Après avoir fondé la revue Le Bateau Fan­tôme, revue dès sa con­cep­tion prévue pour une durée décen­nale à rai­son d’un numéro thé­ma­tique par an, Math­ieu Hil­figer trans­forme le voy­age de ce bateau en mai­son d’édi­tion, por­tant le même nom.

Nous avons joie à bris­er avec lui la tra­di­tion­nelle bouteille de cham­pagne sur la coque de ce navire édi­to­r­i­al, en lui souhai­tant un mer­veilleux voy­age. Créer une mai­son d’édi­tion, par ses pro­pres moyens, voici qui n’est pas rien dans cette époque préférant les pro­jets sans risques et la rentabil­ité maximale.

Le pre­mier ouvrage vient de sor­tir des press­es de l’im­primerie Cor­let, inau­gu­rant la col­lec­tion Vita poet­i­ca. Nous sommes sen­si­bles au choix de la langue latine, qui inscrit délibéré­ment le tra­vail à venir dans un héritage au fonde­ment de notre iden­tité, à nous, les européens de l’ouest et du sud. A l’heure de l’Oc­cu­pa­tion par le sys­tème atlan­tique, ce détail inscrira peut-être le voy­age de ce nou­veau bateau dans la légende.

Ce pre­mier vol­ume con­siste en un entre­tien, se trans­for­mant à mesure de l’échange en dia­logue entre Pierre Dhain­aut et Math­ieu Hil­figer. Ce dia­logue com­mence par deux poèmes, l’un de Dhain­aut, superbe, l’autre d’Hil­figer, non moins écla­tant. Puis vient l’échange, ryth­mé par des ques­tions con­cis­es de Math­ieu Hil­figer à Pierre Dhainaut.

Vont être abor­dés les enjeux thé­ma­tiques de la poésie de Pierre Dhain­aut, qu’Hil­figer con­nait par­faite­ment, et qu’il a cou­tume d’in­ter­roger de façon régulière. Que dit le poète Dhain­aut lorsqu’il par­le de la nuit, de la cham­bre, de l’écri­t­ure, de l’en­fance ? S’en­suit une coulée dans le lan­gage, où nous apprenons que “les poèmes, quels qu’ils soient, sont des protes­ta­tions”. Que “Les poèmes n’ont pas, comme je l’ai cru après bien d’autres, à saccager la langue, ils la réin­ven­tent en la déliant”. Vient ensuite le car­ac­tère alchim­ique de la poésie pour le poète, qui, vivant le poème à l’u­nis­son de sa vie, voit sa vie et son œuvre en même temps trans­for­mées, élevées, selon le rythme secret du proces­sus alchim­ique. Haute con­science que tout poète véri­ta­ble con­nait, et qui place l’Art, l’art du poème, ou l’Art du Poème, comme la seule arme con­tre le Mal.

Dhain­aut affine cette pen­sée : “Peut-il y avoir des poètes ou des lecteurs de poésie stricte­ment nihilistes ? Cer­tains se dis­ent tels, mais ils s’abusent. Ecriraient-ils, liraient-ils s’ils n’é­taient par­cou­rus par un élan qui les dépasse, qui nie, dès qu’ils y cèdent, la mis­ère où ils croient se trouver ?”

Puis cette pen­sée, fon­da­men­tale : “La fidél­ité, la clé. De cette manière d’écrire, est-il insen­sé de dégager un principe de morale applic­a­ble à toutes nos activ­ités ? Si l’écri­t­ure des poèmes se restreignait à son champ, il serait absurde de lui con­sacr­er tant d’efforts”.

Morale. Fidél­ité ren­voy­ant à la foi. Alchimie. Mys­tique. Spir­ituel. Ce pre­mier livre des édi­tions Le Bateau Fan­tôme frappe fort par la puis­sance, dis­crète et hum­ble, des pro­pos de Pierre Dhainaut.

Ce livre, inti­t­ulé De jour comme de nuit, inter­roge en pro­fondeur la présence du noc­turne. Cette nuit peut être spir­ituelle, à l’in­star de Saint Jean de La croix, elle peut être alchim­ique et sor­tir tout être vivant de son cer­cueil sym­bol­ique, elle est aus­si l’o­rig­ine, celle qui nous amène nos rêves et nous relie au cos­mos. Cette nuit, c’est ce que nous com­prenons en fil­igrane dans les pro­pos de Pierre Dhain­aut, est autre chose que le mod­èle des nuits fes­tives que nous sur­vend le chaos con­tem­po­rain. En elle se joue notre pos­si­bil­ité et notre des­tin d’élé­va­tion vers la lumière.

 

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ACTE DE NAISSANCE DES EDITIONS LE BATEAU FANTÔME

 

Le cap­i­taine Math­ieu Hil­figer et son équipage ont l’honneur de vous annon­cer la nais­sance des édi­tions Le Bateau Fan­tôme.

 

Après une décen­nie con­sacrée à la revue éponyme, le Bateau resur­git des brumes à l’aube de 2014 sous la forme d’une mai­son d’édition littéraire.

Son pro­jet édi­to­r­i­al se con­cen­tre sur la ques­tion de la pra­tique même de l’écriture. À tra­vers des textes issus des si rich­es marges de la créa­tion (entre­tiens, rela­tions, textes inso­lites, car­nets, lec­tures, etc.) d’auteurs sou­vent réputés, Le Bateau Fan­tôme cherche à apporter des éclairages orig­in­aux sur la lit­téra­ture et son mou­ve­ment, et en par­ti­c­uli­er sur la poésie, sachant que la poésie habite toute œuvre littéraire.

L’objet par­tic­i­pant à la joie de la lec­ture, Le Bateau Fan­tôme pro­pose des livres beaux et rares, tous conçus et imprimés en France sur des papiers écologiques d’excellence.

www.lebateaufantome.com pro­pose des infor­ma­tions sur les paru­tions, les auteurs et les col­lec­tions, et une bou­tique en ligne.

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C’est un livre d’amitié, celle qui rassem­ble Pierre Dhain­aut et Math­ieu Hil­figer, qui inau­gure ce nou­veau voy­age. Dans De jour comme de nuit, les deux poètes ont voulu pouss­er plus avant leurs dis­cus­sions, engagées depuis longtemps dans leur cor­re­spon­dance, à pro­pos d’un thème qui leur est cher et dont la poé­tique est inépuis­able : celui de la nuit. Après deux poèmes échangés, un long entre­tien à la langue savoureuse con­duit le lecteur à tra­vers un par­cours poé­tique et philosophique pas­sion­nant, qui nous mon­tre, à par­tir d’une réflex­ion intime sur la créa­tion lit­téraire, les deux vis­ages de la nuit : ses ombres, mais aus­si ses faveurs.

« Chaque soir, en me couchant, je me sou­viens de cet enfant que la nuit effrayait, qui se répé­tait mag­ique­ment : “Noire, la nuit, non, la nuit n’est pas noire”, afin que ses rêves se trans­for­ment en voy­ages. Au réveil, l’hiver, il obser­vait les car­reaux recou­verts de givre, il y voy­ait des fleurs ou des voiles qui scin­til­laient : la nuit noire avait été blanche, le jour était son œuvre, com­ment en aurait-il douté ? […] Les poèmes ne décrivent pas plus qu’ils ne racon­tent, ils évo­quent, ou par leur genèse même ils ont à revivre ce qui se passe au tré­fonds, en secret, pen­dant la nuit. La nuit nous pré­pare. » (Pierre Dhainaut)

De jour comme de nuit, un entre­tien précédé de deux poèmes, par Pierre Dhain­aut et Math­ieu Hil­figer, ISBN 978–2‑9546757–0‑1, 70 pages, 14€.

Ce livre a été conçu et fab­riqué en Nor­mandie sur les papiers de créa­tion 100% recy­clés Con­queror Verg­er blanc glac­i­er et Rives Shet­land extra blanc.

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édi­tions Le Bateau Fan­tôme  —  Math­ieu Hil­figer édi­teur  —  41, rue de l’abbé Sey­er  27620 Bois Jérôme Saint-Ouen  —  06 76 24 34 52

lebateaufantome@gmail.com  —  www.lebateaufantome.com (site et bou­tique en ligne sécurisée)  —  SIRET 510 154 933 00020

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Math­ieu Hil­figer / Le Bateau Fan­tôme  —  41, rue de l’abbé Sey­er  —  27620 Bois Jérôme Saint-Ouen

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À paraître aux édi­tions Le Bateau Fan­tôme :

·      Philippe Jac­cot­tet, Au col de Larche, avec une lec­ture de Jean-Marc Sourdillon

·      Yves Bon­nefoy, entre­tien sur la ques­tion du livre, avec une pré­face de Pierre Dhainaut

et d’autres encore…

 


[1] 14€ + 2,45€ de frais de port. (Ajouter 1€ de frais de port par exem­plaire supplémentaire).

 

 

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Gwen Garnier-Duguy

Gwen Gar­nier-Duguy pub­lie ses pre­miers poèmes en 1995 dans la revue issue du sur­réal­isme, Supérieur Incon­nu, à laque­lle il col­la­bore jusqu’en 2005.
En 2003, il par­ticipe au col­loque con­sacré au poète Patrice de La Tour du Pin au col­lège de France, y par­lant de la poé­tique de l’ab­sence au cœur de La Quête de Joie.
Fasciné par la pein­ture de Rober­to Mangú, il signe un roman sur son œuvre, “Nox”, aux édi­tions le Grand Souffle.
2011 : “Danse sur le ter­ri­toire, amorce de la parole”, édi­tions de l’At­lan­tique, pré­face de Michel Host, prix Goncourt 1986.
2014 : “Le Corps du Monde”, édi­tions Cor­levour, pré­facé par Pas­cal Boulanger.
2015 : “La nuit phoenix”, Recours au Poème édi­teurs, post­face de Jean Maison.
2018 : ” Alphabé­tique d’au­jour­d’hui” édi­tions L’Ate­lier du Grand Tétras, dans la Col­lec­tion Glyphes, avec une cou­ver­ture de Rober­to Mangù (64 pages, 12 euros).
En mai 2012, il fonde avec Matthieu Bau­mi­er le mag­a­zine en ligne Recours au poème, exclu­sive­ment con­sacré à la poésie.
Il signe la pré­face à La Pierre Amour de Xavier Bor­des, édi­tions Gal­li­mard, col­lec­tion Poésie/Gallimard, 2015.