> Revue Estuaire, N° 165

Revue Estuaire, N° 165

Par |2018-03-05T09:03:55+00:00 1 mars 2018|Catégories : Estuaire, Revue des revues|

Avant lec­ture, Estuaire est à consi­dé­rer comme un objet. C’est en effet une revue de haute tenue, qui pro­pose sous un for­mat impo­sant une alter­nance de feuilles colo­rées, noires pour les chan­ge­ments de cha­pitres, et d’un ton pas­tel variable pour la pré­sen­ta­tion des articles et auteurs.

Pour ce numé­ro-ci, le 165, cette sym­pho­nie de tona­li­tés sobres et apai­santes qui reste une constante propre à chaque numé­ro, accom­pagne le numé­ro anni­ver­saire. Chaque volume pré­sente en effet une thé­ma­tique par­ti­cu­lière. Cette revue qué­bé­coise tri­mes­trielle a été fon­dée en 1976 par Claude Fleury, Pauline Geoffrion, Jean-Pierre Guay, Pierre Morency et Jean Royer. Depuis, cet atta­che­ment à une esthé­tique qui porte sa signa­ture gra­phique est mis en avant sur le site inter­net d’Estuaire :

Revue Estuaire, N° 165

Revue Estuaire, N° 165, C.P. 48774 Outremont (Québec), Canada.

Une évi­dence : le for­mat livre, pour une revue, est mort. Une tran­si­tion s’opère. Une part de l’institution nous est confiée ; notre action sera de la por­ter plus loin. Ce plus loin passe, entre autres, par le renou­vel­le­ment de la fac­ture gra­phique de la revue. Julie Espinasse, de l’atelier Mille Mille, avec le concours de l’équipe de rédac­tion, s’est char­gée d’imaginer Estuaire autre­ment : for­mat plus grand, page aérée per­met­tant au poème de se déployer, cou­leur (!) ; finesse dans le détail – les typos, les titres cou­rants, la dis­po­si­tion des textes –, qui ren­dra agréable et convi­viale votre lec­ture. Chaque numé­ro de 2015 sera illus­tré par l’artiste mont­réa­laise Annie Descôteaux. Naïves dans leur manière, éclai­rantes par leur pro­pos, les œuvres de Descôteaux dia­lo­gue­ront avec les mots pour consti­tuer un ensemble cohé­rent. Nous vous invi­tons à par­ta­ger la poé­sie. La revue Estuaire telle que vous la connais­siez n’est plus.

Yannick Renaud 

Yannick Renaud, à la direc­tion d’Estuaire désor­mais, place donc les publi­ca­tions actuelles sur la même ligne édi­to­riale que ses pré­dé­ces­seurs. Il en suit éga­le­ment les traces en pré­ser­vant les rubriques abor­dées annon­cées au som­maires : « Liminaires », qui pro­posent un avant pro­pos expli­quant les choix qui ont moti­vés le numé­ro, des « Poèmes », dont les auteurs sont pré­sen­tés dis­crè­te­ment par quelques lignes qui visent plus à en offrir une bio­gra­phie qu’à sou­te­nir une pen­sée cri­tique sur leur œuvre, et des « Critiques » ser­vies par des noms dont les domaines de pré­di­lec­tion sont tout à fait hété­ro­clites.

Le lec­teur, déjà conquis par l‘esthétique élé­gante de ce volume, a donc tout à espé­rer de ce qu’il va y trou­ver. Et autant dire que la diver­si­té de pro­pos et des auteurs qui sont mis à l’honneur ne peuvent qu’éveiller sa curio­si­té et satis­faire son attente. Les poètes et leurs textes sont pré­sen­tés de manière aérienne et sobre. Un nom et le titre des textes sur une page de cou­leur, puis les poèmes, qui se suivent, quelle que soit leur volume, d’une page à l’autre, ponc­tués par un espace scrip­tu­ral lais­sé vierge. Et les noms pro­po­sés qui évoquent la mul­ti­pli­ci­té du pay­sage de la poé­sie qué­be­coise fran­co­phone laissent rêveur : pour ce numé­ro-ci Nicole Brenard, Marie-Eve Comptois, Marie-Andrée Gill, Annie Lafleur, Catherine Lalonde, Tania Langlais, Dominique Robert, Hector Ruiz, Emmanuel Simard et Yolande Villemaire.

Suivent un appa­reil cri­tique dont les thé­ma­tiques abor­dées ne sont pas gui­dées par un fil direc­teur par­ti­cu­lier, ce qui fait la richesse de ce panel de réflexions sur la lit­té­ra­ture, ici ser­vi par Catherine Cornier-Larose, Jean-Simon DesRochers et François Rioux.

Estuaire offre donc une diver­si­té de thé­ma­tiques et de voix, dans un écrin de papier. Le lec­teur se laisse immer­ger dans ces pages dont l’esthétique riva­lise avec la qua­li­té édi­to­riale. De décou­verte en décou­verte, il peut se lais­ser hap­per par un panel de poèmes dont la mise en page n’alourdit en rien la pré­sence. Puis il découvre un appa­reil cri­tique d’une haute tenue, qui ouvre à de mul­tiples ques­tion­ne­ments sur la lit­té­ra­ture. On ne peut donc que sou­hai­ter qu’Estuaire pour­suive sa route.

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Carole Mesrobian

Carole Carcillo Mesrobian est née à Boulogne en 1966. Elle réside en région pari­sienne. Professeure de Lettres Modernes et Classiques, elle pour­suit des recherches au sein de l’école doc­to­rale de lit­té­ra­ture de l’Université Denis Diderot. Elle publie en 2012 Foulées désul­toires aux Editions du Cygne, puis, en 2013, A Contre murailles aux Editions du Littéraire, où a paru, au mois de juin 2017, Le Sursis en consé­quence. En 2016, La Choucroute alsa­cienne paraît aux Editions L’âne qui butine, et Qomme ques­tions, de et à Jean-Jacques Tachdjian par Vanina Pinter, Carole Carcilo Mesrobian, Céline Delavaux, Jean-Pierre Duplan, Florence Laly, Christine Taranov,  aux Editions La chienne Edith. En 2018, elle publie Aperture du silence, chez PhB Editions.

Parallèlement paraissent des textes inédits ain­si que des cri­tiques ou entre­tiens sur les sites Recours au Poème, Le Capital des mots, Poesiemuzicetc., Le Littéraire, le Salon Littéraire, Décharge, Texture, Sitaudis, De l’art hel­vé­tique contem­po­rain. Elle publie des articles ou des textes cri­tiques dans des revues papier telles que Libelle, L’Atelier de l’agneau, Décharge, Passage d’encres, Test n°17, Créatures , Formules, Cahier de la rue Ventura, Libr-cri­tique, Sitaudis, Créatures, Gare Maritime, Chroniques du ça et là, La vie mani­feste et Francopolis.

Elle est l’auteure de la qua­trième de cou­ver­ture des Jusqu’au cœur d’Alain Brissiaud, et de nom­breuses notes de lec­ture, entre­tiens et articles, publiés sur le site Recours au Poème.

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