ma­tique, guide spi­ri­tuel des Sioux Hunkpapas , après une fuite vers le Canada pour échap­per à l’armée Américaine et voyant les siens mou­rir de faim et de froid , Sitting Bull fut contraint de res­ter sur la réserve où il diri­geait des céré­mo­nies rituelles (la liber­té du culte alors était inter­dite) ce qui était inter­pré­té comme « une menace »  par les auto­ri­tés blanches , d’où une expé­di­tion armée à l’aube jusqu’à son tepee pour le délo­ger et lui inti­mer l’ordre de ces­ser ces acti­vi­tés pour rame­ner l’ordre et la dis­ci­pline sur la réserve… C’est là qu’il sera assas­si­né par l’un des Sioux fai­sant par­tie de l’escorte en tant que « poli­cier tri­bal  ». Oui, après la mort de Sitting Bull, il était plus facile d’oser tuer les autres chefs, le peuple se sen­tait alors décou­ra­gé, impuis­sant pour se révol­ter.

·       Ate est le nom Sioux qui signi­fie père et peut aus­si faire réfé­rence au ciel.

·       « Les Piémontais san­gui­naires » sont ici les mis­sion­naires catho­liques, qui dans l’ensemble se mon­tre­ront vio­lents , aus­si peu tolé­rants que pos­sible, voire même tor­tion­naires d’enfants Indiens … toutes choses que leur ensei­gnait la Bible sans doute ! 

 

     Elisabeth Cook Lynn n’a pas tou­jours été tendre pour ses col­lègues, elle a repro­ché à cer­tains auteurs Indiens de n’être pas assez enga­gés, de ne pas par­ler et rendre compte des luttes contem­po­raines des tri­bus pour récu­pé­rer des terres volées : « ils ne reflètent que très suc­cinc­te­ment ou ne défendent pas la pro­tec­tion des trai­tés qui garan­tissent l’étendue des réserves en tant que bases et lieux de nais­sance des popu­la­tions indi­gènes, ils ne sug­gèrent pas non plus un com­por­te­ment enga­gé de l’artiste en tant que cri­tique social res­pon­sable. » L’engagement d’Elizabeth Cook Lynn n’a jamais failli et pour preuve, voi­ci quelques cita­tions gla­nées dans ses « note­books » (car­nets) :

« Ecrire est une façon de se sou­ve­nir le mou­ve­ment géné­reux don­né par les gens et la force qui peut entrer dans nos vies et nos esprits de son propre élan ? Mon oncle Lewiss Pitt me disait récem­ment : «  un vrai grand pêcheur ne dit pas qu’il est habile parce qu’il a pris un grand nombre de pois­sons. Il dit qu’il a eu la chance de sen­tir où se trou­ver  au bon endroit et que c’est ce qui lui a four­ni une bonne pêche. Nous ne pos­sé­dons rien en réa­li­té et devons être recon­nais­sants d’avoir été ins­truits de ces manières par la nature. » Je crois que c’est le même pro­cé­dé qui fonc­tionne le mieux pour moi en tant que poète. »

« J’écris au sujet de ce qui me brûle et du dégoût que j’ai pour une nation démo­cra­tique qui ne réclame pas d’impôts aux gens à qui elle volé les terres. J’écris au sujet de poli­tiques qui concernent et se déve­loppent en terre sacrée et j’écris au sujet de l’anti-indianisme com­pris comme un concept de la même façon qu’on parle d’antisémitisme ou d’autres idéo­lo­gies racistes émer­geant de la reli­gio­si­té et plus spé­ci­fi­que­ment du chris­tia­nisme. »

« En tant qu’écrivain et pro­fes­seur, je suis plus que jamais cer­taine qu’écrire est au cœur éthique de la construc­tion d’une nation, ce qui se construit chez nous en ce moment. Ecrire est au cœur éthique de ce que nous espé­rons pou­voir appor­ter au dia­logue pour ce conti­nent du 21ième siècle. » 

« Le mys­tère dans tout ça, m’a appris que quelle que soit la quête d’un homme ou une femme pétris de sagesse, l’art est la manière de l’approcher. »

 « La res­pon­sa­bi­li­té ultime d’un auteur comme moi est de m’engager à publier des écrits qui sou­tiennent la léga­li­té, la légi­ti­mi­té inépui­sables des Indiens dans ce pays et que nos ancêtres avaient dû aban­don­ner. »

     En 2009, Elizabeth Cook Lynn a reçu du cercle des écri­vains Indiens a life time achiev­ment award, soit l’équivalent d’un prix d’excellence pour l’ensemble de son œuvre. Cette œuvre res­semble à son poème Grandfather at the Indian Health Clinic qui montre un homme que l’âge avan­cé digni­fie qui est « averse to /​ an unce­re­mo­nious world », c’est-à-dire oppo­sé à un monde sans ména­ge­ment, sans la beau­té du res­pec­tueux, sans la dimen­sion  recon­nais­sante des céré­mo­nies. Elizabeth Cook Lynn en cela ren­force le sens très Indien de l’appartenance à un lieu, place irré­vo­cable et ce sens va bien au-delà des valeurs qu’un occi­den­tal peut com­prendre. Essayons pour­tant de nous ouvrir à cet aspect de notre pos­sible rela­tion au monde, car comme le sug­gère indi­rec­te­ment le célèbre auteur Kiowa Norman Scott Momaday (et de nom­breux auteurs Indiens sont d’accord avec lui), la parole Indienne est ce qui orne la recon­nais­sance même de celle-ci. 

Sous la direc­tion de Béatrice Machet, chez Recours au Poème édi­teurs :

Une antho­lo­gie de la poé­sie fémi­nine contem­po­raine amé­rin­dienne. Vent Sacré.

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