Si longtemps j’avais marché
A travers la plaine des années
Quand jaillirent les flèches d’espérance
Ces vers ouvrent le recueil.
Bernard Grasset est un poète marcheur, un pèlerin des mots en quête de mystère. Comme il le disait déjà dans son recueil Brise : « partir s’arracher /… marcher ». Marcher, c’est se tenir au plus près de la nature et des lieux, c’est s’inscrire dans un espace- temps comme dans son autre recueil La Fontaine de Clairvent.
En ce nouveau recueil, troisième volet d’un triptyque de poèmes de voyage, le poète nous invite à cheminer avec lui en Italie, en Allemagne, en Ecosse, des bords de Loire à la Provence, des Vosges à la Bretagne… Ce recueil est un journal en poésie, un condensé de ce que l’on rencontre en voyage et : « Dans l’humilité du poème, le temps du voyage, ramène à l’essentiel ».
Voyager, c’est s’exiler, ne pas être touriste, mais se faire messager d’humanité : « Le poète qui voyage en quête de l’aube cachée par l’agitation du quotidien, ressemble plus à un pèlerin, messager d’humanité, qu’à un touriste, impatient de mirages. »
Comme pour Sylvain Tesson ou Arthur Rimbaud, ce marcheur éternel aux semelles de vent, la marche est source d’inspiration, de l’asphalte aux chemins de terre. La marche est un art, un art que Henry D. Thomas porta haut : « Au cours de ma vie, je n’ai rencontré qu’une ou deux personnes qui comprenaient l’art de la marche . » (Marcher), un art que vit et comprend Bernard Grasset.

Si la marche est une constance dans l’œuvre de Bernard Grasset, le vent l’est aussi comme l’indique le titre de ce dernier recueil : Et le vent sur la terre des hommes, titre qui fait écho au titre d’un autre de ses recueils : Brise. Le vent souffle de la poésie, de l’esprit poétique ; le vent messager poétique : « Sur le chemin des poètes sonne le vent. »
On est frappé en lisant ces poèmes par leur rythme, les phrases le plus souvent nominales correspondent parfaitement au rythme de la marche et de la pensée qui l’accompagne. Une pensée fragmentaire par petites touches impressionnistes, une pensée qu’éclaire tout ce que le regard embrasse.
Marcher, regarder, les sens en éveil sentir le temps qui passe quand la pensée se vit au présent. En refermant le recueil, nous vient cette expression de Lao Tseu : « Le bonheur c’est le chemin ».
Présentation de l’auteur
- Bernard Grasset , Et le vent sur la terre des hommes - 23 novembre 2025
- Marie-Hélène Prouteau, La Petite Plage - 29 juin 2025
- Traverser les fragilités et entrer dans la lumière : hommage à Jean Lavoué - 6 mai 2025
- Roger Aïm, Julien Gracq Nora, une passion surréaliste - 27 mars 2025
- Marie-Hélène Prouteau, La Petite Plage - 5 février 2025
- Eric Dubois, Nul ne sait l’ampleur - 20 novembre 2024
- Marie Alloy, Ciel de pierre - 6 avril 2024
- Bernard Grasset , Fontaine de Clairvent - 6 janvier 2024
- Deux visages féminins, deux poètes celtes - 6 juillet 2023
- Madeleine Bernard, La songeuse de l’invisible - 6 juillet 2023
- Jacques Robinet, Ce qui insiste - 20 mai 2023
- Jacques Robinet, Notes de l’heure offerte - 21 février 2023
- François Teyssandier, La lenteur des rêves, Jean-Pierre Boulic, A la cime des heures - 6 octobre 2022
- Carole Carcillo Mesrobian & Alain Brissiaud, Octobre - 29 août 2022
- Deux visages féminins, deux poètes celtes - 3 mai 2022
- Jean-Luc Grasset , Le dit des jours - 21 janvier 2022
- Paroles de poètes, poètes sur parole de Jean-Luc Pouliquen et Philippe Tancelin - 5 juillet 2021
- Christian Bulting, Maryvonne Janine Berthe et les autres - 21 juin 2021
- Madeleine Bernard, La songeuse de l’invisible - 6 juin 2021
- La poésie d’Hélène, une transmutation poétique - 6 décembre 2020
- Bernard Grasset, Brise - 26 novembre 2020
- Autour des Editions La Porte : Estelle Fenzy, Valérie Canat de Chizy et Marie-Noëlle Agneau, Michèle Nosbaum - 6 octobre 2020
- Autour des éditions La Porte. - 19 septembre 2020
- Abdelmajid Benjelloun, Seuls comptent pour moi les êtres qui font preuve d’intempérance avec le ciel - 20 novembre 2019
- Le prix Yves Cosson 2017 : Cécile Guivarch - 26 janvier 2018
- Naissance du blanc, Gilles Baudry & Nathalie Fréour - 17 février 2017















