Deux sec­tions tis­sent ce recueil de voix, de musiques et de lumières : Motets et Pour voix seule.

Cet entrelace­ment nour­rit des poèmes où la lumière, celle des élé­ments, des saisons, est capitale.

Le poète perçoit la minéral­ité du monde (en quoi il est proche des images d’un Tarkovsky) et cerne les vir­tu­al­ités du vivant, dans son mutisme, dans son opacité.

Et la musique — nom­bre de références à Bach, Blok, à l’art de la Fugue — dévoile un univers où le regard est essen­tiel, parce qu’il décape, parce qu’il offi­cie dans les marges, révèle le vécu de l’hiv­er, du froid, du “temps fébrile”, la “con­science” même des choses, des voix “dont on se souvient”.

Comme dans “L’Al­pha­bet du monde”, Amedeo Anel­li énonce ses pri­or­ités et ses prérog­a­tives du monde vivant, du chat “gar­di­en du som­meil” au “talus des voies ferrées”.

Ethno­graphe de la lumière et du silence, le poète inscrit son intimisme dans le choeur des éléments.

 

Amedeo Anel­li, Des voix enrobées de silence, Ed. du Cygne, 2023, 52 p., 10 euros. Tra­duc­tion de l’i­tal­ien par Irène Duboeuf.

Présentation de l’auteur

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Philippe Leuckx

Né à Havay en 1955. Etudes de let­tres romanes.
Mem­bre de l’As­so­ci­a­tion des Ecrivains belges.
Cri­tique dans plusieurs revues et blogs (Jour­nal des poètes, Fran­coph­o­nie vivante, Bleu d’en­cre, poez­ibao, Les Belles Phras­es, revue Tex­ture…)

Prix Emma-Mar­tin 2011.

Auteur d’une trentaine de livres et pla­que­ttes de poésie : Une ombreuse soli­tude, Comme une épaule d’om­bres, Le fraudeur de poèmes, Le fleuve et le cha­grin, Touché cœur, Une espèce de tour­ment ?, Rome rumeurs nomades, Selon le fleuve et la lumière, Un pié­ton à Barcelone, Rome à la place de ton nom, D’enfances…

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