> Georges Drano, Vent dominant

Georges Drano, Vent dominant

Par | 2018-01-26T15:53:11+00:00 23 mai 2015|Catégories : Critiques|

 

Le poète, né en 1936, déjà hono­ré de quelques lignes dans le « Dictionnaire de la poé­sie fran­çaise contem­po­raine  » de Jean Rousselot (Larousse, 1968, p.83 : « « lyrisme amou­reux et pay­san, dont l’imagerie st sou­vent très heu­reuse »), décline lyri­que­ment le vent, sous toutes les espèces, en poèmes de formes diverses (ver­si­fiés, en prose, haï­kus numé­ro­tés…), vrillant l’air, « toute vie dehors » (p.22), racon­tant ce que le vent méchant a pu com­mettre (« Le grand vent tenait la porte fer­mée… » (p.50), ten­tant de le défi­nir, de le clas­si­fier, jouant de lui, jeu de mot, bout d’air (« Serrer le vent de plus près/​ pour s’y hausser/​ avec les mots. », p.55)

Le poète Drano dis­tille mille et une approches de ce don­neur « de coups de griffes » ; puisque « cha­cun a le sien », ce « Vent mal taillé », et comme dans les contes d’enfants, avec l’émerveillement de ceux-ci pour le mys­tère des choses : « Derrière le vent existe-t-il un pays » ?

Une ento­mo­lo­gie du vent par un artiste léger de plume, d’une flui­di­té impa­rable, sans jamais ver­ser dans le conve­nu, non d’une légère gra­vi­té comme le beau qui tombe, comme le juste qu’aggrave le mot.

Un beau livre, qui ne se contente pas de faire constat du réel, mais qui l’interroge sou­vent (« Pouvons-nous entrer/​ dans la blancheur/​ pour ne plus revenir/​ sur nos propres traces ? »)

J’en aime beau­coup ses « Coups de vents », qui closent le volume, tout en l’aérant :

 

Il faut chan­ger de vent
sinon il vous déborde.

 

Ni chas­seur, ni pêcheur le vent
Cueilleur qui laisse pour­rir
sa récolte

 

Au moindre souffle
Est-ce le vent qui cherche
notre ardoise ?

 

mm

Philippe Leuckx

Né à Havay en 1955. Etudes de lettres romanes.
Membre de l’Association des Ecrivains belges.
Critique dans plu­sieurs revues et blogs (Journal des poètes, Francophonie vivante, Bleu d’encre, poe­zi­bao, Les Belles Phrases, revue Texture…)

Prix Emma-Martin 2011.

Auteur d’une tren­taine de livres et pla­quettes de poé­sie : Une ombreuse soli­tude, Comme une épaule d’ombres, Le frau­deur de poèmes, Le fleuve et le cha­grin, Touché cœur, Une espèce de tour­ment ?, Rome rumeurs nomades, Selon le fleuve et la lumière, Un pié­ton à Barcelone, Rome à la place de ton nom, D’enfances…

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