Michel Cazenave est un enfant des mon­tagnes. Il grandit dans les fougères, les arbres et les prairies, dont il sent qu’elles sont l’ex­pres­sion ver­ti­cale de la vie. Dans la con­tem­pla­tion de la nature et la com­mu­nion avec elle, il pressent très tôt l’im­por­tance de l’om­bre per­me­t­tant de jouir de la lumière, et la dimen­sion mater­nelle de la Nature. Dans ces prédis­po­si­tions naturelles, c’est à l’ado­les­cence qu’il décou­vre par hasard l’œu­vre pio­nnière de Carl Gus­tav Jung, à laque­lle il vouera une fidél­ité sans faille, avouant que le grand psy­cho­logue lui avait sauvé la vie. Atten­tif aux pou­voirs de la rai­son, mais aus­si doué du sens des rêves, Michel Cazenave a con­stru­it une œuvre où la poésie, dont l’é­ty­molo­gie ren­voie à la capac­ité de créer, de fab­ri­quer, pour­voie aux néces­sités pre­mières et vitales de l’homme égaré dans la moder­nité, comme elle le fit de l’homme de tous les temps. Doué dans de mul­ti­ples domaines – homme de radio, édi­teur, romanci­er, œuvrant pour la trans­dis­ci­pli­nar­ité – c’est d’abord en tant que poète que Michel Cazenave pose son regard sur le monde et sur toute chose vivante. Ce regard de poète, il finit par l’incarner lit­térale­ment par des œuvres poé­tiques dis­crètes, cher­chant dans le Verbe ce que Jung avait for­mal­isé sa vie durant à tra­vers la psy­cholo­gie : le dia­logue avec la pro­fondeur. Ses recueils ont trou­vé leur place dans les cat­a­logues des édi­tions Arma Artis et des édi­tions Rafael de Sur­tis. La chute ver­tig­ineuse ; L’amour, la Vie ; La Bouche ou l’Antre des Nymphes ; Les Cheveux ou le Secret révélé ; Eclats de la lumière ; Pri­mav­era viva ou la vie absolue ; Pri­mav­era ou le tri­om­phe de l’amour ; Méri­di­ens de la Nuit, La nais­sance de l’au­rore, L’Oeu­vre d’or, Mélan­cho­lia, les titres égrenés for­ment un chemin ini­ti­a­tique s‘enfonçant dans la forêt de la vraie vie, où l’obscurité révèle les forces de lumières, où les regards des présences com­pagnes, tapis dans l’ombre et scru­tant le meilleur des pos­si­bil­ités humaines, étoilent de leur éclat les espérances d’amour. Là où il y a la vie, il y a lan­gage. Là ou il y a lan­gage, il y a la Mère Nature enfan­tant et crois­sant. Cette Mère Nature qui est l’un des mul­ti­ples noms de la poésie. C’est cette vision de cos­mos qu’incarne le poète Michel Cazenave.

Les extraits de Prières suivi de Direlle paraîtront en vol­ume au Nou­v­el Athanor en 2014, sous le titre de Laiss­er les mots venir.

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Gwen Garnier-Duguy

Gwen Gar­nier-Duguy pub­lie ses pre­miers poèmes en 1995 dans la revue issue du sur­réal­isme, Supérieur Incon­nu, à laque­lle il col­la­bore jusqu’en 2005.
En 2003, il par­ticipe au col­loque con­sacré au poète Patrice de La Tour du Pin au col­lège de France, y par­lant de la poé­tique de l’ab­sence au cœur de La Quête de Joie.
Fasciné par la pein­ture de Rober­to Mangú, il signe un roman sur son œuvre, “Nox”, aux édi­tions le Grand Souffle.
2011 : “Danse sur le ter­ri­toire, amorce de la parole”, édi­tions de l’At­lan­tique, pré­face de Michel Host, prix Goncourt 1986.
2014 : “Le Corps du Monde”, édi­tions Cor­levour, pré­facé par Pas­cal Boulanger.
2015 : “La nuit phoenix”, Recours au Poème édi­teurs, post­face de Jean Maison.
2018 : ” Alphabé­tique d’au­jour­d’hui” édi­tions L’Ate­lier du Grand Tétras, dans la Col­lec­tion Glyphes, avec une cou­ver­ture de Rober­to Mangù (64 pages, 12 euros).
En mai 2012, il fonde avec Matthieu Bau­mi­er le mag­a­zine en ligne Recours au poème, exclu­sive­ment con­sacré à la poésie.
Il signe la pré­face à La Pierre Amour de Xavier Bor­des, édi­tions Gal­li­mard, col­lec­tion Poésie/Gallimard, 2015.