Danielle Fournier, Icis, je n’ai pas oublié le ciel

Par |2023-06-06T11:48:57+02:00 6 juin 2023|Catégories : Critiques, Danielle Fournier|

L’ad­verbe au pluriel, qui revient comme un leit­mo­tiv, sig­ni­fie que la nar­ra­trice de ces poèmes occupe nom­bre d’an­gles qui lui per­me­t­tent de vivre en soi, en lieu et place des autres, dans une per­cep­tion aiguë du réel : la place infirme des femmes, les plaies engrangées, le pas­sage du temps.

La voix âpre de ces poèmes en prose n’é­vac­ue pas le cha­grin ni le doute ni la soli­tude ; à rebours, elle met l’être dans l’in­time pos­ture d’un défi à ce qui se déroule, à “ce qui mar­que les choses”.

Le temps nous expose et nous largue, où sommes-nous, dans ce temps dis­ten­du, informe ?

Au “icis” pluriel cor­re­spond le mul­ti­ple des femmes, plurielles, divers­es, dif­férentes qui “enta­ment la lente pro­gres­sion du désir qui se tisse au fil des his­toires” (p.24).

La poète “déshabitée”, “au nom égaré”, pose nom­bre de ques­tions prég­nantes sur sa place, sur l’être, sur le temps (“le monde recom­mence quelques fois”).

Cette poésie, lucide phénoménolo­gie du quo­ti­di­en, enreg­istre les pul­sa­tions entre soi et l’autre du monde : “Les choses ont une âme. Elles por­tent la fragilité du monde”.

Danielle Fournier, Icis, je n’ai pas oublié le ciel, Les Lieux-Dits Cahiers du Loup bleu.

Hymne à la mai­son que l’on porte en soi — regard, réserve, prospec­tion -, le poème de Danielle Fournier illu­mine par ses ques­tion­nements et la beauté des mots qu’ils véhiculent.

Présentation de l’auteur

Danielle Fournier

Danielle Fournier, est une poète, roman­cière et essay­iste québé­coise, née à Mon­tréal le 

Elle a pub­lié en France Pro­jet d’un amour, entre autres choses, occi­den­tal (Bran­des), Dans le roc, la blessure du vent (Aumage) et Je recon­nais la patience de l’ar­bre (Tara­buste). De plus, elle a codirigé l’an­tholo­gie Lignes de métro (VLB édi­teur), qui réu­nis­sait des écrivains de Bel­gique, de France, du Québec et de la Suisse, ain­si qu’un numéro de la revue Estu­aire (Jour de marché) dont le thème était « Le chant des villes », et qui a don­né lieu à un spec­ta­cle à Paris dans le cadre du Print­emps des poètes, en 2006. Plus récem­ment, elle a fait paraître « Rêver Québec » dans la revue L’Ar­bre à paroles (Bel­gique).

Danielle Fournier a par­ticipé à de nom­breux événe­ments en lien avec la poésie au Québec et à l’é­tranger. Elle a été écrivaine en rési­dence à Saorge, en France (au print­emps 2004), poète invitée par le Print­emps des poètes à Grasse et à Saorge (au print­emps 2004 et en 2008) et invitée à la Semaine de la Fran­coph­o­nie à Gênes (tou­jours au print­emps 2004). L’été de la même année, son écri­t­ure a fait l’ob­jet d’une présen­ta­tion d’An­nie Leclerc suiv­ie d’une lec­ture à la Mai­son des écrivains à Paris. Écrivaine invitée en Hon­grie, aux Uni­ver­sités Páz­many Péter, Pilis­ca­ba, Pécs et Szeged (à l’au­tomne 1998, puis en 2004), elle a aus­si enseigné et présen­té son tra­vail en Roumanie, à Iasi, Galati et Kon­stan­za. De plus, elle a été invitée par La Tra­duc­tière, fes­ti­val fran­­co-anglais de poésie dirigé par Jacques Ran­court dans le cadre du Marché de la poésie, au Print­emps des poètes et aux Parvis poé­tiques (été 2005). En 2007, elle a pris part au Fes­ti­val de poésie de Namur et de Bron, puis, à l’au­tomne, elle a pronon­cé une con­férence sur la lit­téra­ture des femmes au Québec à la Tech­nis­che Unive 

Bibliographie

Poésie

  • Les mardis de la pater­nité, ou, Le regard appris, Mon­tréal, Édi­tions Trip­tyque, 1983, 107 p. (ISBN 978–2‑89031–009‑4)
  • Objets, Mon­tréal, Édi­tions VLB, 1989, 107 p. (ISBN 2890053768)
  • Per­son­ne d’autre que l’amour, Mon­tréal, Édi­tions du Noroît, 1993, 68 p. (ISBN 2–89018–252–5)
  • Langue éter­nelle, Mon­tréal, Édi­tions du Noroît, 1998, 71 p. (ISBN 2–89018–404–8)
  • Ne me dis plus jamais qui je suis, Laval, Édi­tions Trois, 2000, 96 p. (ISBN 2–89516–014–7)
  • Dans le roc, la blessure du vent, suivi de, Mon­tréal est une peau de femme, Paris, Aumage édi­tions, 2002, 56 p. (ISBN 2–9517955‑4–8)
  • Poèmes per­dus en Hon­grie, Mon­tréal, Édi­tions VLB, 2002, 148 p. (ISBN 2–89005–811–5 et 9782890058118)
  • Il n’y a rien d’in­tact dans ma chair, Mon­tréal, Édi­tions de L’Hexa­gone, 2004, 85 p. (ISBN 2–89006–720–3)
  • Je recon­nais la patience de l’ar­bre, Saint-Benoit-du-Sault, Tara­buste, 2008, 86 p. (ISBN 978–2‑84587–165‑6)
  • Effleurés de lumière, Mon­tréal, Édi­tions de L’Hexa­gone, 2009, 146 p. (ISBN 978–2‑89006–831‑5)
  • Aban­dons, Mon­tréal, Édi­tions Trip­tyque, 2020, 82 p. (ISBN 9782898010835)

Récits

  • L’Em­preinte, Mon­tréal, Édi­tions VLB, 1988, 127 p. (ISBN 2890053407)
  • Le chant unifié, Mon­tréal, Leméac, Coll. Ici l’ailleurs, 2005, 145 p. (ISBN 2–7609–6513–9)

Nouvelles

  • Celle qui mar­chait sur la pointe des pieds, Mon­tréal, Édi­tions Leméac, 2019, 101 p. (ISBN 9782760947948)

Essais

  • Lec­ture nou­velle de quelques romans québé­cois suivi de Réflex­ion sur la féminité dans le réc­it et de l’Étranger hétérodiégé­tique et homoth­é­tique, Mon­tréal, AQPC, Col­lège Jean-de-Brébeuf, 1995.
  • Dire l’autre, Mon­tréal, Édi­tions Fides, 1988, 68 p. (ISBN 2–7621–2042‑X)

Collaborations

  • De ce nom de l’amour : une sorte d’é­cho et de ver­tige, Danielle Fournier et Louise Coiteux, avec les pho­togra­phies de Daniel Beau­re­gard, Mon­tréal, Édi­tions Trip­tyque, 1965, 107 p. (ISBN 978–2‑920602–02‑1)
  • Lignes de métro, sous la direc­tion de Danielle Fournier et Simone Sauren, Mon­tréal, Édi­tions de L’Hexa­gone, 2002, 203 p. (ISBN 2–89006–676–2 et 9782890066762)
  • Iris, Danielle Fournier et Luce Guil­baud, Mon­tréal, Édi­tions de L’Hexa­gone, 2012, 113 p. (ISBN 978–2‑89006–913‑8)

Prix et honneurs

  • 1993 — Récip­i­endaire : Prix Joseph‑S.-Stauffer
  • 2003 — Récip­i­endaire : Prix Alain-Grand­bois (Pour Per­dus en Hon­grie)
  • 2005 — Final­iste : Prix du Gou­verneur général (Pour Il n’y a rien d’in­tact dans ma chair)
  • 2010 — Final­iste : Le Grand prix Que­becor du Fes­ti­val inter­na­tion­al de la Poésie (Pour Effleurés de lumière)
  • 2010 — Final­iste : Prix du Gou­verneur général (Pour Effleurés de lumière)

Poèmes choi­sis

Autres lec­tures

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Philippe Leuckx

Né à Havay en 1955. Etudes de let­tres romanes.
Mem­bre de l’As­so­ci­a­tion des Ecrivains belges.
Cri­tique dans plusieurs revues et blogs (Jour­nal des poètes, Fran­coph­o­nie vivante, Bleu d’en­cre, poez­ibao, Les Belles Phras­es, revue Tex­ture…)

Prix Emma-Mar­tin 2011.

Auteur d’une trentaine de livres et pla­que­ttes de poésie : Une ombreuse soli­tude, Comme une épaule d’om­bres, Le fraudeur de poèmes, Le fleuve et le cha­grin, Touché cœur, Une espèce de tour­ment ?, Rome rumeurs nomades, Selon le fleuve et la lumière, Un pié­ton à Barcelone, Rome à la place de ton nom, D’enfances…

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