> Nunc n° 33 : sur Joë Bousquet

Nunc n° 33 : sur Joë Bousquet

Par |2018-12-10T23:49:14+00:00 25 août 2014|Catégories : Revue des revues|

La der­nière livrai­son de la revue NUNC, inti­tu­lée en son 33ème numé­ro "revue vivante", est dédiée à la mémoire d'Angelo Giuseppe Roncalli et de Karol Jozef Wojtyla, c'est à dire aux papes Jean XIII et Jean-Paul II.

Que notre époque puisse encore recon­naitre des saints, et ajou­ter à la Légende Dorée, voi­là ce à quoi rendent hom­mage les ani­ma­teurs de NUNC.

Il faut dire que les médias fran­çais nous pol­luent chaque jour avec des faits divers, ins­trui­sant nos esprits par des réqui­si­toires anxio­gènes et des­truc­teurs, et que pen­dant ce temps les chré­tiens se font mas­sa­crer en Irak tan­dis que l'on accepte que des ado­ra­teurs de la pierre noire brisent des sta­tues de la Vierge Marie dans un silence oublieux.

Les médias fran­çais, repré­sen­tés par les hauts repré­sen­tants de l'état, n'acceptent ni les opi­nions chré­tiennes ni les anti­dé­mo­crates musul­mans. Dès lors com­ment trai­ter la pous­sée meur­trière et  conqué­rante verte contre les chré­tiens qui ne méritent que le mépris de la part des consciences laï­cistes ? Eh bien en impo­sant un flux ten­du de focus sur des faits divers.

Ceci est un héri­tage, un héri­tage récent, malaxant la mémoire courte des indi­vi­dus de ce temps et mas­quant l'héritage ancien qui a consti­tué un abso­lu pour notre civi­li­sa­tion.

Lorsque le pape François se déplace à Séoul, 1 mil­lion de chré­tiens se déplacent pour le voir. On vou­drait nous faire croire que le chris­tia­nisme, de par le monde, est en reflux ; qu'il n'intéresse plus per­sonne et n'a plus de part active dans la conscience et le cœur des contem­po­rains.

Propagande. Manipulation. Lavage de cer­veau. Nous sommes bien dans un vaste régime tota­li­taire tra­vaillant à la dé-spi­ri­tua­li­sa­tion de l'humain.

D'aucun diront que le Vatican fait un coup de com' en pro­dui­sant des saints, que le peuple chré­tien, désem­pa­ré, a bien besoin d'un renou­vè­le­ment et de nou­veaux modèles.

Certes, certes, nous pou­vons le voir ain­si.

Mais enfin ce sont deux papes, deux hommes ayant fait exemple au cours de leur vie, deux êtres admi­rés par la com­mu­nau­té chré­tienne, quand on remet la légion d'honneur à l'obscur libraire ayant pré­ten­du­ment appor­té la culture dans une région tel­le­ment peu déve­lop­pée qu'elle connait le plus fort taux d'obtention au bac­ca­lau­réat. Hum…

NUNC, revue vivante, donc.

Ce 33ème numé­ro est consa­cré au poète Joë Bousquet. Un large dos­sier diri­gé par Hubert C. et Jean Gabriel Cosculluela. Tous les poètes connaissent la vie et l'œuvre de Joë Bousquet. Mais tout le monde en a-t-il enten­du par­ler ? Le doute étant de mise, ce dos­sier lui étant consa­cré relève d'une impor­tance majeure.

Bousquet, mobi­li­sé en 14-18, est tou­ché par une balle alle­mande à la colonne ver­té­brale. Il se retrouve para­ly­sé, per­dant l'usage de ses membres infé­rieurs, à vie. Il a 21 ans.

Son uni­vers devien­dra sa chambre aux volets défi­ni­ti­ve­ment fer­més, son lit, les livres et les visites qu'il va rece­voir de toutes part. C'est là qu'il va éla­bo­rer son œuvre géniale.

Les signa­tures de ce dos­sier spé­cial disent l'éminence du poète : Michel Surya étu­diant l'érotique de la langue de Bousquet ; Jean-Luc Nancy, le comé­dien Denis Lavant, Françoise Bonardel se plon­geant dans la cor­res­pon­dance entre Bousquet et Simone Weil (la phi­lo­sophe) ; Bernard Noël fas­ci­né par la chambre légen­daire du poète ; Edith de la Héronnière se concen­trant sur "la nuit à Carcassone", mais aus­si Jean-Pierre Téboul, Paul Giro, Christine Michel, Adriano Marchetti, Olivier Houbert, Alain Freixe, Yolande Lamarain, ain­si que des inédits de Joë Bousquet lui-même, bref, un dos­sier sub­stan­tiel défi­nis­sant l'apport du regard de Joë Bousquet à la langue, à la conscience, à la vision poé­tique. Bravo NUNC, revue vivante, donc.

Plus loin, nous trou­ve­rons des poèmes, dans la par­tie Shekhina, de Bernard Grasset, puis de trois poètes grecs : Olga Votsi, Jeanne Tsatsos et Yorgos Thèmelis, tra­duits par le même Bernard Grasset.

Puis un cahier consa­cré à deux poètes polo­naises contem­po­raines : Ewa Lipska et Krzysztof Siwczyk, intro­duit et tra­duit par Isabelle Macor-Filarska.

Un superbe numé­ro, fai­sant date, témoi­gnage d'un tra­vail de résis­tance dans la grande col­la­bo­ra­tion géné­ra­li­sée.

 

 

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Gwen Garnier-Duguy

Gwen Garnier-Duguy publie ses pre­miers poèmes en 1995 dans la revue issue du sur­réa­lisme, Supérieur Inconnu, à laquelle il col­la­bore jusqu’en 2005.
En 2003, il par­ti­cipe au col­loque consa­cré au poète Patrice de La Tour du Pin au col­lège de France, y par­lant de la poé­tique de l’absence au cœur de La Quête de Joie.
Fasciné par la pein­ture de Roberto Mangú, il signe un roman sur son œuvre, “Nox”, aux édi­tions le Grand Souffle.
2011 : “Danse sur le ter­ri­toire, amorce de la parole”, édi­tions de l’Atlantique, pré­face de Michel Host, prix Goncourt 1986.
2014 : “Le Corps du Monde”, édi­tions Corlevour, pré­fa­cé par Pascal Boulanger.
2015 : “La nuit phoe­nix”, Recours au Poème édi­teurs, post­face de Jean Maison.
2018 : ” Alphabétique d’aujourd’hui” édi­tions L’Atelier du Grand Tétras, dans la Collection Glyphes, avec une cou­ver­ture de Roberto Mangù (64 pages, 12 euros).
En mai 2012, il fonde avec Matthieu Baumier le maga­zine en ligne Recours au poème, exclu­si­ve­ment consa­cré à la poé­sie.
Il signe la pré­face à La Pierre Amour de Xavier Bordes, édi­tions Gallimard, col­lec­tion Poésie/​Gallimard, 2015.

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