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Vers l’Autre

Par |2018-08-16T22:24:38+00:00 5 juillet 2012|Catégories : Critiques|

Un recueil au style roman, celui de Florentin Benoit d'Entrevaux, Vers l'Autre. Ce qui émeut d'entrée, c'est la sim­pli­ci­té nue, la pau­vre­té pour­rait-on dire. Dans une époque à la logor­rhée mala­dive, la parole du poète est vête­ment de pau­vre­té consen­tie. Les mots de peu contiennent les traces de la source pre­mière. Poésie empreinte d'humidité, signe d'une eau ancienne que la langue recèle ain­si qu'on pro­tège un tré­sor, comme son intel­li­gi­bi­li­té ini­tiale. D'ailleurs, le mou­ve­ment même du recueil forme retour vers la source. Les poèmes les plus récents ouvrent le chant. 2010. Puis l'on remonte le fil du vers jusqu'en 2005. La navi­ga­tion s'est inver­sée. C'est celle du voyage retour. Les titres des poèmes eux-mêmes viennent clore chaque poème et ce mou­ve­ment semble être celui du film qu'on rem­bo­bine pour recou­vrer la mémoire des images inau­gu­rales, celles qui ini­tièrent la langue. Cette poé­sie n'est pas osten­ta­toire. Elle est humble et évi­dente comme la beau­té de l'aube saluée par les trilles fores­tières. La ver­si­fi­ca­tion est courte, hale­tante, comme cher­chant son souffle dans une marche de longue haleine et cer­taine de son but à atteindre. Chanter. Louer le sublime des choses vues, de celles pres­sen­ties. Une poé­sie du cœur qui bat, une parole de la confiance et de la joie offerte.

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Gwen Garnier-Duguy

Gwen Garnier-Duguy publie ses pre­miers poèmes en 1995 dans la revue issue du sur­réa­lisme, Supérieur Inconnu, à laquelle il col­la­bore jusqu’en 2005.
En 2003, il par­ti­cipe au col­loque consa­cré au poète Patrice de La Tour du Pin au col­lège de France, y par­lant de la poé­tique de l’absence au cœur de La Quête de Joie.
Fasciné par la pein­ture de Roberto Mangú, il signe un roman sur son œuvre, “Nox”, aux édi­tions le Grand Souffle.
2011 : “Danse sur le ter­ri­toire, amorce de la parole”, édi­tions de l’Atlantique, pré­face de Michel Host, prix Goncourt 1986.
2014 : “Le Corps du Monde”, édi­tions Corlevour, pré­fa­cé par Pascal Boulanger.
2015 : “La nuit phoe­nix”, Recours au Poème édi­teurs, post­face de Jean Maison.
2018 : ” Alphabétique d’aujourd’hui” édi­tions L’Atelier du Grand Tétras, dans la Collection Glyphes, avec une cou­ver­ture de Roberto Mangù (64 pages, 12 euros).
En mai 2012, il fonde avec Matthieu Baumier le maga­zine en ligne Recours au poème, exclu­si­ve­ment consa­cré à la poé­sie.
Il signe la pré­face à La Pierre Amour de Xavier Bordes, édi­tions Gallimard, col­lec­tion Poésie/​Gallimard, 2015.

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