> Regards sur la poésie française contemporaine des profondeurs (1)

Regards sur la poésie française contemporaine des profondeurs (1)

Par |2018-08-15T11:35:20+00:00 23 octobre 2013|Catégories : Chroniques|

Michel Cazenave est un enfant des mon­tagnes. Il gran­dit dans les fou­gères, les arbres et les prai­ries, dont il sent qu'elles sont l'expression ver­ti­cale de la vie. Dans la contem­pla­tion de la nature et la com­mu­nion avec elle, il pressent très tôt l'importance de l'ombre per­met­tant de jouir de la lumière, et la dimen­sion mater­nelle de la Nature. Dans ces pré­dis­po­si­tions natu­relles, c'est à l'adolescence qu'il découvre par hasard l'œuvre pion­nière de Carl Gustav Jung, à laquelle il voue­ra une fidé­li­té sans faille, avouant que le grand psy­cho­logue lui avait sau­vé la vie. Attentif aux pou­voirs de la rai­son, mais aus­si doué du sens des rêves, Michel Cazenave a construit une œuvre où la poé­sie, dont l'étymologie ren­voie à la capa­ci­té de créer, de fabri­quer, pour­voie aux néces­si­tés pre­mières et vitales de l'homme éga­ré dans la moder­ni­té, comme elle le fit de l'homme de tous les temps. Doué dans de mul­tiples domaines – homme de radio, édi­teur, roman­cier, œuvrant pour la trans­dis­ci­pli­na­ri­té – c’est d’abord en tant que poète que Michel Cazenave pose son regard sur le monde et sur toute chose vivante. Ce regard de poète, il finit par l’incarner lit­té­ra­le­ment par des œuvres poé­tiques dis­crètes, cher­chant dans le Verbe ce que Jung avait for­ma­li­sé sa vie durant à tra­vers la psy­cho­lo­gie : le dia­logue avec la pro­fon­deur. Ses recueils ont trou­vé leur place dans les cata­logues des édi­tions Arma Artis et des édi­tions Rafael de Surtis. La chute ver­ti­gi­neuse ; L’amour, la Vie ; La Bouche ou l’Antre des Nymphes ; Les Cheveux ou le Secret révé­lé ; Eclats de la lumière ; Primavera viva ou la vie abso­lue ; Primavera ou le triomphe de l’amour ; Méridiens de la Nuit, La nais­sance de l'aurore, L'Oeuvre d'or, Mélancholia, les titres égre­nés forment un che­min ini­tia­tique s‘enfonçant dans la forêt de la vraie vie, où l’obscurité révèle les forces de lumières, où les regards des pré­sences com­pagnes, tapis dans l’ombre et scru­tant le meilleur des pos­si­bi­li­tés humaines, étoilent de leur éclat les espé­rances d’amour. Là où il y a la vie, il y a lan­gage. Là ou il y a lan­gage, il y a la Mère Nature enfan­tant et crois­sant. Cette Mère Nature qui est l’un des mul­tiples noms de la poé­sie. C’est cette vision de cos­mos qu’incarne le poète Michel Cazenave.

Les extraits de Prières sui­vi de Direlle paraî­tront en volume au Nouvel Athanor en 2014, sous le titre de Laisser les mots venir.

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Gwen Garnier-Duguy

Gwen Garnier-Duguy publie ses pre­miers poèmes en 1995 dans la revue issue du sur­réa­lisme, Supérieur Inconnu, à laquelle il col­la­bore jusqu’en 2005.
En 2003, il par­ti­cipe au col­loque consa­cré au poète Patrice de La Tour du Pin au col­lège de France, y par­lant de la poé­tique de l’absence au cœur de La Quête de Joie.
Fasciné par la pein­ture de Roberto Mangú, il signe un roman sur son œuvre, “Nox”, aux édi­tions le Grand Souffle.
2011 : “Danse sur le ter­ri­toire, amorce de la parole”, édi­tions de l’Atlantique, pré­face de Michel Host, prix Goncourt 1986.
2014 : “Le Corps du Monde”, édi­tions Corlevour, pré­fa­cé par Pascal Boulanger.
2015 : “La nuit phoe­nix”, Recours au Poème édi­teurs, post­face de Jean Maison.
2018 : ” Alphabétique d’aujourd’hui” édi­tions L’Atelier du Grand Tétras, dans la Collection Glyphes, avec une cou­ver­ture de Roberto Mangù (64 pages, 12 euros).
En mai 2012, il fonde avec Matthieu Baumier le maga­zine en ligne Recours au poème, exclu­si­ve­ment consa­cré à la poé­sie.
Il signe la pré­face à La Pierre Amour de Xavier Bordes, édi­tions Gallimard, col­lec­tion Poésie/​Gallimard, 2015.

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