Erkut Tokman est l’une des figures artistiques les plus polymorphes à avoir émergé de la Turquie contemporaine. Poète international multilingue, traducteur, éditeur, et artiste de la performance et des arts visuels, il a vécu et travaillé à Londres, Milan, Istanbul et Bucarest, et réside actuellement à Ostrava, en République tchèque, où il poursuit un Master en Arts Intermédiaires à l’Université. Explorateur passionné des poétiques mondiales, ses poèmes, traductions et critiques littéraires sont largement publiés dans des revues internationales de premier plan, notamment The Poetry Review, World Literature Today, New Humanist, Poetry Buenos Aires, Dear Vaccine (Wick Poetry Center Anthology), Poets for Science, Escape into Life, Poets of London (en ligne), PEN/Opp de Suède et la revue du PEN Italien. Sa poésie a également été diffusée sur la station de radio nationale italienne, RAI 3.
Erkut Tokman est l’auteur de neuf recueils de poésie — intégrant à la fois la poésie visuelle et expérimentale — et a traduit cinq anthologies complètes depuis l’italien, le roumain et l’anglais. En 2019, il a remporté le Prix de traduction pour la poésie du ministère italien de la Culture pour un ouvrage préfacé par Evgueni Evtouchenko et illustré par Adonis. Il est également lauréat des prix de poésie Salvatore Quasimodo (Jaci) et Messina Città d’Arte. Tout au long de sa carrière, il a réalisé des entretiens avec des figures littéraires de renom telles qu’Orhan Pamuk, Joyce Carol Oates, Adonis, Aslı Erdoğan, Burhan Sönmez, Milo De Angelis, Alice Notley, etc.
Profondément influencé par l’hermétisme italien, le mysticisme soufi, le modernisme européen et les vastes traditions poétiques anglo-saxonnes et américaines, sa voix singulière s’inspire de lignées de maîtres tels que W.B. Yeats, Walt Whitman, Emily Dickinson, T.S. Eliot et Nâzım Hikmet, et est ancrée dans des mouvements comme Garip, İkinci Yeni… Parallèlement à son écriture et sa pratique artistique allient les pratiques classiques et les vecteurs numériques, allant de la vidéo d’art aux installations mixtes sur acrylique, utilisant des objets du quotidien qui prennent appui sur ses études sur le théâtre menées au Royaume-Uni au mime corporel d’Étienne Decroux, il a présenté des performances en direct lors de festivals internationaux de premier plan, notamment au Poetry Café de Londres et au Malamut Performance Art Festival. Il est membre actif d’Exiled Writers Ink (Royaume-Uni) et du PEN (Italie, Turquie), où il a siégé au sein du Comité des écrivains emprisonnés.
Erkut Tokman. © Versopolis.
Poésie & Langage visuel
Tout d’abord, je vous remercie pour cette interview et pour l’intérêt que vous portez à mon parcours artistique et littéraire. C’est un honneur de répondre à vos questions, et en particulier à cette première question, à la fois puissante et riche de sens. Vos observations et vos interprétations de « O’nun Şiirleri » sont d’une grande justesse, et je les apprécie profondément.
À mon avis, un poète doté de mon aura et de mon tempérament a besoin d’une liberté totale pour repousser et élargir les limites de l’écriture contemporaine comme de l’écriture classique, dans toutes leurs dimensions. Cela est d’autant plus vrai lorsque l’on vit dans un pays où la poésie contemporaine reste prisonnière de certains préjugés et demeure fortement attachée à la tradition — bien davantage qu’en Europe, où la nouveauté est souvent réduite à une simple imitation des élans de la tradition poétique occidentale.
Ces limites, ces préjugés et ces obstacles m’ont poussé à aller au-delà des frontières de la poésie contemporaine traditionnelle. Ils m’ont conduit à faire évoluer mon travail de manière beaucoup plus radicale que la plupart des poètes turcs contemporains. Ainsi, chaque nouveau recueil que j’ai publié au fil des années a constitué une nouvelle étape, ouvrant à chaque fois un espace poétique et un mode d’expression différents de ceux qui l’avaient précédé.
En ce sens, mon cinquième livre, « Lupoc », peut être considéré comme un tournant. Il a constitué une œuvre de transition vers une poésie visuelle et radicalement expérimentale. J’y ai fait de la ponctuation un élément central et, dans une moindre mesure, utilisé des matrices mathématiques, des formules chimiques et certains symboles, afin de déconstruire et de reconstruire la syntaxe.
Mon objectif était d’élargir visuellement le champ sémantique et syntaxique de la langue. Pour vous donner un exemple concret, une ligne de Lupoc dit ceci : « Alfred Hitchcock : Ceci n’est pas une pipe Lupoc René Magritte. » En une seule ligne, cette formule fait s’effondrer le montage cinématographique du modernisme, la subversion conceptuelle du surréalisme et l’autoréférentialité du postmodernisme, et positionne ainsi Lupoc comme une nouvelle étape qui s’inscrit dans leur héritage tout en cherchant à le dépasser.
Cette démarche a ouvert la voie à une évolution ultérieure vers un style qui est, comme vous l’avez souligné, presque totalement dépourvu de texte : minimaliste dans le langage et maximaliste dans la visualité. Certaines pages présentent des déformations ou des constructions conceptuelles non linguistiques, volontairement dérangeantes, qui bousculent les habitudes de lecture et de compréhension du lecteur. Elles créent une imagerie visuelle à partir de ce que je conceptualise et que j’appelle les « particules atomiques de la langue » : une notion propre à ma démarche, qui désigne spécifiquement les signes de ponctuation et les symboles que j’utilise comme unités élémentaires de cette écriture.
Par rapport à « Lupoc », « O’nun Şiirleri » pousse cette démarche encore plus loin. La série utilise ces « particules atomiques » pour créer une imagerie visuelle conceptuelle proche des arts visuels. Naturellement, l’étape suivante de mon parcours poétique et artistique m’a conduit vers l’art numérique.
Puisque vous venez d’un pays comme la France, qui possède une immense tradition de poésie expérimentale et visuelle depuis la Seconde Guerre mondiale, et qui a joué un rôle majeur dans la littérature européenne et mondiale au cours de cette période, je pense que vous comprendrez aisément ma démarche. Mon parcours poétique s’est nourri de cet héritage intellectuel. C’est sur ces fondations que j’ai construit ma propre imagerie artistique, authentique et indépendante — une imagerie qui prend racine en Anatolie et dans les régions qui l’entourent — les Balkans, le Caucase, le Moyen-Orient, etc. — tout en établissant des ponts avec les traditions littéraires et artistiques européennes et mondiales.
Saussure a posé le principe selon lequel l’écriture est secondaire par rapport à la parole. Derrida a renversé ce postulat, ouvrant la voie à une conception de l’écriture visuelle comme langage à part entière. Barthes, quant à lui, a montré que la forme du texte se recompose dans l’acte de lecture. Parallèlement, les maîtres de l’avant-garde — de Mallarmé et Apollinaire à Cummings, en passant par les pionniers dadaïstes comme Hugo Ball et Kurt Schwitters, qui ont dépouillé les mots jusqu’à leur essence graphique — ont mis ces idées en pratique, faisant de la forme visuelle du poème un sens à part entière.
Cette remise en question de la frontière entre le verbal et le visuel est profondément ancrée dans l’histoire de l’art, et tout particulièrement dans le dadaïsme et le surréalisme. En tant que fervent admirateur de René Magritte, j’ai créé ce langage visuel en partant notamment de ce qu’il a intitulé La Trahison des images (Ceci n’est pas une pipe), que je considère comme une forme de trahison du lecteur par le langage lui-même.
Ma propre poésie s’inscrit dans cette lignée. Elle cherche à créer son propre langage visuel et son propre alphabet, tout en poussant plus loin l’héritage de ces maîtres et en l’ouvrant à de nouvelles possibilités.
Par conséquent, pour répondre à la dernière partie de votre question, « O’nun Şiirleri » est fondamentalement une synthèse des trois pistes que vous évoquez. Il s’agit à la fois d’une critique radicale des conventions contemporaines, d’une libération de l’imagination du lecteur par l’acte de réécriture, et de l’émergence d’un nouveau langage visuel propre à l’ère numérique.
Le réparateur de cœurs, d’Erkut Tokman, Festival Malamut 2024. © Versopolis.
Collaboration interdisciplinaire
La série Dadadairies constitue ma première œuvre d’art visuel et interdisciplinaire, développée en quatre volumes. Elle repose sur un entrelacement étroit entre textes poétiques et politiques et imagerie visuelle. Son concept fondateur s’appuie sur une double méthodologie rigoureuse : soit l’utilisation de photographies préexistantes représentant les œuvres de mes collaborateurs, soit la déconstruction et la recomposition d’images visuelles sélectionnées à partir de différents motifs.
Ce paysage visuel est ensuite associé à des archives textuelles de type ready-made, recueillies aléatoirement sur Internet et correspondant aux jours et aux mois précis de la chronologie historique du mouvement Dada, de 1916 à 1923. Tandis que les années historiques du dadaïsme demeurent fixes et servent d’ancrage conceptuel, je parcours ces différentes dates afin de composer une chronologie textuelle d’événements politiques, artistiques, sociaux et environnementaux majeurs.
Pour chaque volume, j’ai choisi une question sociopolitique urgente comme sujet central — les droits des femmes, le pacifisme face à la guerre ou encore les droits de l’enfant, par exemple — afin de construire une sorte de journal visuel et textuel multidisciplinaire. Je juxtapose ces archives chronologiques à des images visuelles sous lesquelles je compose des textes poétiques et littéraires qui viennent souligner le thème central de chaque volume.
Chaque numéro s’achève par un poème dada final, conçu dans la plus pure tradition dadaïste selon une technique de découpage et de collage de phrases, inspirée des collages de journaux réalisés à l’époque. Le texte devient ainsi lui-même un matériau visuel, soumis aux mêmes opérations de fragmentation, de déplacement et de recomposition que les images.
Sur les plans créatif et politique, ce processus fonctionne comme une réécriture manifeste de l’histoire. Dans Dadadairies 3, par exemple, j’ai collaboré avec plusieurs sculpteurs roumains de renommée internationale, issus de la lignée artistique de Constantin Brâncuși, parmi lesquels Mircea Roman, Adrian Pîrvu, Mihai Balko et Judit Balko.
Dans le quatrième volume, consacré aux droits de l’enfant, j’ai élargi ce dialogue transnational en réalisant de courtes interviews avec des enfants de plus de douze pays répartis sur plusieurs continents. Je leur ai posé une seule et même question portant sur leurs droits. Dans ce même volume, afin de souligner l’importance de l’éducation musicale dans le développement individuel et la conscience sociale de l’enfant, j’ai également fait intervenir des artistes lyriques — professeurs et sopranos — originaires de Roumanie et des États-Unis.
En définitive, en transcendant les frontières géographiques et disciplinaires — entre la voix, la sculpture, la photographie et la poésie —, Dadadairies transforme l’œuvre finale en une archive vivante et collective, où se rencontrent le traumatisme historique et l’activisme contemporain.

La traduction comme création
Tout d’abord, je vous remercie de me présenter comme un traducteur majeur de la poésie roumaine et italienne. En tant que poète multilingue, je me suis consacré corps et âme aux langues et aux cultures des pays où j’ai vécu et travaillé. La Roumanie et l’Italie en font partie, mais je dois également citer le Royaume-Uni et la République tchèque, où je réside actuellement.
Pour moi, il ne s’est jamais agi d’un simple voyage à travers différents espaces géographiques, mais d’une immersion directe dans leur littérature, leur poésie, leurs modes de vie, leurs coutumes, leurs traditions culinaires, leur nature et, par-dessus tout, leur population. Le fait de vivre au sein de ces milieux littéraires et de nouer des liens étroits avec leurs acteurs culturels m’a progressivement conduit vers la traduction poétique, au fur et à mesure de mes progrès linguistiques au fil des années.
Je dois également avouer que, bien que je n’aie jamais vécu en France, j’ai eu l’occasion de visiter plusieurs villes françaises à de nombreuses reprises. Mes études de français, notamment à l’Institut français et chez Berlitz, ont nourri mon profond attachement à votre langue.
En réalité, mon approche multiculturelle et multilingue de l’existence trouve son origine dans ma ville natale, Istanbul. J’ai grandi dans l’atmosphère cosmopolite, multilingue et multireligieuse de Heybeliada (Halki), l’une des îles des Princes d’Istanbul. Cet héritage de l’enfance et de la jeunesse s’est profondément enraciné en moi et a orienté mon destin vers une exploration permanente de cultures et de villes différentes — un voyage qui se poursuit encore aujourd’hui et qui, sans doute, m’accompagnera jusqu’à mon dernier souffle.
Naviguer entre les langues romanes, l’anglais et ma langue maternelle, le turc, à travers la lecture, l’écriture et la traduction, a façonné en moi une perspective à la fois plus vaste et plus solide sur la littérature et le monde.
En tant que lecteur passionné de poésie du monde entier, je me suis épris de nombreux grands poètes qui ont éclairé mon propre parcours. La traduction poétique est incontestablement l’un des exercices les plus exigeants qui soient, car elle impose au traducteur de saisir l’imagerie, la structure, l’aura et la cadence intérieure propres à chaque créateur.
Traduire d’une langue source vers sa langue maternelle demeure toujours préférable et, en tant que locuteur natif du turc, c’est naturellement la pratique que je privilégie. Cependant, même si la traduction vers une langue étrangère exige une maîtrise exceptionnelle et une grande agilité linguistique, il m’arrive, en de rares occasions, de m’y essayer également.
Je conçois l’art de la traduction comme un pont jeté entre deux paysages grammaticaux distincts. Plus profondément, il exige une transformation globale des émotions, des formes, de la langue vivante et des structures poétiques, qu’elles soient anciennes ou modernes. Il faut s’imprégner de la biographie du poète, de son contexte sociopolitique, ainsi que des fondements historiques et philosophiques de son époque.
En définitive, la traduction n’est pas un exercice de mimétisme mot à mot, mais une interprétation conceptuelle exigeante : il s’agit de passer d’une structure sémantique et d’une syntaxe à une autre, tout en préservant l’imagerie, les sonorités intérieures et les jeux de langage. Au fond, on recrée le poème dans une autre langue, presque comme un acte de clonage artistique.
Il faut accepter que, si certaines qualités du texte original sont inévitablement perdues, de nouvelles valeurs esthétiques peuvent apparaître dans la langue d’arrivée. Un grand traducteur cherche ainsi un équilibre harmonieux, en réduisant autant que possible l’écart entre ce qui est perdu et ce qui est gagné.
À ce jour, j’ai traduit six livres publiés — cinq recueils de poésie et une pièce de théâtre — à partir de trois langues, tandis que trois autres recueils de poésie sont actuellement en attente de publication.
Le couronnement de ces années d’engagement est venu en 2019, lorsque j’ai remporté le Prix de traduction du ministère italien de la Culture pour un ouvrage préfacé par Evgueni Evtouchenko et illustré par des calligraphies d’Adonis — deux figures majeures de la poésie mondiale, Adonis résidant d’ailleurs à Paris. Certaines autorités considèrent ce prix comme l’une des quatre distinctions de traduction les plus importantes au monde. Pour ma part, je reste humblement reconnaissant, quelle que soit la place que l’on choisisse de lui accorder.
Mon expérience de la traduction s’est également enrichie au cours des années où j’ai présidé l’Académie interculturelle de poésie et de traduction de Turquie. Nous y avons organisé des ateliers internationaux en collaboration avec plusieurs institutions européennes de premier plan, telles que l’Institut français d’études anatoliennes (IFEA), NORLA (Norwegian Literature Abroad) et le département de traduction de l’Union des écrivains roumains.
J’ai également participé activement, en tant que traducteur, à des ateliers universitaires consacrés à la traduction poétique à l’Université de Boğaziçi à Istanbul. J’y ai partagé mon expérience lors de rencontres professionnelles avec des étudiants et collaboré avec leurs associations et clubs universitaires. J’ai aussi participé à des séminaires consacrés à l’art de la traduction à l’Université de Mersin.
Toutes ces expériences ont considérablement élargi ma compréhension de ce que signifie traduire la poésie.
Erkut Tokman and Sabine Schiffner — Imprisoned Between Black and White. © Versopolis.
Poésie-performance & le corps
Ma démarche de performance est née de mes études théâtrales à Londres, que j’ai ensuite approfondies à Bucarest et à Istanbul. J’ai eu le privilège de me former auprès de figures majeures du théâtre physique, notamment auprès de représentants de la deuxième génération issue de l’enseignement d’Étienne Decroux, tels que Claire Heggen (Théâtre du Mouvement, Paris), Denise Boulanger (L’École de Mime, Québec) et Geraldine Stephenson, ancienne enseignante de la Laban School et metteuse en scène pour la Royal Shakespeare Company.
J’ai également participé à différents ateliers de danse moderne, notamment auprès de membres des compagnies de Merce Cunningham et de Marie Rambert. Ces expériences m’ont appris à considérer mon propre corps comme une forme d’art à part entière. Decroux, en particulier, a exercé sur moi une influence déterminante et a durablement façonné ma conception de la performance. Je continue aujourd’hui à intégrer ces différentes traditions théâtrales ainsi que ces influences multidisciplinaires dans mon travail, comme autant de composantes essentielles de ma pratique.
Le mouvement AÇIK ŞİİR (Poésie ouverte) est né pour répondre à un profond manque de pratiques performatives dans la poésie turque. Fondé à İzmir avec trois autres poètes, je lui ai donné son nom et j’en ai rédigé le premier manifeste. Pendant cinq ans, ce mouvement a contribué à dynamiser la poésie turque, donnant lieu à de nombreuses performances publiques et interdisciplinaires qui ont fait naître des textes, des poèmes, des installations ainsi que des prises de position militantes et politiques.
AÇIK ŞİİR était fondamentalement une rébellion contre la récitation passive du texte. Le mouvement reposait sur une action collective et directe dans l’espace public, privilégiant le passage du mouvement au texte plutôt que du texte au mouvement. Il a rapidement pris une dimension internationale, rassemblant plus de quarante membres à travers le monde et réunissant des artistes issus de disciplines variées — peintres, musiciens, caricaturistes, mais aussi simples citoyens.
Par exemple, le groupe de rock amateur italien et antifasciste Umarells a rejoint le mouvement. J’ai réalisé avec eux une performance dans le métro de Milan ainsi qu’en studio, mêlant slam poétique et rock autour d’un poème de Nâzım Hikmet.
Parallèlement à cette activité collective, j’ai toujours poursuivi une pratique indépendante de la performance, en présentant mon travail dans différents lieux et festivals internationaux. Cela comprend notamment des performances de solidarité en faveur d’écrivains emprisonnés, comme İlhan Sami Çomak, une performance au Poetry Café de Londres, ainsi que « Mr. Cosmos », une performance de science-fiction présentée au festival LitVest en Roumanie et réinterprétant la scène de l’interrogatoire du film Alphaville de Jean-Luc Godard.
J’ai également créé « DarkPerformance », une performance réalisée dans l’obscurité totale au sein d’une librairie d’İzmir. Aujourd’hui, cette recherche sur la performance trouve un prolongement dans mes études de master à l’Université d’Ostrava. Au cours des trois dernières années, en République tchèque et en Pologne, je me suis produit dans des festivals importants tels que Malamut, Prague Micro et Oko Nie Śpi à Bydgoszcz, ainsi que dans des institutions comme la GVUO (Galerie des Beaux-Arts d’Ostrava) et la Nibiru Art Gallery.
Dans la conception classique, la performance est souvent réduite à une interprétation théâtrale du texte par le geste et le mime, venant soutenir ou prolonger l’expression du poète — parfois avec l’appui de la musique ou de la danse. Pour moi, cependant, l’art de la performance n’a pas besoin du texte : c’est plutôt le texte qui peut avoir besoin de l’acte somatique du corps pour se recréer.
À l’image de ma poésie visuelle, qui réduit le texte écrit à presque rien, mes performances utilisent elles aussi très peu de mots. Par exemple, lors de ma performance à Bydgoszcz, les seules paroles prononcées étaient « take it ». Je construis principalement mon langage corporel à travers le mime et le travail physique du corps, en exprimant ma vision à l’aide d’objets, de tissus et d’installations spécifiques.
Cette démarche entretient une proximité particulière avec le cinéma de Béla Tarr : dans le silence, le corps commence à parler au-delà des limites du langage. Tout comme les objets possèdent une présence presque vocale et menaçante dans son chef‑d’œuvre Le Cheval de Turin, où la réalité matérielle semble parler plus fort que n’importe quel dialogue, mes performances donnent au corps, aux tissus et aux installations le rôle de personnages silencieux qui murmurent leur propre récit.
L’espace scénique et le public lui-même entrent alors dans un dialogue silencieux avec le performeur. C’est précisément ce que la page écrite ou le texte classique ne peuvent pas faire de la même manière. Alors que la récitation traditionnelle risque de réduire le public au rôle de consommateur passif d’un sens déjà constitué, l’art de la performance vient bousculer ce confort.
Par l’action somatique directe, il transforme les spectateurs en penseurs actifs et en interprètes. Mon travail performatif ouvre ainsi un vaste espace de liberté interprétative, transformant le public, de simples récepteurs, en co-créateurs essentiels de l’événement artistique.


L’Expressionnisme Archétypal
Mon intégration au mouvement de l’Expressionnisme Archétypal — notamment à travers ma série d’art numérique en cinq pièces, « O’nun Rüyası » (Le Rêve de la troisième personne), et ma série en huit pièces, « O’nun Müziği » (La Musique de la troisième personne) — marque une évolution décisive dans mon parcours créatif. Ces œuvres constituent les derniers chapitres exclusivement numériques de « O’nun Şiirleri ». Je les ai volontairement exclues de la version imprimée du livre afin qu’elles puissent exister en ligne, avant qu’elles ne trouvent leur aboutissement dans ma première exposition personnelle, « ZenZem », présentée à la Galerie Jama d’Ostrava en 2025.
Le mouvement de l’Expressionnisme Archétypal a été fondé et théorisé par l’éminent peintre et écrivain roumain Constantin Severin. Je l’ai découvert par l’intermédiaire de Manrico Murzi, le légendaire poète italien voyageur, avec qui je partageais une profonde admiration pour Giuseppe Ungaretti. Par la suite, Severin et moi nous sommes rencontrés à Bucarest et à İzmir, où il a donné plusieurs conférences importantes consacrées à cette nouvelle frontière artistique.
Comme l’explique Severin, ce mouvement s’inscrit dans ce qu’il appelle un « Troisième Paradigme », situé précisément entre le figuratif et l’abstrait. Il s’appuie fortement sur les archétypes psychologiques de Carl Jung ainsi que sur le concept d’atemporalité, afin de redécouvrir la mémoire collective de l’humanité à travers les formes de notre vie intérieure et les traces laissées par les civilisations lointaines.
Ses caractéristiques fondamentales — la précision structurelle, l’utilisation de formes géométriques pour exprimer des mystères humains qui résistent à toute traduction, ainsi que la création d’un espace visuel à la fois ancestral et futuriste — entrent en profonde résonance avec ma conception de l’art numérique.
Dans mes créations numériques, j’utilise des configurations géométriques abstraites et symétriques pour construire l’illusion d’un espace-temps infini. Par la répétition, la transformation, puis la déformation et la recomposition de ces formes à la fois archétypiques et futuristes, mon travail absorbe et réinterprète certaines des influences historiques du futurisme, du surréalisme et du cubisme.
Bien que j’abandonne toute figuration traditionnelle, j’introduis également des objets physiques du quotidien dans mes œuvres matérielles : des branches, des pierres, du sable ou du bois viennent ainsi prendre place au sein de compositions en peinture acrylique et d’installations autonomes.
Mon exposition « ZenZem » prolongeait précisément cette exploration de la nature humaine à travers les dimensions mystiques, méditatives et chamaniques de la terre. Le bouddhisme zen constituait l’un des principaux ancrages spirituels de l’exposition. J’avais notamment installé au centre de la galerie un véritable « arbre à vœux », construit à partir de branches d’arbres.
À l’image de mon travail performatif, mes expositions sont résolument interactives. Je rejette le format passif de la galerie traditionnelle et transforme l’espace d’exposition en une véritable arène performative. L’exposition commence en réalité dans la rue, dans la ville ou même chez soi, avant l’arrivée du visiteur, et se poursuit longtemps après son départ sous la forme d’une expérience qui continue à vivre et à se transformer.
En dépouillant le langage de son vocabulaire conventionnel, aussi bien dans mes poèmes visuels que dans mon art numérique, je m’appuie sur ce que je définis comme mes « particules atomiques » : les signes de ponctuation, les matrices et formules chimiques ainsi que les symboles mathématiques.
Dans le contexte du Troisième Paradigme de Severin, ces signes cessent d’être de simples éléments typographiques. Ils deviennent des archétypes atemporels, un alphabet structurel capable de communiquer un sens humain profond au-delà des mots.
Par la répétition récursive de ces formes abstraites, j’élargis, j’anime et je fais évoluer l’œuvre au-delà de la surface cartésienne, statique et bidimensionnelle. Je cherche ainsi à projeter directement le public dans les troisièmes et quatrièmes dimensions, où s’ouvre un espace de liberté interprétative totale.
POÈME OUVERT. Performance n° 5, Nâzım Hikmet !
Engagement thématique
L’artiste et le poète sont les témoins indispensables de leur époque, inextricablement liés aux environnements politiques, sociaux et naturels de leur société. Mon art reflète toujours les deux faces d’un même miroir : le Chaos du monde immédiat et l’Ordre du Cosmos. Dans mon univers créatif, le Chaos se manifeste par une protestation viscérale, une rébellion radicale et un acte de témoignage lucide. Mon livre Lupoc constitue, sans l’ombre d’un doute, une manifestation à la fois poétique et sociale, appelant le lecteur contemporain à une action individuelle et urgente. Ce langage visuel trouve sa filiation dans l’alphabet symbolique de Paul Klee, tandis que mes conceptions de la performance entrent directement en résonance avec le concept de « sculpture sociale » de Joseph Beuys, pour qui « chaque être humain est un artiste ». Cette volonté de briser les hiérarchies élitistes s’inspire également de la démarche radicale d’humanisation du Caravage, qui représentait le sacré à travers les visages et les corps des gens ordinaires. Dans ce champ turbulent de la révolte politique, ma voix poétique s’inscrit dans la tradition de la résistance humaniste de Nâzım Hikmet, faisant résonner les tensions du monde à travers un cri farouche en faveur de la dignité humaine. La forme radicale peut, en elle-même, constituer un acte de résistance.
Cette philosophie fait directement écho à mon parcours de militant de terrain. Dès mes années universitaires, lorsque je jouais dans des pièces engagées de Bertolt Brecht et de Sermet Çağan, je n’ai cessé de lutter contre les forces antidémocratiques et l’oppression politique. Plus tard, j’ai élargi cet engagement à la défense des écrivains emprisonnés, en travaillant activement au sein du Comité des écrivains emprisonnés (WiPC) du PEN turc et en participant à des conférences internationales, à des campagnes de solidarité ainsi qu’à des témoignages devant les tribunaux. J’ai également pris part aux campagnes internationales en faveur de la liberté du poète kurde İlhan Sami Çomak, injustement incarcéré depuis plus de trente ans. Mon engagement éditorial s’est également traduit par la publication d’entretiens avec des auteurs persécutés et exilés, tels qu’Aslı Erdoğan et Burhan Sönmez, dans des tribunes importantes comme PEN Oppdu PEN suédois et la revue du PEN italien. Par ailleurs, mon engagement en faveur de la mémoire et des droits humains s’est concrétisé par ma participation, en tant que membre du conseil consultatif, au projet du Musée des droits de l’homme de Roboski, en Turquie, qui a reçu un prix.
Une véritable urgence politique doit se manifester à travers un langage artistique hautement conscient et rigoureux. Le corps possède son propre alphabet — tout comme l’alphabet visuel ou textuel — et le performeur comme l’écrivain se doit de le créer : c’est là un principe fondamental que j’ai hérité de la lignée de grands maîtres tels qu’Étienne Decroux. En déployant cette sensibilité corporelle et esthétique, j’explore également l’autre face du miroir : l’Ordre (Cosmos). Cette quête intérieure d’un équilibre dans un monde fracturé fait écho au voyage spirituel du Siddhartha d’Hermann Hesse, qui traverse les tempêtes du monde extérieur pour découvrir le rythme unificateur du cosmos. Mon exposition la plus récente, « ZenZem », invite le public à cultiver sa tranquillité intérieure à travers des environnements artistiques méditatifs, tandis que ma performance « Heart Repair Man » appelle le spectateur à identifier activement son cœur brisé au sein d’une matrice sociale elle-même meurtrie, afin de le réparer par l’intermédiaire physique du performeur. Cette recherche de la paix intérieure comme forme souveraine de résistance s’inspire des pratiques méditatives du Bouddha et de la poésie spirituelle de Mevlana Jalaluddin Rumi. Se tourner vers l’intérieur pour y cultiver l’ordre n’est donc pas une fuite passive du monde, mais peut constituer l’acte de défi le plus radical qui soit.

L’entretien littéraire comme forme artistique
J’aborde l’entretien littéraire non comme un acte journalistique passif, mais comme un médium de création autonome et une forme d’archéologie textuelle. Mon instinct d’intervieweur me pousse à plonger dans les mondes intérieurs, singuliers et souvent inexplorés de ces créateurs afin d’en exhumer des facettes encore inconnues du grand public. Ce processus n’est cependant jamais un simple miroir ni un reflet passif : il constitue un acte délibéré visant à transformer une voix créative et évocatrice en un instrument de solidarité urgente. Mon objectif est de faire entendre ces voix auprès du public, notamment face aux violations systémiques des droits humains, aux dérives antidémocratiques, à la censure et aux mesures déshumanisantes qui visent les écrivains. En ce sens, l’entretien devient une forme de manifeste collaboratif.
Pour un écrivain turc évoluant entre plusieurs cultures et traditions littéraires, être celui qui pose les questions revient également à inverser le regard traditionnel. Historiquement, les écrivains issus de contextes non occidentaux ou politiquement turbulents sont souvent ceux que l’Occident interroge, catégorise et analyse. En assumant le rôle d’intervieweur au sein de tribunes majeures telles que World Literature Today, The Poetry Review, PEN Opp et la revue du PEN italien, je cherche à subvertir cette dynamique en apportant une perspective transculturelle qui me permet de dialoguer d’égal à égal avec des figures aussi remarquables qu’Orhan Pamuk, Joyce Carol Oates, Adonis, Aslı Erdoğan, Burhan Sönmez, Alice Notley, Slobodan Dan Paich, Milo De Angelis, Manrico Murzi et Knut Ødegaard [2, 3].
Naviguer entre ces différents médiums des champs littéraire et artistique constitue une expression essentielle de ma passion et de mon instinct créatif. Je trouve une profonde liberté dans cette fluidité, malgré les difficultés réelles qu’implique le fait de se perdre parfois dans un océan créatif sans fin. Loin de renoncer à quoi que ce soit, je constate au contraire que chaque discipline nouvelle vient enrichir les autres. La traduction, l’édition, la performance, les arts visuels, la nouvelle, l’entretien et, au cœur de tout cela, la poésie, fonctionnent pour moi comme des ondulations à la surface de l’eau : des cercles concentriques qui s’élargissent, se croisent et s’entrelacent. Ils font écho à l’agitation constante de nos paramètres intérieurs et extérieurs, évoluant dans une harmonie organique qui rappelle la magie et le mystère infinis de la suite de Fibonacci.
Cette pratique interconnectée constitue une composante essentielle de ce que je considère comme une conscience en expansion, une force que je m’efforce constamment de développer, d’approfondir et d’élargir en moi-même. Qu’il s’agisse de traduire un vers, de performer en silence ou d’interviewer un écrivain de renommée internationale, je suis toujours à la recherche de ces figures extraordinaires dont les triomphes inattendus, les découvertes singulières ou les épreuves personnelles les plus profondes ont contribué à transformer notre expérience humaine collective.
Erkut Tokman – L’alphabet de la liberté — À propos d’İlhan Sami Çomak.
L’avenir de la poésie visuelle à l’ère numérique
L’intersection entre la poésie et l’ère numérique constitue un point de fusion hautement instable — un dilemme énigmatique dans lequel la technologie agit à la fois comme un berceau stellaire du progrès humain et comme une matrice d’aliénation profonde. La numérisation a indéniablement permis un accès sans précédent à la connaissance, une communication instantanée et l’émergence de vastes espaces consacrés à l’expression de soi. Pourtant, cette transition rapide a également engendré une contre-tension dévastatrice : une forme d’encapsulement collectif et tragique de l’humanité dans une cage numérique faite d’images manufacturées, de capsules vidéo et d’archétypes visuels préprogrammés. Ce qui me préoccupe fondamentalement dans cette transformation, c’est la dévaluation progressive de la liberté absolue de l’art, de l’écriture et de l’expression humaine. À travers la manipulation algorithmique, la désinformation systémique et l’iconisation artificielle, le paysage numérique dicte de manière insidieuse la façon dont l’humanité pense, regarde et perçoit le réel. Alors que les outils numériques se développent à une vitesse vertigineuse, notamment à travers la robotisation et l’intelligence artificielle, nous devons nous demander avec une lucidité sans concession si nous élargissons réellement nos horizons ou si nous ne faisons que décorer les barreaux de notre propre prison technologique.
Les outils numériques ne peuvent véritablement repousser les frontières de la poésie visuelle que lorsqu’ils sont utilisés comme des instruments de déconstruction profonde, et non comme de simples dispositifs de fabrication d’images passives. Si l’artiste se contente d’employer des logiciels pour produire des visuels lisses et décoratifs, la poésie risque de se dissoudre dans une simple illustration numérique, dépouillée de son noyau ontologique. Mon appel à l’élaboration d’un nouveau langage visuel consiste précisément à construire des archétypes visuels à la fois résistants et universels, qui ne restreignent ni ne détournent la compréhension humaine, mais qui, au contraire, la libèrent de ses chaînes. C’est dans cette perspective que j’ai ouvert une voie que je considère comme inédite dans la création textuelle et visuelle, en développant mon propre genre conceptuel de poésie visuelle calligraphique. Un alphabet visuel radical doit affronter la grille numérique en fracturant son code prévisible.
Cette nécessité de contester activement le contrôle systémique des récits a également nourri ma participation au sommet fondateur Sommet du prix Nobel : Vérité, confiance et espoir, organisé à Washington, D.C., par l’Académie nationale des sciences et la Fondation Nobel. En prenant part directement aux réflexions menées lors d’événements de recherche associés, notamment ceux organisés avec l’Université de Stanford et le Center for an Informed Public de l’Université de Washington, j’ai acquis la conviction que la lutte contre la désinformation mondiale rejoint, à un niveau fondamental, la lutte pour la préservation d’une conscience artistique authentique.
Quel que soit le médium — qu’il s’agisse d’un vers imprimé dans Lupoc, d’une performance physique et silencieuse dans Mr. Cosmos ou d’une matrice numérique complexe dans Dadadairies — ce qui demeure irréductiblement poétique dans mon travail est l’activation de la conscience humaine. Le noyau poétique n’est lié ni à une page physique ni à un écran d’ordinateur ; il réside dans cette étincelle cinétique capable de provoquer un éveil critique du subconscient. Ce fil poétique relie l’ensemble de mes séries visuelles, conceptuelles et numériques, notamment O’nun Rüyası (Le Rêve de la troisième personne), O’nun Müziği (La Musique de la troisième personne), Babil Kulesi (La Tour de Babylone) et ma Poésie Visuelle Calligraphique brute.
L’art et la littérature doivent constamment lutter contre tout concept ou système de pouvoir qui cherche à entraver notre progression. En naviguant dynamiquement entre l’héritage des grands maîtres qui m’ont précédé et les possibilités encore inexplorées de l’avenir, mon langage visuel universel cherche à libérer la perception sensorielle humaine de la cage numérique. L’élément poétique irréductible réside finalement dans la préservation de nos valeurs humaines fondamentales : la liberté absolue et non censurée de l’imagination humaine, cette capacité à trouver sa propre paix intérieure et son propre ordre au sein du chaos qui nous entoure.
Worms and Rapunzel d’Erkut Tokman. © Versopolis.
Présentation de l’auteur
- Habiter entre les langues — Rencontre avec Erkut Tokman - 6 septembre 2026
- Ce territoire sous la peau — entretien avec Claudine Bohi - 6 mai 2026
- Une maison pour la Poésie 5 : la Maison de Poésie — Fondation Emile Blémont - 6 mars 2026
- Dans la murmuration du monde — Rencontre avec Béatrice Bonhomme - 6 mars 2026
- Les Mardis littéraires de Saint-Sulpice - 6 mars 2026
- Poétique du mouvement : corps et langue chez Denis Lavant - 6 mars 2026
- Ecrire au monde — Être : entretien avec Claude Ber - 6 janvier 2026
- L’Intranquille n°28 - 6 janvier 2026
- Place de la Sorbonne n°14 - 6 janvier 2026
- Point de chute, cabane semestrielle pour poèmes en chantier — n°10, printemps 2025 - 6 janvier 2026
- Entre Plovdiv et le monde : Rencontre avec Anton Baev - 6 novembre 2025
- Archéologie du présent : entretien avec Guillaume Métayer - 6 novembre 2025
- Quand on me pose la question : entretien avec Ghislaine Lejard - 6 septembre 2025
- Philippe Tancelin, Ces mots sans chair - 21 mai 2025
- Jean-Paul Gavard-Perret, Peau d’Anne - 6 mai 2025
- Ce qui reste, le ressac numérique d’une poésie en partage - 6 mai 2025
- Terre à ciel : constellations pour une poésie d’aujourd’hui - 6 mai 2025
- Francopolis : la poésie en archipel - 6 mai 2025
- La passe-frontière des étoiles : Rencontre avec Cécile Oumhani - 6 mai 2025
- Au fil des mots : Rencontre avec Catherine Pont-Humbert - 6 mars 2025
- Gabriela Mistral : voix une et pluri-elles - 6 janvier 2025
- Les Cahiers de Tinbad : interview avec Guillaume Basquin - 6 janvier 2025
- Modern Poetry in Translation : Un pont entre les langues et les cultures - 6 janvier 2025
- Antoine Loriant, provençale - 6 novembre 2024
- Revue Ce qui reste, revue de poésie contemporaine - 6 septembre 2024
- Salah Al Hamdani : de Bagdad, il reste le poème - 30 août 2024
- Le Bruit des mots n°4 : Regrd sur la Poésie Nativ American — Entretien avec Béatrice Machet - 6 mai 2024
- Contre-Allées, revue de poésie contemporaine, Sommaire 48, Automne 2023 - 6 mai 2024
- Gong, revue francophone de haïku, n°81, octobre — décembre 2023 - 6 mai 2024
- Entretien avec Abdellatif Laâbi - 6 mai 2024
- Bluma Finkelstein, la leçon suprême - 6 mai 2024
- Par-dessus la guerre, la poésie : entretien avec Gili Haimovich - 6 mai 2024
- Sandra Santos, Du Portugal au Brésil… En silence - 6 mars 2024
- Les couleurs du poème : entretien avec Germain Roesz - 6 mars 2024
- Une maison pour la Poésie 4 : La Péninsule — Maison de Poésie en Cotentin : entretien avec Adeline Miermont Giustinati - 6 mars 2024
- ANIMAL — POÉSIE D’AUJOURD’HUI | HIVER 2023 - 6 mars 2024
- Revue A L’Index n°48 - 6 mars 2024
- DOC(K)S, la Revue : Entretien avec François M. - 6 mars 2024
- IN PRINCIPIO ERAT VERBUM. UKRAINE : LA POÉSIE EN GUERRE - 6 mars 2024
- Escales des Lettres : un printemps permanent ! - 6 mars 2024
- Paul Vidal, Mélodie des Villes et des temps, petit recueil - 6 mars 2024
- Poésie et philosophie : des amants terribles — Entretien avec Philippe Tancelin - 6 janvier 2024
- Nous avons perdu Michel Cosem, ne perdons pas Encres Vives ! Rencontre avec Eric Chassefière - 6 janvier 2024
- Entretien avec Pascal Boulanger — La philosophie, on devrait, pour bien faire, ne l’écrire qu’en poème. Ludwig Wittgenstein - 6 janvier 2024
- Poésie et philosophie, une Traversée du silence — entretien avec Jean-yves Guigot - 6 janvier 2024
- La chaosthétique d’Edouard Glissant : entretien avec Aliocha Wald Lasowski - 6 janvier 2024
- La philosophie pense la poésie, la poésie pense la philosophie : entretien avec Guillaume Métayer - 6 janvier 2024
- Le Salon de la Revue : pour sa 34ème édition ! - 6 novembre 2023
- La poésie, le Scriptorium, la paix… FAIRE PAROLE ENSEMBLE ! Entretien avec Dominique Sorrente - 6 novembre 2023
- Dans le corps irrésolu du poème : entretien avec Francis Coffinet — Le bruit des mots n°4 - 1 novembre 2023
- Rencontre avec Cécile Guivarch : De la terre au ciel - 30 octobre 2023
- Revue OuPoLi — Entretien avec Miguel Ángel Real - 29 octobre 2023
- Anne-Laure Lussou, Quelques… tiens (extraits), suivi de Plus loin que nos paupières - 28 octobre 2023
- Laurence Lépine, Affleurements ( extraits) - 28 octobre 2023
- Narges Mohammadi remporte le prix Nobel de la paix - 8 octobre 2023
- Pinar Selek, Lettre ouverte contre horizon fermé - 6 septembre 2023
- Revue, en ligne ! Terres de Femmes - 6 septembre 2023
- Revue, en ligne ! Ubu - 6 septembre 2023
- Cécile Oumhani, Les vivants et les morts - 5 septembre 2023
- BÉATRICE BONHOMME, une couronne sur les genoux - 5 septembre 2023
- Une voix pour la liberté : Somaia Ramish - 5 septembre 2023
- Revue, en ligne ! Poèmes - 5 septembre 2023
- Claude Ber : Célébration de l’espèce — l’insoumission irréductible du poème - 5 septembre 2023
- Rencontre avec Fawzia Zouari : Écrire par dessus les frontières - 5 septembre 2023
- Questions à Claude Ber - 6 juillet 2023
- Avis de naissance ! Carabosse, une nouvelle revue de poésie - 6 juillet 2023
- Machinations pour un dernier opus : FPM hors série - 6 juillet 2023
- L’Intranquille fête ses dix ans - 6 juillet 2023
- Ilse au bout du monde - 6 juillet 2023
- Valéry Meynadier, Le Dit d’Eurydice - 21 juin 2023
- hélas! au berceau : entretien avec Matthieu Limosino - 6 mai 2023
- Les Mots nus : entretien avec Rouda - 6 mai 2023
- Le Bruit des mots n°3 — Entretien avec Alain Marc : la trans-mission de la littérature - 6 mai 2023
- La Traductière, Revue internationale de poésie et art visuel, n°39 - 5 mai 2023
- Enseigner la poésie : un éveil au silence — entretien avec Géry Lamarre - 5 mai 2023
- Appel’action pour une trans-mission du poëme : entretien avec Julien Blaine - 2 mai 2023
- Gwen Garnier-Duguy, Livre d’or - 22 avril 2023
- Dato Magradze, La Terre féconde - 6 avril 2023
- Verso de printemps : Ombre et lumière ! - 20 mars 2023
- Radu Bata, Le Blues Roumain, Anthologie implausible de poésies - 20 mars 2023
- À la racine de la Terre : une poétique — Entretien avec Régis Poulet - 5 mars 2023
- Spered Gouez, l’Esprit sauvage, n°28/31ème année : L’Incertitude pour principe - 3 mars 2023
- Reha Yünlüel, à travers les images… - 6 janvier 2023
- Autour des éditions Unicité - 5 janvier 2023
- Poésie is not dead : Réanimation poétique jusqu’à nouvel ordre ! Entretien avec François M. - 5 janvier 2023
- Machinations pour un dernier opus : FPM hors série - 5 janvier 2023
- Une maison pour la Poésie 1 : Annie Estèves — Maison de poésie Jean Joubert de Montpellier - - 5 janvier 2023
- Lili Frikh, Tu t’appelles comment et autres poèmes - 6 novembre 2022
- Robert Lobet : les Éditions De La Margeride, lieu du poème - 4 novembre 2022
- Du Livre Pauvre au Livre d’Artiste : la poésie visuelle de Ghislaine Lejard - 4 novembre 2022
- Avis de naissance ! Carabosse, une nouvelle revue de poésie - 4 novembre 2022
- Revue Contre-allées — revue de poésie contemporaine, n°46, automne 2022 - 4 novembre 2022
- Bernard Dumerchez, quarante ans de livres pour l’éternité - 3 novembre 2022
- Les livres d’artistes des éditions Transignum : du manuscrit au palimpseste - 31 octobre 2022
- La ponctuation, du point final au point d’infini : entretien avec Eric Poindron. - 4 septembre 2022
- Muriel Couteau Mauger, L’Amie - 26 août 2022
- Mariela Cordero, Transfigurer est un pays que tu aimes - 26 août 2022
- Numéro d’été : Best off des pages que vous avez aimées durant cette année 2021/2022 - 6 juillet 2022
- Le Japon des Chroniques du çà et là n°18 - 6 juillet 2022
- Charles Pennequin est dedans le poème même - 6 juillet 2022
- La Revue des revues - 2 juillet 2022
- La revue Voix n°6 - 2 juillet 2022
- Le Marché de la Poésie d’après : rencontre avec Vincent Gimeno-Pons - 1 juillet 2022
- Poésie syrienne, Mon corps est mon pays - 1 juillet 2022
- Un printemps en poésie chez Gallimard : Etienne Faure, Anna Ayanoglou, Daniel Kay - 21 juin 2022
- La Revue des revues - 21 juin 2022
- Isabelle Lévesque, Je souffle, et rien - 6 juin 2022
- Les revues, du papier à la toile - 5 mai 2022
- La poésie a pour demeure les sculptures d’italo Lanfredini - 5 mai 2022
- Femmes de parole, paroles de femmes - 4 mai 2022
- Une Ent’revue‑s avec André Chabin - 3 mai 2022
- Le Printemps des Poètes : l’éphémère immuable - 5 mars 2022
- Nohad Salameh, Baalbek les demeures sacrificielles - 5 mars 2022
- I Vagabondi n°2 — Revue de création des deux rives de la Méditerranée - 5 mars 2022
- Charles Pennequin, du vivant extrêmophile au devenir des poètes-poissons - 4 mars 2022
- Francopolis, 170ème Édition : Janvier-Février 2022 - 21 février 2022
- Ara Alexandre Shishmanian, Orphée lunaire, Mi-graines - 20 février 2022
- Davide Napoli, Les Ombres du vide - 6 février 2022
- Jean-Luc Favre Reymond, Petit traité de l’insignifiance - 21 janvier 2022
- Claude Ber, Mues — Le bruit des mots n°1 - 6 janvier 2022
- Ian Monk, oulipien dans la forme - 5 janvier 2022
- La revue Voix n°6 - 5 janvier 2022
- Jeanine Baude, Les vagues lui appartiennent - 28 décembre 2021
- Jean-Luc Favre Reymond, Les Versets kaoniques, Journal I - 4 décembre 2021
- Le Marché de la Poésie d’après : rencontre avec Vincent Gimeno-Pons - 6 novembre 2021
- Portulan bleu n°36 - 6 novembre 2021
- La poésie, En ce siècle cloué au présent - 5 novembre 2021
- Charles Pennequin est dedans le poème même - 6 septembre 2021
- Autour des éditions Unicité : Etienne Ruhaud et Eric Dubois - 6 septembre 2021
- Bonnie Tchien Hwen-Ying : Le corps du silence - 6 septembre 2021
- Miroitement sur terre de la petite flaque d’eau de Christophe Jubien - 5 juillet 2021
- La quatrième dimension du signe - 4 juillet 2021
- La revue Le Ortique accueille Marceline Desbordes-Valmore - 30 juin 2021
- Poesia Revelada, revue nomade - 21 mai 2021
- Le Lieu-dit L’Ail des ours - 21 mai 2021
- L’Intranquille fête ses dix ans - 6 mai 2021
- Dominique Sampiero : Lettre de verre est le poème - 6 mai 2021
- Marc Tison : Sons et poésies qui s’enlacent - 6 mai 2021
- Dominique Sampiero & Joël Leick, L’Autre moitié de ton corps - 6 avril 2021
- Les Hommes sans Epaules n°51, dédié à Elodia Zaragoza Turki - 6 avril 2021
- La gazette de Lurs n°46 - 6 avril 2021
- Pascal Boulanger, L’Intime dense - 21 mars 2021
- Entre les lignes entre les mots - 21 mars 2021
- Un don des mots dans les mots, est traduire : entretien avec Marilyne Bertoncini - 6 mars 2021
- Les brodèmes d’Ekaterina Igorovna - 6 mars 2021
- Le Japon des Chroniques du çà et là n°18 - 6 mars 2021
- Revue Phœnix n°34 - 21 janvier 2021
- Jean-Louis Bergère, un chanteur dans le silence - 5 janvier 2021
- Jeanne davy, miroir des femmes du jazz - 5 janvier 2021
- Le féminin pluriel de l’Atelier de l’Agneau - 5 janvier 2021
- L’eau bleue du poème de Béatrice Marchal - 21 décembre 2020
- Sabine Venaruzzo, Et maintenant, j’attends - 6 décembre 2020
- Muriel Augry, Ne me dérêve pas - 26 novembre 2020
- Eva-Maria Berg, Pour la lumière dans l’espace, illustrations de Matthieu Louvier - 6 novembre 2020
- La petite Ficelle ombilicale du Poème - 6 novembre 2020
- « États généraux permanents » de l’urgence : entretien avec Yves Boudier et Vincent Gimeno-Pons - 6 novembre 2020
- Des liens de liens : Poésie à la une - 6 novembre 2020
- Davide Napoli, Le Lapsus de l’ombre - 6 octobre 2020
- Pile ou face ou la contingence révélatrice - 6 septembre 2020
- Diérèse n°78 : Poésie et Littérature ! - 6 septembre 2020
- Georges de Rivas, La beauté Eurydice, Sept Chants pour le Retour d’Eurydice - 6 juin 2020
- Anthologie Le Courage des vivants - 21 mai 2020
- Daniel Ziv, Ce n’est rien que des mots sur les Poèmes du vide. - 6 mai 2020
- Les Ailes Ardentes de Rodrigo Ramis - 6 mai 2020
- Des revues numériques à la page - 6 mai 2020
- Les Cahiers littéraires des Hommes sans épaules - 6 mai 2020
- Mouvements pour un décollage dans les étincelles - 2 mai 2020
- Marc Tison, L’Affolement des courbes - 21 avril 2020
- Bruno Doucey, Terre de femmes, 150 ans de poésie féminine en Haïti - 6 avril 2020
- Barry Wallenstein, Tony’s blues, textes choisis et traduits par Marilyne Bertoncini, gravures Hélène Bautista - 21 mars 2020
- Ilse au bout du monde - 6 mars 2020
- Marilyne Bertoncini, La Noyée d’Onagawa - 6 mars 2020
- Entre les lignes entre les mots - 6 mars 2020
- Les Chroniques du Çà et là n°16 : Poèmes au féminin - 6 mars 2020
- Philippe Thireau, Melancholia - 26 février 2020
- Le chant du Cygne n’est pas pour demain - 5 février 2020
- Encres vives n°492, Claire Légat : Poésie des limites et limites de la poésie - 5 janvier 2020
- Traversées poétiques - 5 janvier 2020
- Marc Alyn & Nohad Salameh, Ma menthe à l’aube mon amante, correspondance amoureuse - 6 décembre 2019
- Oxmo Puccino, Mines de cristal - 6 novembre 2019
- Wanda Mihuleac et Alain Snyers, Roumpfs - 6 novembre 2019
- Gérard Baste : Plus rien à dire ? - 6 novembre 2019
- Revue Texture, encore un peu de lui : Michel Baglin - 6 septembre 2019
- La lettre sous le bruit n°45 : hommage à Rémy Durand - 6 septembre 2019
- Eric Dubois, L’Homme qui entendait des voix - 6 septembre 2019
- Murielle Compère-Demarcy, Alchimiste du soleil pulvérisé - 1 septembre 2019
- Rencontre avec Saleh Diab - 6 juillet 2019
- Un papillon dans ma boîte aux lettres : Libelle - 4 juin 2019
- Revue Nu(e) N°69 - 4 juin 2019
- Entretien avec Philippe Barrot - 4 juin 2019
- Philippe Thireau, Je te massacrerai mon coeur - 4 juin 2019
- Lichen, premier signe de vie à revenir… - 4 mai 2019
- Marc Alyn, T’ang Hayden, T’ang l’obscur, Mémorial de l’encre - 4 mai 2019
- “Face aux verrous”, les étudiants du Master de Lettres Modernes de L’Université de Caen - 4 mai 2019
- Rencontre avec Marc Tison - 4 avril 2019
- Editions Wallâda, la princesse rebelle - 4 avril 2019
- Jean-Marc Barrier, l’autre versant de la montagne - 4 avril 2019
- Pourquoi viens-tu si tard, enfin ! - 29 mars 2019
- L’intranquille de printemps… - 28 mars 2019
- Le Manoir disparu : entretien avec Maggy de Coster - 3 mars 2019















