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Chroniques du çà et là, N°12

Par | 2018-01-25T23:29:48+00:00 26 janvier 2018|Catégories : Revue des revues|

Les Chroniques du çà et là sont avant tout d’une très belle fac­ture. D’un for­mat livresque, et d’une épais­seur variable selon le sujet abor­dé, mais en géné­ral assez copieux, rien ne cède place au mau­vais goût. L’iconographie choi­sie pour illus­trer la thé­ma­tique du numé­ro est mise en valeur par le para­texte et la cou­leur d’une cou­ver­ture car­ton­née dont les tons s’harmonisent avec l’image. Et les thé­ma­tiques abor­dées suivent une topo­gra­phie pré­cise. 

Le numé­ro 12, de cet automne 2017, inti­tu­lé « Le Long du Mékong », pro­pose au lec­teur une immer­sion dans la pro­duc­tion lit­té­raire contem­po­raine « De Luang Prabang à Phnom Penh et Hô Chi Minh-ville », en met­tant l’accent sur la décou­verte de « La lit­té­ra­ture aujourd’hui au Laos, Cambodge et Vietnam ».

Chroniques du çà et là, N°12, automne 2017, PhB éditions, 145 pages, 12€.

Chroniques du çà et là, N°12, automne 2017, PhB édi­tions, 145 pages, 12€.

L’argument de Philippe Barrot en manière de dis­cours limi­naire explique au lec­teur le choix de la thé­ma­tique abor­dée. Puis sui­vant un décou­page topo­gra­phique celui-ci laisse la parole à des inter­ve­nants qui contex­tua­lisent les pro­duc­tions pro­po­sées. Des entre­tiens avec des spé­cia­listes de la lit­té­ra­ture de ces pays pré­cé­dent les pro­duc­tions pré­sen­tées. Mais cette revue plu­ri­dis­ci­pli­naire évoque tout aus­si bien la lit­té­ra­ture, que le ciné­ma ou la bade des­si­née. C’est donc un pano­ra­ma d’une extrême richesse, et qui per­met au lec­teur de se faire une idée sur l’évolution artis­tique en lien avec les chan­ge­ments poli­tiques et socio­lo­giques eux aus­si évo­qués à l’occasion des divers entre­tiens menés avec ces spé­cia­listes.

Ce numé­ro ain­si qu’il est d’usage pour les Chroniques du çà et là se découpe en cha­pitres « Laos, his­toire et lit­té­ra­ture », qui met en lumière non seule­ment les pro­duc­tions lit­té­raires contem­po­raines mais aus­si les mettent en rela­tion avec d’autres vec­teurs artis­tiques tels que la bande des­si­née et le ciné­ma, « Cambodge, lit­té­ra­ture et tra­duc­tion orale » et « Vietnam, lit­té­ra­ture d’aujourd’hui » qui suivent la même démarche. Ces cha­pitres qui brossent un pano­ra­ma com­plet des pro­duc­tions artis­tiques des lieux évo­qués débutent tous par une entrée en matière qui éclaire et guide le lec­teur dans la décou­verte des extraits qui lui sont pro­po­sés.

C’est donc une immer­sion totale dans une culture dif­fé­rente, mais aus­si un véri­table état des lieux, qui est à chaque fois pro­po­sé par les Chroniques du çà et là. La mise en œuvre des pro­duc­tions artis­tiques autant diverses que plu­ri­dis­ci­pli­naires sont offertes dans leur mise en rela­tion avec leur contexte de pro­duc­tion, et les artistes sont pré­sen­tés par des spé­cia­listes en la matière. Nous pou­vons donc avoir le bon­heur de prendre connais­sance de la richesse des pro­duc­tions artis­tiques de tous hori­zons, et de leurs condi­tions de pro­duc­tion. Il est, plus encore, un vec­teur de ques­tion­ne­ment quant à la pré­gnance des élé­ments socié­taux et de leur moti­va­tion quant à l’évolution des moda­li­tés d’expression artis­tiques. Le lec­teur, ain­si gui­dé, découvre des uni­vers artis­tiques que bien sou­vent il ne connaît que de manière très par­tielle

Le numé­ro pré­cé­dent, qui invi­tait le lec­teur à décou­vrir le Japon à tra­vers cet état des lieux des pro­duc­tions artis­tiques, ne pro­cède pas dif­fé­rem­ment. Offrant une visite gui­dée par d’éminents spé­cia­listes de l’art dans des pays qui, grâce à ces focus, per­mettent au lec­teur de décou­vrir bien sou­vent des lieux et des pra­tiques artis­tiques don­nées à voir dans toute la com­plexi­té de leur ins­crip­tion dans une socié­té dont l’histoire et l’évolution sociale est offerte par le para­texte qui accom­pagne celles-ci.  

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Carole Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne en 1966. Elle réside en région pari­sienne. Professeure de Lettres Modernes et Classiques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’Université Denis Diderot. Elle publie en 2012 Foulées désul­toires aux Editions du Cygne, puis, en 2013, A Contre murailles aux Editions du Littéraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sursis en consé­quence. En 2016, La Choucroute alsa­cienne paraît aux Editions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachdjian par Vanina Pinter, Carole Carcilo Mesrobian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Florence Laly, Christine Taranov,  Editions La chienne Edith, 2018.

Parallèlement paraissent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Capital des mots, Poesiemuzicetc., Le Littéraire, le Salon Littéraire, Décharge, Texture, Sitaudis, De l’art hel­vé­tique contem­po­rain. Elle publie des articles ou textes dans des revues papier telles que Libelle, L’Atelier de l’agneau, Décharge, Passage d’encres, Test n°17, Créatures , Formules, Cahier de la rue Ventura, Libr-cri­tique, Sitaudis, Créatures, Gare Maritime, Chroniques du ça et là, La vie mani­feste.

Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Brissiaud, et de nom­breuses notes de lec­ture et d’articles, publiés sur le site Recours au Poème.

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