Regard sur la poésie « Native American » : Tacey M Atsitty, quand cœur et intelligence servent la poésie

Par |2026-03-06T13:21:54+01:00 6 mars 2026|Catégories : Essais & Chroniques, Tacey M Atsitty|

Tacey M. Atsit­ty de Gon­za­lés, mem­bre de la nation Diné (Nava­jo), appar­tient au clan Tsé­na­habiłnii (Sleep Rock Peo­ple, les gens de Sleep Rock). Jeune poète, elle a déjà à son act­if trois livres pub­liés : (At) Wrist, Uni­ver­si­ty of Wis­con­sin Press, novem­bre 2023 ; Rain Scald, Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, févri­er 2018 ; et enfin Amen­or­rhea, Count­ing Coup Press, 2009. Elle a reçu plusieurs prix et mar­ques de recon­nais­sance. Elle est mem­bre du con­seil d’ad­min­is­tra­tion de la mai­son d’édition Lightscat­ter Press et du con­seil con­sul­tatif du Cen­tre Charles Redd (West­ern Stud­ies) de l’U­ni­ver­sité Brigham Young. Elle est pro­fesseure d’écri­t­ure créa­tive au Beloit Col­lege, à Beloit (état du Wis­con­sin), où elle vit avec son mari.

Elle a gran­di au Nou­veau Mex­ique dans une famille et un envi­ron­nement qui encour­ageaient l’étude, l’écriture et la lec­ture. Elle a per­du sa mère à l’âge de trois ans et c’est sa grand-mère qui l’a accom­pa­g­née et soutenue, lui lais­sant emprunter sa machine à écrire et l’inscrivant à des con­cours lit­téraires. Son père, bien qu’envoyé à l’âge de huit ans dans un étab­lisse­ment (Indi­an Stu­dent Place­ment Pro­gram) où il devait appren­dre et par­ler l’anglais, a enseigné la langue Nava­jo dans divers­es écoles à Shiprock et ailleurs au Nou­veau Mex­ique. Mais mal­gré cela, l’anglais a été la langue que Tacey a d’abord par­lé, y com­pris chez elle, ce n’est que pen­dant ses années de lycée qu’elle a appris à lire et écrire le Nava­jo. Elle dit le com­pren­dre mieux que le par­ler. Pen­dant ses années de lycée (Nava­jo Prepara­to­ry School) Tacey a voy­agé, ce qui lui a ouvert cer­tains hori­zons en matière de diver­sité cul­turelle. Elle a d’ailleurs fait par­tie d’une équipe de slam­mers entourée par Scott Nico­lay (écrivain améri­cain), ce qui a été une expéri­ence mar­quante pour elle qui ado­rait déjà écrire de la poésie, une façon pour elle d’exprimer ses sen­ti­ments et ce qui l’habitait tout au lond de ses années d’apprentissage vers la matu­rité. Comme beau­coup de jeunes auteurs Native Amer­i­can, elle est passée par l’institut des arts amérin­di­ens à San­ta Fe. Tacey ne cache pas son amour pour le lan­gage et son pou­voir, lan­gage au sens large, et qui inclus la langue anglaise et le Nava­jo. Elle dit utilis­er les mots de la langue Nava­jo quand ceux-ci n’ont pas de réelle tra­duc­tion en anglais, qui néces­sit­eraient des phras­es entières pour faire com­pren­dre ce que le Nava­jo désigne. Elle utilise aus­si volon­tiers les mots Nava­jos qui ont trait aux rela­tions intrafa­mil­iales (sœur aînée, tante, mère etc) et qui por­tent avec eux la qual­ité d’une affec­tion, et les valeurs tra­di­tion­nelles de sa culture.

Sa poésie se car­ac­térise par le partage avec le lecteur, d’espaces et de « paysages », aus­si bien men­taux que physique­ment réels ou encore mythologiques. Elle réus­sit cela par le biais d’images sai­sis­santes, de rythmes, de sons, et chaque poème laisse à méditer, à digér­er une forme de leçon de vie. Au-delà de la per­for­mance styl­is­tique, au-delà de la richesse de son univers cul­turel, c’est cette pen­sée qui sou­tend le poème à laque­lle, en tant que tra­duc­trice et poète, je suis très sen­si­ble. Le choix des titres des recueils est aus­si remar­quable  parce qu’il donne lieu à plusieurs inter­pré­ta­tions selon les références qu’on y attache, mais deux mots peu­vent résumer sym­bol­ique­ment toute l’expérience d’une jeune poète Nava­jo et représen­ter son his­toire dans le con­texte de la coloni­sa­tion et du géno­cide, sans pour autant en appel­er au pathos. Ain­si Rain Scald, qui sug­gère une pluie brûlante, et qui sait pluie acide,  lais­sant une trace sur la peau, peut évo­quer le déré­gle­ment cli­ma­tique et le déséquili­bre tou­jours plus inquié­tant, avec ce que cela implique pour les espèces vivantes. Cela peut sug­gér­er la mar­que indélé­bile lais­sée par l’avalanche des colons sur le con­ti­nent améri­cain, et cela peut tout sim­ple­ment faire référence à l’histoire, à des sou­venirs racon­tés par les gens de la réserve. Mais toute cica­trice sug­gère aus­si un proces­sus de guéri­son, et c’est cette guéri­son qui est visée, qui est à l’œuvre et qu’il faut aus­si recon­naître dans ce qui est rap­porté dans les livres de Tacey Atsitti.

 

La poète et éditrice primée Tacey M. Atsit­ty lit des extraits de Rain Scald (Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, 2018) et de ses derniers poèmes, depuis Kirt­land, au Nouveau-Mexique.

Ses poèmes Son­net for My Wrist ont été pub­liés pour la pre­mière fois dans Crazy­horse (n° 83, print­emps 2013), et Into Rain dans Lit­er­ary Hub (21 juil­let 2018).

Tacey utilise volon­tiers l’emploi de par­en­thès­es dans ses poèmes, qu’ils soient en prose ou en vers, et cela ajoute un sens comme plus intime, plus pro­fond, à l’ensemble d’une phrase ou d’un vers. Ain­si le titre (At) Wrist, (au) poignet, pré­cise et fait con­verg­er les regards, tan­dis que l’imagination tra­vaille avec le mot poignet. En français on pense : à la force du, tir au, mais aus­si l’endroit qu’on sec­tionne quand on se sui­cide, ou alors un bracelet, une mon­tre …). En anglais on pense à la petite tape (slap on the wrist), on pense à la « writer’s cramp », quand doigts et poignets ne peu­vent plus tenir un cray­on, ou à la frac­ture (to suf­fer a wrist). On peut aus­si enten­dre « at risk », donc une men­ace latente. D’autre part, Tacey aime jux­ta­pos­er des mots qu’on ne voit jamais ensem­ble, ces inven­tions non con­ven­tion­nelles font sur­gir des images et des sons sai­sis­sants, par exem­ple : rain-bead­ed blos­som, où l’on voit une fleur s’épanouir, per­lée des gouttes de pluie résiduelles.

Tacey peut aus­si don­ner une forme inhab­ituelle au poème, lui don­nant un aspect de poésie visuelle. Par exem­ple dans Rain Scald, un poème inti­t­ulé In Strips (en ban­des) est con­sti­tué de trois colonnes et quand on sait l’importance du tis­sage dans la cul­ture Nava­jo, com­ment sont égale­ment, à pro­pre­ment par­ler, tis­sées les his­toires entre elles, his­toires humaines et his­toires de la terre, des ani­maux. Alors, en regar­dant le poème on essaie de com­pren­dre com­ment lire, à la ver­ti­cale ou a l’horizontale, et quelles seraient les cor­re­spon­dances, les dif­férents fils qui s’entrelacent pour faire un poème, et au-delà, pour soud­er une com­mu­nauté. Ce que je com­prends en fil­igrane, der­rière les poèmes, c’est une adresse aux lecteurs, qu’ils veuil­lent bien com­pren­dre et voir qu’en réal­ité, quelque soit la cul­ture, nous sommes tous des êtres humains, que nous faisons les mêmes expéri­ences, et qu’au lieu de don­ner lieu à de la peur, du rejet, ou de la vio­lence, nous devri­ons sur cette base établir des con­nex­ions, des rela­tions, et appren­dre les uns des autres.

Comme de nom­breux autres poètes amérin­di­ens, Tacey M Atsit­ti maîtrise la ver­si­fi­ca­tion occi­den­tale, con­naît l’histoire de la lit­téra­ture, s’en sert pour insuf­fler à ces formes dev­enues canon hégé­monique, les valeurs et la pen­sée pro­pre à sa cul­ture Nava­jo. Le son­net par exem­ple est sou­vent employé. Et Tacey, dans (At) Wrist, a réus­si ce tour de force, dans la troisième par­tie du recueil inti­t­ulé Lac­ing (laçage),  d’écrire un son­net dont cha­cun des qua­torze vers con­stitue la fin de cha­cun des son­nets suiv­ants. Ain­si de poème en poème on suit le fil (lacet) qui assem­ble, qui noue, qui met en avant la notion d’unité chère aux cul­tures amérin­di­ennes, ce que n’a pas man­qué de relever Layli Long­Sol­dier, (voir https://www.recoursaupoeme.fr/un-regard-sur-la-poesie-native-american‑9/) qui, à pro­pos du dernier livre pub­lié de Tacey M ATsit­ti écrit ceci : « (At) Wrist se soulève et ond­ule sous le poids de la perte, de la louange, de la grat­i­tude, de l’intimité, de l’amour et du cha­grin – tout ce qui nous rend humains, à la fois ter­restres et divins – comme un écho perçant du monde naturel. Atsit­ty chante : « Le vent / ne peut emporter qu’une cer­taine par­tie de son chant : / la neige est une béné­dic­tion ; sa couleur / ampli­fie le silence, pour que l’on puisse enten­dre / chaque craque­ment, chaque offrande de soi. » « Je puise ma force dans les clav­icules, les poignets, les veines, les chevilles et la plante des pieds de ce corps humain qui me sou­ti­en­nent avec autant de déli­catesse et de puis­sance que les ruis­seaux, les canyons, les pier­res des glac­i­ers et les troncs d’arbres ». Dans ce livre, je suis touchée par un pro­fond sen­ti­ment d’unité et d’endurance, aujourd’hui comme hier, lorsque « nous nous sommes pré­cip­ités comme la pluie pour nous retrou­ver / le long des crêtes des Chuskas ». Mer­ci, Tacey Atsit­ty, pour ce chœur d’étoiles d’une beauté excep­tion­nelle.» (Les monts Chus­ka, en Nava­jo : Ch’ósh­gai,  for­ment une chaîne longue de 80 km, large de 15km,  située au sud-ouest du plateau du Col­orado, sur le ter­ri­toire de la nation Nava­jo. Leurs plus hauts som­mets cul­mi­nent à près de 3 000 mètres. Cette chaîne s’étend vers le nord-nord-ouest et est tra­ver­sée par la fron­tière entre l’Arizona et le Nouveau-Mexique.)

 

Dans cet épisode de « What if? Why Not? How? », Sal­ly Wiener Grot­ta s’en­tre­tient avec Tacey Atsit­ty, une poète Diné (Nava­jo) qui explore en pro­fondeur son héritage tout en créant une poésie puis­sante qui touche le cœur de cha­cun d’en­tre nous.

En novem­bre dernier (2025), Tacey tra­vail­lait à un man­u­scrit con­stru­it en trois par­ties qui évo­quaient des « mon­stres ». C’est un bes­ti­aire de mon­stres Nava­jos, obéis­sant à la forme de la poésie emblé­ma­tique des XVe, XVIe et XVI­Ie siè­cles avec titre, image et poème, plus des notes en marge. Ce qui est intéres­sant, c’est que dans la cul­ture Nava­jo, les mon­stres sont des créa­tures crées par l’humain, ils sont le fruit de ce qui est apelé dans la mytholo­gie Nava­jo « la sépa­ra­tion des sex­es ». 

Voici trois des poèmes con­fiés par Tacey M Atsit­ti qui font référence aux dits mon­tres. Le pre­mier relate le mythe en lui-même.

Sep­a­ra­tion of Sex­es, Birthing of the Nayee’

Like Eve, Altse Asdza­an was blamed; but instead of tak­ing a chunk out of a piece of fruit, she 
bit down hard and began the argu­ment. She kicked Altse Hasti­in out of their home and rallied 
all the women against their hus­bands. Jini, at least that’s what they say. Soon there­after, the 
men relo­cat­ed to the oth­er side of the riv­er. You’ll be sor­ry, they all shout­ed to their wives as 
they wad­ed into the cur­rent, their hands high above their heads hold­ing satchels of hunting 
equip­ment, plant­i­ng tools, and seeds.

The women did ok that first sea­son. They had the har­vest their hus­bands had left behind and 
plen­ty food in their under­ground food stor­ages. They ate, sang, and danced naked on the 
banks of the riv­er to taunt their hus­bands. The men stripped them­selves of buck­skin and 
exposed them­selves in turn. It’s what they were miss­ing, both sides. This was a time of great 
lone­li­ness and so the men turned to the Naadle­hi and to the warmed liv­er of their kills. The 
women warmed stones in the sun and stripped pieces of cac­ti or oth­er objects. To our 
peo­ple, this was an ugly time, a dark time. Even the ani­mals and deity vis­it­ed The People, 
telling them not mis­use these peo­ple or parts or things.

In truth, they real­ly did miss each oth­er, but women began becom­ing preg­nant from their 
prac­tices of self-abuse. Their bel­lies filled with sor­row and regret— and for their labor they 
gave birth to mon­ster after monster.

Ashamed of their cre­ations and actions, they tried to hide their mon­ster babies, leav­ing them 
in remote places far off, assum­ing they’d starve to death. But they didn’t. The gods allowed to 
them live, to grow up, and to even­tu­al­ly plague the peo­ple of their mothers.

Sépa­ra­tion des sex­es, nais­sance des Nayee’

Tout comme Ève, Altse Asdza­an fut blâmée ; mais au lieu de cro­quer dans un fruit, elle le 
mordit à pleines dents et enta­ma la dis­pute. Elle chas­sa Altse Hasti­in de leur mai­son et rallia 
toutes les femmes con­tre leurs maris. Jini, du moins c’est ce qu’elles dis­ent. Peu après, les 
hommes s’in­stal­lèrent sur l’autre rive. « Vous le regret­terez ! » cri­aient-ils tous à leurs femmes 
en pataugeant dans le courant, les bras lev­és, por­tant des sacs rem­plis d’équipement de 
chas­se, d’outils de plan­ta­tion et de semences.

Les femmes s’en sor­tirent bien cette pre­mière sai­son. Elles avaient la récolte lais­sée par leurs 
maris et des pro­vi­sions abon­dantes dans leurs réserves souter­raines. Elles mangèrent, 
chan­tèrent et dan­sèrent nues sur les rives du fleuve pour nar­guer leurs époux. Les hommes 
se dépouil­lèrent de leurs peaux de daim et se dénudèrent à leur tour. C’est ce qui leur 
man­quait, des deux côtés. Ce fut une péri­ode de grande soli­tude, et les hommes se 
tournèrent vers les Naadle­hi et le foie réchauf­fé de leurs proies. Les femmes chauf­faient des 
pier­res au soleil et dépouil­laient des cac­tus et autres objets. Pour notre peu­ple, ce fut une 
époque affreuse et som­bre. Même les ani­maux et les divinités rendirent vis­ite au Peu­ple, leur 
recom­man­dant de ne pas abuser des per­son­nes, ou de leurs organes ou de leurs choses.

En vérité, ils se man­quaient vrai­ment l’un l’autre, mais les femmes com­mencèrent à tomber 
enceintes à la suite de leurs pra­tiques de mas­tur­ba­tion. Leurs ven­tres se rem­plirent de cha­grin et de 
regrets, et de leurs souf­frances naquirent des mon­stres les uns après les autres.

Hon­teuses de leurs créa­tions et de leurs actes, elles ten­tèrent de cacher leurs enfants 
mon­strueux, en les aban­don­nant dans des lieux reculés, per­suadées qu’ils mour­raient de 
faim. Mais il n’en fut rien. Les dieux leur per­mirent de vivre, de grandir et, finale­ment, de 
tour­menter le peu­ple de leurs mères.

-Jini est l’expression Nava­jo qui se traduit par ils-elles dis­ent, il est dit ain­si, il a été dit. 

-Les noms que se don­nent toutes les dif­férentes nations amérin­di­ennes dans leurs langues sig­ni­fient “Le Peu­ple , c’est-à-dire : “ les êtres humains” (de la riv­ière, des mon­tagnes, des forêts, le vrai peo­ple etc) 

-En langue Diné (Nava­jo) naa-yéé’ (Nay­ee’) se traduit par enne­mi ou dan­gereux. Voir le mythe de Naayéé’ Neizghání, Killer of the Enemies. 

-Le mythe dit aus­si que les bébés mon­stres ne sont pas morts de faim car les ani­maus se sont chargés de les nour­rir. (N.d.T.)

 

La poète et ani­ma­trice d’ate­liers Tacey M. Atsit­ty lit un son­net de Nicholas Fried­man et de nou­veaux textes tirés de son prochain recueil, At Wrist. Poets House.

Le deux­ième poème imag­ine ce que le bébé mon­stre aban­don­né pour­rait dire, ce qu’il ressent, le résul­tat sur sa psy­ché. Le mes­sage glis­sé der­rière le poème, c’est la notion de respon­s­abil­ité. Nos sociétés créent des mon­tres, et nous les mon­trons du doigt, or il serait peut-être mieux avisé d’assumer la respon­s­abil­ité col­lec­tive comme per­son­nelle de ce fruit de nos com­porte­ments, de nos actions, de nos choix, de nos struc­tures men­tales comme poli­tiques, etc. Le but visé dans les cul­tures amérin­di­ennes est l’harmonie, et cette har­monie va de pair avec paix et beauté, c’est ain­si que le peu­ple Nava­jo développe une notion très impor­tante, presque un con­cept philosophique au sens où nous l’entendons en Europe : leHózhó. Pour faire court, il s’agit d’un état de bien-être physique comme spir­ituel qui prend en compte l’interdépendance de toutes choses et en est le résul­tat réus­si,  qui per­met un ordre ter­restre comme cos­mique assur­ant la sérénité, la bien­veil­lance, l’ouverture, la con­fi­ance, l’ancrage et l’appartenance mais aus­si la recon­nais­sance d’une fra­ter­nité-soror­ité à l’échelle planétaire.

Let­ter to the Moth­er Who Left Me           

Atsá Biyáázh, Moon of the Baby Eagles

I’ve nev­er known love
the way I see you give—
That’s not real­ly you,

I often think ; you’re
 fak­ing it. Like you
don’t know how to love

either. My brothers
run­ning around as though
they have a mother

who loves them, who bakes
them corn cakes and cuddles
with them before bed.

Some­times us monsters,
we get together
around a fire

to eat and pass the time,
 shar­ing our lat­est kills
amidst the shadows

danc­ing behind us.
 They’re our mothers
these days—the closest

we have to nurture :
 the flame and kindling
sort. They stay with us,

 but none of us know
the warm burn­ing love
we see in your homes.

Even if we wanted,
 we are incapable
of lov­ing each other.

Call it abandonment
 issues, call it—eating
all our emotions.

Let­tre à la mère qui m’a abandonnée
                 Atsá Biyáázh, Lune des aigles nouveau-nés

Je n’ai jamais con­nu l’amour
comme celui que je te vois donner…
Je pense souvent

 ce n’est pas vrai­ment toi ; tu
fais sem­blant.
Comme si tu ne savais pas aimer

non plus.
Mes frères courent partout
comme s’ils avaient une mère

qui les aime, qui leur prépare
des galettes de maïs et les câline
avant d’aller au lit.

Par­fois, nous autres monstres,
nous nous réunissons
autour d’un feu

pour manger et pass­er le temps,
partageant nos dernières proies
au milieu des ombres

qui dansent der­rière nous.
Ce sont nos mères,
ces temps-ci — celles que nous avons de plus proche

à chérir :
la flamme et le petit bois.
Elles restent avec nous,

mais aucun de nous ne connaît
l’amour ardent qui réchauffe
comme nous le voyons dans vos foyers.

Même si nous le voulions,
nous sommes incapables
de nous aimer les uns les autres.

Appelez ça problèmes
d’abandon, appelez
ça — une dévo­ra­tion émotionnelle.

 

(Les nations amérin­di­ennes ne divi­saient pas l’année en 12 mois, mais en lunes, et chaque lune, selon les peu­ples, por­tait le nom d’un événe­ment car­ac­téris­tique se déroulant au cours de ces qua­tre semaines ; d’où le nom de lune des aigles nou­veaux-nés. N.d.T.)

Le troisième poème nomme deux mon­stres créés par l’envie, l’arrogance, le désir de pou­voir et de dom­i­na­tion, la haine de l’autre dès que cet autre n’accepte pas d’être dom­iné, l’orgueil, bref tout ce que les cul­tures amérin­di­ennes con­sid­èrent comme de vilains défauts, à ne surtout pas encour­ager, et qui mènent à des actes ego­cen­triques, per­vers et cru­els. Cette reine juive (Esther), dev­enue reine des Pers­es (sans faire savoir qu’elle était juive) devient un mod­èle de courage, de sac­ri­fice et d’intelligence, elle met sa vie au ser­vice son peu­ple et déjoue les plans odieux de Haman, le vizir de Xerxès qui, parce que Mar­dochée, cousin d’Esther et juif comme elle, refuse l’autorité tyran­nique d’Haman et refuse de se prostern­er devant lui, décide non seule­ment de tuer Mar­dochée, mais de mas­sacret tous les juifs.  (Esther saura con­va­in­cre Xerxès de la per­ver­sité de Haman et sauvera son peu­ple, la fête de Pourim com­mé­more cette histoire)

She Who was Above All the Women, Went

first as a girl, to the night sky, kneeling,
knuck­les in fer­vor toward desert mountain
after a day among stems & petals :
damask rose and pome­gran­ate flower
med­i­cine, pollen bright on her dark wrists
mur­mur­ing the teach­ings of Mordecai
under her breath, beneath jew­el­ry and cloth—
from a work­ing woman soon to be queen,
from Jew to sav­ior of her kind, our kind-
ness : the small & sim­ple acts of a child
who fol­lowed the path to run­ning water,
who, foot­step by foot­step, arrived to splash
away dust from hands and ankles, to face
her hus­band the king, reach­ing out for him

                                               his gold­en scepter,
                                               a javelin for the monsters
                                               Haman and his wife.

Celle qui était au-dessus de toutes les femmes, alla

d’abord enfant, vers le ciel noc­turne, agenouillée,
les poings ser­rés avec fer­veur, vers la mon­tagne désertique
après une journée par­mi les tiges et les pétales :
rose de Damas et fleur de grenade
médic­i­nales, pollen bril­lant sur ses poignets foncés
mur­mu­rant à voix basse les enseignements
de Mar­dochée, sous bijoux et vêtements —
d’une femme tra­vailleuse à bien­tôt reine,
de Juive à sauveuse de son peu­ple, de notre bonté —
les hum­bles & sim­ples gestes d’une enfant
qui suiv­it le chemin vers l’eau vive,
qui, pas après pas, arri­va pour s’épousseter
des mains aux chevilles, pour faire face
à son époux le roi, elle ten­dit la main vers lui

son scep­tre d’or,
un javelot pour les monstres
que sont Haman et sa femme.

 (voir dans la bible le livre d’Esther, N.d.T.)

Ce qui est fasci­nant, c’est que la poésie de Tacey ATsit­ti, tout en emprun­tant les chemins lit­téraires des canons occi­den­taux, tout en faisant siennes cer­taines bases de la reli­gion chré­ti­enne, nous ouvre aus­si la voie de la « Good Red Road ». Cette route rouge représente un art de vivre enrac­iné dans une sagesse mil­lé­naire, accom­pa­g­née de valeurs et d’enseignements spir­ituels, qui guide les indi­vidus vers une har­monie avec eux-mêmes, avec leur com­mu­nauté, avec leur envi­ron­nement naturel, et au-delà avec le cos­mos. Rouge parce que l’est est asso­cié à la couleur rouge et sym­bol­ise la direc­tion du soleil lev­ant, c’est-à-dire le renou­veau, le réveil, et donc aus­si l’éveil spir­ituel. C’est une façon holis­tique de regarder la place de l’humain et son rôle dans l’univers, c’est une façon de rap­pel­er l’interdépendance de tout élé­ment con­sti­tu­ant cet univers. Ain­si Tacey Atsit­ti, très con­sciente de cette Good Red Road, nous ini­tie aux valeurs de sa cul­ture Diné,  elle nous fait opér­er un change­ment de per­spec­tive et c’est comme si elle nous invi­tait à une hybri­da­tion : pren­dre le meilleur de deux cul­tures au départ et his­torique­ment vécues comme incom­pat­i­bles, pour créer une troisième où la coex­is­tence, le respect et la sol­i­dar­ité seraient pos­si­bles, pour le béné­fice de tous et toutes, dans la paix, la beauté et l’harmonie pour résumer en trois mots les buts à attein­dre selon la cul­ture Nava­jo (Diné) . Je lais­serai le dernier mot de con­clu­sion à Alice Ful­ton (poète améri­caine née en 1952) qui dit àpro­pos de Tacey M Atsit­ti : «  je ne con­nais pas de poètes aujourd’hui dont l’écriture est aus­si mag­nifique ou émou­vante, per­son­ne ne met autant de cœur et d’intelligence sur la page. »

Présentation de l’auteur

Tacey M Atsitty

Le Dr Tacey M. Atsit­ty appar­tient à la tribu Diné et ses clans sont les suiv­ants : elle est Tsé­na­habiłnii (peu­ple de la roche endormie) et née pour Ta’neeszahnii (peu­ple enchevêtré). Son grand-père mater­nel est Tábąąhí (les gens du bord de l’eau) et son grand-père pater­nel est Hashk’áán­hadzóhí (les gens des fruits de yuc­ca alignés) de Cove, en Arizona.

Elle a rem­porté le Wis­con­sin Brit­ting­ham Prize for Poet­ry et a reçu le Louis Owens Award, la Tru­man Capote Cre­ative Writ­ing Fel­low­ship, le Cor­­son-Brown­ing Poet­ry Prize, le Morn­ing Star Cre­ative Writ­ing Award et le Philip Fre­und Prize. Elle est tit­u­laire d’une licence de l’u­ni­ver­sité Brigham Young et de l’In­sti­tute of Amer­i­can Indi­an Arts, d’un mas­ter en écri­t­ure créa­tive de l’u­ni­ver­sité Cor­nell et d’un doc­tor­at en écri­t­ure créa­tive — poésie de l’u­ni­ver­sité d’É­tat de Floride. Ses œuvres ont été pub­liées ou sont sur le point de l’être dans EPOCH, POETRY Mag­a­zine, Keny­on Review Online, Prairie Schooner, swamp pink, Lit­er­ary Hub, New Poets of Native Nations, Leav­ings et d’autres pub­li­ca­tions. Son pre­mier livre s’in­ti­t­ule Rain Scald (Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, 2018) et son deux­ième livre (At) Wrist (Uni­ver­si­ty of Wis­con­sin Press, 2023).

Elle est mem­bre du con­seil d’ad­min­is­tra­tion de Lightscat­ter Press et mem­bre du con­seil con­sul­tatif du Charles Redd Cen­ter for West­ern Stud­ies de l’u­ni­ver­sité Brigham Young.

Elle est pro­fesseure adjointe de créa­tion lit­téraire au Beloit Col­lege, à Beloit, dans le Wis­con­sin, où elle vit avec son mari et leur chiot Peco.

Traduit avec DeepL.com (ver­sion gratuite)

© Crédits pho­tos Dorothy Grand­bois

Bibliographie 

BOOK OF POETRY:

(At) Wrist, Uni­ver­si­ty of Wis­con­sin Press, Novem­ber 14, 2023

Rain Scald, Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, Feb­ru­ary 15, 2018

Recueils de poésie

Amen­or­rhea, Count­ing Coup Press, 2009

POÈMES ET NOUVELLES DANS DES ANTHOLOGIES :

Son­nets from the Amer­i­can: Essays and Poems – “Lac­ing XII” (Uni­ver­si­ty of Iowa Press, May 2022), Jan­u­ary 12, 2023

Plume Anthol­o­gy of Poet­ry – “When the Riv­er Sep­a­rat­ed Us, We,” (Vol. 10, August 1, 2022)

Dark Moun­tain Project (Issue 20) – “In Strips” and “Cal­i­co Prints,” (Autumn 2021)

Blos­som as the Cliffrose: Mor­mon Lega­cies and the Beck­on­ing Wild – “Lac­ing XIV” (Tor­rey House Press June 2021)

Diné Read­er: An Anthol­o­gy of Nava­jo Lit­er­a­ture – “Ach’íí,” “Cal­i­co Prints,” and “In Strips” (Uni­ver­si­ty of Ari­zona Press 2021)

Poet­ics for the More-than-Human World: An Anthol­o­gy of Poet­ry and Com­men­tary – “Lac­ing III” and “Lac­ing VII” (spuyten duyvil press 2020)

When the Light of the World was Sub­dued, Our Songs Came Through: A Nor­ton Anthol­o­gy of Native Nations Poet­ry – “Son­net for My Wrist” and “Rain Scald” (W. W. Nor­ton & Com­pa­ny 2020)

Essays on Amer­i­can Indi­ans & Mor­mon His­to­ry – “Ach’íí’,” “Sun­beam,” “Night­song,” and “Even­song” (Uni­ver­si­ty of Utah Press 2019)

New Poets of Native Nations – “Anasazi,” “Night­song,” “Down­pour,” “Paper Water,” “Ele­gy for Yuc­ca Fruit Woman,” and “Hole Through the Rock” (Gray­wolf Press 2018)

Buf­fa­lo Cac­tus and Oth­er New Sto­ries from the South­west – “To the Whirl­winds” (Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, 2018)

The Mem­o­ry of Stone: Med­i­ta­tions on the Canyons of the West – “Hole Through the Rock” (Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, 2014)

Poets of the Amer­i­can West – “Amen­or­rhea,” “Ałch’a’abaa’,” and “Cal­i­co Prints” (Many Voic­es Press, 2010)

In the Gin­ger Pool: Neo-Mod­­ern Lit­er­a­ture from the Insti­tute of Amer­i­can Indi­an Arts ­- “Alter­na­tive Sun­rise,” “Death of a Mis­sion­ary,” “Extrac­tion,” “first time,” Hand Trem­bler,” “The Rosa Arrange­ment,” and “Sumi‑e.” Prose: “Bend­ing the Stems” (Small Press Dis­tri­b­u­tion, 2009)

Some­where We Read – “Sca­lene Sun­set” (Insti­tute of Amer­i­can Indi­an Arts Pub­li­ca­tion, 2009)

Scrimshaw: Neo-Mod­­ern Lit­er­a­ture from the Insti­tute of Amer­i­can Indi­an Arts – “Singing in Winslow Ceme­tery,” and “Nda’: Ene­my Way.” Prose: “Med­i­cine Woman” One Act Play: “Why I Left” (Small Press Dis­tri­b­u­tion, 2006)

POÈMES ET NOUVELLES DANS DES REVUES/JOURNAUX :

Yel­low Med­i­cine Review – “Dikos Nistaigii” (forth­com­ing Fall/Winter Issue 2025/26)

Arche­ol­o­gy South­west – “Dichin Hasti­in: Tł’oh adaas­gaii, White Spot of Grass” (forth­com­ing 2025)

POETRY – “Achaan aghádaana’ígíí” (Vol. 225, No. 5, 2025)

Resilience: A Voice of the New Agrar­i­an­ism – “When Lady­bugs Return,” (Issue 45, Novem­ber 2024)

Weber: The Con­tem­po­rary West – “Back Pas­sage to Gamar­ra,” “Cir­cle poem,” “Crape Myr­tle,” “IX, It’s Taught that Bad Always Comes,” and “Tesoro,” (Vol. 41, No. 1, 2024)

POETRY North­west – “Nayéé’ Goes to Ther­a­py,” (Vol. XVIII, Issue 1, Sum­mer & Fall 2023)

EPOCH Mag­a­zine – “At Jus­ta Laun­dry” and “Land of Foun­tains,” (Vol­ume 70, No. 2, Fall 2023)

Green Lin­den Press – “The Lady­bug Dish,” Emi­ly Dick­in­son inspired, and “Ground­wa­ter,” (Issue 14, 2022)

Way­fare Mag­a­zine – “Water Course,” (Issue 1, 2022)

POETRY – “Lady Birds’ Evening Meet­ings” and “Things to do with a Mon­ster,” (Decem­ber 2022)

High Coun­try News – “Déél­gééd, the Horned Mon­ster,” (Decem­ber 2022)

Shenan­doah – “Gown Son­net” and “Bird Dance,” (Vol­ume 71, No. 2, Spring 2022)

POETRY North­west – “Ni’Hwiil Biihi Returns,” (Vol­ume XVII, Issue 1, Fall 2022)

Oys­ter Boat Press – “Bináá’ yee Aghání, The Mon­sters That Kill with Their Eyes,” (Vol. 2, 2022)

The Hop­kins Review – “The Night My Wrist Broke,”  (Spring 2021, New Series 14.2)

Mass­a­chu­setts Review – “Ajil (Jin­gle Girl),” (Vol 62, No. 02, Sum­mer 2021)

Dia­logue: A Jour­nal of Mor­mon Thought – “Can­dy Dish Son­net” and “Lac­ing VII,” (Vol. 54, no. 2, Sum­mer 2021)

Yel­low Med­i­cine Review – “Lac­ing I,” “Lac­ing VI,” and “On Inno­cence,” (Fall 2020)

Lit­er­a­ture and Belief – “A Feb­ru­ary Snow,” (Vol­ume 39.2)

EPOCH Mag­a­zine – “Lac­ing IV,” “Lac­ing V,” and “Lac­ing X” (Issue 68.3)

Talk­ing Riv­er – “Lac­ing,” (Sum­mer 2019)

Par­tial Zine – “It’s Hard to Write a Love Poem When,” (Issue 2, Sum­mer 2019)

Raleigh Review– “Marked” and “Last Night, Bleed­ing,” (Vol. 9, No. 1, Spring 2019)

The Arkansas Inter­na­tion­al – “The War­bler,” (Spring 2019)

POETRY – “Lac­ing IX,” “Lac­ing XI,” “Lac­ing XIII,” and “Apri­cot Lament,” (Vol­ume CCXII, Num­ber 3, June 2018)

World Lit­er­a­ture Today – “Still Life Morrow,”(Volume 91 No. 3, May 2017)

Red Ink: Inter­na­tion­al Jour­nal of Indige­nous Lit­er­a­ture, Arts, & Human­i­ties – “Anasazi,” “In Dish­wa­ter,” and “In Strips” (Issue 18.1, Spring 2016)

Yel­low Med­i­cine Review: A Jour­nal of Indige­nous Lit­er­a­ture, Art and Thought – “Twist Implied,” “Queri­do Apu,” and “Alter­nate Sun­rise” (Fall 2014)

Stonecoast Review – “Out of Star” (No. 2, Spring 2014)

bosque (the mag­a­zine) – “On Receiv­ing Rev­e­la­tion” (No. 2, 2013)

Crab Orchard Review – “At Evil Canyon” and “Razed” (Vol. 18, No. 2, Fall 2013)

Crazy­horse – “Chafe” and “Son­net for My Wrist” (No. 83, Spring 2013)

Prairie Schooner – “To the Whirl­winds” (short sto­ry) Vol. 86, No. 4 (Win­ter 2012)    

Amer­i­can Indi­an Cul­ture and Research Jour­nal – “Stem Water,” “Play­ground Notes,” “Daddy’s Women,” and “­­­­­­­­Ach’íí’” (Vol. 36, No. 1)

New Orleans Review – “Awak­en­ing Song,” “At the Rim of Thought,” “Night­song,” “Recur­rent,” “To Gorge,” “Even­song,” and “Snake White, Owl White.” (Vol. 38.1, 2012)

Per­spec­tives – “Chokecher­ry Canyon” and “Leap­ing Ridge” (2011) & “Flight Bridge,” forthcoming

Flori­da Review – “Moth­way,” “S. Influen­za,” and “Cal­i­co Prints” (Win­ter Issue 2010/2011)

Poet­ry In Your Pock­et – “Four­teen Days After Shimá’s Vision” (Cor­nell Pub­li­ca­tion, April 2010)

Poet­ry In Your Pock­et – “Flint Boys, Sky Map” and “S. Influen­za – In Code” (Cor­nell Pub­li­ca­tion, April 2011)

Trib­al Col­lege Jour­nal – “First Nava­jo Shoe Game” (Issue 18.27, 2006)

Eagle’s Eye Mag­a­zine – “Song of a Great Nat’áanii – Shi­másání” (Vol. XXX, No. 2, August 1999)

REVUES/MAGAZINES LITTÉRAIRES EN LIGNE

Chap­ter House Jour­nal – “The Baby Who Sur­vived Being Thrown Out the Wind­shield” and “Ele­gy for My Breath” (August 2025)

Arche­ol­o­gy South­west – “Dichin Hasti­in: Tł’oh adaas­gaii, White Spot of Grass” (forth­com­ing 2025)

Poem-A-Day: Acad­e­my of Amer­i­can Poets– “Coy­ote Sees Him­self in Water,” (Novem­ber 9, 2022)

Leav­ings – “Riv­er Offer­ing,” “Cas­ca­da in the Ear­ly Morn,” “Stormwa­ter,” and “Near Frank Lloyd Wright’s Spring House,”(Fall 2022)

Hair­streak But­ter­fly Review – “Por­trait of the Gray Room,” (Spring 2021)

ZÓCALO Pub­lic Square – “When It Was Time,” (Jan­u­ary 29, 2021)

Utah @125 Lit­er­ary – “Failed Ele­gy for Dob­by the House-Elf” (Jan­u­ary 2021)

Poem-A-Day: Acad­e­my of Amer­i­can Poets– “Riv­er Son­net” (April 23, 2020)

Dis­patch­es Jour­nal – “Lac­ing III” and “Lac­ing XII,” (April 30, 2020)

House Moun­tain Review – “Pol­len­back” (Win­ter 2021)

Con­tra Vien­to – “Lac­ing II” and “Lac­ing VIII,” (Issue 1, Spring 2019)

The Rum­pus – “Sang Over,” (April 9, 2019)

Thalia Mag­a­zine – “A Blood Let­ting” (Issue 3, January/February 2019)

Lit­er­ary Hub – “When Water Came to Me” and “Into Rain,” (July 21, 2018)

Man­dala Jour­nal – “Ele­gy for Yuc­ca Fruit Woman,” “Mon­ster Who Kicks Peo­ple Down the Cliff,” “Ris­ing Song, Ele­gy” and “Scal­ing the Black” (Issue X; May 2014)

Keny­on Review Online – “Vail Her Stal­lion” and “Round Our Wrists” (Win­ter 2013)

As/Us Jour­nal – “Lace Son­net,” “Sons of Carlisle,” “Dilute,” and “Paper Water” (Jan­u­ary 2013)

Drunk­en Boat – “Down­pour,” “Rain Scald,” and “Bone Spur” (Issue 15; Native Amer­i­can Women’s Poet­ry; May 2012)

Talk­ing Stick: Native Arts Quar­ter­ly – “Bur­ial Waves” & “Salt Lick” (Issue 14.2 Apr/May/June 2011)

Drunk­en Boat – “Flint Boys, Sky Map” (Issue 13; First Peo­ples, Plur­al; Feb. 2011)

FICTION

Chap­ter House Jour­nal – “The Man Who Lived with Mon­sters” final­ist for Indige­nous Fic­tion Prize (August 2025)

Buf­fa­lo Cac­tus and Oth­er New Sto­ries from the South­west Anthol­o­gy– “To the Whirl­winds” (Uni­ver­si­ty of New Mex­i­co Press, 2017)

Prairie Schooner – “To the Whirl­winds” (Vol. 86, No. 4, Win­ter 2012)   

INTERVIEWS & PODCASTS

Melody or Witch Pod­cast – forth­com­ing Jan­u­ary 2026

Acad­e­my of Amer­i­can Poets– “Novem­ber 2025 Poem-A-Day Guest Edi­tor Tacey M. Atsit­ty” (Octo­ber 31, 2025)

Weber—The Con­tem­po­rary West –“Poet­ry and the Cul­ture of Mem­o­ry: A Con­ver­sa­tion with Tacey M.Atsitty” (Vol. 41, No. 1, 2024)

Aula Mun­di Cul­tur­al Trav­el Cen­ter Pod­cast – “Let’s Talk About It Any­where in the World #24: Tacey Atsit­ty,” (pub­lished August 7, 2024)

Mil­len­ni­al Review- “Nation­al Native Amer­i­can Month: Tacey Atsit­ty” (Novem­ber 14, 2023)

WORT 89.9 FM Madi­son Book Beat- “Poet Tacey M. Atsit­ty on Risk­ing Your Heart and Being Swal­lowed Up” (Novem­ber 6, 2023)

Anoth­er Tes­ta­ment of Jesus Christ Pod­cast – “2 Nephi 17 – Inter­view with Saanii Atsit­ty” (Jan­u­ary 2020)

Lehi’s Liv­ing Lega­cy Pod­cast – “Inter­view with Tacey Atsit­ty” (Jan­u­ary 2020)

Appar­el for Authors – “Tacey M. Atsit­ty” (Feb­ru­ary 26, 2019)

The Arkansas Inter­na­tion­al – “Inter­view with Tacey M. Atsit­ty” Feb­ru­ary 6, 2019

Brigham Young Uni­ver­si­ty Charles Redd Cen­ter for West­ern Stud­ies Pod­cast – “Tacey M. Atsit­ty – Rain Scald, Poems Writ­ing West­ward” Jan­u­ary 25, 2019

Poets & Writ­ers Mag­a­zine  – “Wilder Forms: Our Four­teenth Annu­al Look at Debut Poets” January/February 2019 Issue

High Coun­try News, “A Poet in the World Who’s Informed by the Land” Vol. 48 No. 9, Novem­ber 12, 2018

POETRY Mag­a­zine Pod­cast, “Tacey M. Atsit­ty reads from ‘Lac­ing’” June 11, 2018

Twen­­ty-First Cen­tu­ry Native Amer­i­can Lead­ers Pod­cast “Writer/Poet: Tacey M. Atsit­ty” Jan­u­ary 2018

Speak­ing of Mar­vels, “Tacey M. Atsit­ty” May 28, 2014

ENREGISTREMENTS AUDIOVISUELS DES LECTURES

POG Arts of Tuc­son Read­ing Series. “Bran­don Shi­mo­da and Tacey M. Atsit­ty” Feb­ru­ary 20, 2021

BYU Charles Redd Cen­ter for West­ern Stud­ies “Tacey Atsit­ty – Read­ings from Rain Scald”  June 6, 2016

Cor­nell Uni­ver­si­ty, “A Musi­cal Evening of Poet­ry fea­tur­ing com­pos­er Joseph Klein” April 15, 2011

Revues

Mor­mon Stud­ies Review. “Tacey M. Atsit­ty, (At) Wrist” By Jes­si­ca B. Dav­en­port (Jan­u­ary 1, 2025)

Amer­i­can Indi­an and Cul­ture Research Jour­nal. “(At) Wrist.” By Cj Jack­son (Vol. 47, No. 23, 2024)

Broad­sided Press. “Broad­sides to Books: Poet­ry of Absence and Song.” By Car­olyn Ogburn (Novem­ber 2, 2019)

15 Bytes: Utah’s Arts Mag­a­zine. “Rain, Salt, Rust: Tacey Atsitty’s Ele­men­tal Songs.” By Hei­di Hart (Feb­ru­ary 10, 2019)

Archi­va­tion Explo­ration: A Jour­nal Brought to You By Texas Tech Uni­ver­si­ty Libraries “Review: Rain Scald by Tacey M. Atsit­ty” By Jas­mine Bai­ley Epstein. (Vol 3, No 2.: Raiders of the Lost Archive) 2018

Traductions

Recours au Poème – “She Who was Above All the Women,” “To the Moth­er Who Left Me,” and “Sep­a­ra­tion of the Sex­es – Cre­ation Sto­ry” (French) 2026

FO Pub­lish­ing “Son­net for My Wrist,” “Round Our Wrists,” “Lac­ing XI,” and “Lac­ing XIII,” (Bul­gar­i­an) forthcoming

Jelenkor: Iro­dal­mi És Művészeti Folyói­rat  –  “Alter­nate Sun­rise,” “Cal­i­co Prints,” and “first time” Jan­u­ary 2014 Issue. (Hun­gar­i­an)

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Béatrice Machet

Vit entre le sud de la France et les Etats Unis. Auteure de dix recueils de poésie en français et deux en Anglais, tra­duc­trice des auteurs Indi­ens d’Amérique du nord. Per­forme, donne des réc­i­tals poé­tiques en col­lab­o­ra­tion avec des danseurs, com­pos­i­teurs et musi­ciens. Pub­liée entre autres chez l’Amourier (Muer), VOIX (DER de DRE), pour les ouvrages bilingues ASM Press (For Uni­ty, 2015) Pour les tra­duc­tions : L’Attente(cartographie Chero­kee), ASM Press (Trick­ster Clan, antholo­gie, 24 poètes Indi­ens)… Elle est mem­bre du col­lec­tif de poètes sonores et per­for­mat­ifs Ecrits — Stu­dio. Par ailleurs elle réalise et ani­me chaque deux­ième mer­cre­di du mois à par­tir de 19h une émis­sion de 55 min­utes con­sacrée à la poésie con­tem­po­raine sur les ondes de radio Ago­ra à Grasse. En 2019, elle pub­lie Tirage(s) de Tête(s) aux édi­tions Les lieux dits, Plough­ing a Self of One’s Own, paru en 2021 aux édi­tions Danc­ing Girl Press, (Chica­go), et TOURNER, petit pré­cis de rota­tion paru chez Tar­mac en octo­bre 2022, RAFALES chez Lan­sk­ine en 2024, SIGNÉ NO-ONE, celle du non, 2025.  
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Sommaires

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