Pour son 14ᵉ numéro, Place de la Sor­bonne réaf­firme son ambi­tion sin­gulière : être une revue inter­na­tionale de poésie con­tem­po­raine qui con­jugue créa­tion, tra­duc­tion et réflex­ion cri­tique à tra­vers un objet papi­er sub­stantiel. Pub­liée par Sor­bonne Uni­ver­sité Press­es, ce vol­ume s’inscrit dans la lignée des pub­li­ca­tions annuelles de la revue, fondée en 2011 et pleine­ment ancrée dans les pra­tiques actuelles de la poésie fran­coph­o­ne et internationale.

Ce n° 14 se présente au for­mat habituel de la revue, 14,5 × 21 cm, et compte 382 pages d’une den­sité et d’une var­iété remar­quables pour un péri­odique poé­tique. Place de la Sor­bonne est un objet qui a la tenue d’un livre plus que d’un sim­ple fas­ci­cule de revue. Cette pag­i­na­tion impor­tante traduit l’équilibre voulu entre textes créat­ifs, dis­posi­tifs cri­tiques et rubriques com­plé­men­taires : ce n’est pas une sim­ple antholo­gie, mais un vol­ume pen­sé pour con­vo­quer des voix, des con­textes et des analy­ses dans une seule res­pi­ra­tion éditoriale.

L’équipe édi­to­ri­ale de Place de la Sor­bonne est issue d’un comité de rédac­tion com­posé de chercheurs et de poètes, sous la direc­tion de Thomas Augais (rédac­teur en chef) et avec Yann Migou­bert comme directeur de pub­li­ca­tion. Ce comité réu­nit des fig­ures divers­es de la poésie et de la recherche lit­téraire, sans inféo­da­tion à une esthé­tique unique, ce qui donne à la revue son car­ac­tère ouvert et accueil­lant aux écri­t­ures variées.

Le som­maire du n° 14 reflète pleine­ment cette ambi­tion plurielle. La revue s’ouvre avec la rubrique « L’invité », con­sacrée à James Sacré, dont la présence donne le ton d’un numéro atten­tif à la fois à l’œuvre et au par­cours d’une voix majeure de la poésie con­tem­po­raine. Un entre­tien suit, mené entre Mar­tin Rueff et Guil­laume Métay­er, où l’expérience poé­tique se noue étroite­ment à la réflex­ion sur la tra­duc­tion et sur les formes de la pen­sée cri­tique aujourd’hui.

Place de la Sor­bonne n°14, juin 2025, 382 pages, 20 €.

Le cœur du vol­ume rassem­ble ensuite une série de poèmes con­tem­po­rains de langue française, signés par un ensem­ble d’autrices et d’auteurs par­mi lesquels Alex­is Audren, Joce­lyn Bon­ner­ave, Bruno Fern, Jean Feghali, ain­si que James Sacré. Ces con­tri­bu­tions com­posent un panora­ma volon­taire­ment hétérogène, où les écri­t­ures se suc­cè­dent sans chercher l’unification formelle, mais dans un souci con­stant de lis­i­bil­ité et de dia­logue implicite entre les textes.

La rubrique « Langues du monde » pro­pose une tra­ver­sée ample de la poésie inter­na­tionale, pour ce numéro japon­aise con­tem­po­raine — tan­ka, haïku, poèmes libres — issue d’un tra­vail col­lec­tif de tra­duc­tion dirigé par Midori Ogawa. Cette sec­tion, cen­trale dans l’économie du numéro, affirme la place déci­sive accordée à la tra­duc­tion comme pra­tique cri­tique autant que comme geste poétique.

Avec « Con­tre­points », la revue ouvre un dia­logue entre poésie et arts visuels à tra­vers la série pho­tographique RONSARD MATERIAL de Marc Blanchet, autour de Ron­sard et de sa rési­dence au Prieuré Saint-Cosme, inscrivant ain­si la réflex­ion poé­tique dans une matéri­al­ité des lieux et des images. Les rubriques « Vis-à-vis », « Échos » et « De l’autre côté du miroir » pro­lon­gent cette mise en per­spec­tive cri­tique : hom­mage à Jean Fol­lain, lec­ture de l’œuvre d’Esther Teller­mann par Patrick Née, et rap­pels de fig­ures dis­parues qui ont mar­qué durable­ment le paysage poé­tique — Guy Gof­fette, Jean-Pierre Ver­heggen, Annie Le Brun, Jacques Réda.

Le vol­ume se clôt enfin par une sec­tion sub­stantielle de comptes ren­dus de pub­li­ca­tions récentes, qui pro­longe la lec­ture du numéro par un dia­logue cri­tique avec l’actualité édi­to­ri­ale et inscrit ce n° 14 dans une cir­cu­la­tion vivante des livres et des idées. L’ensemble, pub­lié par Sor­bonne Uni­ver­sité Press­es, con­firme la voca­tion de Place de la Sor­bonne à être non seule­ment un lieu de créa­tion, mais aus­si un espace de lec­ture, de trans­mis­sion et de mise en rela­tion des formes con­tem­po­raines de la poésie.

Ce numéro 14 de Place de la Sor­bonne pro­pose une lec­ture à la fois ample, stim­u­lante et solide­ment infor­mée.  La revue réus­sit à con­juguer exi­gence intel­lectuelle et ouver­ture, en don­nant une place égale aux voix con­tem­po­raines, aux grandes fig­ures invitées et aux enjeux de la poésie mon­di­ale.  véri­ta­ble livre col­lec­tif. À tra­vers cette livrai­son, cette revue con­firme son rôle de revue de référence : un lieu où la poésie est à la fois pra­tiquée, inter­rogée et trans­mise, et où le lecteur trou­ve à la fois matière à décou­verte, à réflex­ion et à plaisir de lecture.

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Carole Mesrobian

Car­ole Car­cil­lo Mes­ro­bian est poète, cri­tique lit­téraire, revuiste, per­formeuse, éditrice et réal­isatrice. Elle pub­lie en 2012 Foulées désul­toires aux Edi­tions du Cygne, puis, en 2013, A Con­tre murailles aux Edi­tions du Lit­téraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sur­sis en con­séquence. En 2016, La Chou­croute alsa­ci­enne paraît aux Edi­tions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachd­jian par Van­i­na Pin­ter, Car­ole Car­ci­lo Mes­ro­bian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Flo­rence Laly, Chris­tine Tara­nov,  aux Edi­tions La chi­enne Edith. Elle est égale­ment l’au­teure d’Aper­ture du silence (2018) et Onto­genèse des bris (2019), chez PhB Edi­tions. Cette même année 2019 paraît A part l’élan, avec Jean-Jacques Tachd­jian, aux Edi­tions La Chi­enne, et Fem mal avec Wan­da Mihuleac, aux édi­tions Tran­signum ; en 2020 dans la col­lec­tion La Diag­o­nale de l’écrivain, Agence­ment du désert, paru chez Z4 édi­tions, et Octo­bre, un recueil écrit avec Alain Bris­si­aud paru chez PhB édi­tions. nihIL, est pub­lié chez Unic­ité en 2021, et De nihi­lo nihil en jan­vi­er 2022 chez tar­mac. A paraître aux édi­tions Unic­ité, L’Ourlet des murs, en mars 2022. Elle par­ticipe aux antholo­gies Dehors (2016,Editions Janus), Appa­raître (2018, Terre à ciel) De l’hu­main pour les migrants (2018, Edi­tions Jacques Fla­mand) Esprit d’ar­bre, (2018, Edi­tions pourquoi viens-tu si tard), Le Chant du cygne, (2020, Edi­tions du cygne), Le Courage des vivants (2020, Jacques André édi­teur), Antholo­gie Dire oui (2020, Terre à ciel), Voix de femmes, antholo­gie de poésie fémi­nine con­tem­po­raine, (2020, Pli­may). Par­al­lèle­ment parais­sent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Cap­i­tal des mots, Poe­siemuz­icetc., Le Lit­téraire, le Salon Lit­téraire, Décharge, Tex­ture, Sitaud­is, De l’art helvé­tique con­tem­po­rain, Libelle, L’Atelier de l’ag­neau, Décharge, Pas­sage d’en­cres, Test n°17, Créa­tures , For­mules, Cahi­er de la rue Ven­tu­ra, Libr-cri­tique, Sitaud­is, Créa­tures, Gare Mar­itime, Chroniques du ça et là, La vie man­i­feste, Fran­copo­lis, Poésie pre­mière, L’Intranquille., le Ven­tre et l’or­eille, Point con­tem­po­rain. Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Bris­si­aud, et des pré­faces de Mémoire vive des replis de Mar­i­lyne Bertonci­ni et de Femme con­serve de Bluma Finkel­stein. Auprès de Mar­i­lyne bertonci­ni elle co-dirige la revue de poésie en ligne Recours au poème depuis 2016. Elle est secré­taire générale des édi­tions Tran­signum, dirige les édi­tions Oxy­bia crées par régis Daubin, et est con­cep­trice, réal­isatrice et ani­ma­trice de l’émis­sion et pod­cast L’ire Du Dire dif­fusée sur radio Fréquence Paris Plurielle, 106.3 FM.
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